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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 14:02

Eugène Émile Paul Grindel, dit Paul Éluard (du nom de sa grand-mère) n'était pas vraiment destiné à devenir poète et communiste. Né dans un milieu bourgeois, il naît à Saint-Denis au 46 boulevard Châteaudun. [1] et la famille s'installe à Paris une dizaine d'années plus tard rue Louis Blanc dans le dixième arrondissement. De santé fragile, il part en Suisse avec sa mère Jeanne-Marie Cousin à Montreux dans le hameau de Glion mais il est pris d'un accès d'hémoptysie qui se transforme en tuberculose et part se soigner au sanatorium de Clavadel près de Davos dans l'est de la Suisse.

En 1914, il y rencontre une jeune fille russe en exil dont il tombe amoureux, Helena Diakonova qu'il surnomme Gala. Sa personnalité, sa vaste culture l'impressionnent beaucoup, il lui compose des poèmes, elle inerve tousses écrits. Dès sa majorité, il l'épouse le 21 février 1916 et, triomphal, il écrit en mai 1918 à l'un de ses amis : « J'ai assisté à l'arrivée au monde, très simplement, d'une belle petite fille, Cécile, ma fille ».


  Paul Eluard et Nusch

 

La Première guerre mondiale l'a bouleversé, toute sa vie il luttera contre la guerre, se battra pour la paix et rejoindra rapidement le mouvement Dada de Tristan Tzara puis son prolongement dans le surréalisme, nouant une relation amicale étroite avec André Breton. [2] Dès 1920, il considère que le langage peut être un « but en soi » et promet à André Breton de « ruiner la littérature. » Crise existentielle aussi qui fait qu'il s'éloigne, part pour un long voyage de six mois en 1924. Toujours en lutte, soutenant en 1925 la révolte des Marocains, il adhère au Parti Communiste en janvier 1927 et s'en explique dans un tract intitulé Au grand jour.

 

  
Maison de Paul Éluard à Eaubonne, où il habite à partir de 1923

 

A la fin des années vingt, s'il publie deux recueils importants Capitale de la douleur en 1926 et L'Amour la poésie en 1929, il subit de nouvelles épreuves. La tuberculose le taraude de nouveau et il repart se soigner en sanatorium. Il y passera un dernier hiver en 1928 avec Gala qui est déjà la maîtresse de Max Ernst et le quitte pour Salvador Dali, Gala à qui il écrit  « Ta chevelure glisse dans l'abîme qui justifie notre éloignement. ». Heureusement, il va rapidement rencontrer sa nouvelle égérie Maria Benz, une artiste de music-hall alsacienne qu'on surnomme "Nusch" avec qui il se marie en 1934. Véritable ambassadeur des Surréalistes, il se bat toujours pour la paix, allant porter la 'bonne parole' dans toute l'Europe et écrit en 1936 le poème Victoire de Guernica. comme contrepoint au tableau de son ami Picasso.

 

Mobilisé en 1939, Paul Eluard est cantonné à Mignières dans l'Eure-et-Loir où Nusch vient le rejoindre et à la démobilisation, ils regagnent leur appartement parisien de la Max-Dormoy. [3]

 

En janvier 1942, il s'installe avec Nusch chez leurs amis Zervos près de Vézelay et demande sa réinscription au Parti Communiste. Il va devenir célèbre, "le poète de la Résistance", quand les vingt et une strophes de son poème Liberté du recueil Poésie et vérité 1942, sont parachutées sur la France à des milliers d'exemplaires [4] Poète encensé à la Libération, il va connaître un nouveau drame quand Nusch meurt subitement d'une attaque cérébrale alors qu'elle se rend au chevet de la mère d'Eluard. (ci-contre : Nusch & Eluard)

 

Sous le choc, il écrit :

Vingt huit novembre mil neuf cent quarante-six
Nous ne vieillirons pas ensemble.
Voici le jour
En trop: le temps déborde.
Mon amour si léger prend le poids d'un supplice.

 

Il continue néanmoins son combat pour la paix, participe aux congrès de Wroclaw en Pologne, de Paris à la salle Pleyel et de Mexico où il rencontre Pablo Neruda. Il passera ses dernières années avec le soutien d'une nouvelle compagne Dominique Lemort avec qui il se marie en 1951, écrivant, tout à sa joie retrouvée le recueil intitulé Le Phénix. Le 18 novembre 1952, il succombe d'une crise cardiaque à son domicile du 52 avenue de Gravelle à Charenton-le-Pont dans le Val-de-Marne.

 

   

  L'avenue de Gravelle à Charenton

 

Notes et références

[1] Qui s'appelle aujourd'hui le boulevard Jules Guesde
[2] Il dédie en 1924 à Breton son recueil Mourir de ne pas mourir, avec cet exergue « Pour tout simplifier je dédie mon dernier livre à André Breton. »
[3] La rue de la Chapelle est devenue la rue max-Dormoy à partir du 7 Juillet 1945
[4] Francis Poulenc le mettra en musique en 1944 dans sa cantate pour double chœur Figure humaine. Il sera aussi illustré à travers des œuvres de Jean Lurça et de Fernand Léger

 

Repères biographiques

  • Raymond Jean, Paul Éluard par lui-même, Écrivains de toujours no 79, Éditions du Seuil, 1968.
  • Paul Éluard : l'amour, la révolte, le rêve, Balland, 1982.
  • Jean-Charles Gateau, Paul Éluard ou le frère voyant, Robert Laffont, 1988
<<< Christian Broussas - Feyzin, 6 mars 2013 - << © • cjb • © >>> 
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