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20 août 2021 5 20 /08 /août /2021 11:00

Référence : Tanguy Viel, La fille qu’on appelle, Éditions de Minuit, 176 pages, septembre 2021

 

           

 

J’aime assez ce que fait Tanguy Viel, tant par sa façon de disséquer les relations humaines en mettant en scène des situations insolites, que par son style d’une grande précision, sa façon de procéder par touches pour accompagner la progression de l’intrigue. Vous pourrez aussi vous référer aux deux fiches que j'avais consacrées à ses précédents ouvrages L'article 353 du code pénal et La Disparition de Jim Sullivan --

 

Il nous entraîne cette fois dans une petite ville portuaire bretonne, quand Laura, vingt ans, revient près de son père Max le Corre. Il fut un boxeur connu, au riche palmarès avant de connaître des difficultés et de devenir le chauffeur du maire de son village, Quentin le Bars. Il a repris l’entraînement en espérant retrouver sa forme passée et reconquérir son titre.

 

                       

 

Pour aider sa fille, il s’adresse à son patron et maire qui lui propose un logement et un travail au casino que dirige son "ami" Franck Bellec, « aux costumes blancs toujours impeccables » écrit l’auteur.

Tanguy Viel n’est pas tendre pour ses deux personnages que sont Quentin le Bars et Franck Bellec. Ils personnifient le pouvoir dans la cité et sont si intimement imbriqués qu’on ne peut démêler leurs liens, « une sorte de vassalité tordue et pour ainsi dire bijective que seuls les gens de pouvoir savent entretenir des vies entières, capables en souriant de qualifier cela du beau nom d'amitié. » Une toile d’araignée qu’ils auraient sécrétée.
Et Laura, elle si malléable,  va s’y laisser emprisonner dans cette toile si perfide… tomber dans les griffes de ces deux hobereaux sans scrupules.

 

                        
                          Sa préface des Essais de Montaigne

 

Dans cette petite ville maritime, les personnages sont englués dans leur destin, Tanguy Viel brosse un portrait de cette atmosphère provinciale qu’il décrit parfaitement, dans une histoire qui illustre les ressorts du harcèlement sexuel et de l'arrogance des hommes de pouvoir, le sentiment d’impunité qui les habite.



Mais dans quel monde évoluent ces personnages ? . Allez savoir...
- Dans un monde normal on n'aurait jamais dû se rencontrer, a-t-elle dit aux policiers.
- Un monde normal...mais qu'est-ce que vous appelez un monde normal ?, ils ont demandé.
- Je ne sais pas...Un monde où chacun reste à sa place.

 

Mes fichiers sur Tanguy Viel
L'article 353 du code pénal --
La Disparition de Jim Sullivan --

      Avec Marie Despléchin

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<< Christian Broussas, Viel Laura 18/08/2021 © • cjb • © >>
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20 août 2021 5 20 /08 /août /2021 09:25

Référence : Marc Dugain, La volonté, éditions Gallimard, Collection Blanche, 288 pages, août 2021

             

Marc Dugain est un auteur aux multiples talents, aussi bien romancier, que scénariste, réalisateur et auteur de séries. Il s’est fait connaître pour son roman "La chambre des officiers", inspiré de son grand-père, "gueule cassée" comme on disait alors. Il a aussi écrit deux biographies sur des américains, "La malédiction d'Edgar" et  "Ils vont tuer Robert Kennedy", sur la Russie, celle de Staline et celle de Poutine dans "Une Exécution ordinaire" ou encore un roman d’anticipation intitulé Transparence.

 

 

 Je suis depuis longtemps cet auteur qui écrit des livres que je trouve d'une grande force servie par un style nerveux, incisif. Ses biographies "américaines" m'avaient particulièrement intéressé, mais aussi des ouvrages où il aborde des thèmes de société comme Transparence et L'Homme nu ou les dérives du système socio-politique dans la trilogie intitulée L'Emprise.

                       

Son nouveau roman La volonté, est totalement différent puisque consacré à son père, victime du virus de la polio. C’est cette conjonction entre le virus, thème ô combien actuel et les masques contre les gaz délétères que son grand-père a utilisé pendant la Grande guerre, qui l’a incité à suspendre ses projets en cours et à se lancer dans cette biographie familiale.

