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26 juillet 2020 7 26 /07 /juillet /2020 21:18

Référence : Gilbert Gonthier, Maquis de l’Ain, le maquis de Richemond, préface de Jean Marinet, Éditions Bellier mai 2010, seconde édition revue et augmentée aux Éditions de l’Astronome, 188 pages, 2020

 

           

 

Le département de l’Ain a été l’un des plus actifs dans la lutte contre l’Occupant. Le célèbre monument dédié à la Résistance dans l’Ain, qui s’élève le long de la route du col du Cerdon en est l’un des symboles le plus représentatif.  

 

    
            Robert Barnéoud et René Chanel au col de Richemond en mai 1944

 

Ce livre, écrit d’après les archives de Robert Barnéoud,  est centré sur le cheminement d’un des nombreux groupes de résistance qui ont fleuri après l’instauration du STO, le maquis de Richemond et plus particulièrement d’avril à septembre 1944.
Bernard Paccot, qui a présidé à cette réédition largement refondue, précise : «  J’ai fait de nombreuses recherches, auprès du musée de la résistance à Nantua, de l’association du souvenir français de Seyssel… »

 

   

 

Le mouvement naît en 1943 quand deux réfractaires au Service du Travail Obligatoire se cachent dans le Haut Jura puis durent fuir la région après l’attaque allemande de décembre 1943 contre les maquis de Lamoura. On les retrouve en avril 1944, au col de Richemond, reprenant la lutte contre les Allemands. En septembre, ils sont 150 participants à des opérations dans la région limitrophe de l’Ain et de la Savoie. (Seyssel, Virieu-le-Grand, Chavornay et Chanay). Ils combattent ensuite de nouveau au col de Richemond et dans les marais de Chautagne pour libérer la ville de Culoz.

 

       
Le monument du Cerdon : « Où je meurs, renaît la patrie. »
La stèle dédiée au Maquis, au col de Richemond      

Continuant leur progression, ils participent à la libération de Bourg-en-Bresse, passant par Ambérieu-en-Bugey, Pont d’Ain, Bohas, Ceyzériat, Journans, rejoignant enfin Jasseron et Bourg-en-Bresse. Le maquis avait bien tenu son rôle en déstabilisant les Allemands et en fixant des troupes qui auraient pu être utilisées ailleurs, en Normandie par exemple, et en participant à la libération du département de l’Ain.

 

  
Le musée de la Résistance et de la déportation à Nantua

 

Parmi ces hommes qui luttèrent avec abnégation, et dont certains perdirent la vie, on peut citer Robert Barneoud mort en 1989, René Chanel, Louis Bonaz, Gabriel Garadier, Jean Lusciana, les frères Fontaine et bien d’autres.




Train saboté dans l’Albarine à Saint-Rambert-en-Bugey

Beaucoup d’entre eux continueront ensuite la lutte en s’engageant dans le 99e Régiment d’infanterie Alpine dans le Briançonnais.


Minage du viaduc de la Vézeronce à Surjoux

 

La compagnie Richemond

En mars 1944, Robert Barnéoud, René Chanel et Gilbert Picquerey s’installent dans une exploitation forestière à la Done. Rapidement, ils sont une vingtaine et reçoivent des armes parachutées sur le terrain Mammouth.

La compagnie de Richemond, commandée par l’aspirant Picquerey, a pour adjoints l’adjudant Barnéoud et le sergent-chef Chanel et possède un « garage » avec un camion semi-remorque et une moto pour les liaisons.

 

       
Sommet du col de Richemond    Maquisards devant le camion nommé "le tigre"

 

D’une quarantaine d’hommes, la compagnie va rapidement passer à 150 hommes fin juillet, répartis en 4 sections, récupérant des équipements lors de "coups de main" à Belley et des armes planquées après l’important parachutage de Port vers Nantua. Son activité essentielle consiste à édifier des barrages routiers empêchant les velléités d’incursions allemandes.

Dès sa création la compagnie a pour mission de construire des barrages routiers pour empêcher toute incursion allemande sur les plateaux du Retord et d’Hauteville. Le mois de juin est crucial : le 8, les Allemands enfoncent un barrage mais la compagnie sauve son camion qu’elle baptise « Le Tigre ».

Le 8 juin un groupe de la compagnie commandée par Picquerey et Chanel doit décrocher, leur barrage ayant été percé par les Allemands. Le 9 juin la compagnie récupère son camion, qu’elle appelle « Le Tigre ». Dans les jours qui suivent, l’arrivée de nouveaux volontaires permet de créer deux sections supplémentaires. Le 14, la section de « René » monte une embuscade à Linod dans le Valromey, relevée par Maurice Morrier et se replie sur les crêtes.

