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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 15:14

La vie de Georges Brassens a donné lieu à de nombreuses biographies sur certains de ses aspects, sur une certaine période ou qui embrasse toute sa carrière et tendent parfois vers l'essai. Pour les études et essais sur Georges Brasssens, voir Brassens études et essais.


Je vous propose ce morceau choisi de celles qui m'ont paru intéressantes ou en tout cas les plus représentatives dans leur façon de retracer l'itinéraire du poète-chanteur-compositeur-interprète, sachant que j'ai pour l'instant laissé de côté les biographies-témoignages de ses amis ou connaissances.


Brassens villa santos-dumont 42.jpg Brassens joha.jpg. Villa Santos-Dumont . Brassens et Joha

Sommaire

  • 1 Sur les traces de Georges Brassens
  • 2 Georges Brassens, la marguerite et le chrysanthème (P. Berruer)
  • 3 Georges Brassens, histoire d'une vie (Robine/Séchan)
  • 4 Brassens, le livre du souvenir (Monestier/Barlatier)
  • 5 Georges Brassens, biographie intime (D. Ichbiah)
  • 6 Quelques autres résumés pour compléter ce florilège
    • 6.1 Brassens, au bois de son cœur, 30 ans de chansons (JP. Sermonte)
    • 6.2 Georges Brassens (LJ. Calvet)
    • 6.3 Georges Brassens, un copain d'abord (M. Zaragoza)
    • 6.4 J'aurais pu virer malhonnête (B. Lonjon)

1- Sur les traces de Georges Brassens

A Paris, Georges Brassens a toujours vécu entre le XIVe et le XVe arrondissement, un petit circuit qui aboutit à sa dernière demeure au 42 de la rue Santos-Dumont dans le XVe. Une virée qui permet de suivre ses traces, tout près des anciens abattoirs de Vaugirard devenus aujourd'hui le parc Georges-Brassens. C'est donc au 42 de la rue Santos-Dumont, qu'il décide de s'établir en 1969, après avoir quitté l'impasse Florimont dans le XIVe et passé quelques temps dans un immeuble de la rue Emile-Dubois. Dans cette rue constituée de petites maisons de ville à deux étages, se trouve la villa Santos-Dumont : en fait, une impasse où il fait bon vivre et où on n'est guère soumis au vacarme de la capitale. Maisons et lofts ont peu à peu remplacé les ateliers d'artistes, et les plantations empiètent largement sur le pavé. C'est dans cet endroit de la capitale, un peu retiré, que Brassens pouvait recevoir ses copains et composer en toute sérénité.


Tout près de là, le "parc Georges Brassens", rue des Morillons, invite à une balade digestive à travers les allées baptisées du nom de ses chansons. La flânerie permet de découvrir les anciens abattoirs, le jardin des senteurs, le rucher ou le beffroi, dernier vestige du pavillon des ventes à la criée. Un marché aux livres anciens et d'occasion de tient chaque week-end sous l'ancienne halle aux chevaux. On peut aussi poursuivre jusqu'au restaurant qui fait face au parc, 75, rue de Brancion, "Aux Sportifs ­Réunis", qu'on considérait comme la "cantine de Brassens" avec bien sûr nombre de photos du chanteur, seul ou avec des amis.

2- Georges Brassens, la marguerite et le chrysanthème (P. Berruer)

Georges Brassens, la marguerite et le chrysanthème est un récit biographique écrit par le journaliste Pierre Berruer, retraçant le parcours du chanteur Georges Brassens. [1]

« Il n'y a plus de marguerites; simplement des chrysanthèmes » constate Pierre Berruer ce samedi 31 octobre 1981 où Georges Brassens vient de s'éteindre. Cette marguerite qu'il aimait tant et dont il a fait le titre d'une de ses chansons, fleur de la liberté « qui pousse, anarchique, dans les champs, un peu sauvage mais qui se laisse apprivoiser par les amoureux », celle aussi qui tombe du bréviaire de l'abbé ou qu'il se refuse d'effeuiller dans le pot-au-feu. [2]


Ce livre devait justement paraître ces jours-ci. Devra-t-il jamais voir le jour ? 'Oui' répondent en chœur tous les amis qui y ont participé, ils sont nombreux mais citons quand même les 'mis de toujours', Éric Battista, Pierre Onteniente, Roger Thérond et les écrivains René Fallet et Jean-Pierre Chabrol.


Pierre Berruer retrace d'abord la vie de Brassens, du jeune sétois fils d'un maçon et d'une italienne très pieuse qui, victime d'une 'mauvaise réputation' après une 'ténébreuse affaire' migre chez sa tante à paris où il fera la connaissance de Jeanne Le Bonniec. Il va s'installer avec elle dans la petite maison de l'impasse Florimont, « dans un coin pourri du pauvre Paris » comme il l'écrira plus tard. [3]


Ce n'est qu'en 1952 après la rencontre avec Patachou que la vie de l'homme et du chanteur se rejoignent et que finit le temps 'de la vache enragée'. Il sera alors successivement Grand prix du disque de l'Académie Charles-Cros, Prix de poésie de l'Académie française. Malgré tous ces honneurs, il n'a jamais varié, il reste celui qui a puisé dans l'anarchie la revendication viscérale de la liberté, sa haine de toute forme de domination et de la guerre. Il meurt d'un cancer à l'âge de 60 ans et ce livre est aussi un hommage à l'occasion du vingtième anniversaire de sa disparition.


Informations complémentaires
Bibliographie

  • René Iskin, Dans un camp, Basdorf 1943, Georges Brassens et moi avions 22 ans, éd. Didier Carpentier, novembre 2005 , isbn 2-841-67365-0
  • Jacques Vassal, Brassens, le regard de « Gibraltar », éditions Fayard/Chorus, août 2006, isbn 2-213-62813-0
  • Jean-Claude Lamy, Brassens, le mécréant de Dieu, Éditions Albin Michel,
  • Pierre Berruer, Bourvil, du rire aux larmes, éditions Presses Pocket, 1976, 254 p
  • Pierre Berruer, Jacques Brel va bien, il dort aux Marquises, Presses De La Cité
  • Pierre Berruer, Le bon dieu n'a pas d'oreilles, prix littéraire Georges-Brassens, éditions Plon, 1986

Voir aussi :
- Hervé Bréal, Brassens de A à Z, éd. Albin Michel, 2001, isbn 2-226-11117-4
- Liens externes: Site officiel consacré à Georges Brassens


Berruer1.jpg . . Berruer2.jpg la marguerite et le chrysanthème

3- Georges Brassens, histoire d'une vie (Robine/Séchan)

Georges Brassens, histoire d'une vie est une biographie du chanteur Georges Brassens écrite par Marc Robine et Thierry Séchan en 1991, à l'occasion du dixième anniversaire de sa disparition, avec une préface du chanteur Renaud.


En exergue, les auteurs ont placé de façon malicieuse cette citation de Gustave Flaubert tirée de La tentation de Saint-Antoine : « Hypocrite qui s'enfonce dans la solitude pour se livrer mieux aux débordement s de ses convoitises!Tu te prives de viandes, de vin, d'études, d'esclaves et d'honneurs; mais comme tu laisse ton imagination t'offrir des banquets, des parfums, des femmes nues et des foules applaudissantes! Ta chasteté n'est qu'une corruption plus subtile, et ce mépris du monde l'impuissance de ta haine contre lui. »


Cette biographie très complète reprend les grandes étapes du parcours du chanteur. Sa jeunesse assez préservée dans le centre ville de Sète pendant l'entre-deux-guerres, le départ chez sa tante à Paris après « une ténébreuse affaire ». C'est dans ce quartier où il s'établira plus tard qu'il goûte au piano en autodidacte.


La guerre et l'immédiat après-guerre seront des périodes difficiles. La guerre pour lui, c'est le STO à Basdorf près de Berlin, la « désertion » chez la chère Jeanne. L'impasse Florimont, c'est Jeanne et son mari le père Planche, des années de grande pauvreté dont Brassens s'accommode fort bien et d'engagement dans le mouvement anarchiste. La suite est beaucoup plus connue et rejoint la lente course vers le succès qui n se démentira plus jusqu'à la fin.


L'intérêt de cette biographie tient d'abord à sa présentation : après une biographie fort complète, les auteurs proposent une analyse thématique de son œuvre, intéressante et fouillée.


Informations complémentaires
Bibliographie

  • Émile Miramont dit Corne d’aurochs, Brassens avant Brassens – De Sète à l’impasse Florimont, éd. L’Archipel, 2001, isbn 978-284187-327-2
  • René Iskin, Dans un camp, Basdorf 1943, Georges Brassens et moi avions 22 ans, éd. Didier Carpentier, novembre 2005, isbn 2-841-67365-0
  • Louis Nucera, Brassens, délit d'amitié, L'Archipel 2001, isbn 2-84187-326-9

Voir aussi :
- François-René Cristiani, Jean-Pierre Leloir, Trois hommes dans un salon, Brel, Brassens, Ferré (retranscription de leur conversation diffusée sur RTL, le 6 janvier 1969), éditions Fayard/Chorus, 2003, isbn 978-22136-1671-1
- Jean-Louis Garitte, Parlez-vous le Brassens ?, Éditions Le Bord de l'eau, 2007, isbn 978-2-915651-65-2
- Liens externes: Site officiel consacré à Georges Brassens

4- Brassens, le livre du souvenir (Monestier/Barlatier)

  • Ce livre-album est paru en deux versions :

Martin Monestier, Pierre Barlatier : Brassens, le livre du souvenir
--- Grand format (265 x 365), illustré de photographies avec retranscription d’un entretien avec Philippe Nemo diffusé sur France Culture en 1979, éditions Sand & Tchou, septembre 2001 (ISBN 2-7107-0143-XI)
--- édition petit format (153 x 240), sans photographies, éditions Tchou, septembre 2006, 2-7107-0744-6
--- On peut aussi noter une première édition datant de 1982 et complétée par la suite, ainsi que la réédition du 1/10/2001 aux éditions Sand Tchou dans la collection Beaux livres, 232 pages, isbn 2-71-070253-3


Naissance de Brassens « Sète, au 54 de la rue de l'Hospice : L'arrivée, le 22 octobre 1921, de cette petite chose joufflue et braillarde n'est pas l'événement de la saison. Qui pourrait deviner que son nom figurera un jour dans le dictionnaire ?» Georges-Charles vient d'arriver mais par la suite, il s'en tiendra à son premier prénom.


L'éditeur parle de livre-culte à propos de cet ouvrage. On y retrouve en tout cas ce qui a fait son succès à son corps défendant, ses costumes en velours côtelé, son air à la fois bourru et si fraternel. compter. Il y eut aussi ses chats quand il aimait rester 'auprès de son arbre' ou sur 'un banc public', tous les copains avec qui on se marrait, on se gobergeait, on blaguait et on se faisait des blagues.


Il était comme ça, peu de choses semblaient le toucher vraiment sauf ce qui était sacré à ses yeux, les copains bien sûr et puis la paix et la liberté, ses deux valeurs fondamentales. Il restait un peu à l'écart, marginal, un peu bougon, sans révolte contre l'irrémédiable.


Brassens le livre du souvenir monestier.jpg Martin Monestier et Pierre Barlatier, le livre du souvenir

5- Georges Brassens, biographie intime (D. Ichbiah)

Georges Brassens, biographie intime est un récit biographique du chanteur Georges Brassens écrite par l'écrivain et biographe Daniel Ichbiah et paru chez City Éditions.

