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23 avril 2013 2 23 /04 /avril /2013 18:15

Référence : Claire Castillon, « Les couplets », éditions Grasset, 203 pages

 

 

 

Un roman de claire Castillon est toujours un événement; cette fois, elle nous offre un recueil de nouvelles avec des personnages toujours aussi féroces et toujours aussi paumés. On connaît bien sûr la chanson des couples qui se déchirent, on connaît aussi le refrain moins les couplets qu'elle tricote et assaisonne à sa façon.

Ils sont mis en musique dans une polyphonie assez déprimante dans son pessimisme, prise entre des vies cloisonnées et solitaires, même si c'est à plusieurs, la pauvreté des relations intimes qui attendent des personnages à la recherche d'eux-mêmes.

 

Son recueil d'une vingtaine de nouvelles «triture le couple et ses dessous avec une cruelle lucidité, » commente Le Figaro. Les phrases fusent comme des jugements à l'emporte-pièce, sans concession, comme cette femme qui dit que « chaque soir, j'espère que mon mari ne remarquera pas ma présence dans le lit. »

Les hommes ne sont pas en reste, il accusent, « en devenant mère tu t'es mise à détester les hommes » ou concluent comme « je déteste ma famille.» "Familles je vous hais" semble être son credo et l'analyse de la vie conjugale un désenchantement lucide; la famille moderne finit dans l'adultère, la naissance d'un premier enfant représente le début des ennuis, les gosses empoisonnent la vie des divorcés, le couple est passé à la moulinette des rapports voués à l'échec et des amours impossibles.

 

Une galerie de personnages où l'on retrouve aussi tous les stéréotypes de notre époque, les familles recomposés et les couples décomposés, les gosses de vieux, le Le devoir conjugal, des hommes-femmes collants comme la glu... Des femmes qui savent au moins ce qu'elles ne veulent pas comme celle-ci qui ose avouer : « Une femme a besoin d’être insatisfaite. Elle exulte dans la frustration. S’il me laissait encore juste le temps de poser ma main sur sa cuisse sans se dresser j’aurais encore envie de lui. Mais à me désirer à ce point, il va me perdre. » C'est clair, les sexes sont bien typés, pas de papa-poule ou d'amant qui pratique l'art du "cocoonage".

Après un précédent roman « Dessous, c’est l’enfer », dans lequel Claire Castillon décrit l’impossibilité d’aimer et le poids de l'héritage familial, nous voilà de nouveau en pays de connaissance.

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16 avril 2013 2 16 /04 /avril /2013 11:08

Italo Calvin, San Remo et Rome

 

Italo Calvino entre fantastique et réalisme

 

   

              012_La panchina di san Remo012

  Calvino dans sa jeunesse à San Remo           Calvino San Remo 1942 (2ème à droite)

 

Des deux premières passées à Santiago de Las Vegas, près de La Havane où il est né en 1923, Italo Calvino n'en garde aucun souvenir. Il passe son enfance à San Remo dans l'Italie d'après-guerre, curieux de la nature que lui enseignent ses parents, Mario son père agronom et sa mère Eva Mameli botaniste, curieux aussi du "boom" de l'immobilier durant ces années et la spéculation qu'il décrit dans son roman "La spéculation immobilière". A travers l'histoire romancée d'un exode rural, il traitera dans "Marcovaldo" l'influence du monde urbain sur les individus et sa propension à modifier leurs rapports à la nature.

 

Son parcours sera celui de beaucoup d'intellectuels, antifasciste, il combat pour la libération de son pays, rejoint la Résistance, les Brigades Garibaldiennes en 1943 puis le Parti communiste. S'il publie son premier livre Le sentier des nids d’araignée en 1947 grâce à Cesar Pavese, c'est en 1951 qu'il publiera son oeuvre la plus célèbre intitulée la   « trilogie des Ancêtres »  Le vicomte pourfendu ", " Le baron perché " et  " Le chevalier inexistant ".

 

Toujours comme beaucoup d'intellectuels, il rompt avec Parti communiste italien après l’intervention soviétique en Hongrie. Il vit ensuite ce qu'il appelle ses « années d'ermite » qu'il passe à Paris entre 1967 et 1980, rejoint le groupe l'OuLiPo [1] dirigé par son ami Raymond Queneau, se lie avec Georges Perec et Roland Barthes."Si par une nuit d’hiver un voyageur" est l’œuvre de Calvino la plus marquée par l’influence des théories de l’OuLiPo. Elle se compose de onze fragments qui constituent un vaste panorama  des formes romanesques, illustrant les mécanismes du rapport entre le lecteur et le roman. [2]

 

En tant qu’écrivain, Italo Calvino est à la fois un théoricien de la littérature, [3] un écrivain réaliste et, surtout pour le grand public, un fabuliste ironique, passant du néo-réalisme d'après-guerre à la recherche formelle puis à la littérature populaire. De l'esthétique de Calvino, Roland Barthes disait que ce qui transparaît est d'abord une sensibilité, dans ses notations « une ironie qui n’est jamais blessante, jamais agressive, une distance, un sourire, une sympathie. » [4]

 

Alors qu’il est en pleine préparation de ses Leçons américaines pour l’université d’Harvard, il meurt d'une hémorragie cérébrale à l'hôpital de Sienne le 19 septembre 1985 à l'âge de 62 ans. L’écrivain Salman Rushdie disait de lui : « Il met sur le papier ce que vous saviez depuis toujours, sauf que vous n'y aviez pas pensé avant." »

 
       Calvino et Jorge Luis Borges        

 

Quelques citations

«  Un classique est un livre qui n’a jamais fini de dire ce qu’il a à dire. » (Pourquoi lire les classiques ?)
«  C'est le propre de l'homme que d'attendre. De l'homme juste d'attendre avec confiance ; de l'injuste, avec crainte. » (Le Vicomte pourfendu)
«  Il mourut sans jamais avoir compris, après une vie toute entière consacrée à la foi, en quoi au juste il pouvait croire - mais s'efforçant d'y croire fermement, jusqu'à la fin. » (Le Baron perché)
«  Chaque fois que je cherche à revivre l’émotion d’une lecture précédente, j’éprouve des impressions nouvelles et inattendues, et je ne retrouve pas celles d’avant. » (Si par une nuit d'hiver un voyageur)
«  L'humain va jusqu'où va l'amour, il n'a d'autres limites que celles que nous lui donnons. » (La journée d'un scrutateur, page 94)
«  Je pense avoir écrit une sorte de dernier poème d'amour aux villes, au moment où il devient de plus en plus difficile de les vivre comme des villes. » (Les villes invisibles, préface)
«  Ils se taisaient: la buée parlait pour eux. » (Marcovaldo, page 59)

 

Notes et références

 

[1]  OuLiPo (ouvroir de littérature potentielle) : acronyme dû à l’essayiste Albert-Marie Schmidt, mouvement littéraire français comprenant notamment Raymond Queneau, Georges Perec, Jacques Roubaud, qui fit des recherches sur le formalisme littéraire et la notion de contrainte

[2] Dans la Mécanique du charme, Roland Barthes parle du « caractère réticulaire de la logique narrative ». Cette construction en réseau, faite de circuits, de chemins, de liens, est particulièrement à l’œuvre dans l’ouvrage de Calvino les Villes Invisibles, publié en 1972. Il dit lui-même de son livre : « Dans Les Villes invisibles… peu à peu ce schéma est devenu tellement important qu’il est devenu la structure portante du livre, l’intrigue de ce livre qui n’avait pas d’intrigue ».