 

       
                                                        Le maquis Ain-Haut-Jura

 

Juillet débute bien : lors de l’attaque du tunnel de Virieu-le-Grand, les Allemands se rendent et sont emprisonnés à Nantua puis 5 jours plus tard, une section bloque les Allemands qui tentaient une trouée vers Bellegarde. Mais la joie est de courte durée puisque le 12 juillet, les Allemands avec des forces importantes, des canons et des mortiers lancent l’opération Treffenfeld pour éradiquer les maquis.
L’attaque est rude. La compagnie Richemond comptant onze morts et un blessé grave, se replie sur le Crêt du Nu puis en Haute-Savoie.

 

Après le départ du gros des troupes, la compagnie Richemond reprend Culoz, poursuit les Allemands à Chindrieux, à Vions-Chanaz et jusqu’à Ruffieu en Savoie, repoussant les renforts allemands qui subissent de lourdes pertes.
Le 1er septembre, la jonction s’effectue avec d’autres maquisards cantonnés à Bohas vers Bourg-en-Bresse et avec des troupes américaines qui remontent la vallée du Rhône en direction de l’Est.
Trois jours plus tard, ces forces alliées investissent la ville de Bourg-en-Bresse.

 

             
Photo de Louis Burnard                    Maniement d'armes au maquis

 

Un exemple : Le destin de Louis Burnard

Né le 15 août 1923 à Corbonod (Ain), mort en action le 13 juillet 1944 à Billiat (Ain) ; bûcheron ; résistant des Forces françaises de l’intérieur (FFI).

En mars 1944, des jeunes gens venus de Seyssel et de Corbonod s’installèrent dans les bois pour travailler à l’exploitation forestière pour les Carburants Français. Louis Burnard y travailla comme bûcheron.

Il entra dans la Résistance dans les maquis de l’Ain à la compagnie de Richemond, créée le 6 juin 1944 par Maurice Morrier, alias "Plutarque" et commandée par l’aspirant Picquerey. La compagnie a pour mission de construire des barrages routiers pour empêcher toute incursion allemande sur les plateaux du Retord et d’Hauteville.



Le 12 juillet 1944 l’ennemi lança l’opération Treffenfeld destinée à anéantir les maquis. La compagnie de Richemond se battit de cinq heures du matin à midi et compta onze morts et un blessé grave. Plutarque donna alors l’ordre du repli sur le Crêt du Nu.
Louis Burnard fut tué à l’ennemi le 13 juillet 1944 à dix heures au lieu-dit "Le Thumey" à Billiat, lors du repli de la compagnie sur Cuvéry après les combats au col de Richemond.

 


Libération de Bourg 4/09/1944   
Levée des couleurs au camp de Grange-Matafelon

 

Voir aussi
Musée de la Résistance de Nantua - 

Maquis de l’Ain et du Haut-JuraLes maquisards de l’Ain -

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 << Christian Broussas  Maquis de l'Ain © CJB  ° 26/07/ 2020  >>
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6 avril 2020 1 06 /04 /avril /2020 18:25

En 1732 puis en 1740, Jean-Jacques Rousseau fit deux séjours à Lyon. C’était alors pour lui une période difficile pendant laquelle il vécut chichement. Il raconte dans un chapitre des « Confessions » les aventures qui lui arrivèrent et qui le laissèrent assez circonspect sur les mœurs lyonnaises.
 

     

 

Un soir, alors qu’il se trouvait sur la place Bellecour, « après un très léger souper, rêvant de me tirer d’affaire », précise-t-il, un homme l’accoste, engage la conversation et lui propose de « s’amuser de compagnie ». Expression étrange qui ne fut pas sans inquiéter Jean-Jacques Rousseau. Son inquiétude grandit tant et si bien qu’il « se mit à fuir à toutes jambes, croyant avoir ce misérable à mes trousses », précise-t-il.


Triste fin de journée et piteuse débandade peu digne de la sagesse qu’on prête au philosophe. Jean-Jacques Rousseau avait sans doute oublié cet incident quand il revint à Lyon quelque huit ans plus tard.
 

  Place Bellecour


Lors de ce second voyage à Lyon, et toujours aussi désargenté tant la philosophie avait peine à nourrir son homme, il arrive à Jean-Jacques Rousseau une nouvelle aventure qui lui rappela la précédente. De quoi lui donner une piètre idée de la population lyonnaise… ou donner à réfléchir au philosophe sur les facéties du hasard.

 

Cette fois-ci, il rencontra un abbé à qui il avoua sa grande gêne et qui, devant sa pauvre mine, l’invita chez lui. Quelle ne fut pas sa déception quand il s’aperçut qu’en fait, il avait les mêmes penchants que le précédent. Guère rassuré, il écrit : « Plus instruit que la première fois, je compris bientôt son dessein et j’en frémis. » Mais cette fois, point de fuite piteuse par les rues de la ville, il fit le pédagogue jusqu’au renoncement de son hôte. La puissance de persuasion de son verbe n’avait d’égal que l’élégance de son style.

