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26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 19:05

Se taire est impossible est un essai écrit conjointement par l'écrivain franco-espagnol Jorge Semprún et le prix Nobel de la paix Élie Wiesel. Il s'agissait aussi pour eux de commémorer le cinquantenaire de la libération des camps de concentration allemands.


Référence Jorge Semprún et Élie Wiesel, "Se taire est impossible", Éditions Mille et une nuits, 'La petite collection', décembre 1995, 47 pages, isbn 2-84205-026-6


Jorge Semprun2.jpg   Elie Wiesel Congres us.jpg

Présentation et contenu

Élie Wiesel et Jorge Semprún : deux hommes, deux destins confrontés au tragique du XXe siècle, deux témoins incomparables qui se retrouve dans cet essai pour livrer leur expérience, réfléchir et confronter leur vision de cette époque.


Ils se croisent en 1945, anonymes parmi les anonymes, dans le troupeau des condamnés du camp de concentration nazi de Buchenwald. Et ils se retrouvent en 1995 -un demi-siècle plus tard donc- pour parler, faire une espèce de bilan et d'en tirer quelques lignes de conduite qui font qu'au moins, la vérité qu'ils portent en eux soit exprimée à travers leurs souvenirs et leur vécu.


Entre ces deux époques, il y eut une brève rencontre qu'évoque Jorge Semprún dans son livre de souvenirs sur son ami "Yves Montand" intitulé Montand la vie continue : Jorge Semprún est à New York en septembre 1982, accompagnant Yves Montand en tournée. Le journaliste Marc Kravetz s'y trouvait aussi, qui venait d'interviewer Simone Signoret, article qui parut dans Le Matin de Paris, interviewa également Montand et les présenta à Élie Wiesel que Semprún « ne connaissait pas personnellement. »


« Je le visitais une fois, ajoute-t-il, avec Simone (Signoret) et Colette, celle-ci (la femme de Semprún) étant venue nous rejoindre à New York. Et puis une deuxième fois le dimanche 12 septembre 1982, avec Simone seulement, ma femme ayant déjà regagné Paris. [...] De Buchenwald à ce dimanche new-yorkais, en passant par nos visions d'Israël, nos vies avaient cheminées sans se croiser, nouées pourtant autour d'expériences comparables. Si tant est qu'on puisse comparer l'expérience d'un ancien déporté juif comme Wiesel à n'importe quelle autre expérience de notre époque. »


Quelques semaines plus tard, ajoute-t-il en conclusion, à Los Angeles le 20 octobre et à Tokyo les jours suivants, « j'ai pourtant longuement évoqué avec Montand lui-même les conversations que nous avions eues avec Élie Wiesel. »


Se taire est impossible.jpg         Semprun et les livres.jpg

Données complémentaires

  • Élie Wiesel et François Mitterrand, "Mémoire à deux voix", dialogues, éditions Odile Jacob, 1995
  • Brigitte-Fanny Cohen, "Élie Wiesel. Qui êtes-vous ?", éditions La manufacture, 1987
  • Michaël de Saint Cheron, "Entretiens avec Elie Wiesel" suivi de "Wiesel, ce méconnu", éditions Parole et Silence, 2008
  • Robert Antelme, "L'Espèce humaine", Éditions Gallimard, 1947, rééditions en 1957 et 1999
  • Maria Angélica et Semilla Duran, "Le Masque et le Masqué : Jorge Semprún et les abîmes de mémoire", Editions Presses Universitaires du Mirail, Collection des Hespérides, 253 pages, 24 février 2005, isbn 2858167699

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26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 18:54

Quel beau dimanche est un récit autobiographique de Jorge Semprún qui se déroule dans le camp de concentration de Buchenwald.

Sempun 2008.jpgJorge Semprun en 2008 Signac Paul un dimanche 1890.jpg Un "beau" dimanche (Signac)


Référence : Jorge Semprún, "Quel beau dimanche", éditions Gallimard, 1980, éditions Grasset, collection Les cahiers rouges, n° 144, 2002, 437 pages, isbn 2246088836, LGF/Le Livre de Poche, n° 5652, 1982


« Avais-je rêvé ma vie à Buchenwald ? Ou bien, tout au contraire, ma vie n'était-elle qu'un rêve depuis mon retour de Buchenwald » dira-t-il à propos de ce livre qu'il considère comme son ouvrage essentiel, sans doute parce qu'il y a mis cet essentiel de lui-même qui fait la substance même de son travail de création. "Quel beau dimanche", lvre qu'il considère comme essentiel, est aussi une « vertigineuse recherche d'identité d'un double rescapé du nazisme et du stalinisme. »

Présentation

Qu’il s’agisse de Autobiographie de Federico Sánchez, de la Deuxième mort de Ramón Mercader ou de ce "Beau dimanche", le déclenchement de son écriture est identique : un ou plusieurs événements lui suggèrent le schéma du récit. [1]


Ce dimanche de neige de décembre 1944 représente le dimanche de Buchenwald, jour le plus insupportable parce qu'il n'y avait rien à faire de 2 heures de l’après-midi à 10 heures du soir, l’heure du couvre-feu en hiver, malgré réunions politiques ou culturelles. L’orchestre du camp jouait donnant à cette journée « l’allure des dimanches provinciaux mais contribuait à rendre l’atmosphère plus lourde, plus difficile à assumer.  » Le choix du mois de décembre, c’est aussi l'arrivée les premiers convois de juifs venant des camps polonais. « Les SS n’en voulaient pas, leur présence"rabaissait" le camp et leur fierté. » A cette date, ce fut aussi l’écrasement de la Résistance communiste grecque par les troupes britanniques, qu'ils avaient appris et qui les inquiétaient beaucoup. [2]

Contenu et synthèse

"Quel beau dimanche" se présente d'abord comme une quête d'identité d'un autre lui-même rescapé d'un camp de concentration et rescapé du franquisme. Cet ancien dirigeant du Parti communiste espagnol clandestin, viré en 1964 par les orthodoxes du parti cherche sa vérité à travers ce siècle qui a connu tant de vertiges collectifs. Dans une interview, il a confié combien la lecture d'Une journée d'Ivan Denissovitch de Soljenitsyne avait été importante pour l'écriture de ce livre.