[3] Voir par exemple ses deux articles : La mer de l'objectivité et Le défi au labyrinthe où il essaie de définir sa propre poétique dans un monde complexe et difficilement compréhensible.

[4] La mécanique du charme, préface du Chevalier inexistant  par Roland Barthes

 

Voir aussi

 "Dans la peau d'Italo Calvino", film documentaire réalisé par Damian Pettigrew avec Neri marcorè, produit par Portrait & cie, DocLab, participation de  ARTE et Yle. Une plongée dans la vie et l'œuvre de l'un des plus grands écrivains italiens du XXème siècle.
* Jean-Paul Manganaro, « Italo Calvino, romancier et conteur », éditions du Seuil, 2000
* Italo Calvino : La spéculation immobilière


      Calvino con la figlia Giovanna da piccola e la moglie Chichita  Calvino en famille

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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 18:19

Roger Vailland correspondant de guerre

1945, Roger Vailland a fait ce qu’il devait faire dans la Résistance, son orgueil cornélien satisfait, mais pas question pour lui de médailles ou de rempiler dans l’armée régulière. Il reprend son errance de journaliste dans les fourgons de la Première armée française de De Lattre de Tassigny. [1] mais plus pour France-Soir maintenant, pour les journaux communistes issus de la Résistance, surtout le journal Action.

 

Un article de Vailland paru dans Action

« Impressions de Londres » dans l’hebdomadaire Action

Finis les articles de circonstance comme celui sur le préfet Chiappe qui déplut si fort à André Breton, finis désormais « phrère François » du Grand Jeu, les pseudos d’un double jeu, d'une double face, Etienne Merpin ou Georges Omer, il est désormais Roger Vailland bientôt auréolé d’un prix Interallié décerné en 1945 pour son premier véritable roman Drôle de jeu. [2] Un roman plus sur Roger Vailland que sur la Résistance, ses héros comme deux facettes de lui-même, moitié libertin tel ce Lamballe-Marat [3] auquel il réglera son compte dans "la suite" Bon pied bon œil [4], moitié communiste tel ce Rodrigue au nom si lumineux, un pur prêt à avaler bien des couleuvres aurait dit son ami Claude Roy qu’il rencontre justement à cette époque. Finie aussi l'amour-passion dévorant avec Andrée Blavette dite Boule, sa première femme à laquelle il réglera également son compte dans son deuxième roman Les mauvais coups.

 

En vue du pont de Remagen [5], un officier américain contemplant le pont bombardé, dit par bravade : « Alors, on y va ? » Roger Vailland, plus cornélien que jamais, le « regard froid » [6] de l’homme d’acier, traversa le pont un stick à la main, ralentissant soigneusement ses pas sous les bombardements. [7] Une façon aussi de marquer auprès des américains « sa singularité d’être Français ». [8]

 

Il retrouvait à Paris ses amis, Jacques-Francis Rolland [9] et Claude Roy qui dit de Vailland qu’il avait de belles mains, expliquant doctement à ses copains la stratégie des opérations comme son modèle, le général d’artillerie Laclos, « l’aristocrate passé aux Jacobins, avec le goût de la mathématique, sa culture, son brillant et la séduction des belles manières de la cour, légèrement soufrés de libertinage désinvolte. » [10]


    Vailland et le roman

 

Notes et références 

[1] Voir ses livres témoignage La dernière bataille de l'armée De Lattre, Paris Ed. du Chêne, 1945 et La bataille d'Alsace, Paris Jacques Haumont, 1945

[2] D’après Vailland lui-même, Drôle de jeu n’est pas un livre sur la Résistance, ni l’histoire d’un réseau [3] de résistants qui témoignent de leur action, ni une vision personnelle de la France occupée. (voir l’avertissement qui ouvre le roman)

[3] Personnage double, issu d’un libertin débauché Louis Alexandre Stanislas de Bourbon, prince de Lamballe (1747-1768) et de Jean-Paul Marat le révolutionnaire dont il écrivit aussi un essai inachevé "Marat-Marat", paru aux éditions Le Temps des Cerises en 1995

[4] Bon pied, bon œil : «mes adieux à la culture bourgeoise, » écrit Roger Vailland dans ses Écrits intimes le 24 mars 1950. Et il ajoute : « Ma position relativement en marge pendant ce deuxième 'entre-deux-guerres' (...) n'est plus tenable aujourd'hui. Dans les circonstances actuelles, il n'est plus possible pour moi comme pour toi d'écrire autrement que dans une perspective communiste. » (Lettre à son ami Pierre Courtade)

[5] Le pont de Remagen en Allemagne, fut le dernier pont intact qui enjambait le Rhin durant la phase finale de la Seconde guerre mondiale, conquis par les Alliés le 7 mars 1945.

[6] C'est en exergue de son essai « Esquisse pour un portrait du vrai libertin » que Vailland place cette citation de Sade : "Il posa sur moi le regard froid du vrai libertin," qui sert de titre à son recueil paru en 1963 et qui sera aussi reprise dans la monumentale biographie que Yves Courrière lui a consacré

[7] Voir "Nous", Claude Roy, tome II de son autobiographie, pages 75-76

[8] Voir ma présentation de son essai intitulé Quelques réflexions sur la singularité d'être français,

[9] Voir son livre-témoignage intitulé Un dimanche inoubliable près des casernes paru chez Grasset en 1984

[10] Voir "Nous", Claude Roy, tome II de son autobiographie, page 120

 

 

Voir aussi mes fiches de lecture sur les œuvres deVailland :

- Drôle de jeu, Le Regard froid, Quelques réflexions sur la singularité d'être français,

 

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16 février 2013 6 16 /02 /février /2013 19:07

 

Des gens très bien est un ouvrage écrit par l'écrivain Alexandre Jardin sur le rôle controversé de son grand-père Jean Jardin pendant l'époque de l'Occupation.

 

Livre – confession –témoignage que donne Alexandre Jardin sur la saga familiale des Jardin. Une famille au-dessus de tout soupçon depuis, même si l’on savait que le grand-père Jean Jardin avait été lez chef de cabinet de Pierre Laval dans les années 1942-43, années particulièrement noires de la collaboration. Pas pour Jean Jardin apparemment, jusqu’à ce que son petit-fils aille y voir de plus près.