Lorsque Georges Brassens disparaît en octobre 1981, il est aussi bien un 'grand' de la chanson française qu'un auteur considéré comme un poète; l'ouvrage qui lui est consacré aux éditions Seghers en est l'une des meilleurs expressions.

 

Sa carrière, longue et régulière, est jalonnée de succès jamais démentis et de chansons qui donnent à sa création des qualités inimitables. Plus d'un demi siècle après sa disparition, le succès est toujours là, on ne le critique plus guère, il est même devenu 'intouchable', ce qui l'aurait fort surpris, lui le modeste -du titre de l'une de ses chansons- et certainement provoqué ce petit air de gorge ironique qu'il avait quand il avait fait une bonne blague à un copain (ce qu'il affectionnait). [4]


On ne lui reproche plus aujourd'hui sa 'mauvaise réputation' ou d'avoir dénoncé l'hypocrisie de la société, souvent de façon assez ironique et 'gaillarde'. Ce livre nous plonge dans le Brassens, lui dont un ami disait lors du dixième anniversaire de sa mort : « Ça fait dix ans qu'il n'est pas mort. » D'un point de vue biographique, les grandes époques sont passées en revue, souvent appuyées par des documents peu connus ou inédits : son enfance sétoise de fils de maçon, le STO en Allemagne et sa vie à Basdorf, l'anarchiste de l'immédiat après-guerre. Il existe aussi chez Isbiah une volonté d'aller un peu plus loin dans les années de succès que les stéréotypes tenaces du moustachu à la pipe, à la guitare et aux chats. Mais bien sûr, Le gorille et Brave Margot font toujours partie du portrait... sans oublier Les copains d'abord.

61- Quelques autres résumés pour compléter ce florilège

611- Brassens, au bois de son cœur, 30 ans de chansons (JP. Sermonte)

Brassens, au bois de son cœur, 30 ans de chansons est une anthologie sur le chanteur Georges Brassens écrite par Jean-Paul Sermonte, qui est en fait une réédition d'après son ouvrage Brassens, le prince et le croque-notes paru aux éditions du Rocher en 1990.


C'est sans doute la première fois qu'un ouvrage sur Brassens présente une discographie et une bibliographie complètes comprenant la liste intégrale des interprètes de Brassens à travers le monde.


Cet ouvrage est une véritable encyclopédie illustrée de plus de 400 photographies diverses et d'une documentation, avec de nombreux inédits, des extraits de correspondance privée ainsi que le témoignage rare et précieux de sa compagne Püppchen.


L'auteur Jean-Paul Sermonte a écrit deux ouvrages sur la vie et l'œuvre de Georges Brassens et il est aussi le fondateur et le rédacteur en chef de la revue Les Amis de Georges.

 

    

Biographie de Louis-Jean Calvet                                      Brassens et Pupchen

612- Georges Brassens (LJ. Calvet)

Georges Brassens est un récit biographique du chanteur Georges Brassens écrite par Louis-Jean Calvet avec une préface de Louis Harmand.


C'est un travail en profondeur sur Georges Brassens que nous propose Louis-Jean Calvet, qui s'appuie sur sa grande connaissance de la chanson en général, sur les témoignages et interviews de proches du chanteur ainsi que sur de nombreux documents. Il retrace dans son livre l'extraordinaire destin de ce fils de maçon sétois qui sut résister à toutes les mode, et devint le symbole de la chanson poétique, le 'poète de la chanson française'.

613- Georges Brassens, un copain d'abord (M. Zaragoza)

Georges Brassens, un copain d'abord est un récit biographique du chanteur Georges Brassens écrit par Marcel Zaragoza, avec une préface de son ami et impresario Pierre Onteniente.


Ce livre offre la particularité d'être livrée accompagné d'un disque CD audio.

Illustré de nombreux dessins et photographies, cet ouvrage retrace l'itinéraire de chanteur et nous le, présente sous différents aspects connus ou moins connus : l'anarchiste, celui pour qui l'amitié est une valeur essentielle, l'amoureux... et pas seulement des bancs publics, l'humaniste et l'anti militariste...


Une peinture intime complétée par des souvenirs de l'ami Pierre Onteniente, celui qu'il avait surnommé "Gibraltar" et à la fin une présentation de sa chanson Bonhomme, chanson qui lui était particulièrement chère et dont il disait qu'il se séparer de presque tous ses textes, sauf celui-là.

 

De la subtile harmonie entre texte et musique, il disait : « Ma musique doit être inattendue, elle doit être comme la musique d'un film : il faut qu'elle donne une atmosphère à l'image qu'on est en train de voir mais il ne faut pas qu'elle prenne le pas sur celle-ci, sinon c'est foutu. » Le CD qui l'accompagne est composé de textes récités et de chansons peu connues.

614- J'aurais pu virer malhonnête (B. Lonjon)

J'aurais pu virer malhonnête est un récit biographique du chanteur Georges Brassens écrit par Bernard Lonjon.


J'aurais pu virer malhonnête , Secrets d'une jeunesse tumultueuse précise Bernard Lonjon en sous-titre.


C'est Brassens lui-même qui disait mi figue, mi raisin : « J’aurais pu être un gangster. Si je n’étais pas chanteur, c’est voleur que j’aurais été. Piquer du fric… ça doit être bath ! » Il le dit expressément dans une de ses chansons Stances à un cambrioleur. [5] Il y fera allusion dans d'autres chansons comme La mauvaise réputation, La mauvaise herbe ou Je suis un voyou. [6]


Adolescent à Sète, il participa à une 'ténébreuse affaire' de petits larcins qui lui valut effectivement une mauvaise réputation et de partir se faire oublier chez sa tante Antoinette à Paris, dans ce quartier qu'il ne quittera plus guère par la suite, histoire qu'il mettra plus tard en vers dans une chanson intitulée Les quatre bacheliers.


Les chansons de Brassens servent de fil conducteur à cet ouvrage qui présente aussi nombre d'histoires inédites. Comme tous les anarchistes, Brassens est fiché aux Renseignements Généraux comme « anarchiste intellectuel qui écrit des chansons inspirées des théories libertaires, qui insulte la Police, la Gendarmerie et l’Armée et est poursuivi pour complicité d’adultère ». On y trouve sa fiche de police, les rapports qu'avait alors le chanteur avec les francs-maçons ou les communistes, ce qui peut paraître assez curieux pour cet anarchiste impénitent qui disait aussi : « Quand on est anarchiste, on le reste, c’est congénital. Je n’ai pas de maître. » Il est vrai que l'on retrouve tout Brassens dans ces paroles et d'abord 'son violent amour' pour la liberté.


Brassens Lonjon.jpg
  1. Voir Brassens et la Bretagne (P. Berruer)
  2. Voir sa chanson La non demande en mariage
  3. Voir sa chanson Le bistrot
  4. Parmi les nombreuses biographies consacrées à Brassens, voir : Éric Battista et Mario Poletti, Georges Brassens, souvenirs et portrait d'intimes, éditions du Grésivaudan, 1986/1987
  5. Voir son avant dernier album intitulé Fernande
  6. Voir ses albums intitulés Les Sabots d'Hélène et La Mauvaise Réputation
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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 14:53

Dans la veine de ma présentation sur les biographies consacrées à Georges Brassens, (Brassens biographies) je vous propose cette fois un aperçu sur des ouvrages consacrés à l'étude, à l'analyse de ses textes, à sa technique de composition et à sa façon d'envisager l'écriture.

Je vous propose donc quelques morceaux choisis sur toutes celles qui existent et qui contiennent une analyse intéressant de ses écrits.


Brassens Rochard.jpg

Sommaire

  • 1 L'Univers symbolique de Georges Brassens (A. Tytgat)
  • 2 Brassens par Brassens (L. Rochard)
  • 3 Les Mots de Brassens (L. Rochard)
  • 4 Brassens ... à la lettre (C. Radiguet)
  • 5 Parlez-vous le Brassens ? (JL. Garitte)

1- L'Univers symbolique de Georges Brassens (A. Tytgat)

L'Univers symbolique de Georges Brassens est une étude sur les textes du chanteur Georges Brassens écrit par Agnès Tytgat, auteur-compositeur qui collabore à la revue Les Amis de Georges consacrée à Brassens, avec une préface d'André Tillieu.


Référence : Agnès Tytgat, L'Univers symbolique de Georges Brassens, éditions Didier Carpentier, novembre 2004, 107 pages, isbn 284167293X


L'émotion que provoquent les chansons de Brassens, il faut la chercher dans les mythes qu'il développe, dans le foisonnant imaginaire du poète et dans les mots choisis qu'il utilise, des mots dont certains reviennent souvent, auxquels il donne une coloration particulière comme la nature avec la marguerite ou le myosotis, le saule ou le chêne, les animaux lui l'amoureux des chats ou le défenseur du gorille.


La mythologie aussi l'inspirait beaucoup, il y trouvait une source de symboles extraordinaires dont ses proférés furent Bacchus, Noé, Vénus, Cupidon, Jupiter... et sa chanson Le grand Pan que semble affectionner l'auteur, ceci à travers des thèmes classiques sur le sens de la vie avec une mort souvent présente. Une analyse rigoureuse qui peut expliquer pourquoi bien longtemps après la disparition du poète ses chansons sont toujours présentes et pourquoi il compte de par le monde quelque six cents interprètes.


L'univers symbolique de Georges Brassens illustré à partir de la chanson Le grand Pan nous présente la plus grande partie de ses chansons pour tenter une explication de son succès plus de vingt ans après sa mort. L'auteure nous parle de la symbolique et des mythes que le poète, à travers sa culture et son imaginaire, voulait nous faire partager, ses images de sa faune et sa flore, son univers personnel, marguerite ou myosotis, saule ou chêne, chat, gorille, mansarde, vent, lune, soleil... personnages mythologiques Bacchus, Noé, Vénus, Cupidon, Jupiter, le Christ... qui traversent son œuvre et développe des thèmes éternels.

2- Brassens par Brassens (L. Rochard)

Brassens par Brassens est une étude sur les déclarations et les interviews du chanteur Georges Brassens écrit par Loïc Rochard avec une préface de René Fallet.


Référence : Loïc Rochard, Brassens par Brassens, éditions Le Cherche-Midi, collection Autoportrait, mai 2005, 270 pages, isbn 274910405X


De ses débuts chez Patachou en 1952 jusqu'à sa mort en 1981, si Brassens a beaucoup chanté, il a aussi beaucoup parlé. Loïc Rochard [1] a méticuleusement repris toutes ses déclarations et nous en livre ici son analyse. Georges Brassens n'aimait pas beaucoup parler en public ou répondre à des interviews et cette initiative n'en a que plus de valeur. Il est tour à tour le libertaire adversaire de l'ordre établi, homme de tolérance antimilitariste, luttant contre la guerre et la violence, moraliste solidaire tout en restant sur son quant-à-soi, provocateur bien sûr qui n'allait pas sans une grande tendresse, mélancolique parfois et rabelaisien toujours.


Autoportrait attachant, « autoportrait imprévu » précise la présentation, entre une certaine rudesse et son immense tendresse, ses provocations calculées et son sens de l'auto dérision, c'est un Brassens qui apparaît sous de multiples facettes. Il est dépeint tout à tour en jeune chahuteur, en chanteur mal à l'aise, suant et bougonnant, en amoureux 'des bancs publics' jouant avec le langage, tolérant, libertaire et anti-militariste [2] moraliste aussi même s'il s'en défendait, un brin individualiste mais tout aussi solidaire, tout à la fois « solitaire et solidaire » selon la formule d'Albert Camus, [3] mélancolique parfois quand il évoque le passé et le temps qui passe [4] surtout dans les dernières années où il sentait peser la maladie qu'il raillait volontiers. [5]


3- Les Mots de Brassens (L. Rochard)

Les Mots de Brassens est une étude sur le vocabulaire du chanteur Georges Brassens écrite par Loïc Rochard.


