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4 juin 2021 5 04 /06 /juin /2021 20:06

Référence : Tatiana de Rosnay, Célestine du Bac, éditions Robert Laffont, 336 pages, mai 2021

 

Une bouleversante amitié

 

       



« Un livre rescapé  » selon Tatiana de Rosnay elle-même. Elle s'en explique en précisant  : « Ce roman, je l’ai écrit en 1990. J’avais rangé le manuscrit dans un carton, puis l’avais oublié. Jusqu’au jour où, à l’occasion d’un déménagement, nous nous sommes retrouvés, lui et moi. Je l’ai relu avec émotion et il m’a semblé qu’il avait aujourd’hui une résonance particulière. Il est là, entre vos mains. »

Deux êtres que tout sépare, qui n'auraient jamais dû se rencontrer. Et Pourtant... Martin Dujeu a dix-huit ans, né dans une famille aisée, un rêveur solitaire. Célestine du Bac est une paumée, sans âge, sans domicile, qui a connu les épreuves de la vie.

 

              



Et pourtant, ils vont vivre un jour à Paris rue du Bac, une rencontre décisive. Naît entre eux une belle amitié, une extraordinaire amitié qui va changer le cours de leur vie et les marquer à jamais.
Il y a bien un mystère dans cet échange qui, comme on dirait aujourd'hui, ressemble si bien à une relation gagnant-gagnant.

 

Martin a deux passion, un beagle nommé Germinal et l’œuvre d’Émile Zola. C'est un grand maigre et myope, mal dans sa peau, qui parle peu, en échec scolaire, en froid avec un père avocat. Il a perdu sa mère Kerstin à l'âge de deux ans dans un mystérieux accident d’avion et ne s'en est jamais vraiment remis. Avec son père, c'est le silence, un silence lourd du passé et des mots qui ne viennent pas, même s'ils s'aiment sans en être vraiment conscients.

 

   

 

C’est en promenant son chien dans cette rue du XVe arrondissement que Martin va croiser Célestine qui vit sous un porche. Rien n'aurait dû les rapprocher, sauf l'écriture à laquelle tous deux vouent une passion, se découvrant peu à peu, apprenant à s'apprivoiser. Lui se pose les questions incontournables, qui est-elle, quelle est sa vie d'avant et ce qui fait qu'elle a aboutit là, sous ce porche ? Mais est-ce vraiment important ?

 

Ce qui les rapproche, c'est apparemment leur goût pour l'écriture, Célestine écrit un Journal intime que Martin brûle de le lire et tente aussi d'écrire à la manière d'Émile Zola, son auteur fétiche. Mais c'est sans doute cette phrase qui les caractérise le mieux : « Je vous aime d'un amour sincère et respectueux comme l'amour d'un enfant pour un parent et moi je t'aime comme si je t'avais tricoté, j't'aime comme si je t'avais porté dans mon ventre. »

Un hiver très rigoureux que Célestine supporte mal et c'est l'hôpital où elle sera reconnaissante à Martin de sa générosité et sa fidèle amitié, lui demandant de lui confier ses trois les plus chers.

 

               

 

Voir aussi
Tatiana de Rosnay, Célestine du Bac, A l'encre russe, Les fleurs de l'ombre -
Delphine de Vigan, Les gratitudes - Les loyautés - Les heures souterraines -
   D'après une histoire vraie - Les enfants sont rois -

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<< Ch. Broussas, Célestine/De Rosnay 04/06/2021 © • cjb • © >>
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10 mai 2021 1 10 /05 /mai /2021 14:56

Du fait divers à la fresque sociale

 

Référence : Florence Aubenas, L’inconnu de la poste, Éditions de l’Olivier, février 2021

 

Florence Aubenas l’appelle  « le routard immobile, » n’aimant pas trop s’éloigner de son territoire, même s’il se balade parfois  pour les besoins de son métier (épisodique) d’acteur ou pour rendre visite à Corinne son ex qui habite à Rochefort. Ce Thomassin est un enfant de la DDASS que le cinéma ne parviendra pas à sauver, qui connaîtra un parcours chaotique de marginal entre drogue, alcool et RSA, avec ses deux copains de débine Tintin et Rambouille, « on était les Dalton » diraTintin, et ferait un excellent gibier de potence. Un homme « attachant et décourageant » comme le décrit le cinéaste Jacques Doillon, qui l'a bien connu.

 

                   

 

Ce livre n’est pas la biographie de Gérald Thomassin, précise-t-telle, même s’il y joue le rôle principal, c’est l’histoire d’un meurtre à Montréal-La Cluse, village du nord de l’Ain, entre Oyonnax et le lac de Nantua,  la capitale historique du Haut-Bugey, dans ce qu’on a appelé "la vallée du plastique", en crise depuis plusieurs années.
Elle lui a rendu visite à sa sortie de prison et rapidement se prit au jeu.