 

Voilà la belle légende de la famille Jardin menacée de l’intérieur par un membre de la famille qui se pose des questions sur son ascendant jean Jardin, celui qu’on appelle « Le Nain jaune », qui s’inquiète, s’informe, compare des dates, qui ne respecte pas l’omerta. Et cette évidence incontournable : il fut bien directeur de Cabinet de Pierre Laval de mai 1942 à octobre 1943, en pleine « rafle du Vél d'Hiv » à la mi-juillet 1942, un homme au cœur du pouvoir vichyste et collaborateur.

 

Et le petit-fils de s’interroger sur le parcours de cet homme respectable jusqu’au déni de ses propres actes. Le temps –et le ton- des romans optimistes de l’auteur, du « Zèbre » à « Fanfan » entre autres, [1] est bien loin et la plume plus acerbe mais si elle est souvent pleine de retenues pour aborder un sujet pour lui aussi délicat. « C’est, écrit-il, le carnet de bord de ma lente lucidité. »

 

 Ce livre est le résultat d’une lente maturation, tant il est vrai que les images mentales nées de l’enfance s’imposent et qu’il les réduit sous forme d’une question : « Vit-on ailleurs que dans la forêt de ses folies mal guéries de l’enfance ? » [2] Il se souvient des séjours de ces personnages bien sous tous rapports qui leur rendaient visite au château familial de Charmeil ou dans leur propriété de Vevey en Suisse, sur les bords du lac Léman, [3] il parle longuement avec son ami Zac, à la saga familiale encore plus contrastée que la sienne et qui finira par l’engloutir. Surtout, il va mener peu à peu une enquête minutieuse qui le conduira de personnages assez effrayants jusqu’au rapport Sadosky. [4] Au fil de son enquête, il découvrira la face cachée de son grand-père, ses relations avec Goering, [5] les notes du chef de l’espionnage allemand à Vichy Dehl, [6] le télégramme de Krug von Nidda [7] ou le document Rothke. [8]

 

Alexandre Jardin rencontre aussi Soko, ami proche du grand-père, au parler rugueux et au parcours sinueux, aux liens étroits avec les services de renseignements nazis. [9] Qu’y avait-il dans la tête de ce grand-père pour qu’il puisse vivre avec les images des milliers d’enfants sacrifiés à la rafle du Vél d’Hiv, quelle réalité accessible à l’esprit ? « l’opinion atrabilaire crée le réel » ajoute-t-il. [10] Au-delà de sa lucidité, ce livre est aussi un cri de celui qui écrit aussi : « Sommes-nous tous condamnés à ne percevoir que ce qui résonne avec nos douleurs. » [11]


   

 

Notes et références

[1] « Pour donner naissance à mon Ile des gauchers –une société à l’envers enfin à l’endroit- il fut nécessaire que mon grand-père soit plus décisif qu’un Touvier et beaucoup plus central qu’un Papon » écrit-il aussi page 115

[2] Voir page 173 (édition de poche)

[3] Voir page 45 et page 51 (édition de poche)

[4] Voir Jorge Hoppe page 170, Bousquet page 191, le livre brûlé pages 183 et 199, le rapport Sadoski page 211 (édition de poche)

[5] Annie Lacroix-Riz, Le rapport de Lavagne (cité page 257)

[6] Archives Nationales références 3 W 216 et ) 3 W 347

[7] Archives Nationales, Fonds Bousquet, 3 W 89

[8]  Archives APP (préfecture de police de Paris), dossier PJ 42 Bousquet 

[9] Voir la liste édifiante des rapports des Renseignements Généraux conservés aux Archives nationales, dans F7 15307, qu’on trouve pages 74 et 75 [NDLA]

[10] Voir page 246 (édition de poche)

[11] Voir page 219 (édition de poche)

 

Commentaires

« Loin de tirer à bout portant sur son grand-père dans un "famille, je vous hais" simpliste, Alexandre Jardin se livre à l’autocritique poignante de sa propre vie de mascarade, comme eu de romanciers auréolés de gloire ont eu le courage de le faire. » Marine Landrot – Télérama – janvier 2011

 

« On referme ce livre songeur, dubitatif, tout à la fois agacé et touché, incrédule et compatisant. Alexandre Jardin, lui, dit signer aujourd'hui son acte de renaissance. Au bénéfice du doute, souhaitons-lui une deuxième vie, plus apaisée... » Marianne Payot – L’Express – 7/01/2011

 

Bibliographie

  • Adam Raysky, Le choix des juifs sous Vichy. Entre soumission et résistance, éditions La Découverte (cité page 218)
  • Laurent Joly, Berlin 1942, chronique d’une détention par la Gestapo, CNRS éditions (cité page 211)
  • Carnets de Robert Kiefe, secrétaire général du consistoire central et revue de la Résistance J’accuse (cités page 217)
  • Daniel J. Goldhagen, Les bourreaux volontaires de Hitler, éditions Le Seuil, traduction Pierre Martin (cité page 267)
  • Pascal Jardin, La guerre à 9 ans, 1971 (cité pages 20, 286…)
  • Pierre Assouline, Une éminence grise, éditions Gallimard, Folio 1988 (cité page 94)
  • Hal Vaughan, biographie de Coco Chanel (Sleeping with the enemy : Coco Chanel’s secret war, Random House (cite page 125)
  • Fanny Chèze, Pascal Jardin, éditions Grasset (biographie du ‘Zubial’ cité page 117) 
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16 février 2013 6 16 /02 /février /2013 18:57

 

 

 

Référence : Alexandre Jardin, "Quinze ans après", éditions Grasset & Fasquelle, octobre 2009, 353 pages, ISBN-10 2246749719

 

Après la trilogie de ses romans autobiographiques, Le Zubial, Le Roman des Jardin et Chaque femme est un roman, Alexandre Jardin revient à l'histoire de Fanfan 'quinze ans après'.

 

Dans son roman précédent, à vingt-cinq ans Fanfan et Alexandre se sont passionnément désirés et aimés. Mais Alexandre, grand romantique un peu fou et qui ne veut rien faire comme personne, a fait à Fanfan une cour digne de la carte du Tendre, lui refusant même un simple baiser. Mais ils avaient fini par être rattrapés par les contraintes de la vie quotidienne...

 

Cependant quinze ans après, le hasard bien arrangé va se mêler à nouveau de leur histoire et les rapprocher après tout ce temps. L'éditeur d'Alexandre et son producteur vont conjuguer leurs efforts -dans leur intérêt bien compris- pour organiser une nouvelle rencontre 'impromptue' avec le concours de la 'meilleure amie' de Fanfan qui en réalité est une espèce de nymphomane sadique d'une jalousie maladive à l'égard de Fanfan et bien décidée à faire capoter cette nouvelle idylle.

Alexandre et Fanfan : quel couple! incarné au cinéma par Sophie Marceau et Vincent Perez.

 

Cette fois-ci, lui a son idée...fixe : pimenter la vie domestique de telle sorte qu'elle devienne une surprise permanente mais Fanfan est plus prosaïque, moins enthousiaste que lui. Elle doute d'un engagement aussi total en contradiction avec le cynisme de son époque. Il semble bien toutefois que le bien triomphera cette fois, que les intérêts étroits des

marchands d'art seront mis sous le boisseau après la disparition bienvenue de l'amie maléfique.