Références : Loïc Rochard, Les Mots de Brassens, éditions Le Cherche-Midi, Collection Brassens D'abord, 357 pages, 2009, isbn 2-74-911503-5


Se plonger dans les chansons de Georges Brassens permet d'y faire d'étonnantes trouvailles et découvertes. Des mots qu'on n'emploie plus guère maintenant, des bigots, des loustics, des jean-foutre, des jobards, des fesse-mathieu, des maritornes, des engeances, des foutriquets, des grimauds, des succubes, des sycophantes, des pendards, des harengères, des folliculaires, des grisons, des cousettes, ou des ribauds : tout un monde de mots et d'univers qui font la spécificité de Brassens et de son style autant que sa façon de chanter.


Les synonymes sont un peu sa spécialité et il n'a pas de mots de trop pour désigner les flics, lui l'anarchiste impénitent : les argousins, les cognes, les 'chaussettes à clou', les pandores, les sbires... ses mots témoignent de la variété de son vocabulaire qui peut aussi bien faire appel au langage commun qu'au langage recherché... voire être tiré de l'argot.

Loïc Rochard nous donne là un catalogue à la Brassens avec toute sa succulence : mots délaissés ou peu usités, tournures argotiques ou populaires, jurons ou adages, vocables familiers ou expressions suggestives...


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4- Brassens ... à la lettre (C. Radiguet)

Brassens ... à la lettre est une étude biographique sous forme de dictionnaire sur le chanteur Georges Brassens écrite par Chloé Radiguet.


Références : Chloé Radiguet, Brassens ... à la lettre, éditions Denoël, 240 pages, 2006, isbn 2-20-725873-4


Il s'agit d'un ouvrage sous forme de dictionnaire, de A comme Accordéon à Z comme Zizanie où l'on découvre l'homme Brassens avec son univers musical, ses amis et ses amours, ses ambivalences concernant les femmes et la religion... Toute une foule de détails sur sa vie et son comportement avec ses amis, les nombreux personnages qui l'ont marqué ou qui ont traversé son existence.


Grand admirateur de Brassens, Georges Moustaki y dénote « richesse de l'anecdote, confidences insolites, citations éloquentes, tout ce qui rend Brassens si attachant, si familier, si surprenant. »


Il s’agit d’une sorte de dictionnaire amoureux, un « Brassens de A (comme Accordéon) à Z (comme Zizanie) » où défilent son univers, sa vie, ses amours, ses faiblesses, ses passions, sa vénération pour la musique et la littérature, ses doutes et ses antipathies, son art, sa philosophie, ses amitiés, les secrets et l’historique de ses chansons, les détails et les grandes lignes de son itinéraire, la face cachée et les facettes lumineuses de l’artiste, les pérégrinations de l’homme, les savoureuses digressions, la galerie de portraits des fidèles et des courtisans.

 

Car il y a d’innombrables Brassens en Brassens, mille personnages qui composent son personnage... Chloé Radiguet les a approchés méticuleusement, avec humour, lucidité, impartialité, avec tendresse et admiration. Il y a, dans cet ouvrage, un pied de nez à l’hagiographie laudative et barbante, en lui préférant la richesse de l’anecdote, les confidences insolites, les citations éloquentes ; tout ce qui rend Brassens si attachant, si familier, si surprenant. Extrait de la préface de Georges Moustaki.

5- Parlez-vous le Brassens ? (JL. Garitte)

Parlez-vous le Brassens ? est une étude sur les textes du chanteur Georges Brassens écrite par Jean-Louis Garitte.


Références : Jean-Louis Garitte, Parlez-vous le Brassens ?, éditions Le bord de l'eau, collection Musique & chansons, 225 pages, 2007, isbn 2-91-565165-5


Jean-Louis Garitte se propose d'analyser ce qui fait l'originalité des textes de Brassens : mélange des mots argotiques et châtiés, références classiques, archaïsmes et constructions elliptiques se conjuguent et se complètent pour donner un ensemble qui fait son originalité. Le style de Brassens, c'est tout cela : des références mythologiques à la verve gauloise, de la culture classique à la culture populaire pour mieux surprendre celui qui écoute ses chansons ou qui lit ses textes.
Tel est l'objectif de ce livre : faire comprendre et donner envie.


L'analyse correspond à une mise en évidence de la richesse de l'œuvre et permet de rentrer dans l'univers du poète. Le livre comprend 7 parties: le vocabulaire, les expressions, les allusions littéraires, les jurons, les phrases "défigéees", les noms propres et enfin, des citations.


https://encrypted-tbn0.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcRWcR6WN2tSB-51UKGyU7tTF8LlhdioWX0nMutVNKytG1jW36pTbg

Voir aussi mes autres articles sur ce thème

Notes et références

  1. Loïc Rochard vit en Bretagne, au bord du golfe du Morbihan où il s'adonne à ses deux passions favorites : la mer et Georges Brassens
  2. Voir par exemple sa chanson Les deux oncles
  3. Voir le livre album écrit par sa fille Catherine Camus Albert Camus, Solitaire et Solidaire
  4. Voir par exemple sa chanson Le temps passé
  5. Voir dans son dernier album les deux chansons Trompe la mort et Le boulevard du temps qui passe

Références bibliographiques

  • Hervé Bréal, Brassens de A à Z, éd. Albin Michel, 2001, isbn 2-226-11117-4
  • Linda Hantrais, Le Vocabulaire de Georges Brassens, 2 volumes, éditions Klincksieck, 1976
  • Loïc Rochard, Brassens, sans technique un don n'est rien..., 11/2010, isbn 978-2-9510494-2-0
<<< Christian Broussas - Feyzin, 13 novembre 2012 - << © • cjb • © >>>> 
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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 13:46

Les témoignages directs et documents divers ne manquent pas sur la vie et la carrière de Georges Brassens et le plus difficile est de sélectionner les plus pertinent ou les plus représentatifs, ceux qui sont vraiment des témoignages de première plan, de proches qui ont côtoyé Brassens tout au long de sa vie ou tout au moins, qui l'ont bien connu pendant quelques années ou qui apportent des détails parfois inédits sur un pan de sa vie qui donne un éclairage plus intime, plus personnel sur le personnage.

 

Sur la trentaine de livres qui a priori offrent un intérêt dans ce domaine, je vous propose de privilégier ceux des amis véritables, les copains de l'enfance sétoise, les amis du camp de Basdorf qui pour certains, ne l'ont ensuite guère quitté, ceux qui ont liés un grande amitié ensuite pendant sa carrière de chanteur comme l'écrivain René Fallet ou des journalistes comme André Tillieu ou Josée Stroobants qui sont devenus de véritables amis.

 

Dans la veine de ma présentation sur les biographies consacrées à Georges Brassens, (Brassens biographies) et les études (Brassens études et essais), je vous propose cette fois de nous balader dans les morceaux choisis et parfois les confidences de ses amis.

Sommaire

  • 1 Les amis de Sète et de Basdorf
    • 1.1 Brassens avant Brassens (E. Miramont)
    • 1.2 Brassens l'ami (M. Poletti)
    • 1.3 Brassens me disait (M. Poletti)
    • 1.4 Brassens, Le Mauvais sujet repenti (V. Laville)
  • 2 Les amis de Brassens chanteur
    • 2.1 Georges Brassens, auprès de mon arbre (A. Tillieu)
    • 2.2 Brassens par René Fallet
    • 2.3 Brassens, délit d'amitié (L. Nucéra)
    • 2.4 Une vie d'amitié avec Georges Brassens (J. Stroobants)
    • 2.5 Brassens et la Bretagne (P. Berruer)

Emile-Miramont-et-Brassens

Brassens et Emile Miramont dit Corne d'Aurochs

1- Les amis de Sète et de Basdorf

  11- Brassens avant Brassens (E. Miramont)

Brassens avant Brassens est un récit biographique écrit par Émile Miramont sur son ami, le chanteur et interprète Georges Brassens.

 

Références : Brassens avant Brassens, Émile Miramont, éditions L'Archipel, 214 pages, 2001, isbn 2-84-187327-7


Émile Miramont, dit Corne d'aurochs est l'un des amis d'enfance les plus connus de Brassens. Le chanteur brocarda gentiment son ami dans l'une de ses premières chansons qu'il enregistra, Corne d'aurochs . Pourtant Miramont est tourangeau né un an après Brassens et arrive à Sète quand il a huit ans. Amitié immédiate qui durera jusqu'à la mort du chanteur. Puis Émile Miramont ira se retirer à Lombez, dans le Gers.

 

Quand en 1930 ils se rencontrent à Sète, ils ont huit-neuf ans et sont toujours ensemble. Georges est alors un garçon plutôt espiègle qui donne des surnoms à tout le monde, Miramont sera successivement le Tube, Corne de Roc transformé en Corne d'aurochs. Ils se retrouvent à paris quand Georges se planque chez Jeanne pour échapper au STO. Il rêve d'entendre les chansons qu'il compose interprétées par les artistes alors en vogue. Mais le succès, ou tout au moins une certaine reconnaissance tarde à venir et il est obligé d'aller travailler quelque temps chez Renault. C'est toute cette époque d'un Brassens méconnu que Miramont nous raconte, avec les personnages qu'on retrouvera un jour dans ses chansons : l'Auvergnat bien sûr, Jeanne et sa cane, le bricoleur, la traîtresse, Jo l'Amazone qui lui inspira plusieurs chansons dont P... de toi... De la maison familiale de la rue de l'Hospice à Sète (devenue pour sa partie haute la rue Georges Brassens) jusqu'à la rencontre avec Patachou en 1952, ce sera le temps des vaches maigres auxquelles Brassens s'accommode sans trop d'efforts dans un immédiat après-guerre plutôt morose en France jusqu'aux premières marches qui le mèneront copiner avec Les Trompettes de la renommée.

 

Émile Miramont nous peint un Brassens adolescent, rêveur qui goûte peu l'école, les copains et les filles, son éveil à la poésie et à la chanson, et cette affaire bénigne, cette histoire de petits larcins qui l'a pourtant marqué et lui laissera le goût amer de la mauvaise réputation. C'est à la suite de ça -et le renvoi du collège de tous les protagonistes de l'affaire- qu'il s'éloigne de Sète, rejoint l'appartement de sa tante Antoinette Dragosa rue d'Alésia à Paris où il trouvera -quelle aubaine- un piano et fera la connaissance de l'une des amies de sa mère, Jeanne Le Bonniec, une bretonne têtue qui se mariera avec Planche, l'auvergnat de la chanson.

 

Il y restera longtemps dans cette impasse Florimont où, tout démuni qu'ils étaient tous les trois dans la maisonnette sans commodités, Brassens a été heureux, chouchouté par Jeanne comme une mère poule... jalouse. L'homme aux cheveux longs -ce n'était pas vraiment la mode à l'époque mène plutôt une vie de 'poète maudit', fréquente les milieux anarchistes, sera même un temps rédacteur en chef d'un journal anarchiste Le Libertaire, se veut plutôt auteur-compositeur que chanteur et il faudra toute de ses amis d'enfance Roger Thérond et André Laville pour qu'il accepte de les accompagner jusqu'au cabaret de la chanteur-meneuse Patachou. La carrière de Georges Brassens peut commencer.

