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4 février 2019 1 04 /02 /février /2019 20:32
Référence : Tahar ben Jelloun, "L’insomnie", éditions Gallimard, 272 pages, décembre 2018
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« C’est un roman très différent de tout ce que j’ai écrit jusqu’à présent. Dans sa forme, c’est un thriller tragi-comique. » Tahar Ben Jelloun 
         
         
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Tahar Ben Jelloun est né à Fès au Maroc en 1944. Après des études de philosophie et de psychiatrie sociale dans les années 70, il devint professeur de philosophie et vit en France même si sa famille réside à Tanger.
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Après un premier roman intitulé Harrouda en 1973, il obtient le prix Goncourt avec La Nuit sacrée en 1987, second tome de L’Enfant de sable. Également poète et essayiste, il est membre du Conseil supérieur de la langue française et de l'Académie Goncourt.
Ses principales œuvres :
L’Enfant de sable, La Nuit sacrée, L'Auberge des Pauvres, Le Dernier ami, Partir, Le Bonheur conjugal, La punition.

Son double parcours franco-marocaine lui permet d'évoquer ces mondes croisés qui dans la conjoncture actuelle, de tournent le dos. À travers ses deux livres L'islam expliqué aux enfants et Le terrorisme expliqué à nos enfants, il tente de tisser des liens entre l’Occident et l’Orient.

          

Une nouvelle fois, Tahar ben Jelloun traite du thème de l’identité. Dans L’enfant de sable, Ahmed à l’identité à jamais perdue, ni vraiment homme, ni vraiment femme, est sacrifié(e) à la famille et à l’ordre social. Au soir de sa vie, après la comédie des apparences, Ahmed ne trouvait plus « d’énergie, plus de force pour supporter son image. »

Dans la suite intitulée La nuit sacrée, Ahmed  reprend son identité féminine et s'engage dans une errance dont il/elle espère qu'elle l'aidera à  établir une distance avec son passé et à recouvrer son identité. Mais on ne peut simplement affronter la vérité et facilement pardonner, pratiquer « la grâce de l'oubli. » C'est ainsi que par la grâce du père mourant, Ahmed devient Zahra.
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En 2018, il a raconté dans La Punition comment son passage dans les geôles d’Hassan II l’avait traumatisé, le confrontant à une réflexion sur ce qu’il était et ce qu’il voulait faire de sa vie.Pour lui, l'attrait qu'exerce les pays développés participe aussi à  cette perte d'identité, comme Malika l'héroïne de son roman Partir ou Mohamed le héros de retour Au pays.
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Dans L'insomnie, son héros est aussi confronté  à ses pulsions qui le conduisent à commettre des meurtres pour se sentir délivré de cette insomnie qui le ronge.
Est-ce un monstre repoussant ou un être pitoyable qui supplie : « S’il vous plaît… un petit peu de sommeil… un petit peu de cette douce et agréable absence… Une simple échappée, une brève escapade, un pique-nique avec les étoiles dans le noir...»
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Ce scénariste qui vit à Tanger, insomniaque maladif, découvre que s'il veut avoir une chance de trouver le sommeil, il doit tuer quelqu’un et sa mère sera sa première victime. Mais avec le temps, l’effet du meurtre s’estompe et il doit sans cesse recommencer. Peu à peu, il devient une espèce de "dormeur à gages". Les crimes qu'il commet alors, il les voudrait aussi beaux qu'une œuvre d'art, aussi parfaits qu’au cinéma.

Il remarque également que plus sa victime est importante et mieux il trouve le sommeil et le repos. Mais ce repos, il ne le trouvera jamais puisqu'il faut sans arrêt recommencer. Et c’est l’escalade, un cercle vicieux dont il ne peut sortir.
Et à chaque fois, tout peut basculer.
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Voir aussi
* Mes fiches : L’enfant de sable -- La nuit sacrée -- La Punition --
* Ben Jelloun et Giacometti -- Beckett et Genet Un thé à Tanger --
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<< Christian Broussas – L'insomnie - 28/01/2019 < • © cjb © • >>
 
 
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4 février 2019 1 04 /02 /février /2019 20:16

Référence : Éric Vuillard, "La guerre des pauvres", éditions Actes sud, collection Un endroit où aller, 80 pages, janvier 2019

      
« Si on considère que l’histoire n’est pas terminée, on la raconte autrement. »
Éric Vuillard

Les pauvres s'en tiennent généralement aux jacqueries, espèces d’éruptions boutonneuses qui passent comme elles sont venues, laissant quand même au passage quelques dégâts. Mais là, ce fut plus sérieux. Comme l’écrit Éric Vuillard à propos de la religion, « on avait du mal à comprendre pourquoi Dieu, le dieu des mendiants, crucifié entre deux voleurs, avait besoin de tant d’éclat, pourquoi ses ministres avaient besoin de tellement de luxe, on éprouvait parfois une gêne. Pourquoi le dieu des pauvres était-il si bizarrement du côté des riches, avec les riches sans cesse ? Pourquoi parlait-il de tout laisser depuis la bouche de ceux qui avaient tout pris ? »

      

Question salutaire précédant d’autres questions tout aussi intéressantes. C’était il y a bien longtemps, entre le 14e et le 16e siècle, centrée sur la révolte paysanne allemande de 1525, développée autour de la figure charismatique de Thomas Müntzer.