Au camp de Buchenwald, Jorge Semprun n'est pas encore Federico Sanchez mais Gérard et c'est un dimanche ordinaire d'hiver au camp qu'il raconte dans ce livre. C'est pour lui une occasion de faire des allers et retours dans sa mémoire, de revisiter le passé sur le site de Buchenwald, parler de l'arbre à l'ombre duquel Goethe et Eckermann tinrent leurs fameuses conversations que reprit Léon Blum qui se retrouva lui-même, caprice du destin, prisonnier des Allemands à l'ombre de cet arbre. Le futur, c'est l'avenir de l'organisation des communistes de Buchenwald, dont Gérard était membre, persécutés et persécuteurs, simples acteurs comme Barizon qui s'écria le matin de cette nouvelle journée : « Quel beau dimanche ! »


Buchenwald deportation.jpg Baraquement à Buchenwald

 

Notes et références

  1. Pour "Autobiographie" par exemple, ce sont les entretiens de Carillo avec Debray qui ont servi de détonateur mais le thème du livre, qu'il refusa de publier avant la fin du franquisme, lui était venue bien avant, lors des réunions qui aboutirent à son exclusion du PCE en 1964.
  2. D'après son interview à Bernard Géniès dans La Quinzaine littéraire du 66/03/1980

Voir aussi sur cette époque :

  • Le Grand Voyage, L'Évanouissement, L'écriture ou la vie, Le mort qu'il faut
  • Primo Levi, "Si c'est un homme" (Se questo è un uomo), Mémoires, 1947 et 1958
  • Marguerite Duras, "La douleur", Éditions POL, 1985
  • Robert Antelme, "L'Espèce humaine", Éditions Gallimard, 1947, rééditions en 1957 et 1999

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26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 18:47

L'Écriture ou la Vie est un livre de l'écrivain espagnol Jorge Semprún, publié en 1994. Il mêle un récit autobiographique sur la vie de l'auteur après sa sortie d'un camp de concentration, et une réflexion sur la difficulté de raconter directement l'expérience de la déportation. Bien qu'étant autobiographique, ce sont avant tout des mémoires, car il raconte son vécu et l'emprise de l'histoire sur sa vie selon l'afflux de ses souvenirs.


Référence Jorge Semprún, "L'Écriture ou la Vie", éditions Gallimard, collection Blanche, 318 pages, 1994, réédition Folio n° 2870, 400 pages, 1994, isbn 2070400557


JS ecriture vie 94.jpg JS ecriture vie fiche lecture.jpg

 

À Buchenwald, Jorge Semprún découvre encore tout jeune ce qu'il qualifiera lui-même de « vivre sa mort. » Lors de son retour du camp, lui qui en a réchappé, il croit qu'il peut exorciser cette mort qu'il a vue de si près par l'écriture. Renaître par l'écriture. En vain. Pour cet ouvrage, Jorge Semprun a obtenu le Prix Femina Vacaresco. Il a également été récompensé par le Prix littéraire des Droits de l’Homme en 1995, pour honorer sa vie exemplaire et son amour de l’humanité, mais aussi pour ses qualités littéraires.

Présentation et contenu

« À Ascona dans le Tessin, écrit-il, un jour d'hiver ensoleillé, en décembre 1945, je m'étais mis en demeure de choisir entre l'écriture et la vie. » Il avait fait ce choix, non parce qu'il ne parvenait pas à écrire, parce qu'il n'arrivait pas à survivre à l'écriture. Car l'écriture le replongeait dans la mort, l'y submergeait : « J'étouffais dans l'air irrespirable de mes brouillons, chaque ligne écrite m'enfonçait la tête sous l'eau comme si j'étais à nouveau dans la baignoire de la villa de la Gestapo à Auxerre. Je me débattais pour survivre. J'échouais dans ma tentative de dire la mort pour la réduire au silence ; si j'avais poursuivi, c'est la mort qui m'aurait rendu muet. »

 

C'est une femme qui va jouer un rôle majeur dans sa libération par l'écriture : « Elle n'avait nulle autre raison de s'intéresser à moi que moi-même : c'est ça qui était bouleversant, grâce à Lorène qui ne savait rien de moi, j'étais revenu dans la vie, c'est-à-dire dans l'oubli : la vie était à ce prix. Oubli délibéré de l'expérience du camp. Il n'était pas question d'écrire quoi que ce fût d'autre. Cela aurait été dérisoire, ignoble peut-être. »


Ce livre, il ne l'écrira qu'en 1987, l'ayant remanié maintes et maintes fois, précédé d'autres dont Le Grand Voyage, son premier témoignage écrit en 1963 qui parle de son départ pour Buchenwald. Dès le début, c'est le choc des regards qui domine : celui de Jorge Semprun, « son regard de fou, dévasté », celui « dilaté d'horreur d'un jeune soldat américain fixé sur l'amoncellement des cadavres qui s'entassaient à l'entrée du bâtiment des fours. Un amoncellement de corps décharnés, jaunis, tordus dos pointus sous la peau rêche et tendue, les yeux exorbités. »


À partir de là, il va évoquer les souffrances, les humiliations, les coups, les pas de course dans la boue, les chiens, la mort de ses amis. Tout ce qui faisait le terrible quotidien de la vie d'un camp de concentration. Puis s'insinue dans cet indicible qu'il tente malgré tout de nous faire partager, la littérature, l'évocation de Goethe dont la chère ville de Weimar n'est guère éloignée de Buchenwald, avec le lieutenant Rosenfeld, naturalisé américain, Juif, d'origine Allemande, venu combattre le nazisme.


Puis au fil des pages, se glisse des souvenirs, la littérature, philosophie, romans, poésie, tout ce qui le rattache à la vie, mêlée aux horreurs du camp mais en fin de compte plus forte qu'elles. Par sa démarche aussi originale que vitale pour lui, il essaie de témoigner sur ce qu'ont pu vivre ces hommes et ces femmes, de témoigner pour tous ceux qui ne sont pas revenus ou qui ne parviennent pas à exprimer leur terrible vécu.


« Comment vivre quand on revient du néant ? Et comment écrire à partir de ce néant  » s'interroge l'écrivain Jean-Paul Enthoven.

Voir également sur cette époque

  • Jorge Semprún, Le Grand Voyage, Gallimard, 1964 et "Quel beau dimanche
  • Pierre Clostermann, "Le Grand Cirque", 1946
  • Romain Gary, "Les Racines du ciel", 1956
  • Roald Dahl, "Escadrille 80", 1986
  • Joseph Kessel, "Le Bataillon du Ciel", 1947 et "L'Armée des ombres", Plon, 1963
  • Vercors, "Le Silence de la mer", Éditions de Minuit, 1941
  • Roger Vailland, Drôle de jeu, éditions Corrêa, Prix Interallié 1945
  • Francis Ambrière, Les Grandes Vacances, 1946, prix Goncourt
  • David Rousset, "L'Univers Concentrationnaire", 1946 et "Les Jours de Notre Mort", 1946
  • Primo Levi, "Si c'est un homme", 1945
  • Vidéo I.N.A
  • "Si la vie continue...", Entretiens de Jorge Semprún avec Jean Lacouture, éditions Grasset, 12/2001, isbn 9782246794325
  • Jorge Semprún, "Le fer rouge de la mémoire", recueil de textes, annotations, préfaces..., éditions Gallimard, 2012, isbn 2070136248

Jorge Semprun, préface à "Lettre sur le pouvoir d'écrire", Claude-Edmonde Magny, éditions Climats, 70 pages, 08/2012, isbn 978-2-081-28220-9

 

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26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 18:40

Mal et Modernité est un essai écrit par l'écrivain franco-espagnol Jorge Semprún et publié en 1995.