L’histoire de son père est aussi l’occasion de se plonger dans une époque riche en événements qui va du début de La Grande guerre et la fin de la décolonisation. Des histoires imbriquées de guerre, de maladies, de rencontres et de pertes. Le hasard des rencontres modèle la vie comme la rencontre avec cette jeune femme qui semble banale et que «  ni l’un ni l’autre ne sait qu’ils sont au seuil d’une histoire d’amour qui les accompagnera jusqu’à la mort. »

                     
 
Son père, fils de pécheurs bretons, va contracter le virus de la polio et être opéré à l'hôpital Necker. Mais il en sortira avec quelques séquelles et restera boiteux. Il réussira par devenir ingénieur en recherche atomique, s’installera à Grenoble avec ses deux fils mais le jeune Marc ne s’entend pas avec son père. Il en garde encore un sentiment douloureux, écrivant : « Je me suis épuisé tout au long de mon adolescence à lui résister, tuer le père qu’il n’était pas... »

 


Dugain et Valérie Benneton à Cabourg en juin 2021

 

L’adolescent rebelle et le père, un classique du genre auquel le jeune homme n’a pas échappé. Son remords, c’est un sentiment de gâchis, quand ce qui devient possible s’éloigne inéluctablement : « J’ai failli le rater de peu. Au moment où je l’ai vraiment connu et compris, où je l’ai vraiment aimé, où enfin j’allais pouvoir profiter de lui et de son estime, on me l’a arraché, comme si ce que nous devions construire ensemble nous était interdit. » Trop tard en quelque sorte. Avec ce constat que, contrairement à Marc, lui n’en a pas trop souffert puisqu’il ajoute : « Il est parti avec le sentiment d’avoir réussi tout ce qu’il avait entrepris, de n’avoir cédé à rien ni à personne. »
Est-il parti apaisé ou avec l’orgueil d’avoir été au bout de sa logique.

 

 

Mes fichiers sur Marc Dugain 
La volonté --
Transparence -- La malédiction d'Edgar --
Avenue des géants --
L'emprise 1 -- L'emprise 2 -- 
Ils vont tuer Robert Kennedy --

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<< Christian Broussas, Dugain Volonté 17/08/2021 © • cjb • © >>
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9 avril 2021 5 09 /04 /avril /2021 15:14

Référence : Philippe Delerm, La vie en relief, Éditions du Seuil, février 2021

"Le chroniqueur des petits bonheurs"

Éternel optimiste, il voit sa vie en relief, écrivant notamment : « Je n'ai pas l'impression d'avoir été enfant, adolescent, homme d'âge mur, puis vieux. Je suis à la fois enfant, adolescent, homme d'âge mûr, et vieux. C'est sans doute un peu idiot. Mais ça change tout. »

Il y évoque sa vision de la vie, son corps qui de temps en temps lui fait prendre conscience de son âge, l’esprit étant toujours aussi vif, lucide, riche de tout ce qui s’est passé dans son existence. Il dit ainsi se sentir  « de plus en plus maladroit, réticent, pas souple », son esprit demeurant  par contre toujours aussi jeune et « Je me sentais à la fois enfant, adolescent, homme d’âge mûre et vieux. » 

Ce qui donne ce fameux relief à la vie, c’est la convergence de tous les beaux moments vécus et même ceux qu’on a encore à vivre. Il est tissé de souvenirs que la mémoire a retenus mais aussi des sensations récoltées, tous sens en éveil, pour créer un florilège qui en fait toute la richesse.

L’une des illustrations les plus intéressantes est sa passion du football, un sport qui unit toutes les générations.
Un match provoque toujours chez lui le souvenir des matchs précédents, ceux qu’il a joués, ceux qu’il a regardés, la joie aussi de le faire avec ses enfants et ses petits-enfants. « Tel de mes petits-enfants va se prendre pour Kylian Mbappé et moi aussi, du coup, j’ai envie de faire comme lui, donc il y a une espèce de mise en volume, en relief. Le foot est super pour ça », ajoute l’auteur.

La première disposition essentielle pour réussir cette alchimie, c’est dit-il souvent « trouver de la beauté dans l'ordinaire des choses. Aimer vieillir, écouter le bruit du temps qui passe. » C’est ainsi qu’il parvient à mettre des mots sur des sensations si ténues, quasiment impalpables qu’on ressent tous sans pouvoir les cerner de façon satisfaisante.

 Ce livre représente aussi la réflexion d’un homme qui a mûri, qui peut ainsi regarder aussi bien derrière que devant lui. En quelque sorte, le livre de la maturité.

Voilà encore un bel exemple de la "manière Delerm", ce qu’on a aussi pu nommer, "l’instantané littéraire", genre propre à l’auteur, genre dit-on qui a des réminiscences avec La Fontaine ou La Bruyère.

Mes fichiers sur Philippe Delerm :
La vie en relief --
Journal d'un homme heureux -- Les eaux troubles du mojito --
Philippe Delerm et son œuvre (1) -- Philippe Delerm et son œuvre (2) --

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<< Christian Broussas, Vie en relief 9/04/2021 © • cjb • © >>
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22 août 2020 6 22 /08 /août /2020 18:01

Référence : Michel Quint, Les aventuriers du Cilento, éditions Phébus, 300 pages, mars 2019

 

        
                                          Michel Quint à Nancy en 2011

 

Michel Quint est surtout connu comme auteur de romans policiers et pour avoir écrit un court roman Effroyables jardins dont l'adaptation cinématographique de Jean Becker a connu un grand succès.