 

quinze_ans_apr_s_p    

 

Le zèbre 1988Fanfan 1990Le zubial 1997Les coloriés 2004Des gens très bien 2011

 

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16 février 2013 6 16 /02 /février /2013 18:33

Alexandre Jardin, né à Neuilly-sur-Seine en 1965, est à la fois écrivain et cinéaste, fils de Pascal Jardin, écrivain et scénariste et petit-fils de Jean Jardin (1904-1976), homme politique, directeur de cabinet de Pierre Laval. Leur importance se révèle dans son œuvre où il revient à de nombreuses reprises sur sa biographie familiale.

 

A vingt ans, il publie Bille en tête qui obtiendra le prix du 1er roman en 1986. Puis deux ans plus tard, Le Zèbre sera couronné par le prix Fémina, adapté au cinéma par Jean Poiret en 1992. Il est l'auteur de suites :

 

- Les Coloriés, suite pour les enfants, constituée de trois titres : Les Coloriés, [1] La Révolte des Coloriés [2] et Le Secret des Coloriés; [3]

- Fanfan [4] et sa suite intitulée Quinze ans après (ou Fanfan acte II); [5]

- La saga des Jardin constituée de Le Zubial, Le roman des Jardin et Chaque femme est un roman (voir ci-dessous), auxquels il faut ajouter  Des Gens très bien paru en 2011, portrait de son grand-père, Jean Jardin, influent sous le régime de Vichy. 

 

       Pasca et Jean Jardin

La saga des Jardin

  • LE ZUBIAL

Le Zubial, surnom de son père Pascal Jardin, est un roman autobiographique d'Alexandre Jardin basé sur le besoin de reconnaissance paternelle. Alexandre avait quinze ans à la mort de son père et il a voulu lui rendre cet hommage, ce qu'avait déjà fait Pascal Jardin avec son roman Le Nain jaune pour son père, l'homme politique Jean Jardin. Ce qui l'intéresse chez son père, c'est son insatiable passion de vivre, ce qui l'amène à réfléchir à son propre parcours.

 

Voici ce qu'en dit Alexandre Jardin lui-même : " Le jour où mon père est mort, le 30 juillet 1980, la réalité a cessé de me passionner. J’avais quinze ans, je m’en remets à peine. Pour moi, il a été tour à tour mon clown, Hamlet, d'Artagnan, Mickey et mon trapéziste préféré ; mais il fut surtout l'homme le plus vivant que j'ai connu. Pascal Jardin, dit le Zubial par ses enfants, n'accepta jamais de se laisser gouverner par ses peurs. Le Zubial avait le talent de vivre l'invivable, comme si chaque instant devait être le dernier. L’improbable était son ordinaire, le contradictoire son domaine. S’ennuyait-il au cours d’un dîner ? Il le déclarait aussitôt et quittait la table, en baisant la main de la maîtresse de maison. Désirait-il une femme mariée ? Il ne craignait pas d'en faire part à son époux, en public, et d'escalader la façade du domicile conjugal le soir même pour tenter de l'enlever. S'il écrivit des romans et plus de cent films, cet homme dramatiquement libre fut avant tout un amant. Son véritable métier était d'aimer les femmes, et la sienne en particulier... "

 

Référence : "Le Zubial", Alexandre Jardin, Éditions Gallimard, 1997, ISBN 978-2-07-074386-5

 


  •     LE ROMAN DES JARDIN

" Dans ce roman vrai, dit-il, je perce mes abcès de silence. Je vagabonde enfin au sein de ce clan qui, à lui seul, incarne la fantaisie, l'irrégularité en tout et un moment d'incroyable liberté. Pour la première fois, je redeviens un Jardin. Suis-je digne de ces grands fouleurs de principes ? Je leur dois, en tout cas, la meilleure part de ce que je suis."

Il dépeint à l'aide de nombreuses anecdotes les frasques des membres de sa famille qui l'ont marqué. Vraiment nombreuses mais surtout farfelues. On y rencontre le 'Nain Jaune' bien sûr, et puis Zouzou, Merlin, le Zubial ou encore Louse, tous ceux qui ont influencé sa vie et l'influenceront certainement encore dans l'avenir. S'il est ce qu'il est, c'est aussi en partie grâce à eux. " Avec la famille Jardin, j'ai un compte d'admiration à solder, mais aussi un compte de colère à régler".
Et il le fait fort bien.

 

Référence : "Le roman des Jardin", Alexandre Jardin, Éditions Grasset, 314 pages, 08/2005, ISBN 2-246-69281-4


  • CHAQUE FEMME EST UN ROMAN

Chaque femme est un roman est un ouvrage d'Alexandre Jardin paru en 2008, le dernier de sa trilogie autobiographique avec Le Zubial, surnom de son père, paru en 1997 et Le Roman des Jardin sur la saga des Jardin, paru en 2007.

 

Dans ce livre, il rend grâce aux femmes qui ont fait son éducation. Il se compose de chapitres courts comprenant chacun un portrait haut en couleur d'une femme qui a marqué sa vie. Il y évoque les femmes qu’il a croisées, sans être lourd, pas de règlements de compte, mais des rencontres avec une lectrice, une juge, une professeur, une amie, une banquière, une paparazzi etc. Bref des femmes hors du commun qui le touchent par une expression personnelle, une façon d'être.

 

Une succession de portraits touchants, une galerie de femmes idéalisées, fantasmées, réinventées à la mesure d'un écrivain fertile en imagination. On y rencontre pêle-mêle son extravagante mère, une belle japonaise Hatsuyo qui lui offre d'emblée ses charmes en le prenant pour Daniel Pennac, Denise et son côté assistante sociale, toujours prête à faire le bien. Un mélange d'autobiographie et d'imagination pour celles qui sont ses 'professeures de métamorphoses'.

 

Référence : "Chaque femme est un roman", Alexandre Jardin, Éditions Grasset, 2008, ISBN 978-2246713616


  •   L'île des gauchers

L'Île des gauchers présente Jérémy Cigogne, jeune aristocrate qui voudrait convertir en grand amour sa passion pour sa femme Emily. Pour réaliser ce rêve, il décide d'aborder sur une île secrète et ignorée des géographes, située dans un archipel du Pacifique sud, habitée par une population exclusivement constituée de gauchers, qui savent mieux vivre leur vie qu'en Occident. Leur principale préoccupation est de répondre à cette question : " comment fait on pour aimer ? " Ici, les rapports entre les hommes et les femmes sont empreints d'une tendresse infinie. A leur contact Jérémy va acquérir une autre approche de l'amour et de la vie.

Référence : "L'île des gauchers", Alexandre Jardin, Éditions Gallimard, 1995, ISBN 2-070-40168-5 

Informations complémentaires

Notes et références

[1] Un ethnologue Hippolyte Le Play découvre un jour sa fille jouant dans sa chambre avec Dafna, une coloriée qui est arrivée de l'île de la Délivrance pour retrouver sa mère et va être confrontée pour la première fois au monde des adultes. Hippolyte va être ensuite transporté dans le monde de Dafna où pour survivre, il devait se conduire en enfant. 