12- Brassens l'ami (M. Poletti)

Brassens l'ami est un récit biographique écrit par Mario Poletti sur son ami, le chanteur et interprète Georges Brassens.

 

Références : Mario Poletti, Brassens l'ami, éditions du Rocher, 163 pages, octobre 2001, isbn 2-26-804060-7


Ce livre de "l'ami Mario Poletti" se veut d'abord un témoignage sur des thèmes aussi variés que, comme l'indique le sous-titre « des souvenirs, des anecdotes, des conversations et des réflexions. »

Dans sa présentation Mario Poletti dit qu'il a écrit « à la fois un livre d'images et de conversations, réflexions, propos lancés à bâtons rompus. » C'est un témoignage d'autant plus intéressant que Georges Brassens « si discret et réservé face à son public était tout le contraire en privé. » Cet 'orfèvre des mots' avait beaucoup fréquenté les humoristes et un esprit très original qu'il a imprimé aux textes de ses chansons. Même s'il est difficile de transcrire et de faire ressentir au lecteur « le vécu de tant de soirées passées en sa compagnie avec les copains, » il s'efforce de nous transmettre cette flamme qu'animait le poète.


photo

13- Brassens me disait (M. Poletti)

Brassens me disait est un récit biographique écrit par Mario Poletti sur son ami, le chanteur et interprète Georges Brassens.

 

Références : Mario Poletti, Brassens me disait, éditions Flammarion, 233 pages, 2006, isbn 2-08-011635-2


Ce livre de 'l'ami Mario Poletti' nous présente Brassens sous un jour nouveau. Il est constitué de quelque 80 textes collectés par Poletti et agrémenté de nombreuses photographies. À partir de vingt années d'amitié et complicité, Georges Brassens est présenté d'une manière assez originale dans sa vie de tous les jours, avec son cercle d'amis si important pour lui, sa simplicité, sa générosité et son humour (parfois noire).


On y trouve beaucoup d'anecdotes, des manuscrits et brouillons inédits, leur grande connivence dans leurs lectures et des photos du temps où ils n'étaient que deux gamins sétois.

Voir aussi ce troisième livre de Mario Poletti : Éric Battista et Mario Poletti, Georges Brassens, souvenirs et portrait d'intimes, éditions du Grésivaudan, 1986/1987


Brassens Louki Poletti Favreau Poletti à gauche de Brassens

14- Brassens, Le Mauvais sujet repenti (V. Laville) 

Brassens, le mauvais sujet repenti est un récit biographique de Victor Laville et Christian Mars sur le chanteur et interprète Georges Brassens.

 

Références : Victor Laville, Christian Mars, Brassens, le mauvais sujet repenti, éditions L' Archipel, 233 pages, 2006, isbn 2-84-187863-5

 

Victor Laville est un ami d'enfance de Brassens. Ils ont fait connaissance au collège de Sète en 1935 et dès lors, seront toujours très proches. Au début de l'année 1952, alors que Brassens connaît les pires difficultés pour se faire reconnaître, Victor Laville le mène à une audition capitale pour lui dans le cabaret montmartrois de Patachou . Les deux auteurs, Victor Laville a travaillé longtemps à aris-Match et Christian Mars est l'auteur de plusieurs livres, surtout dans le domaine de la chanson et de la danse.

 

Ce titre Le mauvais sujet repenti, outre la référence au titre d'une de ses chansons, montre l'évolution du chanteur, même s'il a toujours gardé cette étiquette de mauvais garçon de la chanson française. Le rebelle solitaire et anarchiste a évolué vers le poète et le pacifiste sans jamais se renier.

Réunissant des souvenirs et des témoignages souvent inédits, les auteurs nous montrent un Brassens qu'on ne connaît pas forcément, des facettes du personnage qui ne collent pas forcément avec son image, son rapport ambivalent au divin, son goût du macabre [1] ou son obsession de la mort. [2]

 

D'autres anecdotes touchent surtout sa vie privée comme 'l'affaire des bijoux' qui va le conduira à paris chez sa tante puis chez l'une de ses amies, Jeanne ou ses rapports avec Patachou. Après celle de l'ami René Fallet, ce livre est complété par une 'visite guidée' de son répertoire.

2- Les amis de Brassens chanteur

21- Georges Brassens, auprès de mon arbre (A. Tillieu)

Georges Brassens, auprès de son arbre est un récit biographique d'André Tillieu retraçant le parcours de Georges Brassens et des épisodes qu'ils vécurent ensemble avec une préface de l'écrivain Bernard Clavel.

 

Références : André Tillieu, Georges Brassens, auprès de son arbre, éditions Julliard, 305 pages, 1983, isbn 2-266-01779-9


Au début, il ne 'agissait que d'un petit texte pour accompagner un album de photos. Mais le projet a traîné et Brassens a disparu. Tillieu a repris le projet en se concentrant sur les "temps forts" de la vie de Brassens, essayant d'éliminer ce que la presse a rabâché, les faits archi connus de sa vie et de sa carrière. Ce ne sont pas non plus "des mémoires d'anciens combattants", c'est un acte d'amitié pour celui qui a été "foudroyé comme un chêne à l'automne", sa saison préférée.

 

« Il faut mettre les choses à leur vraie place » annonce Bernard Clavel dans sa préface. « Artiste de génie » ajoute-t-il et pas seulement un artisan. Mais il a su rester lui-même se méfiant des arcanes parisiennes et se moquant de la célébrité. L'amour et l'amitié sont pour lui les deux valeurs suprêmes, elles font partie « du tas de bois où va puiser l'auvergnat pour alimenter son grand soleil de feu. » André Tillieu, journaliste belge qui a suivi la carrière de Brassens et a fini par nouer avec lui une belle amitié s'est voulu original dans son récit, sacrifiant les épisodes très connus et se défendant de reprendre ce qui avait déjà été raconté avec plus ou moins de bonheur.

 

Tout en respectant l'ordre chronologique, il présente son récit en autant de paragraphes significatifs pour lui : une vie toute simple, portrait de chevalet, faits et gestes de l'amitié, le coup de chapeau du jazz, dérouler le tapis rouge, la dernière année, s'il fallait faire un pari. Il termine par "quelques amis autorisés" qui y vont de leur petite phrase, de René Fallet, Louis Nucéra, Yvan Audouard, Alphonse Boudard, Bernard clavel, Claude Nougaro...
Il disait que ce livre était « son bouquet d'adieu au 'tonton'. »


 

André Tillieu a également écrit plusieurs ouvrages sur son ami Brassens : Brassens vivant, le succès dans la rupture, avec Paul Louka, 54 pages, 1991, Brassens et la Belgique, éditions Le veilleur de nuit, 1999, D'affectueuses révérences (recueil de chroniques), éditions Arthémus, 2000, En cassant la graine avec Georges Brassens (réunions rue Santos-Dumont, 21 pages), éditions Le veilleur de nuit, 2000, Georges Simenon et Georges Brassens (art. in revue), Les Amis de Simenon, 2003, La morale de Georges Brassens, (Les grands thèmes de ses chansons), 30 pages, éditions Le veilleur de nuit, 2001, L'épistolier de Montparnasse (plaquette, 50 exemplaires), éditions Le veilleur de nuit, 2002, Les préfaces de Georges Brassens, (50 préfaces données par Brassens à des artistes amis, 57 pages), Zizique Éditions, 2000, Un petit coin du Panthéon poétique de Georges Brassens (les poètes qu'il aimait, tirage limité), éditions Le Veilleur de nuit, 2001

22- Brassens par René Fallet

Références : René Fallet, "Georges Brassens", éditions Denoël, collection Beaux Livres, 142 pages, 1967, réédition augmentée, octobre 2001, ISBN 2207252612


L'écrivain René Fallet a été l'un des premier en 1967 à écrire un livre sur son "pote" Brassens. Il y évoque surtout sa grande affection pour celui qu'il appelait "Geo". Tout a débuté bien longtemps avant, en 1953 quand René Fallet écrit un article "positif" sur le chanteur débutant, article qui tranchait sur les maigres articles écrits sur lui, dont il disait qu'il était "un bon gros camion de routiers lancé à tout berzingue sur les chemins de la liberté". Le point de départ d'une amitié qui ne se démentira jamais.


René Fallet écrira bien d'autres textes sur Brassens et la réédition de 2001 s'enrichit d'extraits du journal de Fallet, mélange de témoignage d'une amitié et de bons mots du chanteur, des photos personnelles de Fallet, amitié quelque peu exclusive dont Gérard Lenne disait "qu'on les envie ces privilégiés, y compris ce teigneux de Fallet qui tenait tant à être le favori, le copain numéro un." [3]

23-  Brassens, délit d'amitié (L. Nucéra)

Brassens, délit d'amitié est un récit biographique de l'écrivain Louis Nucera retraçant sa longue amitié avec le chanteur Georges Brassens, avec une préface de Bernard Morlino.[4]

 

Référence : Louis Nucera, Brassens, délit d'amitié, éditions De L'Archipel, 240 pages, 2001, isbn 2-84-187326-9


"Le miracle avec Brassens, écrit-il, c'est que dès qu'il paraît le mensonge semble battre en retraite. On l'écoute parler, chanter, on le regarde et on se sent à l'aise... Puisque de tels hommes respirent le même air que nous, tout n'est pas fichu".


Louis Nucéra rencontre Georges Brassens quand il l'interview à la fin d'un récital en 1954. Le courant passera très vite entre eux, Brassens l'invite à dîner et c'est le début d'une grande amitié.

Pour lui, Brassens est un refuge, un havre de paix et il le considère comme un grand poète, ce que peu de gens reconnaissaient alors. Ce livre est bâti sur un ensemble d'entretiens réalisés en 1974 où Brassens se livre à des confidences qui marquent bien leur grande complicité.

 

Il est complété par les textes que Louis Nucéra a écrits sur Brassens jusqu'à sa mort accidentelle le 9 août 2000 ainsi que par une bibliographie des livres de et sur Brassens.

 

Nucera-louis et brassens.jpg Brassens, Nougaro et Nucéra

24-  Une vie d'amitié avec Georges Brassens (J. Stroobants)

Une vie d'amitié avec Georges Brassens est un récit biographique de Josée Stroobants, photographe attitrée et amie de Georges Brassens, relatant le parcours de cette longue amitié avec le chanteur.

Référence : Josée Stroobants, Une vie d'amitié avec Georges Brassens, éditions Didier Carpentier, 2006, isbn 2-841-67416-9

La photographe belge Josée Stroobants retrace les années d'amitié qu'elle vécut avec Georges Brassens. Elle nous fait revivre son enfance et son engagement dans la photographie jusqu'à sa rencontre avec le chanteur et comment elle devint sa photographe exclusive. Le récit est émaillé d'anecdotes dur leurs rencontres et les liens d'amitié avec Georges et sa compagne Püpchen.

  • Voir aussi son autre biographie : Josée Stroobants, Éric Zimmerman, Georges Brassens… chez Jeanne, 1944 – 1952, album de photographies, préface de Pierre Onteniente, éditions Didier Carpentier, février 1997, isbn 2-84167-009-0

Une vie d'amitie josee stroobant.gif

25-  Brassens et la Bretagne (P. Berruer)

Brassens et la Bretagne est un album de récits biographiques et de photographies écrit par le journaliste Pierre Berruer, sur les séjours du chanteur Georges Brassens en Bretagne.