J’avais rendu compte en 2012 de son roman Les Amants de Francfort qui se situe dans les années 1970, une époque écartelée entre les attentats de l'extrême gauche de la Fraction armée rouge et de la résurgence des mouvements national-socialistes.

 

           
Umberto Zanotti Bianco

 

Cette fois, avec Les aventuriers du Cilento, Michel Quint nous emmène avec Pippo Pugliese dans l'Italie pauvre du sud, à la recherche de son grand-père Tino né en 1917, au temps de Mussolini. Alors que sa mère perd peu à peu la mémoire, lui veut retrouver la sienne. Il part pour la Campanie, au sud de Naples, dans un Mezzogiorno dont la pauvreté l'accable. Dans cette région que traversent beaucoup de migrants, avec la belle Gina, il découvre que ce grand-père a aidé deux opposants au régime de MussoliniPaola Zancani et Umberto Zanotti Bianco, qui ont retrouvé le sanctuaire dHéra. [1]

 

               
Paola Zancani Montuoro                    Les 2 archéologues en avril 34

 

Pippo Pugliese va mener son enquête et peu à peu reconstituer l'histoire de son grand-père à travers l'histoire du sanctuaire d'Héra. Il  constate aussi que cette opposition entre acceptation et rejet de l'Autre existe quels que soient les époques et les pays. C'est un problème universel, la tentation totalitaire reste toujours sous-jacente et l'Histoire sert trop souvent de justification à sa mise en oeuvre.

 

  Le temple d'Héra à Paestum  

 

Le problème est que cette découverte prouve que la Grèce a colonisé l'Italie romaine, ce qui déplaît prodigieusement au Duce qui récuse tout ce qui remet en cause la pureté historique de l’Italie.

 

   
Les 2 archéologues sur le temple d'Héra

 

Les deux archéologues ont bien existé et ont également été des opposants déclarés au régime fasciste italien. Umberto Zanotti Bianco fut très vite placé sous surveillance et quitta son pays en 1926 pour faire des fouilles au proche orient (Palestine, Égypte et Transjordanie).

De retour en Italie,il rencontre Paola Zancani Montuoro avec qui il retouve l'Héraïon aux sources du fleuve Sélé et qu'ils entreprennent de dégager, malgré de multiples entraves des fascistes. Ils seront arrêtés au début de la guerre et placés en résidence surveillée à Paestum. Il sera président du Sénat en 1952.

 

       
                                      Les 2 archéologues nettoyant une statuette

 

Ce roman met aussi en valeur l’Italie du sud avec ses paysages encore sauvages où la vie est souvent difficile, son histoire et ses sites antiques.

Michel Quint y mêle des références littéraires empruntées à Carlo Levi, Cesare Pavese ou Pirandello et bien sûr à l’archéologie, en particulier le superbe site de Paestum, [2] même si ces merveilles sont dues à des envahisseurs grecs, l’époque moderne connaissant de nouveaux migrants qui sillonnent la région et remontent souvent vers le nord.

 

Notes et références
[1] Umberto Zanotti Bianco : La Cannée, janvier 1889-Rome, août 1963 et Paola Zancani Montuoro : Naples, février 1901-Sant'Agnello août 1987
[2] Paestum fait partie du parc national du Cilento et du Vallo Diano constitué aussi des sites de Velia et de la Chartreuse de Padula.

 

Voir aussi
* Italia nostra, Umberto Zanotti Bianco, 214 pages, 2014
* Tina Modotti -- Rita Levi-Montalcini -- Alfonsina Storni --

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<< Christian Broussas • Quint Francfort © CJB  ° 21/08/ 2020 >>
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6 juin 2020 6 06 /06 /juin /2020 21:10

Référence : Philippe Djian, Vers chez les blancs, éditions Gallimard, 448 pages, 2000

 

« Il faut prendre des personnages ordinaires et les mettre dans des situations extraordinaires, pour qu’ils se révèlent. Et ça, ça m’amuse.» Philippe Djian

 

Vers chez les blancs, l'un des meilleurs livres de Philippe Djian dit-on, sans séparer la valeur intrinsèque du roman des scènes érotiques qu'il contient, et même pornographiques pour certains. On ne peut pourtant guère reprocher à l'auteur de distiller un parfum de scandale pour mieux attirer le succès.