C'est l'histoire d'une famille, un mari e qui va fuir ce drame avec leur fillette, son père, un notable dont l'univers s'est écroulé, animé par la vengeance, persuadé de la culpabilité de Thomassin.

 

C’est aussi l’histoire de ces villageois qui sont passés de l’agriculture à l’industrie du plastique,  de la bande de copines de Catherine Burgod, les deux potes de Thomassin qui traînaient avec lui, pris entre alcool et drogue, les derniers fermiers du village vivant tous les trois, retirés sur leurs terres avant de tout laisser tomber.

 

"L’Affaire", c'est le meurtre mystérieux de Catherine Burgod, tuée de vingt-huit coups de couteau dans le bureau de poste où elle travaillait. Florence Aubenas a mis sept ans pour reconstituer l’écheveau de ce fait divers, le climat d’un village de montagne où tout le monde se connaît, bouleversé par cette incroyable nouvelle : le meurtre d’une fille et femme de notables qui avait comme on dit, tout pour être heureuse et finit victime d’un crime que rien n’explique.

 

                   

 

L’enquête, malgré des investigations poussées, patine. Les enquêteurs n’ont guère de sérieux qu’une empreinte ADN qui ne "matche" pas comme ils disent, malgré les nombreux tests réalisés.   Même les "cadors" venus de Lyon se révèlent impuissants à élucider cette affaire. Les pistes classiques des proches et de la famille n’ont rien donné et il ne reste guère que les trois marginaux.

 

Tout oppose Catherine Burgod la victime et Gérald Thomassin le présumé coupable. Catherine est la petite fille gâtée qui malgré les apparences, ne trouve pas dans sa vie ce qu’elle y cherche obscurément et aboutira à deux tentatives de suicide. Gérald a toujours été traumatisé par ce père absent et cette mère qui ne lui a jamais rien apporté de bon. Ses succès au cinéma n’y ont rien fait, il porte en lui une fêlure où la réalité du quotidien n’a pas sa place. Ce sont ces blessures secrètes que la vie leur a infligées qui relient ces deux êtres.

 

Florence Aubenas nous entraîne dans un de ces univers dont elle a le secret dans une bouffée d'humanité et un climat délétère de crime, préférant s'intéresser aux êtres plutôt qu'au déroulement de l'enquête.
Reste ces deux questions essentielles : le comptable arrêté grâce à son ADN est-il réellement coupable, qu'est devenu Gérald Thomassin, disparu juste avant l'ultime confrontation et jamais réapparu depuis ?

 

Voir aussi ma fiche
Florence Aubenas, Le quai de Ouistreham --
Joseph Ponthus, A la ligne, Feuillets d’usine --

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<< Ch. Broussas, Aubenas Poste 24/04/2021 © • cjb • © >
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27 avril 2021 2 27 /04 /avril /2021 15:30

Référence : Delphine de Vigan, Les enfants sont rois, éditions Gallimard, Collection Blanche, mars 2021

 

         
                              Delphine de Vigan et son compagnon François Busnel

 

Pour concevoir ses romans, Delphine de Vigan s’inspire d’épisodes de sa vie. Elle a ainsi évoqué son anorexie dans Jours de faim, les tendances suicidaires et les troubles maniaco-dépressifs de sa mère dans Rien ne s’oppose à la nuit, sa peur de la page blanche dans D’après une histoire vraie.

Elle a le souci de créer des personnages attachants confrontés à des problèmes de société comme le harcèlement moral au travail dans Les Heures souterraines, ou encore l’alcoolisme chez les jeunes dans son roman Les Loyautés.

 

                 

 

Comme souvent, Delphine de Vigan traite dans son dernier roman des problèmes inhérents à notre société avec des réseaux sociaux omniprésents, des mentalités mercantiles qui hypothèques le collectif, un monde des apparences.

Elle raconte l’histoire de deux femmes, Mélanie Claux et Clara Roussel, au destin contrasté. Leur première rencontre n’augurait rien de bon, Mélanie s’étonnant de la petite taille de Clara qui cachait cependant son autorité et Clara remarqua l’aspect apprêté de Mélanie qui lui faisait penser à une poupée.

 

                   

 

Mélanie Claux est obnubilée par l'idée de devenir célèbre. Jusque-là, elle n'a pas réussi : son unique participation à une émission de tété-réalité s'est mal passée. Elle a reporté ses espoirs sur ses enfants Sammy et Kimmy en organisant sur You Tube une chaîne nommée Happy Récré et c'est une réussite.
Ils sont suivis par des millions d'abonnés, qui commentent la moindre événement qui puisse célébrer les avantages du consumérisme.