Cette grande révolte de la paysannerie allemande au début du XVIe siècle, avait particulièrement intéressée Friedrich Engels, qui en avait fait un thème de sa « Guerre des paysans en Allemagne » publié en 1850, peu de temps après la publication du « Manifeste du parti communiste » écrit avec Karl Marx.

Thomas Müntzer Le sermon aux princes   

Le prêcheur protestant Thomas Müntzer, l’une des figures majeures de cette révolte, dont on peut considérer son « Sermon aux Princes » de 1524 comme le manifeste, fut aussi le centre d’un ouvrage d’Ernst Bloch, « Thomas Müntzer, théologien de la révolution » publié en 1921.

Le "peuple" a décidé de se soulever contre l'injustice sociale et fiscale qu'on lui imposait. Un "peuple" conduit par des gens pas forcément très connus qui ont pour nom John Wyclif et son disciple John BallJan Hus, Wat Tyler et la révolte des paysans, Jack Cade, les frères Merfold dans le Sussex ou Thomas Müntzer.

         
John Wyclif, 1330-84                         Wat Tyler x-1381                Jan Hus 1369-1415

Rien à voir bien sûr à ce qui se passe dans notre monde contemporain mais avec son style si personnel et si efficace, Éric Vuillard nous montre que les mots peuvent avoir un impact important contre toute forme de tyrannie et de dictature. Pour lui, l’écriture doit participer à la réflexion sur l’évolution des sociétés. Mais rappelle-t-il aussi, « l’écriture n’affranchit pas de la loi du monde. »

     
La bataille d’Occident         Thomas Müntzer et la bataille de Frankenhausen

Voir aussi
* Éric Vuillard L’ordre du jour -- Accès à la catégorie Prix Goncourt -- Renaissance et humanisme en Europe aux XVe et XVIe siècles --
* André Tardieu -L'empereur Trajan - Jacques Le Goff & le Moyen-Âge -

* Éric Vuillard, La guerre des pauvres -- La goûteuse d'Hitler --

<<< •• Christian Broussas – Vuillard - 15/01/2019 -© • cjb •• © >>

 
 
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3 février 2019 7 03 /02 /février /2019 19:16
Référence : Laurent Gaudé, "Salina", éditions Actes sud, 152 pages, 2018
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Salina, Les trois exils
« Moi Malaka, fils élevé dans le désert par une mère qui parlait aux pierres, je vais raconter Salina, la femme aux trois exils. » Laurent Gaudé
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À la fin de sa vie, son dernier fils Malaka raconte celle qu’elle a été, avant qu’elle trouve enfin le repos après une vie si difficile. Sa vie … « À l’époque où le monde a accueilli sa vie, il y avait une enfant venue de nulle part. Elle est née loin, Salina, si loin que personne ne connaît le lieu exact ni de qui elle fut l’enfant, pas même elle. »

Son fils Malaka va ainsi au bout d’une longue chaîne de voix, « reprendre le récit d’avant ma vie et de bouche en bouche, de veillée en veillée, je vous fais parvenir ce que fut cette journée. »

            

Qui dira l’histoire de Salina, la mère aux trois fils, la femme aux trois exils, l’enfant abandonnée aux larmes de sel ? Elle fut recueillie par Mamambala et élevée comme sa fille dans un clan qui jamais ne la vit autrement qu’étrangère et qui voulut la soumettre.

Dans ce récit légendaire de Laurent Gaudé, on trouve beaucoup de silence, une nourriture frugale, un habitat précaire. Salina abandonnée et recueillie par le clan Djimba, puis sa mort. Malaka son dernier troisième fils, l’emmène pour son dernier voyage mais pour qu’elle soit inhumée, il faut que le cimetière l’accepte, qu’il respecte les pratiques de la communauté, et pour cela, son fils doit faire fidèlement le récit de sa vie.    

           

Au fil de sa présentation, Malaka s’aperçoit que sa mère « au fond, il ne la connaît pas. » Et Effectivement, elle est ambivalente, difficile à cerner. Si elle apparaît au début inquiète pour son fils, quand «elle se fige, attend, est sur le point de demander aux dieux pourquoi ils lui enlèvent toujours ceux qu’elle aime, mais elle ne le fait pas, elle serre les lèvres et reste suspendue.»
Mais elle n’a jamais aimé son aîné, lui adressant rarement la parole parce qu’il était né de son mariage avec l’un des fils du chef, celui qu’elle détestait. Et n’a-t-elle pas éliminé elle-même son deuxième fils, qui était pourtant l’instrument de sa vengeance, et harcelé celui qu’elle aurait voulu épouser ? 

La pièce de théâtre : Salina 2007, mise en scène de Farid Paya
Un récit au souffle “épico-tragique”. Sur quatre générations, le clan des Djimba reste solidaire dans un monde mouvementé. Salina est l’étrangère, enfant trouvée en larmes, larmes de sel sur son visage. Rebelle aux règles du clan, elle déclenche, catalyse et encaisse les passions. Puis rejetée par le clan, elle devient une figure d’errance portant la haine en elle comme une pierre sombre génératrice de violences.