 

         

 

Le livre se présente plutôt comme un roman noir racontant la vie de Francis, un  écrivain que fuit depuis longtemps le succès et suit avec envie la réussite littéraire de son ami Patrick. Après le drame qui a bouleversé sa vie, la mort de sa femme Édith et de ses enfants dans un accident d'avion et sans doute pour compenser son échec littéraire, il multiplie les aventures sexuelles qui risquent de briser un couple auquel pourtant il tient. C'est là le paradoxe de beaucoup de personnages de Philippe Djian qui sécrètent leur propre malheur, écartelés entre leurs pulsions et leur désir de donner un sens à leur vie.

 

Pour Philippe Djian tout est écriture, au-delà même du fil narratif, partant d'une infirmité qu'il a dû surmonter : « Je suis sourd d'une oreille, avoue-t-il. Peut-être que c'est pour cela - je n'entends pas bien, je n'entends pas tout - que j'essaie de créer quelque chose où il y ait de l'harmonie. L'écriture est le lieu où j'entends bien. »

 

         

 

C'est ainsi par la poésie que Djian a découvert l'écriture et explique l'intérêt qu'il porte à la langue, la phrase et le rythme. Ses tableaux sont autant de partitions et comme il l'a dit lui-même dans une interview : « Ce qui me semble intéressant dans un dialogue, c'est ce qui n'est pas dit, et qu'on peut retranscrire par des silences, des ellipses. »

 


« Écrire, c’est s’engager dans une voie très personnelle. » Philippe Djian

 

Depuis ses déboires littéraires, Francis gagne sa vie en vendant des algues chinoises à ses amis. Il séduit la femme de son ami Patrick, mais en même temps il se sent responsable de lui. Toujours le paradoxe de Djian. Cette contradiction interne que ses héros cherchent à résoudre, les entraîne en fait dans des situations inextricables.

 

Francis a une aventure érotique limite avec Nicole, la femme de son ami Patrick, qui aime pratiquer des exercices sado-mados (les bondages japonais)  et aussi une autre avec Olga, tantôt frigide, tantôt aguicheuse, qu'il aide par exemple dans ses essais de lingerie en cabine d'essayage.

 

           
                             Philippe Djian et son ami le chanteur Stéphane Heicher    

    

Dans un entretien à propos de ce roman, il dit : « On est à la fois de chair et d’esprit... on a un corps et un cerveau, ça doit fonctionner ensemble, c’est ça... l’équilibre à trouver en soi. [...] Souvent, les problèmes qu’ont les gens, c’est de ne pas trouver cet équilibre, soit c’est le cerveau qui explose, soit c’est le corps.      
Là, Francis a été obligé un moment de faire passer son corps en premier... en essayant de trouver cet équilibre avec une partie de son esprit qui avait été complètement carbonisée. Je ne sais pas, c’est une proposition, je ne dis pas qu’il faut faire comme cela, mais c’est possible de faire comme ça
»

 

         

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<< Ch. Broussas • Vers chez les blancs © CJB  ° • 30/05/ 2020  >>
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12 mai 2020 2 12 /05 /mai /2020 15:27
Référence : Joël Dicker , Le Livre des Baltimores, éditions De Fallois, septembre 2015

         
« C’est un livre sur ce qui se déclenche en nous quand on vit des événements ». Joël Dicker
Quatre ans après « L’affaire Harry Quebert », Joël Dicker renoue avec son héros et la formule qui a fait son succès. Marcus Goldman quitte l'hiver new-Yorkais pour la chaleur de Boca Raton en Floride pour écrire un roman, histoire d'un drame qui s'est déroulé huit ans plus tôt et dont il va s'efforcer de démonter les rouages. Il y croise une "ex", Alexandra Neville devenue depuis une célèbre chanteuse. Apparemment, il en est toujours épris et regrette leur rupture.

          
Joël Dicker à l'Académie française


On fait alors connaissance avec la famille des Goldman-de-Baltimore, habitant une luxueuse demeure d’une banlieue huppée de Baltimore, qu’il admire et envie. Lui-même est issu d’une autre branche plus modeste, les Goldman-de-Montclair vivant à Montclair dans le New-Jersey.
Il repense avec nostalgie au temps des vacances à Miami ou dans les Hamptons, un temps d’insouciance qui suscite en lui quelques regrets.
Mais en fait, tout n’était pas rose dans cette famille privilégiée. On découvre peu à peu les circonstances qui vont mener à un drame familial dévoilé à la fin du roman. Derrière les apparences, se cache des luttes intestines, des rancœurs et des jalousies qui vont se dénouer après bien des péripéties.



Voilà pour la trame de l’histoire. Même si ce roman n’est pas son meilleur cru, on n’en retrouve pas moins ce qui a fait son succès. Les clichés sont bien américains, les personnages ont tout pour eux, jeunes, beaux, riches, bientôt célèbres et on peut ressentie une certaine volupté à voir se dérouler leur déchéance. Dicker sait très bien doser ses effets, maintenir le suspens jusqu'au drame final. Il connaît aussi par cœur tous les ingrédients nécessaires pour réussir un bon produit et maîtriser l'ensemble de l'intrigue, des prémisses jusqu'au  dénouement.