 

Ils passèrent tous deux dans la chambre un nuit tranquille et au réveil descendirent prendre leur petit déjeuner à la table de l’hôtesse de monsieur l’abbé. Quelles ne furent pas la déception et la fureur de Jean-Jacques Rousseau de constater la mauvaise volonté évidente et la mine rechignée des trois femmes de la maisonnée qui pensaient sans doute que cet ami de l’abbé était affligé des mêmes mœurs que lui. Du coup, il n’eut qu’une idée : s’éloigner le plus vite possible, quitte à refuser la collation que lui propose benoîtement son hôte.
 

Place Bellecour

 

Pauvre philosophe si malmené qui constate que « jamais rien ne m’était arrivé de semblable à ces deux aventures. » Et de se lamenter, et de considérer Lyon comme une ville de perdition, une ville « où règne la plus affreuse corruption. »


Références bibliographiques :

- " Les Confessions", - " Julie ou la nouvelle Héloïse",
- " Le contrat social", - " L’Emile ou les vertus de l’éducation".

 

Voir aussi
- J. J. Rousseau aux Pâquis à Genève -- J. J. Rousseau à Lyon --
- Site Les Confessions Rousseau --

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<< Ch. Broussas, Rousseau Genève 20/04/2010 © • cjb • © >>
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24 janvier 2020 5 24 /01 /janvier /2020 15:00

Une fraternité picturale au XIXème siècle

Après l'exposition du Musée des Beaux-arts de Nantes en 2007 intitulée Hippolyte et Paul Flandrin, paysages et portraits, c'est maintenant le Musée des Beaux-arts de Lyon, berceau de la famille Flandrin, qui organise une exposition en hommage aux trois frères.

 

       
Hippolyte et Paul par Paul Flandrin
Le baptême du Christ : Esquisse pour le décor de la nef de l'église Saint-Germain-des-Prés

 

La famille lyonnaise des Flandrin a en effet donné plusieurs peintres dont les trois frères les plus connus Hippolyte Flandrin (1809-1864), Auguste Flandrin (1804-1842), et Paul Flandrin (1811-1902). De son mariage avec Aimée-Caroline Ancelot naîtra Paul-Hippolyte Flandrin (1856-1921), peintre d'art sacré, portraitiste et décorateur.

 

      
    Hippolyte Flandrin  et sa femme Aimée-Caroline 
    Autoportrait au chevalet 1860

 

Élève d'Ingres, Hippolyte Flandrin fait partie du mouvement néo-classique. Grand prix de Rome en 1832, il part pour Rome à la villa Médicis où il exécutera en 1836 un de ses plus célèbres tableaux Jeune homme nu assis au bord de la mer. Il s'oriente alos vers des œuvres privilégiant les sujets historiques puis religieux.
Il s'est également beaucoup intéressé à la peinture murale dont on trouve de beaux exemples à Paris dans les églises Saint-Séverin et Saint-Vincent-de-Paul.

 

           
Jeune homme nu au bord de la mer -       Joseph Charles Bonaparte 1860

 

Influencé par l'esthétique d'Ingres, il choisit plutôt des sujets religieux, intéressé surtout par la spiritualité qu'il s'efforçait de représenter, « l’idéalisation de la pensée  » écrira un critique, plutôt que de la forme, incliné à rechercher le sens et l'étude psychologique de ses personnages, à travers les aspirations mystiques des aspirations religieuses.
 

 
Hippolyte Flandrin, Thésée reconnu par son fils, 1932


Dès les années 1850, Hippolyte Flandrin devint très célèbre, croulant sous les commandes de l’aristocratie et la cour du Second Empire, en témoigne son célèbre portrait de Napoléon III (1862, Versailles, Musée national du château) avec son curieux regard qu’on dit souvent rêveur ou fuyant. [1]

Après une carrière où il fut couvert d'honneur, de santé fragile, il retourna en Italie où il mourut de la variole.
 


 Jeune berger assis 1834       La florentine 1840 -       Portrait de madame Oudiné -


Paul Flandrin a d’abord travaillé avec le peintre Antoine Duclaux et le sculpteur Jean-François Legendre-Héral, avant de rejoindre son frère à Paris dans l'atelier de Dominique Ingres.

Après des débuts difficiles, il rejoint de nouveau son frère Hippolyte à Rome où il pratique surtout la peinture de paysage, participant plus tard à la réalisation des tableaux de son frère. Ses études d'après nature lui permettent de faire des compositions historiques.
 

                  
Paul Flandrin : Jeune fille à la robe de soie bleue 1861 et Paysage idéal

 

Paul Flandrin va longtemps prolonger sa pratique du paysage classique dont il était l’un des spécialistes, retenant les leçons de son maître Dominique Ingres. Il évoluera par la suite vers un style plus personnel et plus naturaliste.
Il réalisa également des portraits peints et dessinés ainsi que des caricatures.
 