[2] Un jeune homme Ari décide de fonder une ville peuplée uniquement d'enfants, plus exactement d'orphelins qui forment des groupes. Mais ils sont bientôt menacés par des catastrophes naturelles, un professeur qui veut tout le pouvoir et se retrouvent dans une société clanique. 

[3] Au terme d'une odyssée mouvementée, Dafna retrouve à Paris Lulu qui est la fille du narrateur Hyppolite Le Play. Il va suivre Dafna qui, déçue par le monde des adultes, a décidé de retourner chez elle au pays des coloriés.

[4] Alexandre Crusoë est déchiré entre son amour pour cette femme imprévisible qu'est Fanfan et sa femme Laure. Il rêve d'une vie stable et se méfie de lui. Il fait alors ce pari fou : ne pas céder à Fanfan pour lui éviter l'usure du temps. Mais Fanfan ne l'entend pas de cette oreille et usera de tout ses charmes pour faire fléchir Alexandre.

[5] Fanfan et Alexandre se retrouvent quinze ans après mais bien sûr, ils ont changé. Fanfan a vécu deux mariages ratés répugne à s'engager dans une autre aventure conjugale et Alexandre est convaincu qu'il peut faire de l'amour une exaltation toujours renouvelée. Chercher l'idéal et réinventer leur couple. 

 

Voir aussi :
- Présentation

 

Principales œuvres d'Alexandre Jardin :

 

Le zèbre 1988Fanfan 1990Le zubial 1997Les coloriés 2004Des gens très bien 2011

   

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13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 18:58

Les Objets-poèmes de Francis Ponge

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Francis Ponge, Montpellier le 27 mars 1899, Bar-sur-Loup, Alpes-Maritimes le 6 août 1988
Prix international de poésie 1959, Prix de l'Ingram Merril Foundation (USA) 1972, Prix international de poésie Books Abroad Neustadt, Grand Prix de l’Académie française 1984

Francis Ponge.jpg

Issu d'une vieille famille protestante nîmoise, Francis Ponge naît à Montpellier au 3 place de la préfecture (aujourd'hui place Chabaneau) le 27 mars 1899. La famille va rapidement déménager à Nîmes puis à Avignon. "Je suis né dans un pays méditerranéen, le Midi de la France, à cheval sur le Languedoc et la Provence, d'une famille venue de Nîmes, la ville la plus romaine de France, et aussi que j'ai vécu ensuite toute ma première enfance à Avignon, c'est-à-dire la ville la plus... italienne de France." [1]

 

FPnge chabaneau.jpg Place Chabaneau à Montpellier où il est né

 

L’œuvre de Francis Ponge célèbre la beauté des choses dans des descriptions surprenantes et minutieuses. Il s’efforce d’analyser les choses d’un œil introspectif, sans a priori, comme les naturalistes examinaient les sociétés humaines, élaborant à travers ses descriptions, une poésie réaliste, des "poèmes-concrets". [2]

 

Son regard est celui du scientifique qui cherche à déceler les aspects cachés, invisibles, à percer toutes les facettes d’un objet analysé à la manière d’une vision cubiste, d’un objet qu’il soit naturel ou issu des œuvres humaines. Son recueil "Le Parti pris des choses", en regroupe les éléments les plus visibles.

 

Un galet ne se regarde pas comme un cageot ou un savon qui évolue selon les métamorphoses de son état. [3] Il avance avec humilité, avec ses pauvres connaissances souvent inutiles, s’excusant par avance, « je ne suis pas plus avancé que vous, nous allons avancer, nous avançons déjà ensemble. »

Sa démarche, il s’en explique dans son recueil "Proêmes". [4] Il y a chez lui peu de scolastique mais une série d’éléments concrets de la réalité de ce qu’il décrit, une volonté d'aller vers une rencontre faite de langage et de communication. La chose décrite devient ainsi langage et rejoint l’humain. L’expression implique la remise en cause d’habitudes et une langue simple, purifiée.

 

Le savon devient, quand il écrit à propos de ‘la toilette intellectuelle’, « un petit morceau de savon, bien manié, (qui) suffit là où des torrents d’eau simple ne décrasseraient rien. » La description est rencontre avec l’objet, un retour sur soi-même qui s’exprime dans une réponse à une question sur le sens de son travail : « N’en doutez pas, le savon n’est qu’un prétexte. Avez-vous pu jamais l’imaginer autrement ? »

 

Il meurt au Mas des Vergers à Bar-sur-Loup le 6 août 1988 et il fut inhumé au cimetière protestant de Nîmes, le 10 août 1988.

 

Armande Ponge-Trentinian Bar.jpg Sa fille Armande Ponge-Trentinian à Bar-sur-Loup en 2010[5]

 

Bibliographie
- Claude Fournet, "L’anthologiste", éditions Galilée, 1987
- Claude Fournet , "Matisse terre lumière et Picasso terre soleil", éditions Galilée, 1985
- Francis Ponge, "Pages d’atelier", éditions Gallimard, 1985
- Francis Ponge, "Œuvres complètes", éditions Gallimard La Pléiade, 2 volumes, 1999-2002
- Entretiens de Francis Ponge avec Philippe Sollers, préface Claude Fournet, éditions du Seuil, Point poche
- Francis Ponge, "Le Savon", éditions Gallimard

 

Notes et références

  1. "Entretiens avec Philippe Sollers", Gallimard/Le Seuil, 1970
  2. Voir Les Objets-poèmes de Ponge, essai de l’écrivain Claude Fournet qui avait déjà préfacé les Entretiens de Philippe Sollers avec Francis Ponge, paru en 1986.
  3. Il écrit dans son récit "Le Savon" : « Il y a beaucoup à dire du savon. Exactement tout ce qu’il raconte de lui-même, jusqu’à la disparition complète, l’épuisement du sujet. »,
  4. « Notre premier mobile, écrit-il dans sa présentation, fut sans doute le dégoût de ce qu’on nous oblige à penser et à dire, ce à quoi notre nature d’hommes nous force à prendre part. »
  5. Pour un don des œuvres de son père à la bibliothèque de la mairie

Liens externes

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30 décembre 2012 7 30 /12 /décembre /2012 15:14

Littérature – Parutions 2012 - sélection


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1. Au Point de Patrick Besson;
2. Brune de Nicole Avril; 
3. Les Merveilles de Claire Castillon;
4. La République de Platon du philosophe Alain Badiou".