Référence : Jorge Semprún, "Mal et Modernité", éditions Le Seuil, collection Point-Essai, série Poche Histoire, 95 pages, 1995, isbn 978-2-7578-1063-7

Présentation

Jorge Semprún utilise comme point de départ une citation de Hermann Broch [1] qui écrivait à New York en 1940 : « Les dictatures sous leur forme actuelle sont tournées vers le mal radical... » [2]
Le mal radical : das radikal Bose!


Cette idée que Jorge Semprún défend depuis longtemps déjà -et comme ancien dirigeant du Parti communiste espagnol exclu en 1964, il sait fort bien de quoi il parle- il va l'illustrer dans ce court essai ayant recours à quelques-uns de ses anciens compagnons du camp de Buchenwald. Il les appelle, il les interroge dans cet ouvrage et c'est sa façon à lui de relier sa réflexion à la réalité et de convoquer l'Histoire devant tous ceux qui ont disparu là-bas, ceux qui, comme disait le poète Paul Celan, « ont une tombe au creux des nuages ».[3]


Dante le Mal.jpg . . . . . . . . . . . . Musée Guggenheim de Bilbao.jpg
L'image du Mal selon Dante . . . . . . . . Image de la modernité : musée Guggenheim de Bilbao

Contenu et résumé

Le philosophe Paul Ricoeur lui aussi parle du mal radical en 1985 dans une conférence intitulée Le Mal: un défi à la philosophie et à la théologie. Il écrit  : « la problématique du mal radical sur laquelle s'ouvre La religion dans les limites de la simple raison, rompt franchement avec celle du péché originel... » [4]


Jorge Semprún, faisant allusion à son livre Quel beau dimanche écrit : « Un dimanche, à Buchenwald, donc, n'importe lequel des dimanches après-midi de Buchenwald, autour du châlit de Maurice Halbwachs et d'Henri Maspero, le mal radical selon Emmanuel Kant est apparu dans notre discussion. » Le thème essentiel en était ce questionnement que Paul Ricoeur, dans sa conférence, définit le problème qui se pose à toute théodicée : « Comment peut-on affirmer ensemble, sans contradiction, les trois propositions suivantes: Dieu est tout-puissant; Dieu est absolument bon; pourtant le mal existe ? »


Jacques Maritain, pour sa part, dans son traité de 1963, Dieu et la permission du mal, ne parvient pas à donner une réponse satisfaisante à la contradiction induite par Ricoeur. Pour lui, Dieu est bon [5] et la cause du mal vient de l'homme. Un autre camarade du camp est venu leur parler de Schelling qui distingue ce qui est Dieu lui-même de cette volonté de l'humain « d'être Un », indivisible, et de citer cette phrase de Schelling : « sans cette obscurité préalable, la créature n'aurait aucune réalité : "la ténèbre" lui revient nécessairement en partage"" ». Et commente Jorge Semprún : « ""Ces mots énigmatiques nous semblaient nommer l'évidence. Les dimanches de Buchenwald, autour de Halbwachs et de Maspero, gisant dans leur litière, mourants, "la ténèbre" nous revenait nécessairement en partage. »


En novembre 1936 à Vienne, on célèbre le 50ème anniversaire de Hermann Broch. L'écrivain Élias Canetti prend la parole pour parler de son ami et, à la fin prononce ces phrases saisissantes : « L'œuvre de Hermann Broch se dresse entre une guerre et une autre guerre; guerre des gaz et guerre des gaz. Il se pourrait qu'il sente encore maintenant, quelque part, la particule toxique de la dernière guerre. Ce qui est certain toutefois, c'est que lui, qui s'entend mieux que nous à respirer, il suffoque aujourd'hui déjà du gaz qui, un jour indéterminé encore, nous coupera le souffle. » Paroles prémonitoires du grand écrivain qui obtiendra le prix Nobel de littérature en 1981.


« Le mal, écrit Jorge Semprún, n'est ni le résultat ni le résidu de l'animalité de l'homme: il est un phénomène spirituel, consubstantiel de l'humanité de l'homme. Mais le bien l'est tout autant. » C'est cette certitude qu'exprime admirablement un homme comme Marc Bloch dans son livre L'Étrange Défaite. Il conclut en opposant la pensée de Martin Heidegger qui, même si « la déchirure traverse son cœur», n'en demeure pas moins pessimiste sur l'avenir de la démocratie, et celle de Karl Jaspers, autre philosophe allemand de cette époque, qui est la preuve « que l'on peut penser la modernité lucidement... »


Au moment où les raisons d'espérer sont immenses, où s'effondrent les puissances de l'Est, « il est réconfortant, conclut Jorge Semprún, de rappeler la pensée allemande qui, de Herbert Marcuse, en 1935, à Jürgen Habermas aujourd'hui, en passant par l'œuvre immense de Karl Jaspers, a maintenu la déchirante lucidité de la raison. »

 

Notes et références

  1. Le vendredi 16 juin 1944, Marc Bloch a été fusillé par les nazis à Saint-Didier-de-Formans, commune de l'Ain près de Lyon
  2. Citation tirée d'un texte intitulé : À propos de la dictature de l'humanisme dans une démocratie totale
  3. Titre que Jorge Semprún reprendra pour son dernier ouvrage
  4. La religion dans les limites de la simple raison : ouvrage du philosophe Emmanuel Kant écrit en 1793 où l'on trouve la théorie du mal radical.
  5. Semprún parle ironiquement de l'innocence absolue de Dieu

Voir aussi

  • Denis Rosenfeld, "Du mal : essai pour introduire en philosophie le concept de mal"
  • Schelling, "Recherches sur l'essence de la liberté humaine"
  • Luc Ferry, Philosophie politique, tome II, "Les Systèmes des philosophies de l'histoire"
  • Karl Jaspers, "La Culpabilité allemande"

Liens externes

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26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 18:25

Federico Sanchez vous salue bien est un livre de l'écrivain franco-espagnol Jorge Semprún, publié en espagnol en 1992 et l'année suivante en version française.

 

Jorge Semprun Portrait 80.jpg

 

Quasiment autobiographique comme beaucoup d'ouvrages de Jorge Semprún, son action se situe au cours des années où l'auteur, revenu dans son pays après de nombreuses années d'exil en France, a été nommé ministre de la culture dans le gouvernement de Felipe González, poste qu'il occupera de 1988 à 1991.

Présentation

Sommaire

- I D'un retour dans la ville de mon enfance
- II D'un premier conseil des ministres . . . .
- III De la culture et de son ministère . . . . .
- IV Du corps du roi et de la modernité . . . .
- À propos d'une visite du Prado . . . . . . . . .
- V De l'Europe : 1939/1989 . . . . . . . . . . .
- VI D'une lecture de Tocquville. . . . . . . . . .

Jorge Semprún reste lucide sur son passage au gouvernement socialiste. Dans une interview, il cite André Malraux qui disait que pour qu’un ministre de la culture réussisse, il devait réunir deux conditions : du temps et un budget. « Je n’ai eu ni l’un ni l’autre, ajoute-t-il. Le bilan personnel est positif, mais le bilan ministériel est, disons, plutôt nul. »

 Résumé et contenu

Après un roman intitulé Autobiographie de Federico Sánchez, voilà qu'il est de retour avec ce livre où Jorge Semprún a de nouveau utilisé son pseudonyme du temps de la clandestinité communiste. C'est en effet sous ce nom qu'il cachait ses activités de responsable communiste au temps du franquisme.