La réception de son roman a fait l’objet de critiques très diverses, d’un « roman captivant et intelligent » pour La Tribune de Genève jusqu’à « cette laborieuse entreprise romanesque » du Monde des Livres où le journaliste y voit l’ombre de Philip Roth d’un auteur qui croit réécrire Pastorale américaine.

Pour Télérama, « il reste un habile fabricant qui sait ménager ses effets et s’appuyer sur de solides clichés, » alternant le bon comme des scènes comiques plutôt réussies et le moins bon comme ses dialogues amoureux convenus et sans relief.

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<< Ch. Broussas, Dicker Baltimores 10/05/2020 © • cjb • © >>

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19 mars 2020 4 19 /03 /mars /2020 18:49

Référence : Jean-Claude Carrière, Le vin bourru, éditions Plon, 305 pages, mars 2000
 

     
                                               Jean-Claude Carrière et sa fille Kiara

 

« Le vin bourru, c'est en quelque sorte un vin nouveau « qui se protège un moment encore, contre les agressions du monde. »
 

Dans cette autobiographie intitulée Le Vin bourru, Jean-Claude Carrière, scénariste reconnu [1], féru d’astrophysique et de bouddhisme [2] et auteur de la Controverse de Valladolid raconte son enfance et nous entraîne dans son village de Colombières-sur-Orb dans l'Hérault de 1931 à 1945.
 

           
 
Il nous confie qu’écrire sur son enfance est encore plus difficile qu’écrire sur le bouddhisme ou la physique nucléaire, comme il l’avait fait auparavant. « Là, écrit-il, il faut passer à travers soi. C'est très dur d'être l'ethnologue de soi-même. Je voulais adopter un regard éloigné sur mes jeunes années. Mais comment? C'est supposer que soi n'est pas soi.» 
 

 
Luis Buñuel et Jean-Claude Carrière en 1969

C’est à l’occasion d’une visite d’un éco-musée, « un faux village, village reconstitué qui se voit un peu partout en Europe » dit-il, que lui revient son enfance. C’est aussi à travers de simples objets de la vie courante qu’il retrouve ce qui avait composé son enfance, l’atmosphère particulière régnant à une époque révolue.
 

           

Il se souvient de ce  vin bourru, le premier vin que l'on goûtait, au début du mois de novembre. Un vin pas encore arrivé totalement à maturité qui, un peu comme le Beaujolais nouveau, gardait une pointe d’âcreté, « une bourre », qui renfermait quelque chose d'inachevé.

Il se souvient avec une certaine nostalgie de toutes ces choses inutiles qu’on a pu lui fourrer dans le crane car dit-il, « né dans une culture, j'ai vécu dans une autre. » D’où un questionnement sur ce qui nous construit, fait ce que nous sommes, un "en-devenir", autant d’éléments qui serviront de marqueurs pour indiquer les chemins de l’avenir.
 

         
Jean-Claude Carrière avec sa femme Nahal Tajadod et sa fille Kiara en 2017

 

Il aborde avec un réalisme pointilleux la vie d’une société villageoise, village ordinaire du Midi viticole centré sur les années 30, un écosystème en soi, plus complexe qu’il n’y paraît, aujourd'hui disparu. « Avant tout, explique-t-il, je voulais être objectif: ne pas cacher mes émotions, mais ne pas les provoquer. Il me fallait reconstituer les faits, puis les classer. Car l'enfance n'a pas d'ordre, elle est désordonnée, polythéiste, protégée. »

Il se demande alors si sa démarche allait intéresser de futurs lecteurs. Il se réfère à son roman Le retour de Martin Guerre, qui a connu un succès international même son thème principal était  centré sur l’identité réel d'un homme peut-être disparu depuis longtemps.
 

Avec Philippe Torreton
 

Jean-Claude Carrière s’est donc orienté vers une écriture directe et sans fioritures qui refuse tout romantisme pour rejoindre la vérité profonde de son village. Il y aborde tous les sujets de la vie quotidienne, que ce soit les institutions comme la famille, l'église et l'école, l’alimentation comme l'eau et le vin, la cueillette et la pêche, le spirituel comme la mort, la lecture, le sexe, les difficultés liées  la guerre ou à la gestion des déchets…
Ce qui ne l’empêche nullement de se référer au présent même si selon lui « le territoire de l’enfance est perdu, » servant seulement à comparer l’enfant à l’homme qu’il est devenu.
 