 

Pierre Berruer a reçu en 1986 le Prix Georges-Brassens pour son roman Le bon Dieu n'a pas d'oreilles.

Référence : Pierre Berruer, Brassens et la Bretagne, éditions Ouest-France, septembre 1991

L'arrivée de Georges Brassens en Bretagne, à Lézardrieux plus exactement, près de Paimpol, est due aux origines bretonnes de Jeanne, celle de la chanson et de La cane de Jeanne chez qui il vécut tant d'années à Paris dans la petite maison de l'impasse Florimont.

 

Brassens était d'abord allé dans la famille de Jeanne (née Le Bonniec) puis il avait fini par acquérir cette maison située sur les bords du Trieux tout à côté du port de plaisance, tout près de la mer où il vint chaque été pratiquement jusqu'à la fin, se liant d'amitié avec le neveu de Jeanne et étant aussi plus tranquille qu'à Sète où il ne trouvait guère la sérénité pour se reposer et penser à ses prochaines compositions.

 

Pierre Berruer, déjà auteur d'une superbe biographie du chanteur, Georges Brassens, la marguerite et le chrysanthème, a conçu cette fois un album grand format illustré de nombreuses photographies personnelles de Brassens et de ses visiteurs dans sa maison de Kerflandry, montrant ainsi l'attachement de Brassens à la Bretagne.


L'album est complété par des textes de personnalités qui l'ont bien connu telles Pierre Tchernia, Marcel Amont ou Fred Mella et de l'écrivain Louis Nucéra qui a également publié un livre sur son ami Brassens intitulé Brassens, délit d'amitié --éditions L'Archipel en octobre 2001 --. (voir plus haut la fiche de présentation)

Bibliographie complémentaire

  • René Iskin, Dans un camp, Basdorf 1943, Georges Brassens et moi avions 22 ans, éd. Didier Carpentier, novembre 2005, isbn 2-841-67365-0
  • Jacques Vassal, Brassens, le regard de « Gibraltar », éditions Fayard/Chorus, août 2006, isbn 2-213-62813-0

Notes et références

  1. Voir sa chanson La ballade des cimetières par exemple
  2. Beaucoup de ses chansons développent ce thème, citons entre autres Trompe la mort, Supplique pour être enterré à la plage de Sète ou dans le genre ironique Les funérailles d'antan
  3. Gérard Lenne, "Georges Brassens, le vieil Indien", éditions Albin Michel, 2001
  4. Pour une présentation plus approfondie, voir l'article Brassens, délit d'amitié


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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 11:53

Georges Brassens, Entretiens et souvenirs intimes


Georges Brassens, Entretiens et souvenirs intimes est un récit biographique d'Éric Battista retraçant, comme l'indique son titre, des entretiens et des souvenirs intimes témoins de sa longue amitié avec Georges Brassens.

Référence : Éric Battista, Georges Brassens, Entretiens et souvenirs intimes, éditions Équinoxe, Mémoire du sud, 2001, isbn 2-84135-310-9


Ouvrage quelque peu déconcertant que ce livre de son ami Éric Battista dit "Le Sauteur" sur Brassens, fait de ces souvenirs intimes dont il est question dans le titre, d'une foule d'anecdotes présentées dans l'ordre chronologique, notées le plus souvent à la volée, à la va-vite dans le fil de la conversation ou à l'occasion de réflexions de l'ami Georges.


L'amitié des deux sétois est née un peu par hasard puisqu'ils n'étaient pas de la même génération, et n'en fut que plus solide et durable. Le livre couvre tous les lieux de prédilection de Brassens, ce quartier de paris qui court autour de l'impasse Florimont, son centre géographique, Sète bien sûr où ils sont nés, où ils se retrouvent régulièrement, Crespières où un temps Brassens s'était retiré de Paris, Lézardrieux à côté de Paimpol en Bretagne, le pays de Jeanne, et l'ultime escale chez le docteur Bousquet à Saint-Gély-du-Fesc dans la banlieue nord de Montpellier où Battista l'assista avec Püpchen jusqu'à la fin. L'ouvrage est complété par un commentaire sur les poèmes et les chansons posthumes de Brassens ainsi que par de nombreux manuscrits.

 

A travers les anecdotes qu'a patiemment notées Battista, on retrouve d'abord la famille, avec en tête ses parents Elvira et Jean-Louis Brassens, Joha Heiman l'amour de sa vie, sa soeur Simone Cazzani, le cousin Georges Granier et ceux de l'impasse Florimont, la terrible Jeannne Le Bonniec, "sa Jeanne", et Marcel Planche "l'auvergnat". Viennent ensuite les meilleurs amis de Georges, les intimes, les "copains d'abord", ceux de la jeunesse Henri Delpont, Louis Bestiou, Emile Miramont l'ami "Corne d'auroch" dont il donnera le titre à une chanson, l'abbé Barrès qui fut seul autorisé à prononcer quelques mots sur sa tombe ou Alphose Bonnafé, "le prof" au lycée Paul Valéry.

Enfin, ceux du métier, de Paris, beaucoup moins présents dans le livre, avec en tête Mario Poletti, Marcel Rénot son pote anarchiste, l'écrivain René Fallet ou son impresario jacques Canetti. Reste les deux indispensables et inclassables que sont Pierre Nicolas son ombre portée à la basse et "l'homme à tout faire" Pierre Onteniente, le roc "Gibraltar", d'une fidélité indéfectible depuis leur rencontre à Basdorf.

 

https://encrypted-tbn2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcR9cPvFQVwv14V4ODi4cRCuFE0wb_95mpMhLmAMQKiW9ip5FWbHMw Le parc Brassens

Informations complémentaires

Bibliographie

  • René Iskin, Dans un camp, Basdorf 1943, Georges Brassens et moi avions 22 ans, éd. Didier Carpentier, novembre 2005, isbn 2-841-67365-0
  • Jacques Vassal, Brassens, le regard de « Gibraltar », éditions Fayard/Chorus, août 2006, isbn 2-213-62813-0
  • Jean-Claude Lamy, Brassens, le mécréant de Dieu, Éditions Albin Michel, 2004

Voir aussi

  • Hervé Bréal, Brassens de A à Z, éd. Albin Michel, 2001, isbn 2-226-11117-4

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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 11:46

Brassens : le mécréant de Dieu


Référence: Jean-Claude Lamy, Brassens, le mécréant de Dieu, Éditions Albin Michel, 310 pages, isbn 2-226-15160-5, 2004


Brassens Lamy.jpg

Jean-Claude Lamy nous propose un livre qui fourmille d'anecdotes sur Georges Brassens, de témoignages de ses amis, de ses proches, des discussions avec Roger Thérond en 1999 en passant par les derniers instants à Saint-Gély-du-Fesc près de Montpellier cher les Bousquet, veillé par Püpchen et Battista, quand il était 23 h 14 un certain 29 octobre 1981. Un livre qui ne fait pas l'impasse sur les polémiques suscitées par certaines chansons comme "La Tondue" ou "Les deux oncles" par exemple dénonciation de la guerre qui lui a valu bien des inimitiés et provoquer certaines brouilles -heureusement temporaires- mais qui, par les discussions qu'elles ont provoquées, ont amené Brassens à réfléchir et à écrire "Mourir pour des idées"... ce qui n'arrangea rien.

 

La guerre, ce fut d'abord pour lui l'arrestation du frère de Jeanne et son exécution sordide à la prison de Fresnes puis son départ pour le STO, l'aventure de Basdorf, la privation de sa liberté, le pire qui puisse arriver à un libertaire comme lui, soucieux de préserver son indépendance. "Brassens, c'est un anarchiste pour rire" disait en plaisantant son ami le poète Paul Fort, mettant à mal l'image réductrice d'un Brassens athée et rebelle. Rebelle sans doute quand il s'agissait de rester libre, de défendre cette liberté en refusant tout embrigadement, ce qui ne manqua d'occasionner d'autres polémiques, y compris avec l'ami Jean Ferrat qui n'admettant pas qu'à plus de deux, on soit déjà "une bande de cons", expériences différentes qui s'affrontaient alors à coup de chansons.

 

A Chaillot en 1966

 

Sur l'image d'un Brassens athée, Jean-Claude Lamy en donne une vision assez différente des poncifs habituels, celle d'un homme aux contradictions marquées, à la fois sauvage et affable, d'une amitié indéfectible, rebelle sans vouloir vraiment s'engager, antimilitariste fustigeant la guerre de 14-18 et d'une façon générale tous les "va-t'en-guerre", souvent anticlérical forcené dans ses chansons , même s'il y met parfois des bémols comme dans ses chansons "L'épave" ou "La messe au pendu", et assez respectueux de la religion dans la vie quotidienne, par exemple dans son amitié pour son ami d'enfance le père Barrès.

 

Il reste un fond de ferveur religieuse -qui lui vient sans doute de sa mère Elvira- pour celui qui chante par dérision "la messe sans le latin, ça nous emmerde", qui se place toujours dans la veine de ses devanciers François Villon et Francis Jammes dont il a mis en musique son "je vous salue Marie", qui montre bien tout l'embarras du poète partagé entre l'attraction du spiritualisme et la lutte contre le pouvoir séculier de l'Eglise. D'où le titre paradoxal que Jean-Claude Lamy a choisi de donner à son livre : "Brassens,le mécréant de Dieu".


Il reste alors le Brassens réservé de sa chanson "Le modeste" et le Brassens pudique au-delà des gros mots sous lesquels il cache sa pudeur -et qui n'étaient pas toujours du goût de Püpchen- l'homme aussi d'une rare générosité envers ses amis, envers tout ceux qu'il aimait -et même au-delà- tourmenté par une "angoisse métaphysique" jusqu'à la fin, qui explique sans doute sa complexe relation avec le spirituel.

 

Brassens Vassal3.jpg

Informations complémentaires

Bibliographie

  • René Iskin, Dans un camp, Basdorf 1943, Georges Brassens et moi avions 22 ans, éd. Didier Carpentier, novembre 2005, isbn 2-841-67365-0
  • Jean-Claude Lamy, Brassens, le mécréant de Dieu, Éditions Albin Michel, 2004

Voir aussi

  • Hervé Bréal, Brassens de A à Z, éd. Albin Michel, 2001, isbn 2-226-11117-4

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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 11:37

Brassens : le regard de "Gibraltar"


Référence: Jacques Vassal, Brassens : le regard de "Gibraltar", éditions Fayard / Chorus, 293 pages isbn 2-21-362813-0


Brassens Vassal3.jpg

 

Depuis le temps qu'on l'attendait ce témoignage du meilleur connaisseur de Brassens, Pierre Onteniente, celui qui l'a suivi comme son ombre toute sa vie, depuis leur rencontre au camp de Basdorf, au bon temps du STO en Allemagne. Jacques Vassal qui a travaillé en étroite collaboration avec celui que Brassens avait surnommé "Gibraltar" parce qu'il était solide comme un roc et faisait face à toutes les situations nous révèle un Brassens au plus près de la réalité quotidienne à travers le regard de "Gibraltar".

 

C'est un Brassens familier qu'il nous présente, se déchargeant sans vergogne de tous les soucis pratiques sur son ami : répondre au courrier, au téléphone, faire les tournée, servir de chauffeur et de paravent pour préserver sa tranquillité. Toujours présent, toujours disponible. Georges est revenu depuis peu à paris, habite dans le 14ème et menacé de STO, ce qui ne lui plaît pas du tout; mais il obtempère. C'est ainsi qu'ils se sont connus. Ils se retrouvent à Paris à la fin de la guerre où Brassens bricole ses chansons et va souvent voir Gibraltar, l'attendre devant le bureau de poste où il travaille.