  
Hippolyte Flandrin, Le Christ et les petits enfants

 

D’un caractère accommodant et timide, plutôt mélancolique, Hippolyte Flandrin n’avait guère confiance en lui. Il avait constamment besoin de son frère Paul, ce que ce dernier lui rappelle dans une lettre de mars 1833, alors qu’Hippolyte réside à Rome : « Ainsi, de la confiance en toi, voilà tout ce que je te demande, car je sais bien aussi ce que tu vaux ».
 


Hippolyte Flandrin, portraits : Le comte Goyon, La mère du docteur Bordier et Napoléon III  

 

On peut mesurer leur connivence aux lettres qu'ils échangent quand Paul est à Paris et Hippolyte à Rome où il rêve de « causer face à face avec Raphaël et Phidias, » même si son grand regret reste l’absence de son frère, ce frère avec qui il n’avait pas connu de séparation pendant vingt ans.  
 

   Odalisque avec esclave
 

Peu de temps après son arrivée à Rome,  il lui écrit : « Mon Dieu, c’est donc bien vrai que j’ai quitté la rue Mazarine et l’atelier, le Pont-Royal et la Cité, dominée par les deux colosses de Notre-Dame ! […] Le pays où je suis est admirable; mais il le sera bien autrement quand nous en jouirons ensemble. Allons, courage, travaillons. Les progrès que nous pourrons faire ajouteront encore à la joie que nous aurons de nous revoir. »

 


Paul Flandrin : Environ de Vienne dans l’Isère  

 

Auguste Flandrin (1804-1842) le plus âgé, est aussi le moins connu des trois frères, en raison d’un décès prématuré, à l’âge de trente-huit ans. De ce fait, son œuvre reste assez modeste en regard de celle de ses frères et reste surtout inscrite dans le cadre lyonnais.

 

           
Auguste Flandrin La madone aux candélabres et Paysage de montagne

 

Le Musée des Beaux-Arts de Lyon conserve dans ses collections un bel ensemble de quelque deux-cent œuvres des trois frères, aussi bien peintures,  dessins, gravures, photographies et pièces d’archives, dont une partie n’a jamais été exposée. Ce fonds provient surtout d’achats et de rétrocessions de l’État, mais aussi de la famille des artistes.
Le MBA de Lyon a été largement associé au chantier de restauration des décors de l’église Saint-Germain-des-Prés à Paris.
 

           
Portraits d'Auguste Flandrin : Paul Tranchant, Homme assis et  Magistrat assis

 

L’exposition s’organise à travers plusieurs thématiques : les autoportraits et portraits croisés, l’étude du modèle, l’histoire, le paysage, le portrait, le grand décor pour bien montrer chaque aspect du travail des trois frères, leur constante collaboration. Elle met en lumière le processus créateur en réunissant peintures et dessins, et en reprenant aussi les étapes de la création d’un tableau.
 

    
Hippolyte Flandrin, Madame Vinet 
Paul-Hippolyte Flandrin, La confidence 1904

 

Notes et références
[1]
On peut aussi citer entre autres les portraits de "La Comtesse Maison" (1852, Villeneuve-sur-Lot, musée de Gajac), de "Mme Bordier mère" (1852, musée de Grenoble), ou de "La comtesse de Goyon" (1855, Montauban, musée Ingres).
 


Allégorie de la république  Polytès fils de Priam 1833    Hippolyte, autoportrait

 

Voir aussi
* Musée des Beaux Art de Lyon --
* Catalogue des expositions musées du Luxembourg et  des beaux-arts de Lyon, Paris, Éditions RMN, 1984 : Hippolyte, Auguste et Paul Flandrin, une fraternité picturale au XIXe siècle
* Henri Delaborde, Biographie d'Hippolyte Flandrin --

Mes articles sur Lyon
* Diego Rivera à Lyon -- Itinéraire dans le Vieux-Lyon --
* Lyon, littérature et résistance -- Expo Jean Couty à Lyon --

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<< Christian Broussas, Les Flandrin 23/01/2020 © • cjb • © >>

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27 janvier 2013 7 27 /01 /janvier /2013 11:25

Le bruit qui pense est un cycle d'ouvrages d'Éric-Emmanuel schmitt, consacrés à de grands musiciens qui sont aussi ce qu'il appelle "des maîtres de vie". Deux tomes sont actuellement parus, Ma vie avec Mozart et Quand je pense que Beethoven est mort alors que tant de crétins vivent, d'autres devraient voir le jour sur Jean-Sébastien Bach et Franz Schubert.

Le titre de l'ensemble est emprunté à Victor Hugo qui disait que « La musique, c'est du bruit qui pense. » Pour Éric-Emmanuel schmitt, grand amateur de musique et même compositeur, c'est ausi « du bruit qui fait penser, » qui console, qui apaise... 