       

Notes et références
[1] Scénariste de Luis Buñuel, Louis Malle, Milos Forman, Patrice Chéreau, Volker Schlöndorff et Jean-Luc Godard, il adapta Harold et Maude pour Jean-Louis Barrault et les douze heures du Mahabharata pour Peter Brook.
[2] De son interview du dalaï-lama, publiée en 1994,  En 1994, Pascal Bruckner a écrit que c'était le seul entretien avec Sa Sainteté où l'interviewer paraissait plus intelligent que l'interviewé. 

Voir aussi
* Roger-Pol Droit, Voltaire et Rousseau -- Antoine Rault, Le diable rouge --
* Jean-Claude Brisville, Pascal et Descartes --
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<< Christian Broussas, Carrière Vin bourru 19/02/2020 © • cjb • © >>
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19 mars 2020 4 19 /03 /mars /2020 18:14

Référence : Raphaël Constant, Grand café Martinique, éditions Mercure de France, janvier 2020

              

 En 1702, Gabriel-Mathieu d'Erchigny de Clieu, âgé de quinze ans, après avoir été nommé enseigne de vaisseau, part pour la Martinique sur le "Le Maintenon". C’est son rêve qui se réalise et il fait rapidement fortune, non en cultivant du tabac comme il le pensait à l’origine, mais dans la canne à sucre.

C’est un homme comblé qui retourne en France avec sa belle position, une femme et une plantation prospère. Mais il rêve d’autre chose, ce qu’il veut désormais, c’est pouvoir cultiver du café aux Antilles.

Comme il le dit lui-même, « le caféier, inconnu aux îles, y était de plus en plus apprécié, les Grands Blancs de la Martinique en achetant les cerises des mains des Espagnols qui eux-mêmes les importaient d'Afrique. Mais nul n'avait jamais eu l'idée de la planter car la canne à sucre suffisait à assurer la richesse des uns et des autres… »

 

           

Le café, boisson originaire d’Éthiopie,  est alors à la mode et les Français l'achètent très cher aux autres compagnies. En France, le Jardin Royal des Plantes possède quelques caféiers. Et le destin va lui donner un coup de pouce. De Clieu se trouve en relation avec une jeune femme qui, par amour,  réussit à lui procurer deux de ces précieux plants de café.

Immédiatement, de Clieu met tout en œuvre pour affréter un bateau et retourner à la Martinique avec ses plants de café. La traversée sera longue et difficile, émaillée d’épisodes plus ou moins cocasses ou pénibles, avec une mer capricieuse, tantôt d’un calme absolu, tantôt démontée, marquée aussi par une mutinerie et une attaque de pirates.

 

         

Les péripéties ne manquent pas dans cette histoire d’un personnage en quête d’aventures où Raphaël Confiant nous parle aussi d’une histoire véridique, celle de l’implantation du café aux Antilles et de la volonté d’un homme pour parvenir à ses fins.

Pour écrire "Grand café Martinique", Raphaël Confiant s’est inspiré de la vie de celui qui a importé la culture du café en Martinique, Gabriel de Clieu. Culture qui s’est vite répandue en Guadeloupe, à Saint-Domingue puis dans toute l’Amérique du sud. !

 

          

Dans son roman, Raphaël Confiant s’est efforcé de reconstituer l'époque où se déroule cette histoire, le XVIIIème siècle. Il a aussi tenté avec une certaine réussite d’adopter un style rappelant celui de l’époque en le mêlant à des mots, des expressions créoles.

 

   

On peut également de découvrir la Martinique de l’époque, son peuplement et le fonctionnement de son économie basée sur la culture de la canne à sucre et dans une moindre mesure le tabac et le café. Les métropolitains étaient bien sûr attirés et, comme Gabriel de Clieu, désireux d’y faire fortune. À la lecture du voyage mouvementé que décrit l’auteur, on peut mesurer la dureté des temps et les périls des traversées en bateau. Cette dureté se manifeste en particulier par l’attitude des colons vis-à vis des Africains réduits en esclavage et considéré comme une simple marchandise.

« Au bout du chemin, tout recommence. L'univers n'a point de bord.
Nos vies non plus. »

   

Voir aussi
* Patrick chamoiseau Texaco --

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<< Christian Broussas, Constant Martinique 19/02/2020 © • cjb • © >>
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10 juillet 2019 3 10 /07 /juillet /2019 15:46

Référence : Jean-Marie Rouart, Le goût du malheur, éditions Gallimard, 320 pages, 1993, Collection Folio 2734, juin 1995

 

« Entre le succès et l’échec, il y a une redoutable frontière qui elle-même est une énigme. Et cette énigme enveloppe nos vies dans le plus romanesque des défis. »
Jean-Marie Rouart, Discours de réception à l'Académie française.

