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10 mars 2013 7 10 /03 /mars /2013 16:16
William Wordsworth, poète romantique anglais

 

Le vendredi 25 mai 2012 par Christian Broussas.*

 

William Wordsworth naît le 7 avril 1770 à Cockermouth dans l'ancien comté de Cumberland (aujourd'hui comté de Cumbria). Sa poésie inaugure, avec celle de son ami le poète Samuel Taylor Coleridge, le romantisme dans la littérature anglaise, avec la parution de son recueil Lyrical Ballads en 1798 et plus tard avec son œuvre maîtresse Le Prélude, poème autobiographique centré sur ses jeunes années. Il sera toujours très lié à sa sœur, la poétesse Dorothy Wordsworth.

C'est en 1764 que John Wordsworth, son père, fut muté à Cockermouth et emménage dans une magnifique "maison géorgienne" appelée maintenant "Wordsworth House". Elle a été sauvée de la démolition en 1938, inscrite au National Trust et ouverte au public l'année suivante comme "mémorial de Worsdworth". Plus récemment en 2033-2004, elle a été entièrement réhabilitée dans son style du 18ème siècle. [1] 

 

Dove Cottage situé à Grasmere abrita William Wordsworth et de sa sœur Dorothy de 1799 à 1808, où il écrivit nombre de ses poèmes et où sa sœur tint son journal. En 1802 Wordsworth épousa Mary Hutchinson où naquirent leurs trois premiers enfants. Ils y recevaient souvent leurs amis, en particulier Walter Scott, Charles et Mary Lamb et Samuel Taylor Coleridge, l'ami intime. Dove Cottage est construit avec la pierre locale, des murs extérieurs blanchis à la chaux pour éviter l'humidité, un toit d'ardoises et des cheminées avec un dispositif anti-fumée. La maison fut préservée en 1891 par son inscription au "Wordsworth Trust" puis on créa en 1981 un musée et une bibliothèque consacrée au romantisme anglais.

 

Rydal Mount, dans le superbe site de Lake District, surplombant le lac Windermere et la rivière Rydal, fut sa dernière demeure qu'il occupa de 1813 à 1850. Cette demeure est d'autant plus intéressante qu'elle est toujours habitée par ses descendants et qu'elle a ainsi gardé son atmosphère initiale. On peut visiter la salle à manger située dans la partie de l'époque Tudor (1574) offrant un grand contraste avec les pièces rajoutées en 1750, ainsi que les chambres des parents, des enfants et son bureau aménagé dans le grenier.

A la mort de sa fille Dora en 1847, William et sa femme Mary plantèrent des milliers de jonquilles dans un champ appelé depuis le "Dora's Field" où les jacinthes succèdent aux jonquilles.
 

Références 

[1]  On peut y admirer la cuisine du 18ème siècle, les chambres d'enfants, le bureau de Wordsworth ainsi que le jardin et sa terrasse surplombant le fleuve Derwent où jouaient les enfants.

 

Repères bibliographiques

- "Ballades lyriques", suivies de Ode, pressentiments d’immortalité, éditions José Corti, 2012  

- "Le prélude et autres poèmes", éditions Gallimard, mai 2001, 289 pages, isbn 207032799X
- Poèmes de Wordsworth
-
William Wordsworth et ses 3 résidences principales : Cockermouth, Dove Cottage et Rydal Mount

 

Voir aussi

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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 14:12

Par les champs et par les grèves 

Par les champs et par les grèves, par Gustave Flaubert et son ami Maxime Du Camp, est un récit de voyage en Bretagne, publié en 1881.

Référence : Édition originale 1881,  Réédition Pocket, 2002, isbn 2-266-11220-1

 

tumb tumb La Bretagne entre champs et grèves

 

Gustave Flaubert et Maxime Du Camp

Gustave Flaubert et Maxime du Camp sont deux jeunes amis, une amitié qui durera toujours, à l’image de Frédéric Moreau et de Deslauriers dans "L’Éducation sentimentale". Ils décident d’aller visiter la Bretagne, long voyage d’agrément s’étalant sur environ quatre mois, et ils partent tous deux sac à dos la 1er mai 1847, changement de climat jugé salutaire pour Flaubert qui souffre des nerfs depuis sa grave crise de janvier 1844.