Clara Roussel a un tout autre profil. Marquée par la mort brutale de ses parents et sa solitude, elle est embauchée par la Brigade criminelle comme "procédurière", collationnant les indices des scènes de crime puis résumant dans un compte-rendu les résultats de ses investigations.

 

         

 

Elles vont se rencontrer à l'occasion de la disparition de Kimmy, la fille de Mélanie âgée de sept ans pendant un jeu en bas de chez elle. Disparition inexpliquée que l'enquête qui suit tente d'élucider en pénétrant le monde des influenceurs.

 




Elle peut évaluer à cette occasion la perversité d'Happy Récré qui fait de ses deux enfants des rois avant d'en faire des victime.

Le lecteur est plongé dans cette société qui en 2010 débute pendant "les années loft" pour s'achever en 2031, une société où fleurissent les réseaux sociaux, marquée par l'individualisme et par la certitude que tout peut s'acheter.

Mes fiches sur Delphine de Vigan
* Les Gratitudes 2019- Les Loyautés 2018- Les heures souterraines --
* D'après une histoire vraie :
Prix Goncourt des lycéens et Prix Renaudot 2015, adaptation ciné en 2017 de Roman Polanski --

 

                 

 

Voir aussi
* No et moi, prix des libraires 2008 et Prix Rotary international 2009, adaptation ciné en 2010 de Zabou Breitman --
Rien ne s’oppose à la nuit , Prix du roman FNAC, Prix des lectrices Elle, Prix du roman France Télé et Prix Renaudot des lycéens 2011 --

<< Christian Broussas – Enfants rois - 03/03/2021 <><> © • cjb • © >>

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27 avril 2021 2 27 /04 /avril /2021 15:06

Françoise Chandernagor sur les traces d'une autre Cléopâtre

Référence : Françoise Chandernagor, L’homme de Césarée, Édition Albin Michel, 2021

 

                   

 

Si elle est surtout connue pour son roman historique consacré à madame de Maintenon, L’allée du roi dont on a tiré un film fort réussi avec Dominique Blanc, elle s’est penchée depuis plusieurs années sur le destin de la princesse Séléné, fille de Cléopâtre et de Marc-Antoine, dont elle vient de publier le troisième tome.

À travers le bassin méditerranéen, elle suit le destin de cette princesse d’Alexandrie à Rome, dans une famille issue de l’empereur Auguste. Dans cette société à la fois opulente et décadente, elle est à son aise pour décrire ces élites dignes d’un péplum à grand spectacle.

Dans ce troisième tome, Séléné va échapper à la touffeur de la famille impériale pour épouser Juba, le roi de Maurétanie, prince attachant qui exerce son pouvoir entre Césarée et Volubilis sur une région qui regroupe l’Algérie et le Maroc actuels.

 

                   

 

C’est d’abord un mariage politique décidé par Auguste Octave, le Prince. Rome voudrait bien placer sous sa tutelle cette riche contrée en mariant à la dernière descendante des Ptolémés, le jeune roi Juba II qu’on dit fin lettré, écrivain, botaniste et même explorateur.

Il fait bon vivre à Césarée, sa capitale, au bord de la Méditerranée et Césarée est enchantée de ce mari qui semble-t-il, a toutes les qualités. Elle est bien tombée et est heureuse avec ce descendant de Massinissa et profite de sa situation pour faire de beaux séjours à Rome et retrouver la famille impériale, toujours aussi extravagante et dangereuse.
Pendant ce temps, son mari s’attelle à réaffirmer son pouvoir sur les ruines de Carthage, avec temples, théâtres, remparts et jardins.

 

         
Sites historiques de Volubilis et de Césarée (mausolée royal)

 

Tout en écrivant un roman historique, Françoise Chandernagor ne sacrifie nullement à la réalité historique, compulsant avec une grande rigueur les archives pour donner de ces temps une couleur conforme à la réalité, précisant elle-même : « Pour ne pas violer l'histoire, je fais toujours attention à ne pas choisir des personnages de premier plan. »

Cléopâtre Séléné est une reine oubliée qui  accompagne François Chandernagor depuis déjà un bon moment, racontant son enfance, son adolescence, son destin dans les deux tomes précédents, intitulés "Les Enfants d'Alexandrie", et "Les Dames de Rome".

Les personnages historiques, on ne les connaît guère, uniquement par les historiens antiques qui ne font que les mentionner à l’occasion d’un événement familial ou d’une guerre. Ce qu’on sait, c’est que leur famille a été très malmenée par les Romains, qu’ils ont même à un moment servi d’otages. Elle rêve de venger ses parents qui ont été assassinés. Ils vont s’efforcer de créer l’un des royaumes les plus prospères de Méditerranée, lieu important de culture hellénistique, d’architecture comme le temple d’Isis à Césarée et économique avec par exemple l'exploitation et le commerce lucratif du murex, un coquillage dont on extrayait la pourpre.