 

Lui, le rescapé du camp de Buchenwald, lui qui a bravé la terrible police franquiste avant d'être exclu en 1964 du PCE, le Parti communiste espagnol, il se retrouve ministre de la culture du gouvernement socialiste de Felipe González. Parcours on ne peut plus atypique de ce fils de la grande bourgeoisie madrilène avec grand-père ministre et père ambassadeur. Il est aussi ministre mais cette fois-ci d'une monarchie qui semble ancrée à la démocratie.

 

Jorge Semprún se penche une nouvelle fois sur son passé, sur le chemin parcouru et tente de cerner certaines questions sur son engagement, quel bilan faire de ce demi-siècle de luttes, comment concilier la culture avec la gestion quotidienne d'un ministère ? Il nous croiser la route de personnalités qu'il a rencontrées pendant son passage au ministère, celles au moins qui l'ont le plus marqué ou intéressé, Ernest Hemingway et son ami le torero Dominguin, Primo Levi et la vie des camps, le roi Juan Carlos et le premier ministre Felipe González dans le cadre de ses activités ministérielles ou encore Raïssa Gorbatchev.

 

On y découvre aussi l'Espagne de la "Movida", cette période que beaucoup d'Espagnols attendaient depuis longtemps, que d'un point d vue politique, on a appelé la transition démocratique espagnole que Jorge Semprún tente de décrire avec la lucidité qu'on lui connaît.

 

JS Movida Pedro almodovar penelope cruz.jpg  Almodovar et Pénélope Cruz, icônes de la "Movida"

Sources bibliographiques

  • Jorge Semprún, "Federico Sanchez vous salue bien", Éditions Gallimard en 1993, rééditions Éditions LGF/Le Livre de poche, 249 pages, 1995, Éditions Points/Le Seuil, 01/1996, isbn 2-02-028232-1 et en 1998 chez Grasset et Fasquelle
  • Maria Angélica Semilla Duran, "Le Masque et le Masqué : Jorge Semprún et les abîmes de mémoire", essai critique, 02/2005, 253 pages, Presses Universitaires du Mirail, Collection des Hespérides, isbn 2858167699
  • Édouard de Blaye, "Franco ou la monarchie sans roi", éditions Stock, 1974

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26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 17:42

Montant, la vie continue

 

Montand la vie continue est un ouvrage biographique de l'écrivain franco-espagnol, Jorge Semprun publie en 1983 sur la vie du chanteur-comédien Yves Montant et la longue amitié qui les liait.

 

SOMMAIRE

1- Présentation                   2- Retour de voyage        3- Autheuil-sur-Eure

4- La rupture                      5-  Entre carrière & engagement

6- Flash back                     7- Infos complémentaires

1- Présentation

L'amitié d'Yves Montand et de Jorge Semprun a d'abord reposé sur une vieille complicité de deux hommes de gauche qui n'ont jamais caché leur engagement et qui vont naturellement se retrouver dans des projets de cinéma engagé qui dénonce la violence, la torture et la dictature. C'est surtout son l'égide d'un autre ami, le cinéaste Costa-Gavras qu'ils vont dénoncer les extrémismes de tout bord où Yves Montant est le héros de scénarios écrits par Jorge Semprun.


Trois films marquent cette période : d'abord Z en 1969 où Yves Montand est Grigoris Lambrakis, député de gauche et leader socialiste grec assassiné par le régime des colonels, puis L'Aveu l'année suivante où Montand incarne le vice-ministre tchèque Artur London incarcéré par le régime communiste avant de subir un procès inique et enfin État de siège en 1973 où Montand campe un américain, inspiré de Dan Mitrione, conseiller du régime chilien de Pinochet, enlevé par un groupe de gauche1.

 

Yves Montand tiendra aussi le rôle principal, celui de Diedo Mora, en 1966 dans le film La guerre est finie2 tourné par Alain Resnais, sur un scénario de Jorge Semprun et tiendra le rôle du commissaire Pierre Marroux dans le film Netchaïev est de retour tiré du roman éponyme de Jorge Semprun3. Il acceptera également en 1973 de faire le narrateur dans un film tourné par Jorge Semprun, intitulé Les Deux Mémoires.

2- Retour de voyage

Plan du livre 

  • 1- Maracanazinho, 31 août 1982
  • 2- Amarcor
  • 3- Journal de voyage au Brésil
    (et divers lieu de la mémoire)
  • 4- Quelques rendez-vous réussis
    et un rendez-vous manqué
  • 5- La rupture
  • 6- Vive la Pologne, messieurs
  • 7- Yves Montand, la guerre continue

Alain Meilland Yves Montand printemps de bourges 1982.jpg

 

« Rien d'étonnant, note Semprun, à ce que Diego Mora, le personnage de La guerre est finie, fabuleusement interprété par Yves Montand, murmure à un certain moment une bribe de Baudelaire. Il vient d'arriver à Paris après l'un de ses voyages clandestins. Il est seul dans sa chambre. Il range des papiers. Et il dit à mi-voix comme si cela allait de soi : "Et les soirs au balcon, voilés de vapeurs roses..." » C'est le début d'une longue collaboration entre eux et d'une longue amitié.

 

À l'occasion d'un retour de voyage, Montand revisite son enfance à Marseille. Brusquement, ça lui a pris, une envie subite de revoir l'impasse des mûriers et sa sœur Lydia qui l'aime d'un amour possessif. Lors d'une longue tournée, Montand trouvait à l'hôtel un petit mot de sa sœur. Il était à la fois attendri et agacé. Un jour au cours d'une discussion, Lydia Ferroni lui dit que leur père Giovanni Livi avait débarqué à Marseille le 2 février 1924, fuyant le village de Monsummano et le fascisme italien, elle en est sûre, c'est inscrit noir sur blanc sur le livre de Torquato Tasso intitulé La Gerusalemme liberata 4 dont Montant avait totalement oublié l'existence. Émotion. Lydia, mémoire de la famille. Jorge Semprun se « souvient alors d'un poème de Baudelaire, à propos du tableau d'Eugène Delacroix sur le Tasse enchaîné. » Montant reconnaît enfin sur le livre la gravure de son enfance. « Il a fini par se souvenir de Torquato Tasso. »

3- Autheuil-sur-Eure

Costa-Gavras

 

Le lieu privilégié pour les rencontres intimes entre amis, c'est la maison de campagne d'Yves et de Simone à Autheuil-sur-Eure. Jorge Semprun le décrit ainsi : « Grand solitaire pris de bougeotte quand il ne travaille pas, Montant n'est pas un bavard. Pourtant, son langage est un parler. Un franc parler même. Superbe par ailleurs. » En 1963, Semprun fréquente la maison d'Auteuil, « elle était une sorte de paradis de l'amitié. »

Il parlaient peu de politique et beaucoup de cinéma, « surtout quand il y avait Costa-Gavras, et il était souvent là. » Son premier film, Compartiment tueurs a été conçu à Autheuil, « un pur produit du bocage normand. » Montant confie à Alain Rémond : « C'est de Compartiment tueurs que date ma vraie vocation, mon véritable engagement pour le cinéma. »5

 

C'est ensuite, par l'intermédiaire de Jorge Semprun, que Montand fut présenté à Alain Resnais et qu'il joua le rôle de Diego Mora dans La guerre est finie. Le film connut quelques avatars à sa sortie, retiré des festivals de Cannes et de Karlovi Vary du fait des réactions vindicatives de l'Espagne franquiste. Dès lors, Montand va se donner au cinéma et, en un peu lus de 3 ans, tourner 8 films importants.