  
Ariane Lagneau (Salina) & Guillaume Caubel (Kano Djimba)
Ariane Lagneau (Salina) & Marion Denys (Alika)

     Pascal Arbeille (Kwane N’krumba)

Mes fiches sur Laurent Gaudé
- Le Soleil des Scorta -- Danser les ombres --  La porte des Enfers --
- Écoutez nos défaites -- Salina --
- Gaudé et tremblements de terre


<< Christian Broussas – Gaudé, Salina - 23/01/2019 < • © cjb © • >>
 
 
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3 février 2019 7 03 /02 /février /2019 12:27

Référence : Andreï  Makine, Au-delà des frontières, éditions Gallimard, 270 pages, 30 janvier 2019

     

Quelle mouche a piqué le jeune Vivien de Lynden, obsédé par la décadence  de l’Occident, pour écrire ce brûlot intitulé nouvel enfant  du siècle, son apocalyptique manuscrit Le Grand  Déplacement ?

 Avec mme Carrère d’Encausse

D’autant plus que sa mère tient à le faire publier. Pour ce faire, elle s’adresse à  un écrivain, ami de Gabriel Osmonde. [1] Ce dernier, que Vivien s’était  choisi pour maître à penser, voit le monde avec beaucoup de désenchantement, dénué de tout idéalisme, contrairement à Vivien.

Et cette femme, qui a perdu ses illusions humanitaires, dont le suicide semble la seule solution à son ennui, sent bien qu'il lui faut inventer une autre solution, abandonner les compromis, le monde des faux-semblants et des apparences, celui où les hommes sont coincés entre un sentiment diffus de peur de la vie et a peur existentiel de la mort.
Une autre vie donc, ce que Makine imagine comme une « troisième naissance », pour pouvoir dépasser les canons de la condition humaine.

         
Le testament français                       --                Au temps du fleuve Amour  --

Interview France Culture (extrait)

Pour Andreï Makine, son héros Vivien de Lynden est « l’enfant perdu d’un siècle égaré », auteur d'un manuscrit jugé très réactionnaire Le Grand Déplacement. Mais il écrit aussi : « Vivien de Lynden est un enfant, c'est notre enfant. » Au-delà des frontières, se présente d’abord comme un « roman dans le roman », à travers le problème posé par le manuscrit du Grand Déplacement et repose sur le thème de l'identité.

              
La fille d'un héros --      Le crime d'Olga Arbélina -- La musique d'une vie --

« Ce qui m'a intéressé, c'est bien sûr ce personnage même de Vivien de Lynden parce que c'est un enfant, c'est notre enfant. C'est l'enfant de cette société libérale, libertaire qui aujourd'hui se renverse en son contraire. Avec cette permissivité totale, on rencontre de plus en plus quand même le diktat du politiquement correct. Comment peut-on publier aujourd'hui ce brûlot ? A l'intérieur d'un roman de Makine on peut le faire. On peut le faire grâce à ce subterfuge stylistique mais c'est vrai qu'il paraît impubliable. » 

               
Jacques Dorme --                                                  La femme qui attendait

« Ce qui sauve Vivien de Lynden et sa mère Gaia - c'est elle qui a envoyé le manuscrit au narrateur, le narrateur qu'elle va rencontrer et aimer, c'est qu'ils découvrent la vraie identité.
Et notre vraie identité, c'est notre fugacité. Nous vivons entre 20 000 et 30 000 jours. Ce n'est pas la classe, ce n'est pas la race, ce n'est pas le niveau de richesse. Non, nous sommes des êtres très fugaces et ça on l'oublie souvent. »

« Quand on exprime une idée, il faut aller pour démontrer ne serait-ce que sa folie, il faut aller jusqu'à son terme logique. Sinon, il y a toujours des non-dits et les non-dits c'est comme des abcès qui un jour crèvent et puis qui nous contaminent. »

       
 L'archipel d'une autre vie -- Le pays du lt Schreiber --     Confession... --

Notes et références
[1] Gabriel Osmonde est un pseudonyme utilisé par Andreï Makine entre 2001 et 2011, date à laquelle il a rendu public son secret. Sous ce nom, il a publié 4 ouvrages intitulé

Le Voyage d'une femme qui n'avait plus peur de vieillir, Les 20 000 Femmes de la vie d'un homme, L'Œuvre de l'amour et Alternaissance.

Autres fiches:
* Romain Gary, La promesse de l'aube et Un crtain M Pikielny --
* Henri Troyat, Maupassant
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<< Christian Broussas – Andreï Makine- 31/01/2019 < • © cjb © • >>
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2 février 2019 6 02 /02 /février /2019 14:36
Patrick Grainville Bison

« Tu ne peins pas tes visions… Tu imites les choses, a dit "Oiseau deux couleurs" à George Catlin, remarque inattendue qui touche au cœur de la question de l’art. » page 38

Patrick Grainville, grand amateur de peinture, est l'auteur de nombreux textes consacrés à cet art et a déjà publié un roman L'Atelier du peintre [1] où le personnage central est un peintre qui se nomme Le Virginal. (anagramme de Grainville)

Cette fois, c'est le peintre américain George Catlin dont il est question dans ce roman, qui lors d'un voyage en Europe, est venu en France présenter au roi Louis-Philippe ses toiles ainsi que des objets indiens, sous l'œil intéressé de George Sand et de Charles Baudelaire qui saluera la dominante des rouges et des verts dans ses tableaux. Patrick Grainville s'st évertué à reconstituer son séjour chez les Sioux qui le fascinaient particulièrement, surtout les Indiens des Plaines [2] qu'il a largement contribué à faire connaître.