 

     
                                                                      Denier à l'effigie de Juba II

Françoise Chandernagor a un talent particulier, non seulement pour s’approprier l’histoire de cette époque mais aussi pour faire revivre ce que pouvait être les mentalités et les modes de vie de ces temps anciens.  

Voir aussi
* Jude, frère de Jésus --

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<< Christian Broussas, Chandernagor, Séléné 8/04/2021 © • cjb • © >>
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18 novembre 2020 3 18 /11 /novembre /2020 21:40

Agota Kristof (1935-2011) fait partie de cette génération qui eut un destin mouvementé et pas très enviable comme ces autres écrivains d’Europe centrale, l’écrivaine germano-roumaine  Herta Müller ou son compatriote Imre Kertész  l’auteur d’Être sans destin.

 

         

 

On le voit très bien à travers deux réactions qui ont marqué sa vie : son refus d’écrire dans sa langue maternelle le hongrois et à la fin de sa vie, un total rejet de l’écriture la poussant même à détruire son Journal qui lui rappelait trop de souvenirs douloureux qu'elle se refusait à partager.

Son traumatisme est lié à cette perte d’identité qu’elle a ressenti toute petite en entendant parler allemand dans son pays puis après la guerre en entendant parler russe. Elle s’était sentie dépossédée de sa langue maternelle, étrangère à elle-même, incapable d’écrire désormais en hongrois.

 

       

 

Quand elle choisit l’exil en 1956 avec son premier mari et son bébé, après un périple éprouvant qui les mena jusqu’à Neuchâtel en Suisse, elle décida d’écrire désormais en français, malgré les difficultés d’approche d’une langue qu’elle découvrit progressivement. Cette langue qu’elle appelait par ironie « ennemie » tant elle peina pour la dominer et  pour parvenir à réaliser une véritable œuvre littéraire. [1]

C'est cet itinéraire, ce lien étroit entre langue et identité qu'elle décrit dans son ouvrage autobiographique intitulé "L'analphabète" où elle s'aperçoit que parler de soi ne peut se faire que dans sa langue maternelle.

 

 

Elle avait sans doute toujours été tiraillée entre le hongrois et le français mais elle s’aperçut vers la fin de sa vie que le conflit d’identités en elle l’empêchait de dresser en français un autoportrait qui la satisfasse vraiment. Elle cessa alors d’écrire en français et voulut revenir à sa langue maternelle. Mais elle perdit le besoin d'écrire sans qu’elle sache l’expliquer. Pour finir, elle vendit  aux Archives littéraires suisses tous ses manuscrits, sa machine à écrire et son dictionnaire bilingue hongrois-français.

 

                   

 

Écrivaine éclectique, elle publie romans, nouvelles, poésies et pièces de théâtre mais elle est surtout connue pour sa trilogie des jumeaux, composée de Le Grand cahier, La Preuve et Le Troisième mensonge.

Le Grand cahier, c’est la vie misérable de jumeaux livrés à eux-mêmes dans un pays en guerre, qui devront trouver les moyens de leur propre survie. Leur grand cahier, c’est leur Journal qu’ils rédigent en notant leurs découvertes et leurs apprentissages. Ils rejettent toute morale et construisent eux-mêmes leurs propres valeurs.

 


Clous et autres poèmes   
Le Monstre, pièce mise en scène par Guillaume Malasné

 

Dans La preuve, Lucas désormais seul, a décidé de faire le bien, de devenir  un être social dans un pays soumis à la dictature. Mais est-ce possible, difficile de penser qu’il peut y avoir de la générosité sans crime dans une société de peur où l’on s’épie.

Dans Le Troisième mensonge, pour Claus l’autre jumeau, le mensonge est une technique de survie. La guerre et la dictature font désormais partie du passé. Et maintenant, c’est la liberté mais qui n’a pas forcément un air de vérité. Trois époques, trois mensonges, n’est-ce pas finalement la vie de Lucas et de Claus qui n’est qu’un mensonge ?

 

Notes et références
[1]
 Valérie Petitpierre, D'un exil l'autre : les détours de l'écriture dans la Trilogie romanesque d'Agosta Kristof, Carouge - Genève, Zoé, 2000

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<< Ch. Broussas, Agota Kristof 15/11/2020 © • cjb • © >>
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18 novembre 2020 3 18 /11 /novembre /2020 21:19

Référence : Alice Zéniter, L’art de perdre, éditions Flammarion, 500 pages, 2017

 

 
Alice Zéniter devant le temple de Lanleff (22)

 

Pour Naïma, l’Algérie n’a été pour elle qu’une carte de géographie qui n’évoquait pas grand chose dans son esprit. Jusque-là, elle n’a guère été confrontée à sa double culture, si ce n’est dans la société française, une tendance à une augmentation des comportements identitaires.