 

Ma vie avec Mozart  


Ma Vie avec Mozart

 

C'est d'abord l'histoire d'un adolescent tourmenté et suicidaire qui assiste par hasard à une répétition des « Noces de Figaro ». Par la voix de la comtesse Almaviva, il reprend goût à la vie car comment quitter ce monde de la musique, de Mozartf qu'il découvre et lui apparaît fait de tant de beauté. À travers les lettres qu'il envoie à Mozart, il décrit ces menus plaisiers de l'existence, qu'il avait oubliés, redécourant l'espoir et une certaine joie de vivre. Il lui demande conseil, y troue ungrand réconfort, ce qui fortifie son admiration pour le compositeur et son ancrage dans la vie.

Le livre contient, en réponse aux lettres de l’auteur, seize morceaux ou extraits d’œuvres de Mozart joués par de prestigieux interprètes.
Représentations :
  • 2006 : Ma vie avec Mozart d'Éric-Emmanuel schmitt, ensemble mis en scène par Christophe Lidon avec Didier Sandre au Théâtre Montparnasse à Paris.
  • 2010-2012 : Ma vie avec Mozart de et avec Éric-Emmanuel schmitt, Julien Alluquette et l'Orchestre Symphonique de Lyon, Cité internationale de Lyon, Forum de Liège, Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, Halles aux Grains de Toulouse, Opéra de Rennes, Sébastopol de Lille, Grand Théâtre d'Aix-en-Provence, Salle Gaveau de Paris.

Notes et références

Quand je pense que Beethoven est mort alors que tant de crétins vivent


Quand je pense que Beethoven est mort alors que tant de cretins vivent  Albin Michel - septembre 2010 - 198 pages

Oeuvre en deux parties avec une pièce, "comédie monologue". (jouée en 2010 au théâtre La Bruyère dans une mise en scène de Christophe Lindon avec Danielle Lebrun.
Pendant une exposition, Eric-Emmanuel Schmitt repense à Beethoven qu'il avait aimé passionnément autemps de son adolescence autrefois et dont, inexplicablement, il s'est éloigné depuis. Sceptique, il se demande pourquoi cet éloignement, pourquoi les émotions qu'il suscitait jadis, les intenses émotions intérieures qu'l ressentait, se sont évanouies, délitées au fil des années.
Le titre du livre, très curieux de prime abord, provient d'une remarque de madame Vo Than Loc, la professeur de piano d'Eric-Emmanuel Schmitt, qui voyait une terrible injustice dans la mort de Beethoven.  La modernité de Beethoven, c'est d'avoir tenté et su concilier le sens du tragique et une attitude optimiste. C'est donc une morale humaniste qu'il nous propose, une morale dont notre époque a le plus grand besion.

Ce récit est suivi de Kiki van Beethoven, l'aventure d'une femme, la soixantaine rayonnante, dont la vie et celle de ses trois amies, va radicalement changer grâce à la musique, par un masque de Beethoven découvert un jour par hasard dans une brocante. « Une fable sur la jeunesse perdue et les secrets ensevelis, » écrit l'auteur.
Extrait : (début du livre)
« Entre Beethoven et moi, ce fut une histoire brève mais forte. Il apparut dans ma vie lorsque j’avais quinze ans puis la quitta quand j’atteignais les vingt.[...] Intensément présent pendant cinq années, il s’éclipsa les décennies suivantes. Son départ coïncida avec la fin de ma longue adolescence. Il fuit quand je désertai la maison familiale. Au loin, le Beethoven ! Absent, anéanti ! Je n’y pensais plus, je ne l’interprétais plus, je ne l’écoutais plus. »

Notes et références


  <<<<<<<<<<<<<<<<<<< Christian Broussas - Feyzin - 27 janvier 2013 - <<<<<<< © • cjb • © >>>>>>>>>>>>>>>>   

 

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26 janvier 2013 6 26 /01 /janvier /2013 15:16

Le Cycle de l'Invisible est un ensemble de six romans écrits entre 1997 et 2012 par Eric-Emmanuel Schmitt : Milarepa, Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran, Oscar et la Dame rose, L'Enfant de Noé, Le sumo qui ne pouvait pas grossir et Les dix enfants que madame Ming n'a jamais eus, sur le thème des religions.

 

Eric-Emmanuel Schmitt   

1- Toute les nuits, Simon rêve d'un moine tibétain qui haïssait son neveu et pour cesser .ces rêves qui lui pèsent, il doit raconter leur histoire.

2- Moïse un enfant juif de onze ans, supporte mal de vivre seul avec son père dans le souvenir envahissant d'un frère idéal. Monsieur Ibrahim, "l'arabe de la rue" est un simple épicier qui observe le monde autour de lui. Mais un jour, ces deux destins vont se mêler pour rendre la vie plus légère.

Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran relate la vie d'un jeune Parisien Bruno Abraham Kremer qui vit avec son père et rencontre son "grand-père", M Ibrahim simple épicier. On a dit que ce récit ressemblait au roman La vie devant soi de Romain Gary, où Momo un jeune musulman vit avec une juive madame Rosa, Momo ayant aussi un "grand-père" musulman Monsieur Hamil qui l'instruit sur sa religion.

3- Oscar est un jeune garçon dix ans qui souffre d'une leucémie. Tant bien que mal, il assume sa situation mais seule Mamie Rose, la plus âgée des "dames roses "qui visitent les enfants malades, sait s'y prendre avec Oscar, tour à tour gaie, drôle et même impertinente.  Une entente surprenante entre ces deux êtres si différents qui se comprennent si bien. Oscar fait partager son expérience dans les lettres qu'il adresse à Dieu et que Mamie Rose poursuit à la mort d'Oscar.

 

Afin de mieux aider Oscar, Mamie Rose l'initie à chaque étape de la vie  en inventant un jeuoù la un jour compte pour dix ans, ce qui aide beaucoup l'enfant. Il vivra une histoire d'amour avec Peggy blue, une jeune fille victime d'un problème sanguin qui la rend toute bleue. Mais la jalousie de Sandrine va empoisonner leur relation et il aura une aventure avec Brigitte, une jeune trisomique. Le temps passe très vite pour lui et bien que Peggy Blue soit retournée chez ses parents, il pense que la vie est un magnifique cadeau et les trois derniers jours, il pose sur sa table une simple pancarte où il a écrit « seul dieu a le droit de me réveiller

 


  « Milarepa », le bouddhisme tibétain

4- On est en pleine guerre en 1942 dans une belgique occupée. Joseph, fils unique d'une famille juive menacée, est alors confié à la comtesse de Sully puis au père Pons, curé de campagne, un " juste " comme on dira plus tard, » qui protège des enfants, cachant leur identité avec l'aide des villageois et surtout de mademoiselle Marcelle, une pharmacienne qui procure de faux papiers aux enfants. Dans ce clamat apaisant, Joseph et son ami Rudy découvre peu à peu l'amitié et l'importance d'une culture à transmettre, le père Pons essayant de maintenir une indispensable diversité en réunissant toutes sortes d'objets provenant d'une culture menacée de destruction.

Eric-Emmanuel Schmitt - Les dix enfants que madame Ming n'a jamais eus.      Oscar et la dame rose

5- Jun est un adolescent âgé de quinze ans,un révolté errant dans les rues de Tokyo, dans la grande ville loin d’une famille qu'il n'évoque jamais. Sa rencontre avec un maître du sumo va être déterminante, se lançant dans la pratique de ce sport qui semble si peu fait pour un jeune homme maigre qui ne sera de cette race de sumos qui sont des forces de la nature. Mais la force dans ce sport n'est pas tut et requiert aussi intelligence et acceptation de soi. Et Jun se demande si devenir sumo n'est pas aussi atteindre à une certaine image de soi, une sérénité qui est l'antithèse de la violence qu'il ressent.

6- Madame Ming n'a à la bouche que ses dix enfants éparpillée dans l'immense "empire du milieu". Quelle provocation au pays de l'enfant unique ! Mais n'est-ce pas plutôt son jardin secret, un fantasme qu'elle aime à répéter pour s'en convaincre elle-même.  http://d.gr-assets.com/books/1327952876l/7722655.jpg      Monsieur Ibrahim and The Flowers of the Qur'an

 

* Oscar et la Dame rose

 

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25 janvier 2013 5 25 /01 /janvier /2013 13:50

Éric-Emmanuel Schmitt

 

Éric-Emmanuel Schmitt, un des auteurs les plus lus et représentés au monde.  © Catherine Cabrol


Éric-Emmanuel Schmitt "conteur caméléon" comme l'a écrit Fabienne Pascaud dans Télérama ? [1] En tout cas, un écrivain protéiforme, un intellectuel multiforme qui embrasse bien des genres de la littérature, débordant sur le cinéma ou la musique. Son itinéraire personnel est assez linéaire, sans bouleversement ou fracture, un enfant issu de la bourgeoisie lyonnaise, né le 28 mars 1960 à Sainte-Foy-les-Lyon dans la banlieue huppée de Lyon puis fréquentant le lycée du Parc, fleuron des établissements lyonnais situé aux Brotteaux, dans "les beaux quartiers".

 

Sa vocation, Éric-Emmanuel Schmitt dit luimême qu'elle est née lors d'une représentation de Cyrano de Bergerac avec Jean Marais, à laquelle l'avait emmené sa mère« à seize ans, j'avais compris -ou décidé- que j'étais écrivain.» Un penchant pour le théâtre qui ne le quittera jamais. Sa vocation sera confortée pendant un voyage dans le désert saharien propre à la méditation, où le silence apaisant le conforte dans la voie qu'il s'est tracée. Il va d'abord s'engager dans les études philosophiques, passant son doctorat en 1987 sur le sujet "Diderot et la métaphysique," [2] discipline qu'il enseignera ensuite de Saint-Cyr où il commence sa carrière jusqu'à Chambéry.