Nous connaissons bien leur périple, aussi bien par la relation qu’ils en ont faite dans leur récit "Par les champs et par les grèves" [1] que par les lettres que Flaubert envoya à sa maîtresse Louise Colet. [2] Après être passés par le Val de Loire, ils arrivent à Carnac où Flaubert est surpris par l’importance et le mystère de ces alignements, se perd en conjectures sur cette civilisation qui a hissé dans de gigantesques efforts de tels symboles. « Voici donc, écrit-il mi figue mi raisin, ce fameux champ de Carnac qui a fait écrire plus de sottises qu’il n’a de cailloux. » (p. 90) Il flâne aussi sur le bord de mer, prend des bains de soleil sur la plage, contemplant « le soleil s’abaissant sur la mer qui variait ses couleurs… »

Ils donnent leurs impressions sur les contrées qu'ils traversent et les gens qu'ils rencontrent, émaillées de quelques digressions, intéressante évocation d'un récit qui nous entraîne essentiellement en Bretagne, but ultime du voyage, mais aussi en Touraine et dans l'Anjou.

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En route vers Saint-Malo

Ils remontent vers la presqu’île de Quiberon, « à gauche les îles d’Houat et d’Hoedic bombant sur la surface du pâle azur leurs masses d’un vert-noir, Belle-Île grandissant les pans à pic de ses rochers couronnés d’herbe et la citadelle dont la muraille plonge dans la mer… » Belle-Île qui l’impressionne par « la roche s’ouvrant dans toute sa grandeur montait subitement ses deux pans presque droits que rayaient des couches de silex et où avaient poussé de petits bouquets jaunes. »

 Voyage culturel aussi bien sûr : ils visitent la Vénus de Quinipily, statut de granit, femme dénudée « posant une main sur sa poitrine. » (p. 127) Les deux amis se rendent ensuite en Cornouaille, Quimperlé très agréable mais sans cachet, le grand marché de Rosporden, Quimper « le centre de la vraie Bretagne. » (p. 130 et 139) Quimper ville étape offre sa « belle promenade d’ormeaux le long de la rivière. » C’est la fête avec les rues tendues de drap de calicot, les cloches qui sonnent à toute volée, des pétales de roses et des juliennes semés sur les pavés ; un dimanche de fête avec une belle procession.

 Dans le sud du Finistère, ils trouvent une pluie tenace qui leur gâche la visite de Concarneau avec ses hautes murailles et « ses mâchicoulis encore intacts comme au temps de la reine Anne. » Ils traversent la forêt de Fouesnant sous une pluie battante et arrivent à Pont-L’abbé fort trempés. Flaubert est conquis par les nombreuses petites églises bretonnes fort pauvres mais ô combien émouvantes, par la ferveur religieuses de ses habitants, de ces églises « semble se concentrer toute la tendresse religieuse de la Bretagne. » Cette ferveur l’amène à cette réflexion : « L’ascétisme n’est-il pas un épicurisme supérieur, le jeûne une gourmandise raffinée ? »

 Le beau temps finit par revenir. De Crozon à Landévennec, « la campagne est découverte… une mousse rousse s’étend à perte de vue sur un sol plat avec parfois quelques champs de blé. » Á l’évidence, le paysage de cette région ne lui plaît guère. Après les étendues de landes, ils longent la crête d’un promontoire « qui domine la mer… se répandant du côté de Brest, tandis que de l’autre, elle avance ses sinuosités dans la terre qu’elle découpe, entre des coteaux escarpés, couverts de bois taillis. (p. 172)

Flaubert admira la côte sauvage

Brest et son port ne l’enthousiasment guère, même la mer lui semble assujettie à l’activité industrieuse des hommes. Le reste est à l’avenant, un théâtre désaffecté, « des églises déplorables, une place d’armes carrée »… seule éclaircie,  l’esplanade des derniers remparts, sa vue grandiose sur la rade et le large.