4- La rupture

Stade de Maracanãzinho

 

Montant triomphe sur toutes les scènes du monde : à Maracanãzinho, « 14.000 Brésiliens, débout, l'ovationnent, « à Washington, on l'appelle désormais "Le Français qui parle la langue de tout le monde," » jusqu'à cette soirée du 7 septembre 1982 et l'apothéose au Metropolitan Opera de New York. Les titres des journaux sont dithyrambiques, « Montant est formidable » titrera l'un d'eux en français. »

Mais au-delà du succès, il y a les difficultés du métier, « l'inévitable solitude du chanteur de foules », il y a aussi en 1956 son adieu aux moscovites massés dans le stade Loujniki. Premiers signes de la rupture avec le communisme. Yves Montand a créé un personnage madame Pluvier, militante de base du PCF à qui il invente une vie et plein d'anecdotes cocasses. Il en joue avec ses amis qui sont dans la confidence et connaissent les aventures de cette pauvre militante. Semprun fera de Bernadette Pluvier un petit personnage dans La guerre est finie. Clin d'œil à l'ami Montand.

 

La rupture survient en 1968. Pendant les "événements" « Montant ne dit rien. Il va d'un endroit à un autre. Il observe, il écoute. » Au cinéma, il s'engage dans le personnage de Lambrakis, le héros du film Z qui aura un grand impact sur les évolutions qui se dessinent. Au cours de cette année, Montant n'a pas chômé : après "Z", c'est une série de récitals à l'Olympia puis Hollywood pour un film à la fin de l'année.

Selon Jorge Semprun, Piaf a représenté une espèce de synthèse entre la jeune femme légère et l'image de la pureté féminine incarnée par sa mère. Mais il faut qu'une femme lui apporte plus, autre chose, une expérience qui l'intéresse, le concerne et qu'il trouvera plus tard chez Simone Signoret. Mais à l'heure de la rupture, c'est l'image du père qui surgit, le père communiste qui disparaît au moment où le fils rompt avec le Parti communiste 6.

 

L'Aveu fut avant tout un film d'acteurs, écrit Semprun. « C'est le film de Montant tout d'abord. Non seulement parce que le poids de l'histoire repose entièrement sur lui, mais aussi parce qu'il s'y est engagé totalement, avec une sorte de fureur sombre et retenue. » Une très grande performance d'acteur. Dans Télé 7 jours Jacqueline Michel écrivait : « C'est peu de dire qu'Yves Montand incarne Artur London 7. L'identification est si totale, si douloureusement absolue que l'on aurait honte de parler d'une performance d'acteur. Ce qu'il fait est très au-delà. » Sa performance est d'autant plus remarquable que ce film austère et douloureux s'insère entre deux comédies, Le diable par la queue de Philippe de Broca et La folie des grandeurs de Gérard Oury.

 

Évidemment, la sortie du film fut épique. Mais six ans plus tard, le film put être projeté à la télé, aux 'dossiers de l'écran' dans une ambiance décontractée. Les choses ont évolué, « décembre 1976, Franco était mort depuis un an. Bientôt, le PC espagnol allait retrouver la légalité démocratique. La guerre était vraiment finie en somme. » Et Jorge Semprun écrivait Autobiographie de Federico Sánchez. Mais onze ans plus tard anticipe Semprun, « nous allions voir se reproduire le même type de comportement. À propos de la Pologne cette fois-ci. »

5- Entre carrière et engagement

Après la répression voulue par le général Jaruzelski en Pologne, Montant décide de réagir. Le 16 décembre 1981, il intervient sur Europe 1 avec Michel Foucault pour dénoncer les arrestations et la mise au pas de Solidarnosc. Déjà en février 1974, il avait organisé un récital exceptionnel pour les réfugiés chiliens pour afficher sa solidarité avec tous les chiliens victimes de la dictature de Pinochet, ce pays où il avait tourné État de siège avec Costa-Gavras 8. Lors de ce récital, Jorge Semprun retrouve le solitaire, « comme tous les grands fauves de la scène, Montant est un solitaire. Mais sa solitude est pleine de vitalité... comme une pulsion de vie. »

 

"Les Grands boulevards"

 

C'est en 1979 que Montant décide de remonter sur les planches : un beau défi pour une première à l'Olympia qui aura lieu le 13 octobre 1981, jour de ses soixante ans. Selon lui, tout s'est joué à Autheuil. « Il était seul, il se promenait dans sa maison, vêtu comme à son habitude d'alors d'un pantalon et d'un gilet de velours noir à côtes, sur une chemise blanche. » Par jeu, il se coiffe d'un chapeau haut-de-forme et se regarde dans la glace e pied de la porte de séparation, il a « l'intuition fulgurante que c'est dans cette tenue familière... qu'il fallait commencer le spectacle. »

 

Mais en cette fin d'année 1981, il dénonce au micro d'Europe 1 la répression en Pologne et fait descendre sur la scène de l'Olympia, à la fin de son spectacle, une pancarte de Solidarnosc. La polémique s'amplifia, surtout avec le Parti socialiste parce que finalement, Yves Montand était un homme libre n'engageant que lui alors qu'un homme comme Lionel Jospin subissait les contraintes inhérentes à l'action politique.

 

Pour en arriver là, à ce moment de sa vie où il défend Chiliens et Polonais contre l'arbitraire, Yves Montand a évolué, « a retrouvé sa vérité politique, » surtout « à travers son expérience de comédien de cinéma. »

À New York le 2 septembre, Simone est là « qui a déjà marqué son territoire. » Cette fois, elle est présente après une longue maladie qui l'a tenue éloignée de la préparation et du début de la tournée.

Le 19 octobre 1982, Jorge Semprun part rejoindre Montant qui donne un concert à Los Angeles au Greek Theatre. Il arrive au moment où il entonne sa chanson Les grands boulevards.

