Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
15 avril 2022 5 15 /04 /avril /2022 16:28

Hommage à l'Ukraine

Drapeau ukrainien

Mon Dieu, que dire de ce Poutine
Qui se plaît à jouer les Staline,
Espèce de tsar, homme de rien
Bien calfeutré au sein du Kremlin.

 

Temps de feu et de fer,
Au ciel zébré d’éclairs,
Aux terribles missiles
Qui vous changent en fossiles.

 

Tu veux être le roi de la schlag,
Pouvoir ressusciter le Goulag,
Aujourd'hui, tu me fais de la peine,
Aujourd’hui, j’ai mal à mon Ukraine.

 

C’est un temps irréel
Aux lendemains cruels
Qui assombrit le ciel,
Aux armes mortifères,
Aux effets délétères.
Que j’ai mal à mes frères !

 

Tu te prends pour un as,
Tu casses, tu fracasses,
Dans ce climat de haine,
J’ai mal à mon Ukraine.

 

Tu voudrais ressortir la géhenne
Et revenir à Mathausen,
Y’a pas de doute, faut que ça saigne,
Oh, j’ai toujours mal à mon Ukraine.

 

Souviens-toi ô Russie
De ces hordes nazies
Canonnant Leningrad,
Détruisant Stalingrad !

 

C’est un si beau pays qu’on piétine,
C’est tout un peuple qu’on assassine,
Ta mégalo est trop dérisoire
Aujourd’hui, j’ai mal à mon espoir.

 

« Ô Liberté » chantait Éluard,
Liberté écrasée par tes chars,
Étranglée dans l’étau des carnages.
Non, « Il ne faut plus raser Carthage ».

 

J’accuse Poutine et tous ses sbires
De n'être rien que de tristes sires
Qui jettent leurs unités blindées
Sur des populations désarmées.

 

Je l’accuse avec ses militaires
De n’être que des fauteurs de guerre
Et sans foi ni loi, de perpétrer
Des crimes contre l’humanité.

--------------------------------------------------------------------------------
<< Christian Broussas Ukraine © CJB °°°31/03/2022 >>
--------------------------------------------------------------------------------

Partager cet article
Repost0
30 décembre 2021 4 30 /12 /décembre /2021 17:22

Je te dédie cette ode
À toi l'ami Jean-Claude :
Un an, déjà un an
Que se perdent les jours,
Que le temps va et court
Sur nos chemins d’antan.

Ma plume émoussée pleure,
Et ce spleen qui affleure…
Que je prenne ma lyre
Pour épancher mon cœur,
Défier le mauvais sort
Et éteindre tout soupir.

Ce ne sont que des notes
D’un petit croque-note
Pour soulager les peines, 
Défier la destinée,
Braver l’adversité
Et la nature humaine.

Ô, ça va faire déjà une année 
Que s’écoulent les grains du sablier.
Parfois, on ne voit pas le temps passer
Chante le poète, désabusé.

   

-------------------------------------------------------------------------
<< Christian Broussas • Ode  JC  © CJB  ° 28 /12/2021  >>
-------------------------------------------------------------------------

Partager cet article
Repost0
28 décembre 2021 2 28 /12 /décembre /2021 14:58

DEUX ANS DÉJÀ

Deux ans, voilà déjà deux ans
Pensais-je ainsi gravement,
Le sablier a fait des siennes ;
L’ombre derrière les persiennes
S’étiole dans un  jour brumeux …
Et ce paysage m’émeut.
Ô imagine chère Hélène
Ce décor qui sied à ma peine.


C’est ainsi, je ferme les yeux
Juste un court instant,  juste un peu
Sans même que j’intervienne
Des images soudain me viennent
Et surgissent sous mes paupières
De faibles reflets de lumière,
De ces souvenirs qui affleurent
Très simplement, sans grand effort.


Il est sur sa moto, souriant,
Le regard franc, nous saluant
D’un simple geste de la main,
Rejoignant le camp des copains.
C’était le temps des évidences
Bien loin du temps du silence.
Je le revois alors bien vivant,
Avec nous, assis sur le Banc.

Ô, deux ans, c’est à n’y pas croire
Quand l’absence ne fait que croître
Mais le temps compte bien peu
Même si on fait ce qu’on peut,
Car durer n’a guère de sens
Quand s’instaure le grand silence,
Quand il faut en payer le prix.
Ainsi va la vie mon ami.