1- Au point, journal d’un Français sous l’empire de la pensée unique est un ouvrage de Patrick Besson publié le 24 janvier 2012 aux éditions Fayard.


tumb Patrick Besson

 

« Un jour de l’été 2002, explique Patrick Besson, Franz-Olivier Giesbert m’a demandé d’écrire sur la télévision chaque semaine dans Le Point. Je lui ai dit que j’écrivais déjà sur la télévision pour un autre journal (textes rassemblés dans Le Plateau télé, Fayard, 2010). Franz m’a rappelé quelques jours plus tard et m’a dit que, dans ce cas, je pourrais écrire sur n’importe quoi. C’est ce que j’ai fait. »

Il a donc écrit la chronique d'un journal de campagne, le "Journal d'un Besson de campagne" (le moment s'y prêtait) en pastichant des auteurs célèbres comme  : "Bonjour Christine Boutin", par Françoise Sagan, "La chute de Dominique Strauss-Kahn", par Albert Camus, "Eva Joly", par le marquis de Sade, "Marine Le Pen", par Patrick Modiano ou "Oh les beaux jours de Chevènement" par Samuel Beckett.

 

Relations critiques
« Impertinentes, parfois provocantes, les chroniques de Patrick Besson sont un vrai régal à la relecture... On le sait, le genre est casse-gueule : il peut souligner l'éphémère inanité de l'auteur. Ici, c'est l'inverse : Besson est meilleur à la relecture. Dans ce joyeux fourre-tout sans foi ni loi, on retrouvera donc ses têtes de Turc - Delanoë le "bobodeste", Fred Vargas... - et ses éternelles amours - Lawrence Durrell, la Serbie... -, entrecoupées d'un cruel pastiche de Christine Angot ou d'une comparaison hilarante du phrasé du sélectionneur Laurent Blanc avec celui de Duras - "longs silences, répétitions obsédantes, adjectifs lents, ponctuation pesante... »


-- Jérôme Dupuis - L'Express, février 2012 --

« Ce volume rassemble les chroniques de Patrick Besson pour Le Point entre 2002 et 2010. Hilarant. C'est sans conteste le livre le plus drôle de la rentrée de janvier. Sourire garanti à chaque page, et il y en a près de mille. Attention aux crampes des zygomatiques. Tous les comiques du moment - ou prétendus tels - peuvent aller se rhabiller. On se demande pourquoi Besson ne se lance pas dans un one-man-show. »


-- Dominique Guiou - Le Figaro, 2 février 2012 --

« On ne résume pas 405 chroniques. On ne compte pas leurs vacheries ni leurs victimes. Ses chroniques, c'est tout Besson. Déjanté, érudit, impertinent, grave, rigolard, vengeur, provocateur, coquin, lettré, anar, incontrôlable. Il se joue des lignes jaunes et plante en gourmand son petit drapeau noir. Souvent, avec Besson, on croit lire un sketch, c'est une fable. Ses textes abondent de réflexions sur ces tout et ces presque rien, ces n'importe quoi qui importent. »
-- Michel Richard - Le Point, 19 janvier 2012 --

 

Quelques exemples

tumb Sarko-nietzsche-© S.Lemouton Abaca tumb Chevenement-Beckett- © Revelli-Beaumont Sipa
tumb Rachida Dati-Nabokov © Witt AP Sipa          tumb Borloo-Celine - © Franck Perry Afp


2- Brune est une biographie de l'écrivaine Nicole Avril, publié en 2012, sur la vie de Flora Tristan.

 

tumb

Nicole Avril, après Moi, Dora Maar, grande figure des surréalistes et L'Impératrice sur la vie de Sissi, Élisabeth d'Autriche, propose une nouvelle biographie sur l'existence aventureuse de Flora Tristan.

Flora Tristan a d'ailleurs écrit son autobiographie sous le titre Les pérégrinations d'une paria qui retrace son histoire mouvementée, ce qui ne fut par du goût de son mari qui réagit violemment lors de sa publication.

Il est vrai que sa vie est un roman. Fille d'un aristocrate péruvien qui ne voulut jamais la reconnaître et d'une Française émigrée, elle s'est toujours sentie une femme libre, "féministe" avant l'heure, une battante qui n'a jamais ménagé ses engagements dans les combats qu'elle a menés. Cette femme, qui fut la grand-mère de Paul Gauguin, n'hésita pas à se lancer dans l'aventure pour entreprendre un long voyage au Pérou et retrouver sa famille paternelle.

 

Éditions : Brune, Éditions Plon, Paris, 274 pages, 2012 (ISBN 9782234065000).

Voir aussi : Le Paradis – un peu plus loin de Mario Vargas Llosa


3- Les Merveilles est un roman de Claire Castillon, publié en 2012 chez Grasset.

 

tumbClaire Castillon © X.Lambours tumbClaire Castillon

 

« C’est la mort de mon chien qui a déclenché l’écriture de ce roman. Cela m’a fait si mal que j’ai eu envie de lui écrire un livre. Mais sachant que ce n’était pas possible, j’ai écrit ce début d’histoire sur l’enfance Évelyne, et soudain j’ai trouvé un fait divers [1] qui pouvait entrer dans la logique du personnage » dit Claire Castillon dans une interview[2].

 

Évelyne n'a jamais oublié ce que son père a fait enduré à son petit chien. Elle a 12 ans, « l'âge de tous les possibles, l'âge de toutes les fragilités. » [3]Les traumatismes de l'enfance ne s'oublient pas facilement, Évelyne n'est pas prête à pardonner et elle rumine patiemment sa vengeance... L'auteure, qui précise sur son site « Je n’écris pour personne, sur rien, j’écris, c’est tout. Je n’écris pas non plus pour être comprise, » joue sur les paradoxes de l'amour, la part de repoussoir, de haine qu'il contient parfois, écrivant par exemple : « Le plaisir, ça m'avait bien secouée, mais le plaisir à faire du mal, ça devient mille fois meilleur et ce serait ma façon d'aimer. » [4]

 

Relations critiques
« C’est un récit terrible tiré d’une histoire vraie mais qui, loin de rebuter, nous embarque, sans doute parce que, au-delà du glauque de certaines situations, le talent de Claire Castillon s’y déploie sans voyeurisme ni pathos. » -- Gilles Chenaille, Marie-Claire le 7/02/2012 --

 

« Pour son onzième roman, Claire Castillon détruit joyeusement les codes et les cadres. Jubilatoire. » -- Marianne Payot, L'Express du 18/01/2012 --

 

« La romancière s'est inspirée d'un fait divers pour écrire Les Merveilles. Elle s'est mise dans la tête d'Evelyne, meurtrière de son amant. Un roman cru écrit dans une langue incisive. » -- Françoise Dargent, Le Figaro le 11/01/2012

 

Informations complémentaires
Éditions : Les Merveilles, Éditions Grasset, Paris, 2012.

Liens externes

Références

  1. Dans une interview à Paris-Match du 23 janvier 2012, elle dit s'être inspirée « d’un fait divers sanglant, l’affaire Liliane Paolone, une mère de famille qui a poignardé un client amoureux à coups de couteau, de peur que celui-ci ne révèle ses activités de prostituée. »
  2. Interview de Claire Castillon par Christine pinchard
  3. Voir l'émission : TV culture
  4. Voir l'interview vidéo Arrêt sur images

 

4- La République de Platon est un essai du philosophe Alain Badiou écrit en référence à la République de Platon et au modèle de Socrate.