 « En s’écartant du littoral et en remontant vers la Manche, la contrée change d’aspect, elle devient moins rude »quand on entre dans le pays de Léon, plus fertile. « Saint-Malo, bâti sur la mer et clos de remparts semble une couronne de pierres posée sur les flots dont les mâchicoulis sont les fleurons. » Manifestement, il aime la ville et ses alentours, ira se recueillir sur la tombe de Chateaubriand sur l’île du Grand-Bé.

 Avant de quitter Saint-Malo, les deux amis font un crochet par Cancale, « aligné sur un quai de pierres sèches », où ils mangent des huitres et jouent aux touristes, faisant, note Flaubert, « chauffer ma guenille au soleil à faire le lézard... le corps inerte, engourdi, inanimé… » Par Dol et Pontorson, ils prennent la route du Mont-Saint-Michel qui se détache au loin sur son éperon rocheux. Il reste sans voix, plein d’admiration devant « la muraille de la Merveille avec ses tente-six contreforts géants […] Entre deux fines tourelles, la porte d’entrée du château s’ouvre par un voûte longue où un escalier de granit s’engouffre.» (p. 237)

 Á l’époque, le lieu n’est pas encore un centre touristique connu, Flaubert découvre un atelier de tissage dans la salle des Chevaliers et la nef de l’église sert alors de réfectoire aux prisonniers car le Mont reçoit encore de prison avec des cachots redoutés et inexpugnables. (détails p. 237-238)

Saint-Guénolé

De Combourg à Rennes

Leur périple breton continue par une visite-pèlerinage à Combourg dont l’enfance de Chateaubriand a été bercée. Ils trouvent le château en piteux état, aucune réfection n’ayant été entreprise depuis fort longtemps. Combourg : « Quatre grosses tours rejointes par des courtines… des meurtrières dans les tours, sur le corps du château de petites fenêtres irrégulièrement percées font des baies noires inégales sur la couleur grise des pierres. » Un large perron dessert un étage devenu rez-de-chaussée devant le comblement des douves.

C’est le tableau général qu’en dresse Flaubert quand il arrive au pied de l’édifice. Il est déçu par la vétusté des lieux et impressionné de retrouver l’intimité du jeune Chateaubriand : « Rien ne résonnait dans la salle déserte où jadis à cette heure, s’asseyait sur le bord de ces fenêtres, l’enfant que fut "René". Le second étage est à l’abandon. Il entre dans une petite pièce avec émotion : « C’était là sa chambre. Elle avue vers l’ouest, du côté des soleils couchants. […] Assis sur l’herbe, au pied d’un chêne, nous lisions "René". »

Le soir, ils flânent le long du lac, toujours sur les traces de Chateaubriand. Devant la fenêtre ouverte de sa chambre, il pense à cet homme « qui a commencé là et qui a rempli un demi-siècle du tapage de sa douleur. » (p. 244 à 249) Ils partirent fort tristes de Combourg pour aller découvrir Rennes. Déambulant le long de la Vilaine, ils assistent à un spectacle donné par une troupe locale. La fin du voyage approchait : « Bientôt allait finir cette fantaisie vagabonde que nous menions… le retour aussi a ses tristesses anticipées qui vous envoie par avance la fade exhalaison de la vie qu’on traîne. »

Pont-Croix

Pont-Croix où ils passent en 1847 et où ils sont contrôlés par les gendarmes

Conclusion

Pour Flaubert, ce voyage a été "une fort jolie excursion". Sacs au dos et souliers ferrés, ils ont fait tous deux 160 lieues dans des conditions parfois difficiles. Il est très satisfait de son expédition, impressionné par la mer, « le grand air, les champs, la liberté, j’entends la vraie liberté, celle qui consiste à dire ce qu’on veut, à penser tout haut à deux, et à marcher à l’aventure en laissant derrière vous le temps passer sans plus s’en soucier que de la fumée de votre pipe qui s’envole. »

En fait, il est désolé qu'il arrive à son terme son équipée à travers la Bretagne commencée un matin de mai 1847, deux écrivains à l'aube de leur carrière partant à l'aventure dans une région alors assez sauvage, loin de la 'civilisation', loin du tapage du monde, un peu comme Bouvard et Pécuchet, pour écrire aussi ce livre à 'quatre mains', Flaubert se chargeant des chapitres impairs et Du Camp des autres.