L’Algérie ? Un grand-père Ali, kabyle devenu harki , qu’elle n’a pas connu, Yema, sa grand-mère, peut-être, mais elle ne comprend pas la langue qu’elle parle, son père Hamid, n’en parlons pas, il reste obstinément muet sur l’Algérie de son enfance.

 

       



L’Algérie est donc pour elle « le pays du silence ». Aussi, elle va gratter, nous entraîner sur les pas des générations qui l’ont précédée,  entre la France et l'Algérie, coincées dans un passé qui leur colle à la peau. Naïma elle, même si elle renoue avec son passé familial, se veut d’abord une femme libre, libérée des contraintes de son environnement.

 

L'Algérie de la colonisation

Nous sommes en 1930, dans un petit village de Kabylie. Les trois frères Zekkar, Ali, Djamel et Hamza ont fait des jaloux, chez les Amrouche en particulier, depuis qu’ils ont bien réussi.

 

   Messali Hadj

 

Ali est bien intégré dans la société coloniale, fort de sa bravoure pendant la guerre, et ne veut entendre parler ni d’indépendance ni de désobéissance civile, contrairement à Youcef Tadjer, un voisin qui en tient pour le leader d’alors, Messali Hadj.

 

            


 
Mais la situation va rapidement se déliter après l'embuscade de Palestro en 1956, un engrenage attentats-répression dans cette guerre qui ne veut pas dire son nom. La guerre d’Algérie apparaît à travers les montagnes de la Haute Kabylie, vue par un Kabyle qui refuse la situation mais se trouve confronté à la violence. Ali se veut neutre dans un pays où il faut choisir son camp. Rejeté par les Algériens lors de l’indépendance, il n’a d’autre choix que de s’exiler comme un harki avec Hamid son fils aîné.

 

       

 

L'exil, un déchirement

En France, La famille est regroupée au Camp de Rivesaltes, près de Perpignan, aux conditions de vie très difficiles où elle passe l'hiver 1962, ce qu'on a appelé « la danse des perdants des guerres coloniales ».

Ensuite pendant 2 ans, ce sera un dur travail de bûcheron, ponctuée de remarques racistes puis à Flers dans l'Orne dans un immeuble Sonacotra et l'usine de tôlerie Luchaire. Ali se sent déraciné et trahi par la France, il en détruira ses médailles de résistant. Mais la vie continue et Hamid grandit, tiraillé lui aussi par sa double culture.

En 1969, ils visitent Paris, visite mitigée entre une altercation avec un restaurateur kabyle et la rencontre entre Hamid et Clarisse; paris où ls s'installent tous les deux, vivant de petits boulots. Le père et le fils se brouillent à propos du diktat du gouvernement algérien pour qu'ils cèdent leurs terres à ceux qui sont partis. Les jeunes mariés vivent chichement dans des conditions très difficiles mais ils revoient leurs parents et vont dans les années suivantes avoir quatre enfants prénommés Myriem, Pauline, Naïma et Aglaé.

 

      
                  Portraits de harkis

 

La génération suivante

On est en 2015, avec Naïma, l'une des filles d'Hamid, qui a 25 ans, à l'époque des attentats du Bataclan. Comme certains jeunes de sa génération, elle vit en colocation avec Sol et Romain et travaille dans une galerie d'art contemporain. Son responsable, organise justement une exposition des œuvres de l'artiste algérien Lalla, exilé pendant la guerre civile algérienne (1991-2002). Il demande alors à Naïma d'aller en Algérie pour ramener à Paris une partie de sa production. Ce sera l'occasion pour elle de se plonger dans l'histoire de l'Algérie et de sa famille, d'aller à la rencontre de ses origines, de combler les silences de son père Hamid, son grand-père Ali et sa grand-mère Yema.
C‘est aussi l’occasion pour elle de découvrir Alger, Tizi-Ouzou et le village familial, de renouer le fil rompu par la guerre et l'exil.

 

  Village de Kabylie

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18 novembre 2020 3 18 /11 /novembre /2020 21:09

 Marie-Thérèse, une mère moderne
Le conflit, la femme et la mère

 

Référence : Élisabeth Badinter, Les conflits d’une mère, c d’Autriche et ses enfants, éditions Flammarion, 272 pages, 2020

 

           

 

« L'éducation de mes enfants a toujours été mon plus cher objet. »

 

Historienne spécialiste du XVIIIe siècle et féministe engagée, Élisabeth Badinter s'interroge depuis quarante ans sur la maternité. Cette fois, elle s’intéresse dans Les Conflits d'une mère à l’impératrice Marie-Thérèse d’Autriche (1717-1780) qu’on présente souvent comme une femme moderne.