6- Flash back

Metropolitan Opera

 

C'était la fin de cette grande tournée et Montand « comme il était un peu triste et très heureux, était exubérant. » Concert de louanges pour sa performance mais irritations parfois de Simone Signoret fatiguée du rappel contant de l'épisode Marilyn Monroe. Pendant la tournée, Montand suit l'actualité, objet de grandes discussions avec Jorge Semprun, « à Osaka, nous avions plusieurs jours assez calmes, qu'on a pu consacrer à nos activités favorites : la discussion et la promenade. » À un journaliste qui lui posait une question tendancieuse sur Israël, il répond : « Je ne suis pas pour Israël, systématiquement. Je suis systématiquement pour la démocratie... »

 

Jorge Semprun contemple la silhouette de Montant « perdue au milieu de la scène du MET, le Metropolitan Opera de New-York. » Quel plaisir fou quand il "chante-récite" Les bijoux sur un poème de Baudelaire. Le rêve s'est réalisé. Fabuleuse reconnaissance, extraordinaire destin pour cet homme qui vient d'un des quartiers les plus pauvres de Marseille. « Il avait traversé l'univers du travail, du temps compté,réglé, mis en coupe. » Il débute dans le quartier Saint-Antoine, devant un public « chahuteur et charmé. » Il se souvient encore des cris de sa mère qui l'appelait : « Ivo, monta !, Ivo, monta ! » La guerre stoppe sa carrière et il reprend le travail à la place que lui assignait l'ordre social, « le terrible désordre de l'injustice sociale » : un poste de manœuvre aux Chantiers de Provence. Mais il va reprendre son combat, « arracher cette chaîne, tirer sur ce collier jusqu'à le rompre. »

 

Mais les débuts sont durs. Il fuit la Milice, chante dans des boîtes de nuit, vit dans des hôtels borgnes puis se bat à l'ABC pour retenir un public soucieux de respecter le couvre-feu. Et il gagne. Trente huit ans après, c'est l'énorme ovation de New-York. Il salue, sourit, revient et revient sur la scène pour communier avec son public. Et pendant ces moments privilégiés, Jorge Semprun pense que c'est l'image de son père qui s'insinue dans son triomphe, qui « qui vient de traverser la scène, d'un pas lourd et léger à la fois, comme celui des revenants dans une pièce de Giraudoux. »

Notes et Références

  1. Montant fera aussi une courte apparition en soldat qui mange sa soupe dans un autre film de Costa-Gavras Section spéciale dont Semprun avait aussi écrit le scénario
  2. Sur ce thème, voir aussi le roman de Jorge Sempun Autobiographie de Federico Sánchez
  3. Pour ce qui concerne le roman, voir la fiche Netchaïev est de retour
  4. La Jérusalem délivrée, œuvre de Le Tasse
  5. Voir son livre intitulé Yves Montand
  6. Sur cette période, voir l'interview de Montant par Franz-Olivier Giesbert parue dans Le Nouvel Observateur en septembre 1977
  7. Sur cette période, voir la fiche le Procès de Prague
  8. Voir le film de Chris Marker intitulé La solitude du chanteur de fond

Références bibliographiques

  • 1975 : La nostalgie n’est plus ce qu’elle était, mémoires de Simone Signoret, Éditions du Seuil, Paris, (ISBN 2-02004-520-6)
  • 1977 : Yves Montand, Alain Rémond, Editions Henri Veyrier
  • 1979 : Le lendemain, elle était souriante..., Simone Signoret, Éditions du Seuil
  • 1981 : Montand Yves de Ysabel Saiah , Éditions du Sciapode
  • 1990 : Tu vois, je n'ai pas oublié de Hervé Hamon et Patrick Rotman, Éditions Seuil/Fayard

Vidéo :Chris MarkerOn vous parle de Prague : Le Deuxième procès d'Artur London


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25 février 2013 1 25 /02 /février /2013 18:30

Adieu, vive clarté est un récit roman autobiographique de Jorge Semprún qui se déroule pendant la période précédent son départ dans le camp de concentration de Buchenwald.


Référence Jorge Semprún, "Adieu, vive clarté...", éditions Gallimard, 1998, réédité chez France Loisirs en 1998 et en édition de poche Folio/Gallimard en 2000, isbn 978-2-07-041173-3


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Jorge Semprun dans les années 80 . . . . . . . . .   . . . . . . . sa tombe à Garengeville


« […] toute mon imagination narrative a semblé aimantée par [le] soleil aride [de Buchenwald], rougeoyant comme la flamme du crématoire. Même dans les récits les plus éloignés de l’expérience personnelle, où tout était vrai parce que je l’avais inventé et non parce que je l’avais vécu, le foyer ancien était à l’œuvre, incandescent ou couvant sous la cendre. » (Jorge Semprún - Adieu, vive clarté…)

Présentation

« Bientôt nous plongerons dans les froides ténèbres ; Adieu, vive clarté de nos étés trop courts ! »
(Charles Baudelaire - Extrait des "Les Fleurs du mal")


Jorge Semprun, né à Madrid en 1923, futur dirigeant du PCE (Parti communiste espagnol), est non seulement le fils d'un diplomate républicain mais aussi le petit-fils d'un Premier ministre du roi Alphonse XII. Il accède à la langue française à travers Baudelaire, à qui il emprunte le titre de ce livre « "Adieu, vive clarté..." » Lors d'une interview en 1998, il précise que ce livre est « le récit de la découverte de l'adolescence et de l'exil, des mystères de Paris, du monde, de la féminité. Aussi, surtout sans doute, de l'appropriation de la langue française. »


Adieu, vive clarté... évoque la nostalgie de l'exil quand il se rend le plus proche possible de la frontière espagnole à Biriatou : « A Biriatou, de la terrasse ombragée du restaurant, je regardais l'Espagne, sur la rive opposée de la Bidassoa. Le soleil se couchait sur l'océan, invisible, au loin. L'horizon de nuages légers, cotonneux, voguant dans un ciel pâle, était encore rougi par son absence imminente. L'Espagne toute proche, interdite, condamnée à n'être qu'un rêve pour la mémoire. Toute la journée, la lumière d'août qui s'évaporait dans la brume du soir avait été remuée, traversée par des reflets d'automne : du chatoyant, du mordoré, émiettant quelque peu la densité, l'aplomb du soleil estival. Septembre s'insinuait déjà dans le paysage, dans la langueur renouvelée, l'obsolescence des couleurs, la nostalgie rose et bleu des massifs d'hortensias. Orientée au sud, la terrasse du restaurant de Biriatou surplombait le cours de la Bidassoa. Les ombres de cette fin d'après-midi semblaient monter de cette gorge humide sur les versants des collines espagnoles d'Elizondo (Navarre), juste en face, au sud; de Fontarabie, à l'ouest. »


Il évoque longuement cette période précédant sa déportation au camp de Buchenwald. Il a écrit plusieurs livres sur sa terrible expérience dans ce camp et en particulier en 1994 où il raconte, dans un récit poignant dans sa douloureuse réalité, l'appropriation de ses souvenirs de déporté et les raisons qui ont fait qu'il lui a été impossible d'écrire après son retour de Buchenwald.