---------------------------------------

Partager cet article
Repost0
19 août 2021 4 19 /08 /août /2021 21:58

  Théodore de Banville par Félix Nadar

 

Théodore de Banville (1823-1891), ça vous dit quelque chose ? Peut-être, la chanson de Georges Brassens intitulée Le verger du roi Louis, vous dit-elle quelque chose, bien qu’elle ne soit pas vraiment connue. Brassens, fait assez rare pour lui, a mis en musique ce poème pour sa musicalité mais sans doute aussi parce qu’il est un hommage à François Villon et une référence à sa Ballade des pendus.


Brassens mettra également en musique un poème de François Villon sous le titre La Ballade des dames du temps jadis. Théodore de Banville quant à lui, écrira un court poème en hommage à François Villon, qu'il intitula simplement Dizain à Villon.

 

         

 

Celui qu'on appelait « le poète du bonheur, » ami d’Hugo, de Théophile Gautier et de Baudelaire, Théodore de Banville a joué un rôle important dans les lettres françaises, considéré comme l’initiateur du mouvement des parnassiens.

 

Dans son poème Ballade de Victor Hugo père de tous les rimeurs, s'il reconnaît que « Gautier parmi ces joailliers est prince, et Leconte de Lisle forge l’or dans ses ateliers », il écrit comme une litanie que  « le père est là-bas, dans l’île, » faisant référence à l'exil de Victor Hugo à Guernesey. Il écrivit aussi un poème intitulé "À Auguste Vacquerie", après la noyade tragique qui coûta la vie à son frère et à sa femme Léopoldine, la fille de Victor Hugo.

Il rejetait autant le courant réaliste que l’évolution du courant romantique qu’il condamnait, cherchant entre les deux son inspiration. Il hébergea un temps Arthur Rimbaud qui se montra ingrat en critiquant ensuite son  style poétique.

 

Dans son poème Ballade sur lui-même (tiré de son recueil Trente-six ballades joyeuses), il confesse qu'il se considère comme "un poète lyrique" et se traite « d’assembleur de rimes ».

Il fut aussi un critique dramatique influent, un chroniqueur littéraire travaillant pour les journaux « le Pouvoir » en 1850 puis « le National » en 1869, devenant une figure majeure du monde littéraire, membre de la « Revue fantaisiste » où se réunissent en particulier les poètes du « Parnasse ».

 

En 1872, il publie son Petit Traité de poésie française, rompant ainsi avec le courant symboliste. Très prolifique, il publie dans les années suivantes un recueil de poèmes chaque année. Il s’est particulièrement intéressé à la forme poétique, utilisant toutes les nuances de la poésie française.

 

         
Théodore de Banville Les Roses et l'été

On lui a parfois reproché un certain formalisme au détriment de la sensibilité et de l'imagination mais son originalité lui permit d’exercer une grande influence sur la génération montante de la poésie française. Il a été comme une plaque tournante entre les mouvements réaliste, romantique et symboliste.

 

Il fut un inconditionnel de Charles Baudelaire, aussi bien de l'homme que de son oeuvre, s'occupant de la troisième édition des "Fleurs du mal" et le 2 septembre 1867, devant une assistance clairsemée, faisant l'éloge du poète, sur sa tombe au cimetière du Montparnasse.

 

 

Le verger du roi Louis

Sur ses larges bras étendus,
La forêt où s'éveille Flore,
A des chapelets de pendus
Que le matin caresse et dore.

Ce bois sombre, où le chêne arbore
Des grappes de fruits inouïs
Même chez le Turc et le More,
C'est le verger du roi Louis.

Tous ces pauvres gens morfondus,
Roulant des pensers qu'on ignore,
Dans des tourbillons éperdus
Voltigent, palpitants encore.

Le soleil levant les dévore.
Regardez-les, cieux éblouis,
Danser dans les feux de l'aurore.
C'est le verger du roi Louis.

Ces pendus, du diable entendus,
Appellent des pendus encore.
Tandis qu'aux cieux, d'azur tendus,
Où semble luire un météore,

La rosée en l'air s'évapore,
Un essaim d'oiseaux réjouis
Par-dessus leur tête picore.
C'est le verger du roi Louis.

Prince, il est un bois que décore
Un tas de pendus enfouis
Dans le doux feuillage sonore.
C'est le verger du roi Louis.