Philadelphie, 1828. George Catlin s’est résolu à renoncer à sa carrière d'avocat et de portraitiste spécialisé dans les tableaux de riches bourgeois pour peindre les Amérindiens. Ébloui par la prestance de ces indiens venus à Washington, il laisse confort et famille pour chevaucher les plaines du Mississipi et du Missouri, allant de tribus en tribu, un pionnier qui veut dans ses tableaux, les saisir dans leur vie quotidienne.

Patrick Grainville y raconte le séjour de George Catlin chez les Sioux. Il se doute que les bisons n’avaient plus vraiment d’avenir, pas plus que les peuples amérindiens bientôt asservis par les Blancs.  Son récit est centré sur Georges Catlin et son approche de la peinture, des réflexions sur l'art, plus que sur les coutumes et croyances des Amérindiens.

Ce dernier aspect est abordé à travers le portrait de plusieurs personnages. Il brosse une belle galerie de ce peuple indien, donnant ainsi une idée de leurs mœurs.

Tout d'abord "Oiseau-deux-couleurs", « l’homme-femme », un travesti qui est aussi le chamane de la tribu. Dans cette culture aussi, les travestis « étaient l'objet d'un certain dédain de la part des guerriers. Une société entièrement fondée sur une surenchère de prouesses viriles, sur des vertus de bravoure guerrière, avait peine à comprendre le choix de vie de travestis mais cela n'allait pas jusqu'au bannissement. » (page 24). Mais  chez les sioux, il y avait une certaine crainte derrière le rejet, surtout quand il devenait  « wakan », donc sacré.
Les mœurs des indiens se révélaient ainsi assez libérées, surtout en matière de sexualité que ce soit la polygamie, la présence d’une maîtresse ou d’un amant, l’ homosexualité, la transexualité…

Louve aussi est un personnage surprenant : « …Ainsi, murmura Oiseau… Louve s'était vouée à l'enchantement et à la malédiction. Elle ne garderait pas son mari, manifesterait une indépendance impossible chez les Indiens, un goût pour les voluptés rares… , un penchant pour la dissonance, la rupture, une attitude rebelle, une attirance pour le vagabondage et le chaos. »

George Catlin  y réalise de précieux portraits et fait une grande moisson d'objets typiques qui préfigure son "musée indien" qui fascinera un peu plus tard George Sand et Baudelaire.

Notes et références
[1] L'Atelier du peintre
a été publié en 1988.Dans un atelier de verre de Los Angeles à Venice, Le Virginal dirige un atelier de peinture constitué d'élèves qui sont des délinquants en réinsertion. Mais au lieu de fresques des rues, il leur impose comme thème de peindre le célèbre tableau de Jan van Eyck, Les époux Arnoldfini. Une compétition féroce oppose les deux camps d'élèves, faite de haines, de jalousies et ponctuée de complots.
[2] Les Indiens des Plaines occupaient les grandes plaines d'Amérique du Nord. Ces tribus possédaient en commun un mode de vie basé sur la chasse au bison (au moins, jusqu'au début des années 1880) et leur lutte contre les blancs leur ont valu d'être le prototype du mauvais Peau-rouge des westerns.

Mes fiches sur Grainville
* Falaise des fous -- Le démon de la vie -- Bison --

* Le roman historique --

https://encrypted-tbn0.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQlKUOgeBjxQbe2SteZ8-gzR9POaoIoWqds2dhmEiG5CdXlRdsApg  Bison par Grainville

<< Christian Broussas – Grainville Bison- 02/02/2019 < • © cjb © • >> 

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16 février 2017 4 16 /02 /février /2017 17:37

Roger Vailland, fidèle à lui-même, joue avec ses contradictions, surtout à cette époque qu’on pourrait nommer sa « saison cinéma », [1] parce qu’il écrit alors plusieurs scénarios pour le metteur en scène Roger Vadim. [2]

        
La famille Vailland (avec sa soeur Geneviève et ses parents)

 

Période de réflexion, période de "vacance de l’écriture", surtout consacrée à une remise en ordre de son œuvre et de ses idées, qui débouchera l’année suivante sur la parution d’une compilation de ses textes centrés sur le libertinage, qu’il intitule Le regard froid où il revient à son cher XVIIIème siècle.  

Ce "libertin au regard froid" [3] a pris ses distances vis-à-vis du Parti communiste, Beau masque est déjà bien loin et il renoue avec le grandes figures qu’il connaît bien, Choderlos de Laclos [4] et le marquis de Sade. Ses scénarios seront d’ailleurs centrés sur ces deux auteurs, versions contemporaines intitulées Les Liaisons dangereuses 1960 et Le vice et la vertu en 1963, déclinaison moderne de la Justine de Sade. Retour à ses racines en quelque sorte, comme si le communisme n’avait été dans son parcours, qu’une parenthèse.