Notes et références

[1] Gustave Flaubert, "Par les champs et par les grèves", édition de poche Pocket n° 11574, 2002

[2] « J’ai fini le dernier chapitre de "La Bretagne" écrit Flaubert à Louise Colet courant septembre1847

Bibliographie

* Gustave Flaubert, "Correspondance", choix et présentation de Bernard Masson, Folio classique, Gallimard, 1988

* Claude Mouchard et Jacques Neefs, "Flaubert, une vie, une œuvre, une époque", éditions Balland, 1986

* Herbert Lottmann, "Flaubert", éditions Fayard, 1989, réédition collection Pluriel 

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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 10:11

Référence : Claude Roy, Nous, éditions Gallimard/Folio, 1972, tome II de son cycle autobiographique

 

Vivre un grand amour aide à conjurer la morosité, Claude Roy rejoint ce rêve, concilier l'idéal et le réel, quand un jour terne de décembre 1940 il rencontre Claire Vervin dans le Vichy de l'Occupation. Lune de miel avecc ette femme qu'il aime et dont il apprend qu'elle est juive au moment où sont promulguées les lois anti-juives. « L'irruption de la tragédie politique dans l'enclos de l'alcôve.» (P 36)

 

Amour entre parenthèses, il est à la préfecture de police de Paris en août 1944 et chante La Marseillaise sur le parvis de Notre-Dame. Sa trajectoire communiste louvoie entre la défense de l'expérience soviétique contre le cynisme du libéralisme occidental et le sectarisme du Parti Communiste, les purges, les procès truqués, toutes ces couleuvres à avaler et défendre malgré tout, croire envers et contre tout. « Je ne voulais pas encore me rendre à l'évidence : il me semblait que ce serait me rendre à l'ennemi » écrit-il en guise de conclusion. (p 135) Mais entre le déçus, ceux qui s'éloignent doucement mais sûrement et les exclus, il ne restera pas grand monde de ses amis.

 

Ses amours de guerre avec Claire sont des amours de fugitifs, de garnis en hôtels meublés. Ils vécurent à Marseille “en phalanstère“ rue des Bons-Enfants [1] avec Albert Ollivier, Olivier Messiaen et quelques autres. A Nice, ce fut une maison pleine d'icônes louée à des russes blancs, à Antibes sur les remparts puis de nouveau Paris avenue Reille à Denfert-Rochereau près du réservoir de Montsouris.


Rue de la Chapelle
La rue de la Chapelle

 

Ils rejoignaient souvent chez eux Nusch et Paul Eluard  au 35 rue de la Chapelle dans une grande bâtisse sale et décrépite. Petit appartement peint en beige et gris, moulures 'belle époque' au plafond et cheminée de marbre, des tableaux et ds livres un peu partout. Un grand portrait de Nusch aux seins nus par l'ami Picasso et beaucoup d'autres tableaux, un vrai musée en désordre avec Max Ernst, Fernand Léger, Villon, De Chirico... et d'autres Picasso. Des sculpteurs aussi où domine un buste d'Eluard par fenellosa, entouré de statues océaniennes, africaines et de vases péruviens.


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                                                          Nusch Eluard (1906-1946)

 

« J'ai retrouvé plus tard une atmosphère très proche dans l'atelier d'André Breton au 42 de la rue Fontaine » note Claude Roy. Ils s'entouraient de ce qu'ils aimaient, « leur coquille était à leur image. » Pour Eluard, la guerre était le mal absolu, celui contre lequel il fallait lutter en priorité, l'absolu passif du capitalisme. Discutaqnt un jour avec Max Ernst, Eluard s'aperçut qu'en 1917 ils étaient proches l'un de l'autre, chacun dans sa tranchée.


Avec Elsa, Breton, Éluard et Nusch   Elsa, Breton, Eluard et Nusch 

 

[1] La rue des Bons-Enfants a inspiré un roman éponyme à patrick Cauvin, qui a reçu le prix des libraires en 1990

 

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