----------------------------------------------------------------------------------
<< Christian Broussas, Théodore de Banville 04/07/2021 © • cjb • © >>
----------------------------------------------------------------------------------

Partager cet article
Repost0
19 décembre 2020 6 19 /12 /décembre /2020 21:19

    

Vous dirais-je qu’elle est belle,
Que le temps passe sur elle,
Vraie caresse du ciel
S’envolant à tire d’ailes.

Vous confierai-je mes joies
Sans fin, mes peines légères,
Ce petit je ne sais quoi
Qui m’avait séduit naguère.

Brosserais-je cette image
D’une fille au port si sage
Qui est bien où je vais,
Qui est celle qui me plaît.

Elle vous emmène dans
Son monde si apaisant
D’où perce dans ses yeux verts
L’éclat de son univers.

Peut-être dirais-je encore…
Mais pourquoi un tel effort,
Ah, aujourd’hui comme hier
Préservons ses doux mystères.

      

-----------------------------------------------------------------------------
<< Christian Broussas • Je vous dirais © CJB  ° 19/12/ 2020  >>
-----------------------------------------------------------------------------

Partager cet article
Repost0
3 octobre 2020 6 03 /10 /octobre /2020 14:26

« Tout feu s'éteint, puisqu'il peut s'allumer. »
L'ami d'enfance - Marceline Desbordes-Valmore

 

Ô mon ami, fasse que ma prière
T'apporte quelques rais de lumière,

Déchire un peu le voile de la nuit,
Te rappelle ce qu'était notre vie.


Tous les crédos, les recours à la foi
Ne pourront effacer tous les pourquoi,
Combler en nous ce vide de l'absence
Ni parvenir à lui donner un sens.

 

Que peut l'amitié contre le destin,
Le sort cruel qui fut alors le tien,
Que peuvent les rappels de la mémoire

À tous les songes creux d'un vain espoir ?
 

Que peut faire toute ma compassion
Contre la pression de la raison,
Mes yeux sans pleurs désormais, des yeux vides
Qui cherchent encore ton regard livide ?

 

Je voudrais te dire en toute conscience
Que la vie doit bien avoir un sens
Mais mon 
cœur a beaucoup trop de chagrin
pour que j'y aperçoive un lendemain.

 

Que peut l'amitié contre le froid de la tombe
Et le sentiment fugace que tout succombe ?
Que signifie cette lueur, ce fol espoir
Quand peu à peu s'éteint la lumière du soir ?

 

Ô mon ami, je voudrais ces vers éternels
Gravés dans le marbre d'un amour fraternel,
Mais déjà dans mon cœur ton image faiblit
Et le tenace travail du temps s'accomplit.

 

  

----------------------------------------------------------------------------------
<< Christian Broussas • Que peut l'amitié © CJB  ° 29/09/ 2020  >>
----------------------------------------------------------------------------------

Partager cet article
Repost0
9 septembre 2020 3 09 /09 /septembre /2020 22:24

        
 

« En sondant ces mots un soir d’été… » (Victor Hugo)
 

C’était hier par un soir d’été,
Le ciel comme un rideau déchiré
Rougissait dans un temps étiré
Qui n’en finissait pas, prolongé
Par la tiédeur de la soirée.
Mais que cache une telle beauté ?
 

Une joie de sentiments diffus,
Comme une petite bouffée d’air
qui nous renvoie sa part de mystère,  
Et la nostalgie de ce qui fut,
Peut-être… ou alors bien autre chose, 
Une respiration, une pose
Pour pouvoir magnifier chaque instant.
C’est sûr, je n’en demandais pas tant.
 

C’était de ces moments indicibles
Qui nous rendent parfois plus sensibles,
Si particuliers et si précieux
Que parfois nous offrent les cieux.
C’était de ces moments en instance
Où rien n’a plus vraiment d’importance,
Où quand tout est serein et tranquille,
Il semble que tout devient facile.
 

       
                                            Lilas des Indes "Soir d'été"
 

Où peut bien se cacher la beauté,
Chimère si souvent caressée
Mais si difficile à approcher,
Qu’on ne cesse jamais de traquer,
Elle est comme ces poissons fuyant
D’un seul coup, d’un simple mouvement,
Qui glissent entre les doigts, doucement
Sans aucun bruit, sans tremblement,
Comme d’évanescents souvenirs
Qu’il est vain de vouloir retenir.