Il faut dire que l’impératrice dut mener de front la tâche écrasante de diriger l’Empire des Habsbourg tout en s’occupant de sa petite troupe constituée de seize enfants. Même si on enlève les trois morts en bas âge, il en reste encore treize à élever.
Il faut dire aussi que Marie-Thérèse tenait à tout faire elle-même, tenir l’Empire à bout de bras, sans déléguer le pouvoir à des conseillers et sans laisser ses enfants laissés à eux-mêmes.

 

           

 

Fille de l’empereur Charles VI, Marie-Thérèse  était «  fâchée d’être née femme ». Son père avait en vain espéré avoir un fils et dut se résoudre à modifier l’ordre de succession au trône en 1713 sans vraiment la préparer à son rôle. Beaucoup pensent alors qu'elle n'exercera guère de pouvoir réel mais ils vont être rapidement déçus. L'un d
’homme du siècle ».

 


Bustes de Marie-Thérèse et de son mari François

 

Sur le plan politique, l’Autriche et la maison des Habsbourg qui étaient ennemies depuis les guerres entre François 1er et Charles Quint, sont devenues des alliées à la faveur de ce qu’on a appelé le retournement des alliances en 1756. Pour resserrer les liens, ce rapprochement avait aussi prévu le mariage, préconisé par le duc de Choiseul, entre l’une des filles de Marie-Thérèse, la jeune Marie-Antoinette, et le dauphin Louis, futur Louis XVI.
Funeste alliance en vérité pour la France, qui perdit la guerre de Sept ans contre l’Angleterre et la Prusse et perdit toutes ses colonies en signant le traité de Paris en 1763. Mais ceci est une autre histoire.

 

           
Trois biographies de Marie-Thérèse d'Autriche

 

Élisabeth Badinter avait publié en 2016 Le Pouvoir au féminin  ce qu’on peut considérer comme le premier volet de cette biographie de l'impératrice Marie-Thérèse d'Autriche.  Le roi de Prusse Frédéric II, qui sera son plus grand ennemi, disait d’elle : « Le désir de dominer ne la quittera que quand elle ne sera plus. » Sur le plan politique, on lui reconnaît beaucoup d’entregent en matière diplomatique. Sur le plan domestique, elle ne connut qu’un grand amour pour un mari pourtant volage.

 

   
Marie-Thérèse par Martin van Meytens et par Jean-Etienne Liotard
Marie-Thérèse dans sa jeunesse en 1727

 

D’après ce qu’on sait, Marie-Thérèse fut ce qu’on peut appeler une excellente mère, participant à l’éducation de ses enfants, ayant le souci de les caser dans toutes les cours d’Europe.
Parce que ça peut aussi s’inscrire dans sa politique d’alliances. On peut joindre l’utile à l’agréable, n’est-ce pas ?

 

     
Affiche du téléfilm en 4 parties sur l’impératrice Marie-Thérèse

 

Élisabeth Badinter s’est basée sur des documents inédits et brosse un portrait de l’impératrice assez contrasté, montrant une femme complexe, qui peut être avec ses enfants capable d’une grande tendresse et d’une grande dureté, une femme écartelée entre ses devoirs maternels et la raison d’État.

 


L’impératrice Marie-Thérèse en famille

 

Voir aussi
* Robert Badinter, Idiss et Les épines et les roses--

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<< Ch. Broussas, Granger, Marie-Thérèse 18/11/2020 © • cjb • © >>
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10 novembre 2020 2 10 /11 /novembre /2020 21:09

Référence : Amélie Notomb, Les Aérostats, éditions Albin Michel, octobre 2020

 

« C'était la première fois de ma vie que je lisais, dans le regard de quelqu'un, combien j'étais nécessaire. »

 

 

Où il est question dans ce roman de littérature, d’écriture… et d’Amélie Notomb. Ange avoue-t-elle, c’est elle à 19 ans, avec laquelle elle a beaucoup de points communs, une jeune fille sérieuse que rien ne distingue des autres, une étudiante en philologie. À travers ces deux personnages, son idée est surtout, comme l’écrit La Belgique libre, d’évoquer « la force transformatrice de la littérature. »

 

 
Amélie Notomb avec Stéphane Bern et avec l'écrivain Sylvain Tesson

 

Mais sa vie va changer le jour où monsieur Grégoire Roussaire lui propose de donner des cours de littérature à son fils Pie, un ado dyslexique de 16 ans, qu’elle voudrait éveiller aux joies de la lecture et des grandes œuvres littéraires.