 

tumb

 

A 74 ans, Alain Badiou étonne toujours. Le vieux bretteur communiste persiste et signe, y compris dans ce livre reprenant "La République" de Platon, dialogue socratiques sur la justice et la politique, revu et corrigé par Badiou. [5]

Ouvrage iconoclaste d’un auteur qui eut rendre son aura à la politique et à l’espoir. Avec lui, la philosophie et en vacances, il donne à Platon un frère adolescent et contestataire, règle au passage quelques comptes et censure Platon à l’occasion. Badiou a bien sûr sa propre lecture de "La République", la démocratie n’est pas son fort et il goûte fort ce bateau livré à lui-même, où personne ne gouverne, s’identifiant sans doute à un Socrate qui aurait raison contre tous. [6]

 

Références : "La république de Platon", Alain Badiou, éditions Fayard, collection Ouvertures, 600 pages, 2012

Liens externes :

   Présentation et commentaires France culture
   Libération
   Aimé Thiaud
   Passion du livre
  1. Dans une interview à Paris-Match du 23 janvier 2012, elle dit s'être inspirée « d’un fait divers sanglant, l’affaire Liliane Paolone, une mère de famille qui a poignardé un client amoureux à coups de couteau, de peur que celui-ci ne révèle ses activités de prostituée. »
  2. Interview de Claire Castillon par Christine pinchard
  3. Voir l'émission : TV culture
  4. Voir l'interview vidéo Arrêt sur images
  5. Voir le commentaire paru dans le journal "Le Monde" du 26 janvier 2012, intitulé : "La République de Platon", d'Alain Badiou : Platon, le remake"
  6. Voir dans Le Point du 8 janvier 2012, l'article au titre ironique de Claude Askolovitch, "Quand Lénine dîne chez Socrate"
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30 décembre 2012 7 30 /12 /décembre /2012 14:52

Littérature – Rentrée 2011 - sélection


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1. La sagesse des abeilles du philosophe Michel Onfray;
2. Claustria de Régis Jauffret; 
3. Une bonne raison de se tuer de Philippe Besson;
4. La femme au miroir d'Éric-Emmanuel Schmitt;
5. Le corps immense du président Mao de Patrick Grainville;
6. Les amandes amères de Laurence Cossé;
7. Fragonard - L'invention du bonheur par Sophie Chauveau.

1- La Sagesse des abeilles. Première leçon de Démocrite est un spectacle scénique dirigé par le philosophe Michel Onfray avec Jean-Luc Therminarias et Jean Lambert-wild, le responsable de la Comédie de Caen, théâtre des Cordes.


tumb Michel Onfray

 

Le sous-titre "Première leçon de Démocrite" renvoie à l'un des philosophes antiques préférés de Michel Onfray (avec Diogène) qui indique que ce spectacle s'inscrit dans le cadre de ses recherches sur l'hédonisme. C'est Le recours aux forêts, titre de l'un de ses ouvrages précédents, qui ramène aux animaux et aux hommes dans leurs rapports complexes.

 

L'abeille dans l'imaginaire humain, c'est un peu comme la fourmi, animal grégaire sans grande intelligence, dominé par son instinct de survie, comme ces hommes qui vivent en groupes, sur les stéréotypes et s'en remettent à un chef. Or précise Michel Onfray, la ruche est aussi un contre exemple, celui d'une communauté basée sur l’entraide, qui contribue à "la vertu publique" d'un groupe actif qui va de l'avant. C'est la première leçon de Démocrite, « celui qui un jour a tourné le dos aux hommes pour s’enfoncer dans la forêt… »

 

Référence : "La Sagesse des abeilles", Michel Onfray, éditions Galilée, collection manifeste, 20 avril 2011, isbn 978-2-7186-0858-7

 


 

2- Claustria est un roman de Régis Jauffret publié en janvier 2012 aux éditions Le Seuil à partir d'une histoire authentique.
tumb Régis Jauffret en 2010

 

Le titre Claustria que Régis Jauffret a donné à son roman et une contraction de claustration et Austria pour Autriche, puisque les faits se sont déroulés en Autriche. C'est un fait divers particulièrement choquant et sordide qui est découvert dans le village d'Amstetten en Basse-Autriche, le 26 avril 2008 du monde. Pendant quelque vingt-quatre ans, le dénommé Josef Fritzl a séquestré sa fille dans la cave de sa maison, l'a régulièrement violée au point de lui faire sept enfants.

Voilà pour la trame de ce roman qui se penche aussi sur les aspects plus intimes, existentiels de ce drame familial devenu un drame de société où l'auteur nous emmène dans le quotidien insoutenable de ces vies brisées et des relations entre les protagonistes de ce huis-clos familial.


 

3- Une bonne raison de se tuer est un roman de l'écrivain Philippe Besson paru en janvier 2012 aux éditions Julliard qui se déroule aux États-Unis.


tumb Philippe Besson en 2011

 

La seule question qui passionne les États-Unis en cette journée du 4 novembre 2008 est de savoir si un démocrate, de surcroît homme de couleur, Barack Obama peut devenir président du plus puissant état du monde. Mais pas tous les américains dont certains sont atteints dans leurs bases, dans tout ce à quoi ils ont cru jusqu'à présent, par la grave crise économique dans laquelle est plongée leur pays.

 

Philippe Besson raconte l'expérience de deux d'entre eux, Samuel et Lara, loin des préoccupations des politiques, en prise avec leurs difficultés à vivre, leurs désillusions. Samuel doit aller enterrer son fils et a plutôt envie de le rejoindre. Laura n'est guère mieux lotie, délaissée par les siens, son mari et son fils, éprouve la même envie de disparaître que Samuel. Autre face de "l'american way of life" d'un rêve qui s'effiloche et qui en font "une bonne raison de se tuer".

 


 

4- La femme au miroir est un roman d'Éric-Emmanuel Schmitt paru en 2011.


tumb Eric-Emmanuel Schmitt en 2010

 

Ce sont trois destins que Éric-Emmanuel Schmitt propose dans ce roman : ceux d'Anne, Hanna et Anny Lee. Apparemment si différentes, Anne vit à Bruges à l'époque de la Renaissance, Hanna dans la Vienne impériale de la "belle époque" et Anny Lee à Los Angeles à l'époque contemporaine. Des femmes différentes mais en réalité si proches...

 

Repères bibliographiques (romans)

• La Secte des égoïstes (1994), prix du premier roman de l'université d'Artois
• L'Évangile selon Pilate (2000), La Part de l'autre (2001)
• Lorsque j'étais une œuvre d'art (2003), Guignol aux pieds des Alpes

Voir la vidéo : Web-tv-cuture


 

5- Le Corps immense du président Mao est un roman de Patrick Grainville publié le 1er septembre 2011.
tumb Patrick Grainville en 1982

 

Partir à la recherche de sa fille dans la mégalopole chinoise de Shenzhen est une gageure. Comment Thomas va-t-il faire pour la retrouver dans ce dédale des villes modernes où tout se ressemble, dans ce symbole de la mondialisation où le gigantisme représente l'art suprême, lui-même mondialisation d'un art déshumanisé, visé de sa spécificité.