 

      


Jean-Marie Rouart l'écrivain - Présentation

Il publie son premier roman La Fuite en Pologne en 1974. Puis il publie successivement La Blessure de Georges Aslo en 1975, Les Feux du pouvoir, prix Interallié en 1977 et Le Mythomane, en 1980, obtenant aussi le prix Renaudot avec son roman Avant-guerre, en 1983.
Six autres romans ont suivi : Le Cavalier blessé en 1987, fresque historique à l’époque du Premier Empire, La Femme de proie en 1989, Le Voleur de jeunesse en 1990, Le Goût du malheur en 1993, et L’Invention de l’amour en 1997.  

 

On lui doit également plusieurs essais : Ils ont choisi la nuit, prix de l’Essai de l’Académie française en 1985, sur le thème des écrivains qui se sont suicidés, Omar, la construction d’un coupable, en 1994, qui revient sur le procès d’Omar Raddad.
Académicien en 1997, il a publié ce dernières années Une jeunesse perdue et Le psychodrame français, où il traite du lien entre politique et histoire, particulièrement en France avec ses contradictions, ses relations claniques.



 

« Comment faire soi-même son malheur ? » aurait dit le psychologue Paul Watzlawick à propos de ces gens qui avaient tendance à errer dans la vie àla recherche d'une espèce de graal, sans vraiment savoir ce qu'ils voulaient.  À priori, tous ces gens avaient tout pour être heureux mais il faut croire que le bonheur ne se mesure pas à l’aune de sa richesse.

On pourrait aussi se référer à cette citation de Dostoïevski tirée des Possédés : «  Tout est bien... Tout. L'homme est malheureux parce qu'il ne sait pas qu'il est heureux. Ce n'est que cela. C'est tout, c'est tout ! »

 

       

 

Des personnages qui ont ce goût-là, pour qui le malheur constitue une façon de brûler une vie qui, sinon, leur paraîtrait fade. L’amour est leur refuge, leur planche de salut et en même temps un antidote pour calmer leurs angoisses. Pendant une semaine, nous suivons ces personnages désenchantés, prisonniers de leur passé, entre Paris, Londres et Venise. Pour l'amour et le bonheur, ils ne sont pas vraiment doués, le recours au sexe serait le remède à tout, la panacée à tout leur spleen. Le problème, c'est que rien n'est gratuit et que le passé va revenir comme un boomerang.

 

         

 

« Tout obtenir afin de tout mépriser. » Maurice Barrès

 

Jean-Marie Rouart jongle avec ses personnages dans des histoires d'amour qui se font et se défont au rythme de leur passades et de leurs coups de cœur.
En gros, l'écrivain Julien Thomas aime Tina après avoir été l'amant de sa mère. Hugo Fortis, autre écrivain mais reconnu celui-là, trope sa femme avec Aglaé, une riche et superbe africaine, dans un palace vénitien. Édouard de Verres, responsable d'une grosse association humanitaire, est fort tenté de tromper sa femme Diane avec Sandrine, avec une jeune stagiaire qui travaille à l'association.

 

         

 

Ces trois intrigues vont ensuite s'entrecroiser au gré des rencontres entre les différents personnages.
Un livre bâti sur une trame en ellipse, ce qui ne facilite pas toujours la lecture, qui dégage souvent un goût acide, entre amertume et nostalgie.

 

 

Voir aussi
* JM Rouart, Un amour empoisonné --

 

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26 juin 2019 3 26 /06 /juin /2019 21:58
Milan Kundera : les 90 ans du discret romancier

 

On le croise parfois en balade avec sa femme Véra à Paris dans le 6e arrondissement. "Discret" est le moins qu’on puisse dire puisqu’il refuse toute interview depuis une trentaine d’années. « Je suis né un 1er avril, rappelait-il avec un brin d’ironie, ce n'est pas sans impact sur le plan métaphysique ».

 

Tchèque, Français depuis 1981,  celui qui vient d’avoir 90 ans a peint d’une façon très sarcastique la condition humaine, n’a jamais obtenu le prix Nobel, malgré qu’on la présentât à plusieurs reprises comme l’un des favoris. Mais il est aussi un des rares auteurs à avoir été publié de son vivant dans La Pléiade en 2011. 90 ans, lui qui faisait dire à l’un des ses personnages dans La fête de l’insignifiance qu’il fallait se méfier des chiffres qui renvoient à « la honte de vieillir. »

 

              

Il dut aussi faire face à une campagne l’accusant d’avoir dénoncé un homme à l’poque stalinienne, ce qui l’avait beaucoup affecté. Il eut aussi à faire face à des critiques qui pensaient que les œuvres de sa "période française" étaient moins bonnes que celles de sa "période tchèque". 

Sa critique du bilan des illusions politiques de la génération du "coup de Prague" qui, en 1948, facilita la prise de pouvoir par les communistes et le choc de l’invasion soviétique de 1968, provoquèrent une rupture et son exil en France.