Amélie Notomb À Saint-Jans-Cappel avec la chanteuse Maurane

 

Ce père un peu particulier s'immisce peu à peu dans la relation maître-élève, se mêle des leçons d'Ange et fait son compte-rendu à la fin de chacune d'elles.
Ange et Pie, deux prénoms épicènes (même s'ils sont peu utilisés au féminin) qui sont bien dans le goût d'Amélie Notomb et qui rappellent bien sûr le titre d'un des ses précédents romans. [1]

 

  
Amélie Notomb avec Mylène Farmer et avec l'écrivain Frédéric Beigbeder

 

Nous aurons droit à une « happy end ». Ange, grâce à une pédagogie incomparable… à l’aide de Stendhal et même d’Homère, réussit à  venir à bout de la dyslexie de son élève et à lui faire aimer la littérature. Autre sujet de déception, les réflexions sur le thème de la littérature, les discussions passionnées entre maître et élève laissent sur sa faim.

 

Amélie Notomb avec François Hollande, Joël Dicker, Guillaume Musso, Nicolas Mathieu (Goncourt 2018)



Dans ce roman, nous retrouvons son style personnel fait de dialogues incisifs et de personnages bien campés même si ici ils manquent de profondeur.
Finalement, avec Les aérostats, on reste quand même sur sa "soif". [2]

 

 
Sylvie Testud dans Stupeur et tremblements -



Notes et références
[1]
Voir son roman Les prénoms épicènes, Albin Michel, 154 pages, 2014
[2] Titre de son roman précédent.

Mes fiches sur Amélie Nothomb
* Amélie Notomb
, Son parcours -- Soif -- Les aérostats --
*
Amélie Notomb, Pétronille -- Biographie de la faim --
* Ainsi philosophait Amélie Nothomb --

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<< Ch. Broussas, Notomb Aérostats 03/11/2020 © • cjb • © >>
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10 novembre 2020 2 10 /11 /novembre /2020 18:44

Référence : Tatiana de Rosnay, Les fleurs de l’ombre

 

     
                                              Trois générations de De Rosnay

 

On retrouve bien dans ce roman les thèmes préférés de Tatiana de Rosnay, l’importance du deuil et des secrets, la puissance des lieux  des maisons… avec cette fois une incursion dans le futur inquiétant des technologies modernes.

Dans un Paris victime d’attentats, la Tour Eiffel disparue est devenue un hologramme… Nous sommes en 2024, peu de temps avant le début des Jeux olympiques, dans un pays dévasté par des attentas commis avec des drones, qui montre ses cicatrices et ses immeubles éventrés.

 

   

 

L’écrivaine Clarissa Katsef vient de vivre une rupture difficile d’avec François son second mari lorsqu’elle a appris qu’il menait une double vie. C’est pour elle une période très difficile, après un premier divorce avec Toby, un américain, et elle peine de plus en plus à écrire. 

Mais elle pense avoir enfin renoué avec la chance quand, contre toute attente, elle peut s’installer dans la très convoitée résidence pour artistes CASA, un bel appartement situé au 8e étage, une vue superbe sur Paris, un lieu préservé et tranquille. Et justement, CASA a été construit dans une zone dévastée pour rassurer les gens et les inciter à revenir dans ce quartier.

 


Tatiana de Rosnay avec son mari et son frère Joël

 

Dans cet univers connecté, elle a à disposition une assistance permanente nommée Madame Dalloway en référence à Virginia Woolf avec par exemple un robot polyvalent qui lit ses mails. Mais tout est à l'unisson : on ouvre la porte avec son empreinte oculaire, on pose ses mains sur un miroir de la salle de bain pour évaluer son état de santé... 

 

 

Même Chablis son chat fait le dos rond et aplatit les oreilles comme si son instinct l'avertissait d'une présence, d'un danger. Clarissa a l'impression que quelqu'un l'observe en permanence. Malgré le scepticisme de sa fille Jordan, c'est sa petite fille Andy qui va être son plus ferme soutien.

 

     

 

Ce qu'elle pensait être une chance durera peu et va se transformer en un malaise diffus, ses nuits deviennent agitées, des situations passées refont surface. Elle se demande alors qui voudrait s’en prendre à son intimité, qui se cache peut-être derrière cette association philanthropique nommée CASA, le centre adaptatif de synergie artistique et si finalement elle n’est pas victime de ses propres peurs.

En tout cas, elle a la fâcheuse impression d'être constamment surveillée, témoin de mystérieuses disparitions, de bruits bizarres, une psycho férue d'informatique qui joue au petit chef… un climat délétère qui la mine.

 

          

 

Ce roman d’anticipation est aussi l’occasion d’une réflexion sur l’écriture avec de nombreuses références littéraires essentiellement autour des œuvres de Virginia Woolf et de Romain Gary.