           
Les 2 films importants de Roger Vadim d'après un scénario de Roger Vailland

 

D’où cette réflexion qu’on trouve dans ses Écrits intimes sur L’homme bolchevik déchu, cet "homme de qualité" qui constituait son modèle, un peu honteux de montrer ce faste ostentatoire au camarade communiste qu’il doit rencontrer mai qui, d’un autre côté représente un défit au système capitaliste en utilisant ses symboles les plus édifiants, la Jaguar dans laquelle il se pavane avec sa femme Élisabeth et le luxe somptueux de l’hôtel Carlton où ils sont descendus :

« Cannes le 13 septembre 1962
Comme beaucoup d’intellectuels de ma génération (cela a même commencé au XVIIIème siècle), j’ai passé une bonne partie de ma vie à essayer de découvrir le "bon sauvage". Passage sans doute nécessaire aux esprits les  plus vifs des nations les plus organisés, etc.
 Entre Nice et Cannes avant-hier, dans ma Jaguar, X.,  mon idéal-sauvage bolchevik ne parvenait que mal à dissimuler sa peur. Et s’arrangea pour ne pas être descendu exactement au lieu de son rendez-vous, afin que le camarade avec qui il avait rendez-vous ne le voie pas descendre d’une Jaguar. »

     
Roger Vailland avec Roger Vadim       Chez lui, dans son bureau de Meillonnas

 

Derrière ses visites nocturnes et la rencontre avec son ex belle-sœur, point aussi les souvenirs amers de sa vie avec Andrée, sa première femme, relations qu’il a mis en scène dans son roman Les Mauvais coupsRoberte (son prénom dans le roman) se suicide à la fin comme le fera Andrée quelques mois avant ce voyage à Cannes qu’avait entrepris Roger Vailland et qu’il relate dans ses souvenirs. Derrière le ton badin, le propos factuel, sourd la blessure d’une passion ravageuse qui l’a marqué à jamais. D’où cette relation qu’entreprit Vailland dans ses Écrits intimes :

« Déjeuner avec Claire Brandeis [4] la sœur d’Andrée Blavette ma sauvage des années 36-46 qui s’est jetée du quatrième étage de la rue Auber. D’autres cherchent maintenant leurs sauvages parmi les paysans des pays sous-développés.
Après malentendu avec les call-girls du Carlton, nous avons fait l’amour dans son meublé sans eau avec Marie-Pierre, putain de la rue d’Antibes, 23 ans, toulousaine, noire, les traces du couvre-seins et du maillot encore plus mince, blancs, blessures, que Monique de Lyon, très gentiment…

Le déjeuner avec Claire (dont j’essayais de retrouver le nez droit, le beau front, dans le visage flétri sous les cheveux blancs) et son récit pourtant médiocre d’Andrée Blavette, sans me provoquer aucun mouvement du cœur (afflux de sang) m’avait étrangement alourdi, comme une pesanteur ventrale et, par affinité, avait angoissé Élisabeth, si bien que l’après-midi fut pénible, le temps ne s’éclaircit que peu à peu par la conversation et la légèreté ne fut reconquise qu’après nos caresses à Marie-Pierre. »

                         
Roger devant une œuvre de Costa     Avec sa femme Élisabeth dite Lisina

 

Le lendemain, il va s’installer avec Élisabeth pour 3 semaines sur l’île de Porquerolles chez le compositeur Jean Prodromidès. Comme ça lui est parfois arrivé, il repart chez lui à Meillonnas dès le lendemain pour reprendre son travail sur Le Regard froid. Dans sa jeunesse en 1926, il avait proposé à son ami Roger Gilbert Leconte d’ouvrir un restaurant près de Juan-les-Pins en lui disant « What a businessman » !

Roger Vailland allait bientôt arrêter toute collaboration avec le cinéma, ses déconvenues et ses juteux revenus pour se lancer dans la rédaction de La truite, son nouveau roman, qui sera aussi le dernier ; La Truite, cette naïade qui s’échappe toujours, prompte à glisser entre les doigts des hommes comme cette vie en train d’échapper à Roger Vailland.

        
Les liaisons dangereuses 1960                  Le vice et la vertu (1963)

 

Notes et références
[1] Sa "saison cinéma" est marquée particulièrement par : Les Liaisons Dangereuses (1959), de Roger Vadim, Et mourir de plaisir (1960), de Roger Vadim, d’après un roman de Sheridan Le Fanu, La Novice (1961) d’Alberto Lattuada, d’après le roman du Guido Piovene, Le Jour et l’Heure (1962)de René Clément, Le Vice et la Vertu (1963) de Roger Vadim, 325 000 francs (1964) de Jean Prat, d’après son propre roman.