Cette quête de l'identité de la jeune fille est aussi une recherche d'identité dans une ville tentaculaire et sans âme, où des milliardaires provoquant étalent leur fortune devant la foule grouillante des pauvres déracinés de leur campagne. Et qui est ce Lan qui règne sans partage sur son empire, homme fait de charme et de rouerie, et quel secret semble-t-il posséder ?


 

6- Les Amandes amères est un roman de l'écrivain Laurence Cossé publié le 1er septembre 2011 aux éditions Gallimard.


tumb Laurence Cossé en 2011

 

Édith découvre un jour la vie difficile et humiliante de Fadila qui est analphabète et vit tant bien que mal dans une société qui en fait un terrible fardeau à porter. Elle décide de prendre les choses en mains et de faire son apprentissage. Mais Fadila éprouve d'énormes difficultés à acquérir les bases du Français nécessaires à une véritable insertion. Fadila est une déracinée prise entre le Maroc, son pays d'origine, et la France où elle se sent seule et à l'écart. Et une amitié compliquée mais vraie va naître entre ces deux femmes.

 

Voir aussi :

• Vous n'écrivez plus ?, Gallimard, 2006, Grand Prix de la nouvelle de l’Académie Française : que deviennent tous ces écrivains obscurs qui n'ont guère publié, quelle a été leur vie après ? se demande Laurence Cossé.
• Au bon roman
• Illettrisme et Analphabétisme

 

7- Fragonard - L'invention du bonheur est un biographie de l'écrivaine Sophie Chauveau consacrée au peintre Fragonard parue aux éditions Télémaque le 27 octobre 2011. (413 pages - isbn : 978-2-7533-0142-9)

 

tumb Sophie Chauveau en 2011

 

Jean-Honoré Fragonard est surtout connu pour ses scènes romantiques de filles-fleurs dénudées et comme inventeur du "jaune vie" éclatant qui a éclairer la toile, lui apporter un petit air d'irréalité qu'on lui a parfois reproché. Pour Sophie Chauveau, il a "inventé" le bonheur" et trace sa vie aventureuse du soleil de Grasse où il est né, des ateliers de Chardin ou Boucher à l'école de Rome, dans une époque difficile dans un Paris pré-révolutionnaire qui va déboucher sur la Terreur et la dictature impériale.

 

Bibliographie

   2003 : La Passion Lippi, Télémaque, Paris (ISBN 9782753300002)
   2005 : Le Rêve Botticelli, Télémaque, Paris (ISBN 9782753300262)
   2007 : L'Obsession Vinci, Télémaque, Paris (ISBN 9782753300569)

   Roman historique
   Vidéo : Web-tv-culture

 

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29 décembre 2012 6 29 /12 /décembre /2012 18:35

Salman Rushdie et son "double" Joseph Anton


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Rushdie portrait.jpg Rushdie, portrait

 

Rappel biographique
Salman Rushdie est l'auteur d'une œuvre importante dont « les Enfants de minuit », couronné par le Booker Prize en 1981, « la Honte » en 1984, « le Dernier Soupir du Maure » en 1996, « Shalimar le clown » en 2005. En 1989, la publication des « Versets sataniques » a provoqué une fatwa de l'imam Khomeyni pour condamner à mort l'écrivain qui vient de publier « Joseph Anton, Une autobiographie » où il retrace son combat pendant ses dix années de clandestin.


 

Dix années terribles de clandestinité depuis Les versets sataniques, Salman Rushdie parle maintenant avec le recul de ses combats contre le fanatisme religieux, l'islamisme, d'une nouvelle vie qui s'ouvre à lui.

 

Rushdie anton.jpgSalman Rushdie et Joseph Anton

 

En 1996, il considère la publication de son roman « le Dernier Soupir du Maure» comme une victoire, la fameuse fatwa de 1989 ayant échoué à supprimer en lui l'écrivain. Il publie en 2012 un nouveau roman « Joseph Anton », [1] façon d'abandonner son nom de clandestin pour que l'écrivain puisse refaire surface. Son histoire est ainsi devenue livre, une façon de dominer ces événements. Reste un manque, une nostalgie d'une impossible vie de famille, l'absence de contacts avec ses enfants, son fils Zafar en particulier. Une victoire "à la Pyrrhus", importante cependant par la diffusion des "Versets sataniques", même si la terreur intégriste demeure toujours présente.

 

Maintenant, il s'est approprié ce nom de Joseph Anton, [2] hésitant entre l'homme Rushdie et un personnage de fiction ou pire, d'être devenu une « créature de la fatwa», comme s'il s'était trouvé dans un mauvais roman d'espionnage dont il ignorait tout. Situation si paradoxale où il se retrouve malgré lui dans un navire au bord de la Tamise, un peu comme dans film de « James Bond », avec le gratin du MI6, les services secrets anglais, ou cette réunion plénière de quelque 80 personnes où il est soumis à un interrogatoire serré et cependant, d'où il ressort soulagé.

 

Rushdie manif multan pakistan 6 07.jpg Manifestation au Pakistan contre Salman Rushdie en 2007

 

Être soutenu par ses pairs, par une internationale de grands écrivains [3] va été pour lui un réconfort inappréciable, une mobilisation extraordinaire en sa faveur, qui constitue l'événement majeur de cette génération d'écrivains, « un événement fédérateur.» Leur aide a permis de susciter un courant favorable aussi bien auprès des politiques que de l'opinion publique et aussi d'agir, de contre-attaquer, être actif et ne plus simplement réagir aux attaques. Cette cette passivité qu'il a le plus mal supporté dans les premières années de la fatwa. C'est maintenant une prime de 3,3 millions de dollars qui est proposée pour le supprimer mais le plus inquiétant est la présence de tueurs à gages au service du terrorisme étatique, même si l'état iranien semble avoir abandonné cette idée.

 

Ses dernières années ont été consacrées à ce livre autobiographique et il aimerait bien revenir à de véritables œuvre de fiction, ne plus être le sujet d'un livre, « j'ai hâte de changer d'air, d'inventer des personnages imaginaires. »

 

Rushdie verserts.jpg Rushdie et les versets sataniques

Notes et références

  1. "Joseph Anton, Une autobiographie", éditions Plon, 500 pages
  2. Joseph Anton : Joseph pour Conrad, Anton pour Tchekov. Le nom que Salman Rushdie se choisit en guise de nouvelle identité, après la fatwa prononcée contre lui par l’ayatollah Khomeni, le 14 février 1989
  3. Parmi lesquels Nadine Gordimer, Russell Banks, Carlos Fuentes, Paul Auster, Martin Amis, Günter Grass...ainsi que Bill Buford, Andrew Wylie, Elisabeth West -qu’il épousera...

 

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