  Milan Kundera avec son épouse en 1973

 

Le français comme langue d'écriture 

Mis à l'index dans son pays après le Printemps de Prague, Kundera s'exile en France avec sa femme Vera en 1975. Naturalisé français en 1981, il choisira dès lors le français comme langue d'écriture pour marquer sa rupture avec la Tchéquie qui l’a déchu de sa nationalité en 1978.

En France, il publie "La valse aux adieux", "Le livre du rire et de l'oubli" et en 1984 son roman le plus connu, "L'insoutenable légèreté de l'être", à la fois roman d'amour et ode à la liberté, tout aussi grave que désinvolte, sur les aléas de la condition humaine. Il sera adapté au cinéma en 1988 par Philip Kaufman, avec Juliette Binoche et Daniel Day Lewis.

 

     

 

Le roman comme objet d’étude

Kundera a publié plusieurs essais dont en 1986 "L'art du roman" où il avançait cette idée : « En entrant dans le corps du roman, la méditation change d'essence. En dehors du roman, on se trouve dans le domaine des affirmations, tout le monde est sûr de sa parole: un politicien, un philosophe, un concierge... Dans le territoire du roman, on n'affirme pas : c'est le territoire du jeu et des hypothèses ».

Dans son dernier récit "La fête de l'insignifiance", à travers l'un de ses personnages, il continue sa réflexion sur cette humour qu’il définit d’abord comme le refus du sérieux : « Nous avons compris depuis longtemps qu'il n'était plus possible de renverser ce monde, ni de le remodeler, ni d'arrêter sa malheureuse course en avant. Il n'y avait qu'une seule résistance possible : ne pas le prendre au sérieux. »

 

                

 

Continuité et rupture

Avec La Lenteur et L’identité, L’ignorance clôt ce qu’on a appelé « la trilogie française. » Outre le fait que Kundera les a écrites directement en français, elles ont surtout une structure différente de ses œuvres précédentes. Délaissant la construction longue et charpentées, il passe à des romans plus courts, plus denses divisés en chapitres courts et nombreux.

Paradoxalement, son style reste identique, le changement de langue ne changeant pas sa façon d’écrire, directe, cursive, sans fioritures avec une grande économie dans ses descriptions, aussi bien ses personnages que leur environnement, « la même rythmique, la même fluidité du débit narratif » précise dans la postface à L’ignorance, François Ricard.

 

On peut constater aussi la permanence de ses grands thèmes qui reviennent d’un roman à l’autre, marquant la cohésion er la continuité de son œuvre. Par exemple, L’ignorance fait écho à La valse aux adieux ou Le livre du rire et de l’oubli centrés déjà sur l’émigration, le Ludvik de La plaisanterie revenait lui aussi dans sa ville natale après un long "exil".

 

La nouveauté dans l’œuvre de Kundera réside surtout dans sa volonté de densifier son récit tout en recherchant une grande économie de mots, « la mise au point d’une forme romanesque capable de contenir dans un minimum d’espace textuel une variété et une densités dramatiques et sémantiques maximales. » [1]

 

Le foisonnement des situations s’exprime à travers un parcours parfaitement cohérent entre le destin croisé des différents personnages qui compose une espèce de symphonie, un grande fresque sur le substrat de la condition humaine.
Tout ceci éclairé par des réflexions sur l’histoire de la Tchécoslovaquie, l’exil d’Ulysse et la nostalgie, Schönberg et la fin de la musique ou sur la langue maternelle.
Innovation essentielle qui « réduit le temps de lecture sans réduire en rien l’abondance et la diversité de la matière romanesque. » [1]



Milan Kundera, les grandes dates :

1er avril 1929 : naissance à Brno (actuelle République tchèque) 
1948 : entre au Parti communiste dont il est exclu deux ans plus tard. Réintégré en 1958.
1953 : premier recueil de poèmes "L'homme, un vaste jardin"
1967 : parution de "La Plaisanterie"
1970 : perd son poste d'enseignant après l'écrasement du Printemps de Prague. Ses livres sont interdits dans les librairies et les bibliothèques, lui est interdit de publication.
1975 : exil en France. Naturalisé français en 1981, avec le soutien du président Mitterrand.
1979: "Le livre du rire et de l'oubli". Déchu de sa nationalité.
1984: "L'insoutenable légèreté de l'être", son roman le plus connu.
1995: "La Lenteur" (premier de plusieurs romans écrits directement en français).
2011: publication de son œuvre en deux volumes dans la collection de la Pléiade.

Notes et références
[1] Voir François Ricard dans la postface à L’ignorance

 

Voir aussi
* Jean-Dominique Brierre, Milan Kundera, une vie d'écrivain, éditions de L'archipel --
* Mes fiches sur Milan Kundera --
* Autres oeuvres : L'Immortalité -- Sa trilogie "tchèque" :  La plaisanterie -- La vie est ailleurs -- La valse aux adieux --

 

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