[2]  Les Liaisons dangereuses 1960 (1959), transposition de l'univers de Laclos dans la haute bourgeoisie des années cinquante ; Le Vice et la vertu (1963) qui mélange personnages sadiens et période de l'Occupation.
[3]  Un "libertin au regard froid", titre de la biographie de Vailland écrite par Yves Courrière, éditions Plon, 1991
[4] Voir ma fiche Laclos par lui-même consacrée à l’essai de Vailland sur Laclos, parue sur Wikipedia
Voir aussi l’article d’Elizabeth Legros Regards de Vailland et Malraux sur Laclos
[5] Voir ma fiche Wikipedia consacrée à La Truite


Avec Jeanne Moreau

 

Références bibliographiques
* Roger Vailland et le cinéma --
* Jean Recanati, Esquisse pour la psychanalyse d’un libertin --

* Accès au site Roger Vailland --

<><> • • Christian Broussas • Vailland 1962 • °° © CJB  °° • • 2014 <><>

 

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14 avril 2013 7 14 /04 /avril /2013 20:50

    Les Goncourt en mars 1861

 

 L'aîné Edmond de Goncourt naît à Nancy en mai 1822 et Jules son cadet de huit ans naîtra à son tour pendant les troubles politiques de 1830. Mais très vite, leurs proches disparaissent :  le père meurt alors qu'il sont tout jeunes et deux ans après, leur soeur est emportée par le choléra. En 1848, c'est au tour de leur mère de rejoindre son mari et sa fille. Edmond se sentira alors responsable de son jeune frère, « Ma mère, sur votre lit de mort, vous avez mis la main de votre enfant chéri et préféré dans la mienne, en me recommandant cet enfant avec un regard qu’on n’oublie pas. » dira-t-il avec émotion.

   La maison d'Auteuil

 Leur seule consolation, c'est de pouvoir abandonner un travail qu'ils ne prisent guère pour vivre assez confortablement de leur héritage et se consacrer pleinement à leur passion : l’art et la littérature. En fait, touche-à-tout des arts, ils s'essayent à différente formes d'arts,  le dessin et l'aquarelle, les techniques de l’eau-forte et de la gravure, s'improvisent tour à tour antiquaires -Edmond est un incorrigible collectionneur- historiens, journalistes et enfin...  romanciers.

 

 JPEG - 30.5 ko  

 

Le berceau familial

Le village de Goncourt    
 

 Goncourt est d'abord un village de Haute-Marne, "entre Champagne et Lorraine, sur les bords de la Meuse, c'est là que les frères Goncourt puisent leurs racines et passèrent toutes leurs vacances de jeunesse. La Papeterie acquise en 1786 par leur arrière grand-père, témoigne de ce passé familial à Goncourt et dans la commune voisine de Bourmont. C'est dans ce chef-lieu de canton qu'ont vécu leurs aïeux  Jean-Antoine Huot de Goncourt (1753-1832) qui sera magistrat de la Sûreté Impériale à Neufchateau, ses deux fils Pierre-Antoine Huot de Goncourt (1783-1867), officier d'artillerie sous l'Empire et député des Vosges aux Assemblées Nationales de 1848 et 1849, et Marc-Pierre Huot de Goncourt, père d'Edmond et de Jules. Les deux frères firent de nombreux séjours de 1834 à 1878 chez leurs cousins Labille à Bar-sur-Seine, qu'ils évoquent dans leur journal.

 

 Les deux frères se rendirent aussi souvent en vacances chez leur oncle qui habitait une superbe demeure du XVIIIème siècle, appelée maintenant La maison des Goncourt, située au n°2 de la place Jeanne d'Arc dans la petite ville de Neufchâteau dans les Vosges. 

 

       

La maison de Bar-sur-Seine                                La maison de Neufchâteau

 

Le Grenier des Goncourt à Paris XVIème

En 1868, à la recherche d’un peu de calme et de verdure, Les frères Jules et Edmond de Goncourt quittèrent la rue Saint-Georges dans le 9ème arrondissement pour aller s'installer dans la maison d’Auteuil située Boulevard de Montmorency. [1] Celle qu'on appela La maison des Goncourt  [2] se présentait comme un salon de peinture car chaque pièce correspondait à une collection spécifique. Edmond en fait le tour du propriétaire dans son livre La maison d’un artiste paru en 1880 avec grand souci du détail. [3]

 

 C'est un petit hôtel particulier sans confort les premiers temps, avant qu'ils fassent exécuter des travaux. Ils espèrent y trouver le calme au milieu de leurs œuvres d'art, notamment des bronzes japonais et des porcelaines de Chine. Le petit salon, tendu d'andrinople rouge, contenait des dessins, des lavis, des aquarelles d'Oudry, de La Tour, de Boucher, de Watteau et d'Hubert-Robert et Le grand salon, des terres cuites de Claudion. La salle à manger, permettait d'exposer des bronzes du XVIIème, l’escalier des albums japonais, le cabinet de toilette des porcelaines de Saxe et le boudoir, des tapis persans. Ils feront ensuite aménager le second étage pour exposer toutes leurs collections et recevoir le dimanche après-midi la brillante société littéraire formée notamment d'Emile Zola, Alphonse Daudet, Guy de Maupassant, Huysmans, Théophile Gautier, habitués du fameux grenier des Goncourt.

 

 Jules n’en profitera pas beaucoup puisqu'il meurt  de maladie en  1870, Edmond lui survivant jusqu'en juillet 1896, victime d'un bain trop froid, dans les bras d’Alphonse Daudet à Champrosay dans l'Essonne. [4] Il faudra attendre la vente de la maison et la première réunion le 26 février 1903 des sept premiers membres du groupe, Huysmans, Octave Mirbeau, Léon Hennique, Gustave Geffroy, les deux frères Rosny et Paul Margueritte,  dans un salon du Grand Hôtel, près de l’Opéra [5] pour que naisse L'Académie Goncourt et son célèbre prix.