 Résumé et contenu

« […] toute mon imagination narrative a semblé aimantée par (le) soleil aride (de Buchenwald), rougeoyant comme la flamme du crématoire. Même dans les récits les plus éloignés de l’expérience personnelle, où tout était vrai parce que je l’avais inventé et non parce que je l’avais vécu, le foyer ancien était à l’œuvre, incandescent ou couvant sous la cendre. » (Jorge Semprun - "Adieu, vive clarté…")


Dans ce livre, Jorge Semprun parcourt ses souvenirs, autant d'événements qui se suivent et s'entrechoquent pour finalement donner sens à son vécu. « Plus je me remémore, plus le vécu d'autrefois s'enrichit et se diversifie, comme si la mémoire ne s'épuisait pas » écrit-il. La guerre civile qui a ravagé l'Espagne est terminée, le jeune homme part en exil à Paris au début de l'année 1939 pour être interne au lycée Henri-IV.


« Madrid était tombée et j'étais seul, foudroyé » se souvient-il, évoquant tout à tour la mort prématurée de sa mère -il a à peine neuf ans- celle du poète Antonio Machado que son père lui avait fait connaître et sa rencontre avec une jeune femme qu'il trouve « éblouissante » mais qu'il qualifie de quelque peu « ravagée » quand il la revoit dix ans plus tard dans un bar de Biarritz. Semprun écrit aussi à cette époque une pièce de théâtre sur une jeune femme « belle, intelligente et courageuse » Le Retour de Carola Neher.[1] Il relativise et en arrive à cette conclusion que « La vie en soi, pour elle-même, n'est pas sacrée : il faudra bien s'habituer à cette terrible nudité métaphysique. »


Il se tourne alors vers la littérature, dévore Charles Baudelaire mais aussi des auteurs comme Arthur Rimbaud, Jean-Paul Sartre, Paul Nizan, André Malraux, Jean Giraudoux et le "Palude" d'André Gide : s'approprier la langue française lui permet « un enracinement dans l'univers. » Il note que « face aux Français, j'étais séduit mais la langue espagnole ne cessa pas pour autant d'être mienne. En somme, du point de vue de la langue, je ne devins pas Français mais bilingue. » C'est de cette ambivalence culturelle et linguistique dont il traite dans un autre ouvrage intitulé L'Algarabie. 


      


Notes et références

  1. Actrice allemande très connue dans les années 1920 dans son pays mais elle dut quitter l'Allemagne nazie et disparut ensuite dans les purges staliniennes

Voir également

  • Jorge Semprun, Elie Wiesel, "Se taire est impossible", éditions Mille Et Une Nuits, 07/1997, réédition Livre de poche
  • Annette Wieviorka, "L'ére du témoin", éditions Hachette/Pluriel, 03/2002, isbn 2818503000
  • Primo Lévi, "Le devoir de mémoire", éditions Mille Et Une Nuits, 07/1997

 

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25 février 2013 1 25 /02 /février /2013 18:21

Le Retour de Carola Neher est une pièce de théâtre écrite par l'écrivain franco-espagnol Jorge Semprún et parue aux Éditions Gallimard en 1998. Elle fut représentée pour la première fois par la compagnie Orphéon - théâtre intérieur en 2001 dans une mise en scène de Georges Perpes et Françoise Trompette.


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Référence Jorge Semprún, "Le Retour de Carola Neher", éditions Gallimard, collection 'Le manteau d'arlequin', 58 pages, 1998, isbn 2-07-075222-4

 Présentation et contenu

On retrouve dans cette pièce les fantômes qui poursuivront Jorge Semprun toute sa vie, et des fantômes, il y a aura en effet dans sa pièce.


le dernier survivant des camps nazis se réfugie aux alentours de Buchenwald, lieu qu'il connaît bien, qu'il revisite souvent, dans le parc du Château du Belvédère et de son cimetière. C'est là qu'il se cache et que vont revenir ses souvenirs, mélange de rêves et de fantasmes, lieu propice à une réflexion où se mêlent histoire personnelle et histoire de l’Allemagne que représente le personnage de Carola Neher, actrice allemande des années trente qui interpréta Bertold Brecht, Von Horvath, et bien d'autres.


On la voit par exemple apparaître dans le film de Pabst, L'Opéra de quat'sous. Comme beaucoup d'autres, chassée de son pays par le nazisme, elle disparue ensuite dans le goulag stalinien. Réfugiée en URSS, elle sera dénoncée en 1936, ainsi que son mari Anatol Becker aux autorités soviétiques, alors en pleines purges staliniennes, comme trotskyste par son compatriote, le réalisateur Gustav von Wangenheim. Son mari est fusillé en 1937 et elle meurt du typhus dans un goulag près d'Orenbourg en 1942.


Dans la pièce, dix comédiens prêtent leur voix à ceux qui sont morts ou qui ont souffert ici :Goethe qui se promenait dans les environs avec son ami Ekermann, Léon Blum, Carola Neher et plusieurs réfugiés. Ces dialogues à multiples voix se croisent, se répondent, se superposent comme autant d'échos, pour une mise en perspective de l’Histoire du XVIIIe siècle jusqu'aux temps tragiques de l'époque contemporaine.


Cette pièce se veut un témoignage sur ces plaies du XXe siècle que sont la déportation, l’univers concentrationnaire et la purification ethnique. Les lieux de représentation se veulent aussi symboliques de cette déliquescence : ancienne carrière de Cuers, ancienne charbonnerie à Châlon-Sur-Saône évoquant la face sombre de notre civilisation.


JS la retirada.jpg Scène de "La Retirada"

Données complémentaires

Autour de la pièce : Orphéon compagnie - théâtre intérieur


Cette pièce a été représentée par la compagnie Orphéon pour le passage au XXIe siècle du 5 février au 2 mars 2001.

Organisation : Mise en scène : Georges Perpes et Françoise Trompette, Scénographie : Daniel Chaland et Jean-Louis Masson, Constructeur : Yannick Lemesle, Conception lumières : Fritz Reinhart, Costumes : Fabienne Varoutsikos, Chargé de production : Bruno José

Distribution : : artistes interprètes, Bettina Kuhlke (Carola Neher) Henriette Palazzi (La Suivante) César Gattegno (Le Survivant) Andreas Pobbig (Goethe) Jacques Bénard, Philippe Xiberras, Stefano Foghe, Robert Blanchet (les Musulmans)

Voir aussi :

  • Jorge Semprún, "Exercices de survie", préface Régis Debray, Collection Blanche, éditions Gallimard, 112 pages, novembre 2012, isbn 9782070139002, Gencode 9782070139002, [1]
  • Peter Knapp dessine "L'Écriture ou la vie" de Jorge Semprun, coédition Gallimard/Éditions du Chêne, 96 pages, Octobre 2012, isbn 9782070138791
Jorge Semprún, "La littérature et le feu", in "La vie en mouvement", Mario Vargas Llosa, éditions Gallimard, avril 2006, isbn 2070779955

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25 février 2013 1 25 /02 /février /2013 18:10

Le Mort qu'il faut est un récit roman autobiographique de Jorge Semprún qui se déroule dans le camp de concentration de Buchenwald.