Les débuts de Brassens sont calamiteux : du Caveau de la République et au Lapin Agile, refus et bides. Puis, flanqué de "Gibraltar" et de deux potes sétois, ce sera la rencontre décisive avec avec Patachou, dans son cabaret de la Butte Montmartre. Alors, l'Olympia et Bobino pourront suivre. C'est l'époque de Jeannne et de Marcel dans l'impasse Florimont puis beaucoup plus tard la maison de rue Santos Dumont, la maison des "Copains d'abord". Mais, ultime regret, il arrivera trop tard pour fermer les yeux de son ami, décédé du côté de Montpellier chez le docteur Bousquet.


Les amis vont ses succédé dans cette galerie de portraits, Pierre Nicolas et sa contre-basse, son ombre sur scène, René Fallet le journaliste du Canard qui fera la première critique positive sur ses chansons et l'entraînera dans l'aventure du film "Porte des lilas" tiré d'un de ses romans, le "Grand Jacques", l'ami qui le soutint lors d'une énième crise de coliques néphrétiques et le visita en rentrant des Marquises peu avant sa mort et Lino Ventura si fin cuisinier... Les femmes aussi, "Jeanne", l'incontournable, celle qui l'a soutenu et nourri dans les mauvaises années, Püppchen la seule à partager son intimité. "Gibraltar" est toujours là qui veille à la mémoire de Georges comme il a veillé pendant 35 ans à sa tranquillité et à sa sérénité.

 Informations complémentaires

Bibliographie

  • René Iskin, Dans un camp, Basdorf 1943, Georges Brassens et moi avions 22 ans, éd. Didier Carpentier, novembre 2005, isbn 2-841-67365-0
  • Jean-Claude Lamy, Brassens, le mécréant de Dieu, Éditions Albin Michel, 2004

Voir aussi

  • Hervé Bréal, Brassens de A à Z, éd. Albin Michel, 2001, isbn 2-226-11117-4

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3 mars 2013 7 03 /03 /mars /2013 19:18

Georges Brassens à Sète


tumb  Georges Brassens avec ses parents

Sommaire

1- La famille Brassens

2- Poésies et chansons

3- Les copains d'abord

4- La mauvaise réputation

5- Le départ pour Paris

1- La famille Brassens

Si l’enfance modèle pour partie la conduite de l’adulte, l’adolescence de Georges Brassens devrait être instructive pour mieux comprendre l’adulte timide qui entamera une carrière de chanteur-poète et l’homme qui sera toujours en retrait et étonné de son succès. C’est un garçon joufflu qui naît à Cette le 22 octobre 1921, car c’est ainsi que s’orthographie le nom de la ville qui deviendra Sète en 1928. C’est une ville prospère où s’est installée la famille Brassens qui espère aussi en bénéficier, eux qui viennent de Castelnaudary dont ils sont originaires.

 

Á Sète, la famille Brassens habite une maison construite par Jean-Louis Brassens, entrepreneur de maçonnerie, une maison à deux pas du centre ville, rue de l’hospice rrrrret basé sur ses connaissances religieuses.

 

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Georges Brassens à 18 ans, avec sa sœur Simone sur la plage de la Corniche

2- Poésie et chansons

Puis ce sera le parcours classique de l’école communale et du collège, mais sans conviction. L’école n’est pas vraiment sa vocation, il est plutôt rêveur et préfère les copains, la baignade et les vacances. Sa chance sera sa rencontre au collège avec son professeur de français Alphonse Bonnafé dit "le boxeur" [1], professeur et ouvert et atypique auquel il soumet, surmontant sa timidité, quelques poèmes de son cru. Bonnafé l’aide à acquérir la technique de versification et à prendre confiance en lui-même. « On était des bruts, écrira-t-il plus tard, on s’est mis à aimer les poètes […] Grâce à ce prof, je me suis ouvert à quelque chose de grand. Alors j’ai voulu devenir poète… » [2] Chez les Brassens, on aime la chanson et on la fredonne, on écoute Mireille ou Ray Ventura. Il découvrira ensuite le jazz avec ses copains, grâce surtout à la TSF et trouvera en Charles Trénet une synthèse de ces différents apports.

3-  Les copains d’abord

L’amitié est son credo, son confiteor comme il le chantera. La bande des copains descend du Quartier-Haut, rues accrochées à la colline, la Caraussane, grimpant vers le mont Saint-Clair, jusqu’à la rue Gambetta. Elle va chahuter autour de la place de la mairie –le collège est situé juste au-dessus- ou goûter aux plaisirs de la mer du côté de la plage de La Corniche ou poussant jusqu’à la pointe du Barrou. Avec ses meilleurs copains, ceux de l’école, du quartier, ce sera "pour toujours", Roger Thérond futur directeur de Paris-Match [3], Mario Poletti [4], Louis Bestiou et Henri Delpont "son alter ego" qui rejoindront un temps l’ami Georges à Paris avant de regagner Sète [5], Émile Miramont [6] dit "Corne d’Aurochs", "héros" de la chanson éponyme, et quelques autres seront d’une façon ou d’une autre toujours à ses côtés, le cercle le plus intime. [7] Georges Brassens célébrera dans la vie comme dans ses chansons le thème de l’amitié et le public fera des "Copains d’abord" une de ses chansons fétiches et sans doute son plus gros succès.

Même si sa mère lui refuse des cours de solfège, « il n’y a pas que les mères qui font les enfants », [8] Georges Brassens parvient à constituer un petit orchestre avec les copains, où il tenait la batterie. Ils jouèrent quelquefois à la cité Doumet ou dans la guinguette au sommet du mont Saint-Clair. Ses poèmes d’alors portent la marque du romantisme propre à cet âge, qu’on retrouve dans ces vers qu’il dédie à Yvonne, son amour de jeunesse morte prématurément :

« Seul dans la nature,
Je reste ce soir
Et sans aventure,
Je vais au hasard. » [9]

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Georges Brassens à Sète avec ses copains

4- La mauvaise réputation

Au printemps 1938, une affaire assez banale au demeurant va bouleverser le landerneau sétois : quelques larcins perpétrés par une bande de galopins dont fait partie Brassens, membre anonyme du groupe mais, "morbleu de sacrebleu" [10] il se retrouve "gros jean comme devant", impliqué dans l’affaire et "gratifié" d’une peine de prison heureusement avec sursis.

 

Le père Jean-Louis ira récupérer son rejeton au commissariat, "derrière les grilles" [11] devant la haute réprobation de la bourgeoisie sétoise et des philistins indignés. [12] Indulgent et bonhomme, son père ne lui fera aucun reproche, ne se fendra d’aucun commentaire. Brassens évoquera cet épisode bien plus tard dans une chanson Les quatre bacheliers : « Je sais qu’un enfant perdu… a de la chance quand il a… un père de ce tonneau là.» [13]

 

Petit écho, bref coup de tabac dans le port sétois mais l’adolescent -il a alors 17 ans- a ressenti durement cette humiliation. Il écrira plus tard, dans "Le grand chêne" : « Il souffrit de quitter l’ingrate patrie. » Lui qui n’aimait déjà guère la maréchaussée, les tabellions et autres fonctionnaires de même tabac, gardera durablement une dent contre tout ce beau monde, des flics ridiculisés dans Hécatombe au juge fustigé dans Le Gorille. Autant de traces autobiographiques qui jalonnent ses chansons.

5- Le départ pour Paris

Il ne retournera pas au collège. Dès lors, il donne bien des coups de mains à son père mais, bien qu’il soit costaud, la maçonnerie ne l’intéresse pas vraiment. Pour s’éloigner de Sète, il ira à Paris passer quelques temps chez la tante Antoinette, 173 rue d’Alésia dans le XIVème arrondissement, ce quartier entre "la rue Didot et la rue de Vanves" [14] ou entre l’impasse Florimont et la rue Santos-Dumont où il s’installera pour longtemps. [15]

Á Sète sa ville natale, il y retournera de temps en temps revoir la famille, les amis, se baigner et faire du bateau. Il y retournera une dernière fois reposer, non pas au cimetière marin aux côtés de Paul Valéry comme il l’a chanté [16] mais auprès des siens au cimetière municipal du Py.

 

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Brassens grand "pêcheur" devant l'éternel

 

Autres fiches à consulter
- Georges Brassens
- Georges Brassens entre Basdorf et Paris
- Paul Valéry à Sète, Montpellier, Paris
- Georges Brassens à Paris

 

Références
- René Fallet, "Brassens, articles de journaux, écrits pour pochettes ou programmes…", éditions Denoël, 1967, réédition octobre 2001
- Éric Battista et Mario Poletti, "Georges Brassens, souvenirs et portraits d’intimes", éditions du Gévaudan, 1986
- Pierre Berruer, "Georges Brassens, la marguerite et le chrysanthème", éditions Presses de la cité, 1981, réédition France Loisirs, 2001
- Espace Georges Brassens, musée et espace musical, 67 Boulevard Camille Blanc, 34200 Sète

 

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3 mars 2013 7 03 /03 /mars /2013 19:00

Georges Brassens entre Basdorf et Paris

Georges Brassens, premier séjour à Paris
La vie au camp de Basdorf près de Berlin


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Brassens à Basdorf avec l'ami Iskin


Basdorf 1943 – Allemagne - Usine BMW


Dans la chambre 5, baraque 26, un grand brun taciturne âgé de 22 ans, chevelu et moustachu : c’est un nommé Georges-Charles Brassens encore tout étonné d’être là après un voyage interminable en train.

Paris gare de l’Est le 8 mars 1943 à 11h15


Tous les requis du STO [1] sont sur le quai, destination inconnue pour aller joyeusement participer à l’effort de guerre allemand. Georges Brassens a hésité, tenté un moment de rejoindre Sète mais finalement il a suivi le mouvement et le voilà dans ces baraquements situés à 4 kilomètres de l’usine où il va travailler et à 24 kilomètres du centre de Berlin.


La vie à Basdorf
Chaque matin, il se lève à 4 heures –il sera toujours un lève-tôt- va chercher une boisson bizarre nommée "café" pour la chambrée et, seul assis à table, il noircit des feuilles de papier. Au début, les autres le croient pris d’une rage épistolaire, doté d’une famille grouillante autour du port de Sète, mais non, il pond des vers, raturant, biffant, en rythmant le texte avec ses doigts sur la table. Un jour, il découvre dans le camp avec l’ami René Iskin [2] une merveille, un piano sur lequel Brassens s’accompagne en chantant ses ritournelles d’alors écrites à la manière de Trénet dont cet extrait :


"Reine de bal, reine de bal champêtre,
Je vais ce soir chanter pour vous,
Chanter pour vous ce soir de tout mon être
Reine de bal un chant très fou…"

 

Pour la chambrée puis pour le camp, il est "Le Poète" avant de devenir, à cause d’une autre chanson "Bidet". Ceux de sa chambrée s’appellent désormais "Les PAFS" –pour Paix aux Français [3]- dont Brassens écrit l’hymne fédérateur. Ils forment une équipe soudée sous la férule bonhomme du "Poète", du "stubefürer" Jean Le Breton et du cuistot surnommé "la Grisette". Déjà cette manie de Brassens de donner des sobriquets à tout le monde. Tout à sa gloire de "Poète", il continue d’écrire un mystérieux roman et à griffonner des chansons. Avec l’ami André Larue, il monte dans le camp un spectacle intitulé "Paris-Basdorf". Composant d’instinct, il reprend les airs composés à Sète, change les textes, toujours de la même façon, en tapant des doigts ou du plat de la main sur tout ce qui est à sa portée.