 

 Notes et références

[1] au 53 de l'avenue de Montmorency, devenu aujourd’hui le numéro 67

[2] La maison est devenue le siège de la Maison des écrivains et de la littérature (Mel), qui a pour vocation de fédérer les écrivains et de les représenter, de les défendre et, à travers eux, de promouvoir la littérature.

[3] Les chapitres ont pour titre: Le Vestibule, La salle à manger, les salons, l’Escalier, le Cabinet d’Extrême-Orient

[4] Acquise quelques années après le mariage d’Alphonse Daudet avec Julia Allard, originaire de Draveil, la maison de Champrosay est le lieu de villégiature estivale de prédilection de l'écrivain

[5] Rejoints plus tard par Léon Daudet, Élémir Bourges et Lucien Descaves

 

  

L'un des premiers déjeuners chez Drouant en 1926 avec notamment les frères Rosny (à droite, debout et assis)

 

Voir aussi

* Magazine littéraire        La maison des Goncourt 

 * Terre des écrivains et les Goncourt : La maison de l'avenue de Suffren, La crèmerie de la rue Saint-Georges

 

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24 février 2013 7 24 /02 /février /2013 11:53

Georges Conchon, surtout connu pour avoir écrit L'état sauvage qui lui valut le prix Goncourt en 1964, est l'auteur de ce roman paru en 1983 intitulé Le Bel avenir.


   

 

Il se voyait déjà ministre, c'est dire si Régis Crozet semblait avoir un bel avenir. Et c'était normal : jusqu'alors, tout lui avait souri et il avait l'impression que l'avenir se pliait à ses désirs, à ses espoirs. Et il n'était pas le seul à le penser, faisant même des jaloux devant sa réussite si éclatante.

 

Mais un simple grain de sable peut gripper le plus bel engrenage. Pour comprendre, démonter les mécanismes du cercle vicieux qui va se développer, il faut plonger dans la société française de ces années d'après-guerre et dans cette famille bien sous tout rapport en apparence.

 

Georges Conchon nous entraîne dans cette société où se mêlent pouvoir des affaires et pouvoir politique, où derrière la face d'une bourgeoisie de bon aloi, se cachait une rouerie de paysan, dans ce pays corrézien stupéfait par l'énigme d'un assassinat.

 

« Conchon mord à belles dents dans le monde d'aujourd'hui. Son appétit est contagieux et nous, lecteurs, dévorons à notre tour Le Bel avenir. On s'amuse avec l'auteur de son intrigue policière à la Chandler, on s'émerveille de ses portraits féminins, tendres et sensuels, on déguste ses évocations régionales, qu'elles soient limousines ou parisiennes... Il faut pour cela le maître coup de main d'un vrai chef. »  Jean-Pierre Enard (VSD)


  Bibliographie

  • "La Corrida de la victoire", Albin Michel, 1959 - Prix des Libraires 1960
  • "La Banquière", Ramsay, 1980
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23 février 2013 6 23 /02 /février /2013 18:50

Patrick Rambaud, surtout connu pour avoir écrit La Bataille qui lui valut le prix Goncourt, a aussi écrit une chronique pamphlétaire sur la présidence de Nicolas Sarkozy.

 

tumb Patrick Rambaud en 2010    

 

Six tomes constituent actuellement cette série :

- Chronique du règne de Nicolas Ier : Chronique des six premiers mois de présidence de Sarkozy sous forme de pastiche de Saint-Simon, Paris, Grasset, 2008

- Deuxième chronique du règne de Nicolas Ier, Paris, Grasset, 2009

- Troisième chronique du règne de Nicolas Ier, Paris, Grasset, 2010

- Quatrième chronique du règne de Nicolas Ier, Paris, Grasset, 2011

- Cinquième chronique du règne de Nicolas Ier, Paris, Grasset, 2012

- Sxième chronique du règne de Nicolas Ier, Paris, Grasset, 2013, "Tombeau de Nicolas 1er et avènement de François IV", voir L'Express-Lire

 

Déjà auteur du pamphlet Crise au Sarkozistan préfacé par Daniel Schneidermann, Patrick Rambaud récidive avec cette série.

 

A partir du style de Saint-Simon et d'un vocabulaire emprunté à l'Ancien Régime, il relate sous orme de pastiche ironique les six premiers mois de la présidence de Nicolas Sarkozy et y trace le portrait du président, de certains de ses ministres et de ses conseillers, figures marquantes du gouvernement et de ses proches.


         

 

Nicolas Sarkozy y est rarement nommé mais apparaît son forme de nombreuses expressions telles que « Notre bien-aimé monarque », « Son efficace Majesté », « Notre bouillant leader », « Notre stupéfiant souverain », « Notre prince » ou « Notre maître ».

 

Dans le tome II, Rambaud s'adresse au "sire-président" en lui donnant par exemple du "Votre Compulsive Grandeur", faisant référence à son goût du pouvoir où il va gouverner à la place du gouvernement et considérer les ministres comme quantité négligeable, affligé d"une maladie d'agir, une espèce d'activisme politique qui lui a joué bien de mauvais tours.

 

Il présente ainsi ce volume : "C'est parce que nous sommes nombreux à souffrir de votre règne, Sire, que j'ai entrepris de le raconter afin qu'en demeure les péripéties..." Nicolas Ier, savamment pris en mains par son habile nouvelle première dame, s'était assagi et est devenu plus tempérant. Mais n'est-ce pas qu'une apparence ?