 

C’était par un de ces soirs d’été
Où plus rien ne compte en vérité
Qu’un doux sentiment de plénitude
Où se noient les belles certitudes
Soumises au caprice du vent
Qui se désagrègent au fil du temps.

--------------------------------------------------------------------------
<< Christian Broussas • Soir d'été © CJB  ° 09/09/ 2020  >>
--------------------------------------------------------------------------

Partager cet article
Repost0
7 avril 2020 2 07 /04 /avril /2020 13:42

  


Parce que…
Mais pourquoi alors chercher des raisons
Quand les choses se font et se défont,
Hésiter, douter n’est pas de saison,
Autant de ces belles raisons dont on
Se moque.

 

Cœurs qui s’ouvrent,
Que suscite une rencontre impromptue
Ici ou là, le long d’une avenue
Puis s’éprouvent,


Cœurs émus,
Intimidés, qui ne savent quoi dire,
Aiguillonnés par un tendre désir
Inconnu.

 

Parce que…
C’est finalement vouloir déflorer
Tout ce qu’il y a soudain d’ineffable
Dans une rencontre en forme de fable
Que personne ne saurait expliquer
Ou presque…

 

En faut-il
De ces petits riens, de ces hasards
Qui se conjuguent en un simple regard,
En idylle.


Car un jour
Que sans raison le temps s’est arrêté,
Sans que rien ne change en apparence
Se met à souffler le vent de la chance
Qui emporte des cœurs bouleversés
Par l’amour.

 

Oh, car oncques
On ne vit la sagesse l’emporter
Sur les élans du cœur et triompher
De cet indicible pouvoir d’aimer
Qui transforme les désirs en pensées
Romanesques.
 

Tout est dit.
Si le scénario n’est jamais le même
c’est bien quand le cœur tressaille qu’on aime,
C’est ainsi.

   

<< Christian Broussas – Sans raison - 04/11/2019 - © cjb © >>

 

Partager cet article
Repost0
7 avril 2020 2 07 /04 /avril /2020 13:28

   
 

« Fais de ta vie un rêve et d’un rêve une réalité. »
Antoine de Saint-Exupéry

 

Venez, venez, je vous offre mes rêves,
Vous serez ainsi comme ma relève,
J’en ai plein les poches, plusieurs milliers,
A vrai dire toute une infinité
Pour vous tous, les jeunes, selon vos goûts,
Pour aspirer aux espoirs les plus fous.

Oh, Il m’en reste encore tant et tant
Mais je suis maintenant pris par le temps,
Une simple vie n’y pourrait suffire
Et pour en apprécier tous les plaisirs,
Ce que je ne pourrai réaliser,
Je vous en fais don bien volontiers.

Oh, les rêves, ça ne coûte pas cher,
Ça pèse peu et ça ne compte guère
Mais c’est un peu comme l’air qu’on respire,
Un impondérable pourrait-on dire,
Qui, au moindre petit souffle, vibre
et nous suggère qu’on est libres, libres.
 


 

Aussi, prenez-en le plus grand soin,
Ne les abandonnez pas dans un coin
Car voyez-vous, ils me sont si précieux,
Un don des cieux quasi miraculeux,
Ils sont comme de pâles primevères
Qui éclosent au sortir de l’hiver.

 

Aujourd’hui, je vous les offre mes rêves,
Prenez, prenez les tous, ils sont ma sève,
Toute ma vie, ils m’ont accompagné
Et simplement m’ont aidé à aimer,
Je n’ai rien d’autre pour tout héritage,
Je n’ai vraiment qu’eux pour tout apanage.
 

Les rêves sont comme des papillons
Voletant, qui s’échappent et puis s’en vont,
Ne tentez pas de les emprisonner,
Ne jouez pas avec leur liberté,
Il faut y penser encore et encore
Il faut y croire fort, vraiment très fort,
Pour qu’ils puissent alors se réaliser,
Il faut apprendre à les apprivoiser.
 

 

<< Christian Broussas – Mes rêves... - 01/10/2019 - © cjb © >>

Partager cet article
Repost0
7 avril 2020 2 07 /04 /avril /2020 13:14

Tourner la page

   
 

Comme un simple écrit sur la neige
Qui se décline en maints arpèges,
Comme sur le sable une empreinte
Qui se dilue, semble hors d’atteinte,
Tout, un jour ou l’autre, s’efface
Sans rémission, quoi qu’on fasse.