 

Voir aussi
* Tatiana de Rosnay, A l'encre russe --

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<< Ch. Broussas, De Rosnay 2020 30/10/2020 © • cjb • © >>
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10 novembre 2020 2 10 /11 /novembre /2020 12:48

Référence : Alice Zéniter, L’art de perdre, éditions Flammarion, 500 pages, 2017

 
Alice Zéniter devant le temple de Lanleff (22)

 

Pour Naïma, l’Algérie n’a été pour elle qu’une carte de géographie qui n’évoquait pas grand chose dans son esprit. Jusque-là, elle n’a guère été confrontée à sa double culture, si ce n’est dans la société française, une tendance à une augmentation des comportements identitaires.

L’Algérie ? Un grand-père Ali, kabyle devenu harki , qu’elle n’a pas connu, Yema, sa grand-mère, peut-être, mais elle ne comprend pas la langue qu’elle parle, son père Hamid, n’en parlons pas, il reste obstinément muet sur l’Algérie de son enfance.

 



L’Algérie est donc pour elle « le pays du silence ». Aussi, elle va gratter, nous entraîner sur les pas des générations qui l’ont précédée,  entre la France et l'Algérie, coincées dans un passé qui leur colle à la peau. Naïma elle, même si elle renoue avec son passé familial, se veut d’abord une femme libre, libérée des contraintes de son environnement.

 

L'Algérie de la colonisation

Nous sommes en 1930, dans un petit village de Kabylie. Les trois frères Zekkar, Ali, Djamel et Hamza ont fait des jaloux, chez les Amrouche en particulier, depuis qu’ils ont bien réussi.

Ali est bien intégré dans la société coloniale, fort de sa bravoure pendant la guerre, et ne veut entendre parler ni d’indépendance ni de désobéissance civile, contrairement à Youcef Tadjer, un voisin qui en tient pour le leader d’alors, Messali Hadj.

 

         
                                                               Messali Hadj

Mais la situation va rapidement se déliter après l'embuscade de Palestro en 1956, un engrenage attentats-répression dans cette guerre qui ne veut pas dire son nom. La guerre d’Algérie apparaît à travers les montagnes de la Haute Kabylie, vue par un Kabyle qui refuse la situation mais se trouve confronté à la violence. Ali se veut neutre dans un pays où il faut choisir son camp. Rejeté par les Algériens lors de l’indépendance, il n’a d’autre choix que de s’exiler comme un harki avec Hamid son fils aîné.

 

   

 

L'exil, un déchirement

En France, La famille est regroupée au Camp de Rivesaltes, près de Perpignan, aux conditions de vie très difficiles où elle passe l'hiver 1962, ce qu'on a appelé « la danse des perdants des guerres coloniales ».

Ensuite pendant 2 ans, ce sera un dur travail de bûcheron, ponctuée de remarques racistes puis à Flers dans l'Orne dans un immeuble Sonacotra et l'usine de tôlerie Luchaire. Ali se sent déraciné et trahi par la France, il en détruira ses médailles de résistant. Mais la vie continue et Hamid grandit, tiraillé lui aussi par sa double culture.

En 1969, ils visitent Paris, visite mitigée entre une altercation avec un restaurateur kabyle et la rencontre entre Hamid et Clarisse; paris où ls s'installent tous les deux, vivant de petits boulots. Le père et le fils se brouillent à propos du diktat du gouvernement algérien pour qu'ils cèdent leurs terres à ceux qui sont partis. Les jeunes mariés vivent chichement dans des conditions très difficiles mais ils revoient leurs parents et vont dans les années suivantes avoir quatre enfants prénommés Myriem, Pauline, Naïma et Aglaé.

 

           
                            Portraits de harkis 

 

La génération suivante

On est en 2015, avec Naïma, l'une des filles d'Hamid, qui a 25 ans, à l'époque des attentats du Bataclan. Comme certains jeunes de sa génération, elle vit en colocation avec Sol et Romain et travaille dans une galerie d'art contemporain. Son responsable, organise justement une exposition des œuvres de l'artiste algérien Lalla, exilé pendant la guerre civile algérienne (1991-2002). 

 


                                                           
Village de Kabylie

Il demande alors à Naïma d'aller en Algérie pour ramener à Paris une partie de sa production. Ce sera l'occasion pour elle de se plonger dans l'histoire de l'Algérie et de sa famille, d'aller à la rencontre de ses origines, de combler les silences de son père Hamid, son grand-père Ali et sa grand-mère Yema.
C‘est aussi l’occasion pour elle de découvrir Alger, Tizi-Ouzou et le village familial, de renouer le fil rompu par la guerre et l'exil.

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<< Ch. Broussas, Zéniter Harki 08/11/2020 © • cjb • © >>
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