 

Dans le tome III, L'automne semble se présenter sous de bons auspices mais voilà que tout bascule avec l'irruption de la bourse dans le paysage économique français et son effondrement. Adieu belles ambitions libérales et fiscales rattrapé&es par la crise qui suit sans crier gare. Il faut absolument montrer du doigt les responsables : ces 'traders' irresponsables, ces banquiers irresponsables qui plombent les politiques, à la "Vicomtesse de La Garde", au "Baron de Trichet". Nicolas Ier eut de nouveau recours à la parole pour conjurer le sort, de petits mensonges en fausses vérités, écumant la planète de Washington ou de Berlin au parc de Versailles, évitant avec attention tous ces lieux de plus en plus nombreux peuplés de RMistes et de chômeurs. « Après avoir couru la planète, le Prince dut se résoudre à courir son propre pays pour le réconforter... »

 

Dans le tome IV qui va de l’été 2009 à l’été 2010, la cote de Sa Majesté n'en finit pas de dégringoler. Les événements se succèdent à un rythme effréné au point que personne ne peut plus suivre.On passe allègrement de la bataille sans merci avec le Duc de Villepin aux déboires du Prince Jean, trop pressé de prendre le pouvoir, des mensonges aux rumeurs pour arrivée à une superbe culottée électorale, sur fond d'affaire Woerth-Bettencourt.

 

Dans le tome V, on retrouve la plupart des personnages précédents pris dans des événements tragi-comiques : de l’affaire Woerth-Bettencourt à DSK, des primaires du PS aux portraits savoureux de son style fleuri. Il vante l’élégance de Fillon duc de Sablé, cultivant les couleurs sombres, le jovial M d’Hollande baron de la Corrèze qui ne voulait pas devenir un sauveur mais un« normal rassembleur, ce à quoi il postulait très simplement. » Quant au prince Sarkozy qui nous gouverne, il réalisa « M. de La Bruyère… jusqu’à réussir à se tromper soi-même sur sa culture dont il était fort peu pourvu. Notre Prince immaculé, de plus en plus bas dans sa popularité, voulut prendre de l’élévation […] comme cette visite éclair au Vatican… puisqu’il y avait urgence à recoudre le vertu déchirée du Prince.


Bibliographie

  • "La Bataille", Grasset, 1997 - Prix Goncourt 1997 et Grand prix du roman de l'Académie française, la bataille de Wagram en 1809, vue à la loupe
  • "Le Chat botté", roman sur l'ascension de Napoléon Ier, Grasset, 2006

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23 février 2013 6 23 /02 /février /2013 14:13

ERIK ORSENNA : L'Avenir de l'eau

 

L’Avenir de l'eau est un roman d'Erik Orsenna, publié le 22 octobre 2008, consacré à l'importance de l'eau pour l'humanité. Il constitue le tome II de son Petit précis de mondialisation après la parution de Voyage aux pays du coton. [1]

Cet ouvrage a obtenu le prix Joseph-Kessel en 2009.

Présentation

tumb Orsenna en 2008 Orsenna L'avenir de l'eau.jpg

 

L'eau est en train de devenir un enjeu essentiel pour l'avenir et ce n'est pas seulement d'avenir de l'eau dont il est question mais de sa distribution, de sa rareté relative avec tout ce que ce constat implique. La première est certainement la concurrence pour avoir accès à cette "source" vitale, avec le terrible danger de déboucher sur une "guerre de l'eau" pour s'emparer de cette ressource.

 

Pour faire le point, savoir où le monde en est actuellement, Erik Orsenna est allé voir sur place, Du Nil au Huang He (le fleuve Jaune), de l'Amazone à la Neste, un affluent de la Garonne. Dans d'autres régions du monde aussi comme l'Australie jusqu'au fleuve Brahmapoutre en Inde...

 

Il est intéressé par les techniques utilisées dans les zones de pénuries aquafères ou pour survivre dans le plus aride des déserts mais il constate surtout que s'aggravent les inégalités climatiques sur la planète terre.

 

Ouvrage de référence

  • "Erik Orsenna, L'Avenir de l'eau", Éditions Fayard, Paris, 2008, (ISBN 2213634653).

Notes et références

[1] Le livre est paru juste après le Congrès mondial pour l'eau qui s'est déroulé Montpellier durant l'automne 2008.

Divers

Bibliographie sélective
  • Erik Orsenna, "Madame Bâ", éditions Stock, 2003, isbn 2-213-61545-4
  • Erik Orsenna, "Voyage aux pays du coton", Petit précis de mondialisation, éditions Fayard, 2006, isbn 2-213-62527-1, (prix du livre d'économie)
  • Erik Orsenna, "L'Entreprise des Indes", Éditions Fayard, Paris, 2010, 390 pages, isbn 978-2-234-06392-1
  • Erik Orsenna, "L'Exposition coloniale", Éditions du Seuil, Paris, 576 pages, 1988, isbn 2020122073
  • Erik Orsenna, "Orsenna Princesse Histamine", Éditions Stock, Paris, 2010, isbn 782234065000
  • Erik Orsenna, Beaumarchais --
Liens externes

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