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. . Jorge Semprún : Portrait . . . . . . . . . . . .. . . . . . . Maurice Halbwachs : Les cadres sociaux de la mémoire


Référence : Jorge Semprún, "Le Mort qu'il faut", éditions Gallimard, collection Blanche, 208 pages, 2001, isbn 207075975X, "Le Mort qu'il faut", 'Post-scriptum au Grand Voyage', éditions Gallimard, 2001

Présentation

« La vie en soi, pour elle-même, n'est pas sacrée : il faudra bien s'habituer à cette terrible nudité métaphysique. » (Jorge Semprun - Adieu vive clarté...)


Il aura fallu à Jorge Semprun plus de cinquante ans pour parler de cet épisode de sa vie dans le camp de concentration de Buchenwald. Il ne la mentionne ni dans Le Grand Voyage ni dans L'Écriture ou la Vie ses deux livres précédents qui décrivent la vie de Buchenwald. C'est au cours d'une conversation avec le peintre Zoran Music, plus exactement à partir d'un dessin représentant deux cadavres allongés tête-bêche, que resurgirent ses souvenirs.


Cette fraternité dans la mort apparaît déjà dans L'Écriture ou la Vie avec la mort de son ami et professeur Maurice Halbwachs. Mais ici, face à l'agonie du mort qu'il faut, de François L avec qui il avait parlé littérature, Semprun ne peut prononcer une parole. Dans cette espèce de tombeau qu'est à l'aube ce lieu, le Lager, « salle des sans-espoir », il tente de recueillir quelques bribes de paroles balbutiées par cette bouche inerte. François L, avant de sombrer dans « l'éternité de la mort » tente d'articuler quelques sons mais Semprun ne distingue que cette bride "nihil", prononcée deux fois.


Ce n'est que cinquante ans plus tard qu'il repensera à ces syllabes prononcées par François L quand il adapte Les Troyennes de Sénèque pour le théâtre de Séville, ce vers qu'il retrouve : « Il n'y a rien après mort, la mort elle-même n'est rien. »
   

Résumé et contenu

Quand une note arrive au camp, venant de la Direction centrale des camps de concentration à Berlin, ce n'est jamais bon signe. Elle aboutit sur le bureau de la Politische Abteilung, l'antenne de la Gestapo de Buchenwald. Il s'agit d'une demande de renseignements sur un certain Jorge Semprun. L'intéressé n'est pas trop inquiet, ce n'est qu'un obscur exécutant, un anonyme dans le camp.

 

Mais on s'organise, prenant les précautions nécessaires en pareil cas. Les camarades de l'organisation communiste clandestine qui ont intercepté la note de Berlin décident de mettre en place la solution utilisée dans une telle situation : envoyer Semprun à l'infirmerie et lui donner l'identité d'un certain François L qui est agonisant. Ainsi se met en place le mécanisme de changement d'identité dans un face-à-face avec la mort.

 

C'est comme si Semprun tardait à aborder la question essentielle, celle de l'identité, la sienne qui dit être écartée en raison du danger, celle de cet être mourant qui va perdre et sa vie et son identité. Son écriture indirecte, où la mémoire hésite à défiler les événements, où la chronologie n'a pas sa place, nous conduit dans la longue nuit au Lager, revenant sur des moments, sur des lieux, sur ces fameuses latrines de Buchenwald, « lieu d'asile et de liberté » unique, hors du regard des nazis qui n'y pénètrent jamais.

 

Il revoit les visites du dimanche à son ami et professeur Maurice Halbwachs, autour du châlit du bloc 56, évoquant le passé. Son refuge, c'est aussi la présence constante de la poésie, la récitation silencieuse de poèmes qui l'obligent à d'énormes efforts de mémoire mais lui permet d'oublier la promiscuité du camp. C'est là qu'il apprendra que les camps ne sont pas l'apanage de l'Allemagne nazie et qu'il en existe aussi en URSS.

Il glane des renseignements sur François L, ce « quasi-mort qu'il faut », cet homme dont il "usurpe" l'identité. C'est un étudiant parisien, fils d'un des chefs de la Milice française, « ce mort vivant était un jeune frère, mon double peut-être, mon Doppelgänger : un autre moi-même ou moi-même en tant qu'autre. » Il lui restait à lui Jorge Semprun, au-delà du devoir de mémoire, d'écrire ces pages pour faire revivre cet homme dépossédé de son histoire, de son identité, d'écrire et décrire cette mort pour qu'au moins à travers les liens qu'elle a forgés, elle prenne un sens.

 

Œuvres de Semprun sur cette époque

Autres œuvres sur cette époque

  • Primo Levi, "Si c'est un homme" (Se questo è un uomo), Mémoires, 1947 et 1958
  • Marguerite Duras, "La Douleur", Éditions POL, 1985
  • Robert Antelme, "L'Espèce humaine", Éditions Gallimard, 1947, rééditions en 1957 et 1999

Voir aussi :

  • François-Jean Authier, "Le texte qu'il faut... réécriture et métatexte dans Le mort qu'il faut de Jorge Semprun, Travaux et recherches de l'UMLV, autour de Semprun, numéro spécial, 65-78, mai 2003

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25 février 2013 1 25 /02 /février /2013 18:00

Jorge Semprún : "LES SANDALES"


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                                   Jorge Semprun : les sandales

 

Référence : Jorge Semprún , "Les sandales", nouvelle, éditions Mercure de France, septembre 2002, isbn 2-7152-2367-6


Cette nouvelle -genre rare chez Semprún- nous entraîne dans une histoire apparemment simple, celle du mari, de la femme et de la maîtresse. France cette dernière se prépare à retrouver son amant Bernard fort attaché à cette femme qui a pourtant pris la décision de le quitter, que ce serait leur dernier rendez-vous. Lors d'une escapade à Venise, dans la chambre d'hôtel, elle se prépare en repensant à leur histoire et se pare pour la circonstance.

 

Description des préparatifs : D'abord, prendre une bonne douche, se faire un léger maquillage puis se vêtir. Phase capitale, "l'emballage" : ajuster une jupe serrée à la taille, aux hanches, évasée plus bas (Une jupe allègre, facile à trousser), les bas noirs à jarretières, la petite culotte minimale en dentelle.« Mes instruments de travail  » se dit-elle pour garder ses distances avec elle-même, face au trouble de leur relation. Et comme dernière touche, « des sandales raffinées, à talons et lanières, qui mettaient en valeur la finesse des chevilles, le galbe des jambes minces, fines et musclées. Elle était prête. »

 

On devine qu'ils sont sans doute tous deux issus d'un milieu aisé où la culture a sa place, l'art et la littérature, Picasso et René Char, rythment leurs journées et la recherche du plaisir pimente leurs étreintes.

 

Il y a Clémence bien sûr, la femme légitime, jusqu'à présent, aucune équilibre n'a encore été menacé, mais n'a t-elle pas décidé de le quitter ? Elle est bien décidée à la rupture mais en définitive, n'est-ce pas la vie qui décide, la passion n'étant pas éloignée de la tragédie.

 

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-Jorge Semprún : "Les Sandales" -- Le Masque et le Masqué : Semprún et les abîmes de mémoire

 

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