 


Il pense aussi à son retour, Paris lui semble être son avenir, d’autant qu’il a toujours été accueilli chez sa tante Antoinette qui tient une pension 173 rue d’Alésia… à deux pas de l’impasse Florimont où il a rencontré Jeanne. Son premier séjour à Paris a été bref pour cause de France envahie mais trois mois plus tard, il y est revenu, retrouvant la tante Antoinette… et son piano. Sous l’influence de Charles Trénet, son style s’épure peu à peu, ses vers deviennent plus cursifs, plus incisifs. Il relit aussi ses deux recueils de poèmes écrits avant Basdorf, "Des coups d’épée dans l’eau" et " Á la venvole" publié à compte d’auteur, qu’il avait envoyé par bravade au maire de Sète qui l’en remercia chaleureusement. [4]


Á Basdorf, comme de bien entendu, il s’aperçoit vite de la supercherie que représente le STO. Il essaie de travailler le moins possible, très doué pour ce genre d’exercice semble-il, adore faire des blagues et fomenter des coups sans toutefois se mettre en avant, ce qui est bien dans son caractère. En ces temps de pénurie, il apprend à vivre de peu, ce qui lui sera fort utile dans les années difficiles pour lui de l’après-guerre. Des chansons qu’il écrit alors, peu ont survécu, reprises plus tard avec des textes remaniés comme "Maman, papa" [5] ou "Pauvre Martin". Tous les matins, il écrit un roman, en fait une série d’histoires surréalistes, sans vraiment de fil conducteur mais pleines de rebondissements, un récit picaresque et débridé d’une verve qui rappelle certaines chansons irrévérencieuses qui lui vaudront au début de sa carrière ‘une mauvaise réputation’. [6]

 

Le 8 mars 1944, après un voyage mouvementé, Brassens arrive à Paris pour une permission qu’il va prolonger indéfiniment. Retour au point de départ à la gare de l’Est. Ses meilleurs copains du camp André Larue, René Iskin [7] auxquels se joindra bientôt l’inséparable Pierre Onteniente, ont recopié les textes de "Bidet" –son dernier surnom au camp- dont une chanson curieuse "La ligne brisée" que l’équipe des "PAFS" va interpréter dans le camp, certains n’y trouvant qu’une plaisanterie loufoque, d’autres goûtant son charme surréaliste dans la veine de Jarry.


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Brassens dans les années quarante


Cette tendance, cette forme d’humour, on la retrouvera plus tard dans ses chansons gaillardes, qu’il affectionnait et qui vont d’"Hécatombe" à "Fernande", et dès son retour avec la réécriture de son récit "Lalie Kakamou" sue lequel il revient encore et encore, jamais satisfait. Menacé d’être renvoyé en Allemagne manu militari, Brassens se réfugie chez une amie de sa tante, Jeannne Le Bonniec, mariée depuis à Marcel Planche [8], impasse Florimont dans le XIVème arrondissement où il va résider pendant 25 ans. Jeanne n’est pas riche et Marcel souvent chômeur, la vie matérielle est difficile mais Brassens n’en a cure, pourvu qu’il ait son tabac et du papier pour écrire.


Avec son ami André Larue et quelques autres, il songe à créer un journal qu’ils baptisent pompeusement "Le cri des gueux", déjà tout un programme, un journal aux accents anarchistes marqués qui annonce ses engagements au cours de ces années. C’est l’époque où il rencontre une curieuse fille qu’on appelle "La petite Jo" [9], fantasque, affabulatrice et même mythomane, qui lui vaudra bien des ennuis et le brouillera même avec quelques amis.


Brassens écrit le matin et se promène ensuite beaucoup dans Paris, souvent avec André Larue pour faire le tour des amis, en particulier Pierre Onteniente qui deviendra peu à peu son ami le plus proche, "l’indispensable", dégageant Brassens de ses soucis quotidiens. Ils vont voir Onteniente chez lui rue Pigalle ou l’attendre devant la perception où il travaille dans le 9ème arrondissement, rue Émile Dubois où "la petite Jo" travaillait [10], rue des deux gares (entre les gares du Nord et de l’Est) voir les amis DarnajouÉmile Miramont, le copain sétois qui habite vers Troyes se joint à eux chaque fois qu’il peut. Brassens dans ses pérégrinations parisiennes connut quelques déboires avec ses chevaux longs, sa grosse moustache et son vieux pardessus râpé. Jugé sur son apparence et sa dégaine, même les mères de ses amis le regardaient parfois de travers. [11]


Le 28 mars 1946, à l’issue d’une énième audition négative, il se résout à interpréter lui-même ses chansons, ce qui heurte sa timidité et lui coûte beaucoup. En fait, il n’a toujours pas choisi entre la littérature, son interminable roman "Lalie Kakamou" [12], la poésie et la chanson. Il vire libertaire, sous la bannière de son ami Marcel Renot, son journal mort-né "Le cri des gueux", tout en poursuivant son travail, ses recherches pour acquérir un style plus personnel. Le perfectionnisme pointe toujours sous son apparence débonnaire. Il lit abondamment les auteurs anarchistes [13], se lie d’amitié avec Marcel Lepoil, Maurice Joyeux et devient un temps secrétaire de la revue "Le libertaire" où on le surnomme "Jo la cédille", sourcilleux sur le style, vétilleux sur l’orthographe et la grammaire. Il fait éditer à compte d’auteur, avec la contribution gracieuse de Jeanne, une version résumée de son roman-récit sous le titre "La lune écoute aux portes" et se permet à cette occasion de faire un pied de nez aux éditions Gallimard qui joueront l’indifférence. Brassens n’est pas assez important pour que Gallimard réponde à sa provocation.


Pendant ces années d’errance dans Paris, des années de doutes et de tâtonnements, il partage avec Jeanne et ses quelques amis d’alors, sa vie de bohème, ses utopies et ses illusions. Mais les deux années charnières 1947-48 vont être marquantes pour son avenir :


- Il se tourne résolument vers la chanson où il a enfin trouvé son style, atteint la maîtrise à laquelle il aspirait. Coup sur coup, il va composer des chansons qui feront date parmi ses premiers succès : "Le mari bricoleur", [14]", La chasse aux papillons" ou "Le parapluie" par exemple.

- Il va rencontrer une femme, « l’œil malicieux, l’air intelligent, la voix douce teinte d’un accent slave » [15] qui s’appelle Joha Heyman : c’est la femme de sa vie, celle qu’il ne quittera plus jamais et qui repose à ses côtés au cimetière municipal du Py à Sète.


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 Notes et références

  1. Le Service du Travail Obligatoire instauré par Pétain et Laval
  2. René Iskin, "Dans un camp, Basdorf 1943", Georges Brassens et moi avions 22 ans, éd. Didier Carpentier, novembre 2005
  3. Les PAFs er les copains de Basdorf : René Iskin, André Larue, Pierre Onteniente, Jean Le Breton, Georges Paquignon…
  4. Le texte "Des coups d’épée dans l’eau" a été repris dans le livre d’André Larue "Brassens, une vie", éditions IGE, décembre 1982
  5. Chanson qu’il a chantée en duo avec Patachou
  6. Ce récit d’abord intitulé "Lalie Kakamou" sera édité à compte d’auteur en 1947 sous le titre "La lune écoute aux portes"
  7. René Iskin, Dans un camp, Basdorf 1943, Georges Brassens et moi avions 22 ans, éditions Didier Carpentier, novembre 2005, 256 pages, Isbn 978-2-84167-365-0
  8. Marcel Planche, celui qui sera "l’auvergnat" de la chanson.
  9. La "Petite Jo", pour Josette, se prénommait en réalité Jeannine
  10. Rue Émile Dubois en face d’où Brassens habitera plus tard après avoir quitté l’impasse Florimont
  11. Il se fera d’ailleurs arrêter par des policiers soupçonneux un jour boulevard Saint-Germain
  12. "Lalie Kakamou" fait partie des textes libertaires de Brassens, sans véritable fil narratif et plutôt de nature surréaliste
  13. En particulier Proud’hon, Bakounine et Kropotkine
  14. Dont Patachou fera le succès
  15. "Brassens ou la mauvaise herbe", André Larue, éditions Fayard, 1970

 Autres fiches à consulter

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- Georges Brassens à Sète
- Paul Valéry à Sète, Montpellier, Paris
- Georges Brassens à Paris

 Bibliographie : choix de témoignages

- Éric Battista, Georges Brassens, Entretiens et souvenirs intimes, Éditions Équinoxe, 2001
- Éric Battista et Mario Poletti, Georges Brassens, souvenirs et portrait d'intimes, éditions du Grésivaudan, 1986/1987
Maurice Bousquet, Monsieur Brassens, éditions Équinoxe, 199163
-Pierre Cordier, Brassens intime, Textuel, mars 2011 (ISBN 978-2-84597-416-6)
- René Iskin, "Retour à Basdorf, ", album de chansons paru en 2003 contenant les inédits suivants (chansons de Basdorf que Brassens n’a jamais enregistrées) : "Á l’auberge du bon Dieu", "Un camp sous la lune", "Loin des yeux, loin du cœur "
- Victor Laville, Christian Mars, Brassens, le mauvais sujet repenti, éd. l’Archipel, octobre 2006, ISBN 978-2-84187-863-5
- Émile Miramont dit Corne d’aurochs, Brassens avant Brassens – De Sète à l’impasse Florimont, éditions L’Archipel, 2001
- Louis Nucera, Brassens, délit d'amitié, L'Archipel 2001(ISBN 978-2-84187-326-5)
- Mario Poletti, Brassens l'ami, Souvenirs, Anecdotes, Conversations et Réflexions, préface de Maxime Le Forestier, Éditions du Rocher, 2001, 160 pages, couverture cartonnée bleu marine avec titres argent imprimés en creux sur le premier plat et sur le dos, format 9 × 11.25 in - 23 × 28,8 cm
- Mario Poletti, Brassens me disait, Éditeur Flammarion, novembre 2006, ISBN 2080116355
- Josée Stroobants67, Une vie d'amitié avec Georges Brassens, éd. Didier Carpentier, septembre 2006 (ISBN 978-2-84167-416-9)


- Le parc Georges Brassens, 2 place Jacques Marette, Paris 15ème (anciens abattoirs de Vaugirard)

 

Liens externes - Témoignage de Basdorf
- En compagnie de... Témoignage de Victor Laville Le Libertaire

 

 

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3 mars 2013 7 03 /03 /mars /2013 18:43

Sur les pas de … GEORGES BRASSENS à Paris


Georges Brassens 1921-1981
De l’impasse Florimond à la rue Santos-Dumont
Fiche écrite pour le trentenaire de la disparition de Georges Brassens.

Par Christian Broussas à Roissiat-Courmangoux (Ain) – Octobre 2012


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Brassens avec Jeanne, vue de l'impasse Florimont, la maison de la rue Santos-Dumont

 

C’est par Patachou que Georges Brassens va faire ses "vrais" débuts. Le 24 janvier 1952, ce sont ses copains Victor Laville et Roger Thérond qui l’entraînent dans la cabaret où la chanteuse-animatrice va tout de suite lui faire confiance, chanter ses chansons et … le pousser sur scène.