 

Avec ses pièces de théâtre, il rencontre très vite le succès, notamment avec La nuit de Valognes et Le visiteur, primé plusieurs fois aux Molières en 1994.Il a la chance d'avoir de grands interprèrtes, Alain Delon et Francis Huster dans "Variations énigmatiques" ou Jean-Paul belmondo dans "Frédérik ou le boulevard du crime". Il écrit aussi de courtes pièces pour des associations caritatives, "L'école du diable" avec Francis Huster ou "La culture ça change la vie".

 

Deuis les années 2000, il se consacre surtout à la nouvelle et au roman, choisissant des personnages historiques comme le Christ dans "L'évangile selon Pilate",  Adolf Hitler dans "La part de l'autre"  ou sur le mythe de Faust. Dans son Cycle de l'invisible, il traite de l'impact des religions qu'il met en scène à travers des nouvelles sur les grandes relaigions monothéistes dont certaines eurent une audience considérable. [3]

 

Dans sa quête, sa volonté d'expérimenter de nouveaux modes d'expression, il cherche dans son autofiction "Ma vie avec Mozart" le contrepoint mélodique à la musique des mots, devenant aussi composition et réalisant même un CD.Se tournant vers le cinéma, il porte à l'écran plusieurs de ses nouvelles dont Odette Toulemonde en 2007 ou Oscar et la dame rose en 2009 [4] où il aborde des thèmes comme le droit au bonheur ou le degré de liberté de l'individu.

 

      

 

Naturalisé Belge en 2008 [5] et membre de l'académie de Belgique, il prend néanmoins en 2012 la direction du théâtre Rive-Gauche [6] pour y représenter ds créations contemporaines, revanant ainsi à ses premières amours.

 

Notes et références
[1] Interview de Fabienne Pascaud dans Télérama n° 3077 du 03/01/2009
[2] Publiée en 1997 sous le titre "Diderot ou la métaphysique de la séduction"

[3] On peut citer Milarepa sur le bouddhisme, Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran, sur le soufisme, Oscar et la dame rose  sur le christianisme, L'enfant de Noé en 2004 sur le judaïsme ou Le sumo qui ne pouvait  pas grossir en 2009  sur le bouddhisme zen.

[4] Odette Toulemonde, qui donne son nom au recueuil, avec Catherine Frot et Albert Dupontel, Oscar et la dame rose avec Michèle Laroque et Max von Sydow.

[5] « De même qu'on appartient  à sa famille et qu'on choisit ses amis,    je viens de France et j'ai choisi la Belgique.  Et si cette seconde nationalité-là me paraît amicale,  c'est parce que, comme l'amitié, elle s'est décidée à deux :  je t'ai choisi, tu m'as choisi. »(Interview au journal Le Soir, 15 juin 2008)

[6] Situé 6 rue de la Gaîté, dans le quartier Montparnasse, le Rive-Gauche est un ancien cabaret devenu un cinéma puis un théâtre privé en 1986.

 


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25 janvier 2013 5 25 /01 /janvier /2013 10:59

Eric-Emmanuel Schmitt publie un nouveau recueil de nouvelles Les deux messieurs de Bruxelles, tandis qu'au théâtre Rive Gauche, on joue sa pièce Anne Franck, un hymne à la vie mis en scène par Steve Suissa et Billy Holliday

 

Référence : Éric-Emmanuel Schmitt, Les deux messieurs de Bruxelles, Albin Michel, 288 pages, novembre 2012. 

 


Éric-Emmanuel Schmitt, un des auteurs les plus lus et représentés au monde.  © Catherine Cabrol

 

« On apprend la sagesse en expérimentant le chagrin.»  Eric-Emmanuel Schmitt

 

Les deux messieurs de Bruxelles est formé de cinq nouvelles avec comme fil conducteur des vies en perspective sur le thème de l'amour. Il nous entraîne dans l'histoire de Jean et Laurent qui se qui se posent des questions sur le mariage et la parentalité, avec cet homme qui retrouve sa dignité d'être humain à Auschwitz grâce à l'amour d'un chien, avec ce curieux amour d'un second époux pour le premier mari de sa femme , avec les remords d'une mère rongée par la culpabilité après la mort de son fils, avec  l'histoire de ce couple confronté à la découverte d'une maladie génétique.

 


Dans une interview,  Éric-Emmanuel Schmitt, donne son sentiment sur les thèmes qu'il aborde dans ses nouvelles, où il développe différentes formes que peut revêtir l'amour. [1]

 

Pour lui, l'amour et la confiance sont les éléments moteurs de la condition humaine. Ses nouvelles sont inspirées d'histoires vraies et évoquent les liens subtiles qui soudent un couple, deux êtres plus cet amour qui les transcendent.