 

Une page ainsi se tourne, tourne, tourne,
Vole, vole au vent belle page
Qui m’entraîne, je n’ai plus d’âge,
Et ma tête alors tourne, tourne,
Tournoie comme une feuille morte,
Qui, dans un ciel sans nuage, monte, monte…
 

Laissez-moi donc mes souvenirs,
Laissez-moi à mes las soupirs, 
Ils ne sont que mélancolie
Face aux liens qui  nous ont unis
Puis peu à peu se sont défaits,
Quelque sentiment que j’en ai.

 

Je me sens si peu de chose, vraiment si peu,
Dusse me peser cet aveu
je me sens indigne, sans âme, 
Si impuissant devant ce drame 
Qui fut pour moi si douloureux
Mais qui peut paraître si peu, vraiment si peu…
 

Aussi loin que je m’y hasarde,
Sans que j’y prenne vraiment garde
J’ai cru que la maison, ce toit,
Tout ça faisait partie de moi 
Mais non, le temps défait les vies
Et l’on s’éloigne, on se renie.



L’esprit se met à rêver et il plane, plane
Mais tout se dissout et se fane,
Rien ne peut arrêter le vent
Et rien ne sera comme avant.
Comment alors vraiment admettre,
Continuer à paraître, être, être.
 

On ne revient pas en arrière,
Si j’y consens, je vois mon père,
Son œil exercé de maçon
Qui jamais ne fit la leçon,
J’y vois le passé qui me presse,
Révélateur de mes faiblesses.


Alors peu à peu, les choses se font, font, font
Puis un jour se défont, font, font,
Petit à petit avec l’âge,
Ainsi se tourne chaque page,
Palimpseste d’une mémoire
Qui conservait tant d’histoires, ô tant d’histoires.
 

Autant de pages à arracher
Pour oublier, n’y plus penser
Puisqu’il faut vivre, malgré tout
Et continuer jusqu’au bout.
Une maison possède une âme
Et c’est bien là tout mon drame.

 

Objets inanimés, vous me manquez, manquez…
Pas simplement pour posséder,
Pour ce que vous représentez,
Des moments rares à conserver
Quand alors je revois la scène
Et que je mesure toute ma peine, peine.
 

Épanche-toi donc, cœur de pierre
Pas de quoi faire le fier,
Parfois une larme m’échappe
Ainsi, sans que je la rattrape,
Coule, coule perfide larme,
J’ai enfin épuisé ton charme,
Le temps va bien te sécher,
Tout sera alors terminé.

 

C’était naguère ou bien peut-être avant-hier,
Je revois encore mon père
Rêvant, assis sur le banc vert
Qu’il remisait pendant l’hiver,
Ah, réminiscences  éphémères,
C’était naguère ou simplement avant-hier.

Pourquoi être attachés aux choses
Malgré le chagrin qu’elles nous causent
En sachant, le cœur déchiré,
Qu’il faudra bien s’en séparer,
Gommer ce qu’elles nous rappellent,
Et tous les regrets qu’elles entraînent ?

 

Oui simplement, je le revois mon père, père,
Concentré, prenant ses repères,
Redressant les murs patiemment,
Gâchant, Maçonnant, crépissant,
Préservant sa part de mystère,
Oh, je le revois encore mon père, père.
 

De cette maison tant aimée,
De ces murs qui m’ont protégé,
Je m’en croyais propriétaire,
Je n’étais que dépositaire,
Sans savoir veiller au grain,
Je n’ai pu passer le témoin.

 

Ainsi, maintenant tout est joué, bien joué,
J’ai signé, les dés sont jetés,
On croit choisir en êtres libres,
Rester maîtres de ses désirs
Mais non, la vie choisit pour nous
Toujours, envers et contre tout,
J’ai cédé, j’ai donné les clés,
Ainsi, maintenant tout est joué, bien joué.
 

------------------------------------------------------------------
Voir aussi mon fichier Remords II
<< Ch. Broussas, Remords I 25/11/2019 © • cjb • © >>

-------------------------------------------------------------------

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Jacques Frachet culture
  • : Articles sur des thèmes littéraires et historiques
  • Contact

Recherche

Liens