 

Vedette malgré lui, il apporte sa note personnelle à l’univers de la chanson, « un tempérament authentique, caustique, satirique… qui ne manque pas de finesse », pourra-t-on lire dans le Figaro de mars 1952. Le scandale viendra avec les titres de son premier disque que produit Jacques Canetti : "Le gorille" et "La mauvaise réputation" qui contiennent déjà des thèmes majeurs. George Brassens est soumis à une censure dont il pâtira longtemps. Mais sa manière ne change guère : il développe ses thèmes à travers des anecdotes ou des histoires en favorisant l’expression de métaphores ; c’est sans doute pourquoi on l’a très tôt rangé dans les poètes.

 

Dès lors, il va enchaîner les succès et les tours de chant, d’abord à Paris où il passe la Chaussée d’Antin prendre l’ami, secrétaire et factotum Pierre Onteniente avant d’aller chanter aux Trois baudets ou à la Villa d’Este.

Sommaire

1- L'époque de l'impasse Florimont

2- L'époque de la rue Santos-Dumont

3- Infos complémentaires

1- L’époque de l’impasse Florimont

Depuis l’époque de l’occupation en 1943, Georges Brassens habite 9 impasse Florimont, chez Jeanne Le Bonniec, madame Planche depuis son mariage avec Marcel, "l’auvergnat". Que ce soit pendant le temps des "vaches maigres" où ils vivent surtout des travaux de couture de Jeanne jusqu’aux temps du succès où Brassens pourra acheter les deux maisons attenantes de l’impasse Florimont, il reste là auprès de Jeanne et de Marcel, pas très loin non plus de Joha-Püpchen, celle pour qui, écrira-t-il, « Je m’suis fais tout p’tit », qui vit alors avec son fils.

 

Il a dans sa besace des dizaines de chansons en réserve où il puisera à loisir. En 1956, son ami l’écrivain René Fallet l’entraîne dans l’aventure du film Porte des lilas, tiré de son roman "La grande ceinture". Jouer l’acteur ne lui plaît guère mains il écrira trois chansons pour ce film : Au bois de mon cœur, Le vin et l’amandier. Le 23 février 1954, il est pour la première fois à l’Olympia avec Pierre Nicolas qui deviendra son fidèle contrebassiste. Ils s’y produiront neuf fois jusqu’en 1963 mais l’année précédente, une crise de coliques néphrétiques dont il souffrira toute sa vie, l’expédie à l’hôpital.

 

Cette fois, c’est vraiment sérieux : opéré du rein gauche, il perd trente kilos et écrira Le bulletin de santé, chanson satirique où il se moque des oiseaux de mauvais augure. Il sera de nouveau hospitalisé le 10 mai 1967 et c’est son voisin Jacques Brel qui l’emmènera à l’hôpital. « Avec toutes mes pierres, j’aurais pu faire construire un mur dans mon jardin », note avec humour ce fils de maçon.

 

Sa salle fétiche sera Bobino¸ « la dernière salle où l’on a pas peur des mots », où il se produira presque chaque année d’octobre 1953 à mars 1977. Á part ses tournées, Brassens ne change rien à son mode de vie, faisant installer impasse Florimont l’électricité et le chauffage central pour Jeanne. Il se méfie de l’argent, allant jusqu’à dire qu’il « cherche à gagner le moins d’argent possible », en bon anarchiste, il pense que l’argent ne représente rien en soi, comme il l’a confié à André Sève dans une interview en 1975. Brassens, c’est les copains d’abord, distribuant sans compter aides et subsides à ses amis.

2- L’époque de la rue Santos-Dumont

Événement majeur : en 1967, Brassens quitte l’impasse Florimont, fâché pour un temps avec Jeanne. Pourtant, il se sentait très bien entre "ses deux femmes" Jeanne et Püpchen. Après le décès en 1965 de son mari, Jeanne s’est entichée d’un jeunot pas très futé et gros buveur au point d’annoncer à Georges son mariage. D’où la brouille et le départ de Brassens pour l’immeuble Le Méridien à Denfert-Rochereau où il voisine avec Peynet et Brel.

 

Il va finalement trouver une maison dans le XV ème arrondissement rue Santos-Dumont mais en fait toujours dans le même quartier, près de l’impasse Florimont. C’est l’année où, bien qu’ayant refusé de présenter sa candidature à l’Académie française, elle lui décernera cependant son Grand prix de poésie. Il sera aussi édité chez Seghers, dans la prestigieuse collection "Poètes d’aujourd’hui".

 

Le 6 janvier 1969 est une grande date pour la chanson française : Léo Ferré, Jacques Brel et Georges Brassens se retrouvent réunis pour débattre de leur métier, de leur façon de l’envisager, leur façon de composer… Brassens a les défauts de ses qualités : par exemple, il ne sait pas refuser ; toujours partant pour signer une recommandation, lancer un premier disque ou rédiger une préface. Toujours les copains d’abord.

 

GBrassens nougaro.jpg    tumb   Vignette pour la version du 12 octobre 2012 à 16:22

 

Brassens se sent bien dans sa maison de la rue Santos-Dumont et sort peu. Il a sous la main son ami Mario Poletti [1], libraire qui le fournit en livres ou le champion d’athlétisme sétois Éric Battista pour faire de l’exercice [2]. Mais il reçoit beaucoup et la maison accueille volontiers des sétois comme Loulou Bestiou ou "Petit bobo" Maguelon, les artistes qui sont devenus des familiers comme René Fallet ou Lino Ventura. Il y vit avec ses deux chats, sa gouvernante Sophie, Püpchen "admise" le week-end, à laquelle il donne des rendez-vous dans Paris.

 

Il donne son dernier récital à Bobino du 18 octobre 1976 au 27 mars 1977. Tour de chant marathon qui sonne comme un adieu. Dès lors, il répondra aux vœux de ses amis, sera "le hérisson" dans Émilie jolie de Philippe Chatel, le fils de son ami François Chatel, participera avec Moustache à une version jazz de plusieurs de ses chansons et enregistrera un disque ‘Chansons de sa jeunesse’ pour l’association Perce-Neige de l’ami Ventura.

Toujours les copains d’abord.

 

Sur son approche de la mort qu’il a beaucoup chantée, [3] il dira : « S’il me reste encore un peu de dignité, je veux m’en aller sur la pointe des pieds… sans le moindre tapage, comme je suis venu ». D’une certaine façon, son vœu sera exaucé puisque, après avoir passé ses derniers jours chez le docteur Bousquet à Saint-Gély du Fesc dans la banlieue de Montpellier, il sera inhumé à Sète dans sa ville natale, non au cimetière marin en compagnie de Paul Valéry comme il l’évoque avec humour dans sa chanson "Supplique pour être enterré sur la plage de Sète", mais au cimetière municipal du Py, à côté de ses parents.

 

En face du cimetière a été édifié "L’Espace Brassens" qui retrace son itinéraire à travers toute une série de documents photographiques et audio-visuels. « Crois moi, disait-il à un copain, la seule révolution c'est d'essayer de s'améliorer soi-même, en espérant que les autres fassent la même démarche. »

 

GBrassens marquise.jpg . . . . GBrassens Liberation.jpg

 

"Le temps aux plus belles choses ------ La 'une' de Libération
Se plaît à faire un affront
Et saura faner vos roses
Comme il a ridé mon front
"

 

Infos complémentires

 Notes et références

  1. Mario Poletti a écrit deux livres biographiques sur son ami Brassens
  2. Éric Battista : champion de France du triple saut, qu’il surnomme bien sûr ‘le sauteur’
  3. Sur un ton badin dans "Le testament", sur un ton plus sévère dans "Pensées des morts", sur un texte d'Alphonse de Lamartine ou carrément ironique dans "La Ballade des cimetières"

 Autres fiches à consulter

- Georges Brassens
- Georges Brassens à Sète
- Paul Valéry à Sète, Montpellier, Paris
- Georges Brassens entre Basdorf et Paris

 

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3 mars 2013 7 03 /03 /mars /2013 18:33

Brassens, Brel, Ferré - Trois voix pour chanter l'amour est un récit sur la rencontre entre les chanteurs Georges Brassens, Jacques Brel et Léo Ferré à l'occasion d'une émission radiophonique, écrite par Michel J. Cuny et Françoise Petitdemange.


C'est le 6 janvier 1969 à Paris qu'eut lieu une rencontre exceptionnelle entre les chanteurs Georges Brassens, Jacques Brel et Léo Ferré. Cette émission a donné lieu dans un premier temps à une retranscription effectuée par François-René Cristiani et Jean-Pierre Leloir.


 . Brassens Brel Ferre1.jpg .     Brassens Brel Ferre2.jpg

 

Voilà quelques exemples de réponses faites par Georges Brassens aux questions qu'on lui a posées :

  • À ce constat « Vous êtes tous les trois dans la célèbre collection " Poètes d’aujourd’hui" … », Brassens répond : « On n’est pas les seuls. Et pis ça ne veut pas dire grand-chose, cette façon de compartimenter… . »
  • À la question « Vous prenez-vous pour un poète ? », Brassens répond : « Pas tellement, je ne sais pas si je suis poète, il est possible que je le sois un petit peu, mais peu m’importe. Je mélange des paroles et de la musique, et puis je les chante. »
  • À la question « La chanson est-elle un art, selon vous ? Un art majeur ou un art mineur ? », Brassens répond : « Eh oui, c’est tout a fait différent de ce qu’on appelle couramment la poésie, qui est faite pour être lue ou dite. La chanson c’est très différent. Même si des types comme Ferré ont réussi à mettre des poètes en musique, comme Baudelaire, il est difficile d’utiliser la chanson comme les poètes qui nous ont précédés utilisaient le verbe. Quand on écrit pour l’oreille, on est quand même obligé d’employer un vocabulaire un peu différent, des mots qui accrochent l’oreille plus vite… Bien qu’on l’aie aussi avec le disque, le lecteur a plus facilement la possibilité de revenir en arrière… [...] Autrefois on chantait. Quand un type faisait une chanson, les gens se la passaient, se l’apprenaient et se la chantaient. Ils participaient, ils avaient des cahiers de chansons… Aujourd’hui, le public est devenu plus passif. »
  • À la question : « Avez-vous jamais fait autre chose que d’écrire, de composer ou de chanter, et cela vous a-t-il servi dans votre métier de chanteur ? », Brassens répond : « On a vécu, quoi. Mais, en fait, on a toujours fait des chansons. »
  • Sur le cinéma et le travail en équipe, Brassens constate : « Je ne sais pas non plus faire cela, très sincèrement… Je ne sais pas. [...] Je ne crois pas que ce soit le travail d’équipe, ou quoi que ce soit d’autre, qui apporte ou n’apporte pas quelque chose de plus… Un type aime jouer la comédie ou il n’aime pas. Moi, je n’aime pas ça, mais je n’ai rien contre le travail d’équipe. Le film que j’ai fait, Porte des Lilas, je l’ai fait avec des copains comme Brasseur, Bussières, ça marchait très bien. Ils ne me gênaient pas. Je ne les gênais pas. Ce que je n’aime pas, c’est le côté technique, mécanique ; pas plus que ce micro que vous nous avez foutu sous le nez !. »

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Informations complémentaires

Bibliographie

Voir aussi

  • Hervé Bréal, Brassens de A à Z, éditions Éditions Albin Michel, 2001, isbn 2-226-11117-4

Notes et références


Liens externes

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