 

Dans Les deux messieurs de Bruxelles, la nouvelle qui donne son titre au livre, lors d'un mariage dans une église où un home et une femme sont unis par un prêtre, deux hommes célèbrent leur mariage,  à leur façon. Ils tisseront un lien puissant avec David, l'un des enfants du couple hétérosexuel qui deviendra finalement leur fils symbolique.

 

Dans la deuxième histoire, Le chien, qui se déroule à Auschwitz, le docteur Samuel Heymann, retrouvera le sentiment d'être vraiment une personne, et sa confiance en lui, grâce à un pauvre animal vagabond. Le chien n'a pas de préjugés, il n'est pas raciste et accueille l'homme sans a priori, contrairement aux bourreaux nazis. L'homme à travers cette expérience pourra réapprendre à vivre après la terrible expérience des camps et après avoir survécu à l'horreur de la Shoa. Une leçon de vie où un animal, par sa simple présence et son regard d'amour, parviendra à reconnecter un homme à l'humanité.

 

  Fichier:Eric-Emmanuel Schmitt 20100330 Salon du livre de Paris 2.jpg  Au salon du livre en 2010

 

Dans Ménage à trois, une jeune veuve autrichienne se remarie et curieusement son nouveau conjoint se prend de pasion pour cet homme disparu dont il voudra qu'il voudra défende la mémoire et à tout prix faire connaître. Dans
Un coeur sous la cendre, il aborde le problème de  nos attitudes en face de la souffrance, surtout losqu'il s'agit d'un enfant et la confrontation aux prélèvements et aux greffes d'organes. Curieux amour que celui de cette mère qui préfère son nevau à son propre fils. Mais la mort va passer par là et la culpabilité va entraîner la mère dans le drame. Confrontation à la mort mais aussi à des maladies terribles comme la mucovicidose -dont on dit que Chopin était atteint- et qui posent la question existentielle de savoir si l'on peut supprimer une vie, et dans quelles conditions. En tout cas, il n'existe pas de bonne solution et conclut l'auteur, « La plupart des problèmes éthiques relèvent du tragique.» 

 

Pour lui, il est difficile sinon impossible de se faire moraliste quand on traite de la complexité de l'être humain et des sentiments qu'il peut éprouver, « de leur volatilité, de leur évolution, quand on essaye de mettre en avant ce qui se cache sous certaines émotions. » Juger est déplacé et sans intérêt, aussi bien soi que les autres,  l'important est de montrer sa compassion, de rechercher une vérité qui qui de toute façon fugace et si difficile à saisir sous ses multiples aspects. La réalité du quotidien ne définit pas la totalité de l'être, caractérisé aussi dans ses intentions autant que dans ses actes. L'imaginaire joue dans cette quête identitaire un rôle considérable, c'est une aide indispendsable pour appréhender la réalité et faire la part des choses sans sombrer dans les frustrations. « Beaucoup de désirs et d'aspirations s'accomplissent allégoriquement. Le symbole construit tout autant une histoire d'amour que le visible, » comme dans Les deux messieurs de Bruxelles où les deux homosexuels compensent leur frustration du désir d'enfant en vivrant leur paternité discrètement par l'intermédiaire de David, l'enfant de l'autre couple.  

 

Il tient à dissocier amour et sexualité. Dans l'amour, il y a projet de vie ensemble, projection commune dans l'avenir tout en acceptant son entité mystérieuse. La sexualité est synonyme de pulsion cherchant la jouissance et seul l'amour peut s'épanouir dans le mariage, y compris pour des personnes de même sexe. L'homoparentalité est est la conséquence, qu'elle provienne d'une insémination artificielle, d'une procréation médicalement assistée ou plus simplement d'une adoption. Cette reconnaissance éviterait bien des drames, notamment en cas de décès de l'un des parents...  alors « cessons de nier la réalité, entendons la souffrance des autres. »

 

A notre époque, Un coeur sous la cendre et L'enfant fantôme l'attestent, les gens éprouvent beaucoup de difficultés à supporter la souffrance, les privant ainsi d'une part de leur humanité. Comme si, dans nos sociétés du bonheur, le malheur n'avait plus droit de cité. Il confesse avoir longtemps « refusé ce qui le gênait . » L'expérience lui a appris à relativiser, à admettre, faisant de l'épreuve un travail sur soi qui rend plus fort, un attribut du bonheur car « se mesurer à sa douleur rend meilleur et rapproche des autres. » Le bonheur s'apprécie d'abord en collant à la réalité quotidienne et ses difficultés, ses avanies mais chacun doit rechercher sa propre vérité au fond de lui-même car il n'existe pas de réponse collective. La vie, c'est aussi un mystère qu'il faut assumer. 


[1] Interview parue dans le journal "Le point" du 1er décembre 2012

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