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6 octobre 2019 7 06 /10 /octobre /2019 11:41

      

Situé entre Bastille et Nation, dans une ancienne fonderie du XIe arrondissement, l’Atelier des Lumières propose des expositions numériques diffusées sur de grands espaces. À l’aide de 140 vidéoprojecteurs et d’un système de sonorisation, cet ensemble multimédia balaye 3.300 m2 de surfaces sur des murs s’élevant jusqu’à 10 mètres.

 

   

 

Après le succès de l’exposition du peintre viennois Gustav Klimt, l’Atelier des Lumières propose une nouvelle exposition immersive centrée sur le peintre Vincent Van Gogh. Les supports numériques permettent de projeter sur les murs nombre de ses œuvres. Cette technique permet ainsi de transmettre une expérience unique autour d’un parcours thématique basé sur les grandes étapes de la vie de l’artiste qui a tant influencé l’évolution de la peinture.

 

 

Le titre de l’exposition, La Nuit étoilée, est emprunté à un tableau de Van Gogh qui représente ce que l’artiste pouvait voir et extrapoler de la chambre qu'il occupait dans l'asile du monastère Saint-Paul à Saint-Rémy-de-Provence au mois de mai 1889. Ce tableau considéré comme l’une de ses œuvres majeures est conservé au Museum of Modern Art (MoMA) de New York depuis 1941.

         
 Portrait du docteur Gachet  

 

Ce tableau traduit l’évolution que connut sa peinture pendant l période qui couvre ses séjours à Arles et à Saint-Rémy-de-Provence, quand il découvre la luminosité particulière et les paysages de cette région.

 Chaumière à Cordeville


Ce tableau a notamment inspiré le compositeur Henri Dutilleux qui a sous-titré Nuit étoilée sa symphonie Timbres, espace, mouvement.



Utilisant la totalité de l’espace de l’Atelier, cette nouvelle création visuelle et sonore retrace la vie mouvementée de Van Gogh, un homme tourmenté qui peignit pendant les dix dernières années de sa vie quelque 2000 tableaux, aujourd’hui dispersés dans tous les musées du monde.

 

       
Les tournesols

 

L’exposition parcourt l’ensemble de sa production qui a beaucoup évolué au fil du temps, des Mangeurs de pommes de terre (1885), œuvre sombre marquée par l'influence de Rembrandt, aux Tournesols (1888), œuvre lumineuses aux tons clairs, en passant par La Chambre à coucher (1889) d'Arles et la fameuse La Nuit étoilée (1889) mise à l’honneur dans cette exposition.

 
  Thème de la méridienne

 

L'exposition met aussi l'accent sur ce qui fait l'originalité de Van Gogh, les coups de brosse nerveux et puissants de l’artiste, éclatant en couleurs audacieuses pour l’époque, au style si particulier et incomparable où nuances sombres et teintes chaudes se mélangent et se succèdent.

 

 
Auto portrait de 1887

 

L’exposition immersive traduit bien le bouillonnement de son monde intérieur confronté au chaos de sa raison tout en étant poétique et souligne la confrontation tendue entre les zones d’ombre et de lumière.

 

 

Le parcours thématique reprend bien sûr les phases importantes de sa vie, surtout ses séjours à Arles, Paris, Saint-Rémy-de-Provence et Auvers-sur-Oise. Nous sommes vraiment au centre de ses œuvres, de leur diversité de thèmes, des paysages ensoleillés et de ses nocturnes, à ses portraits, ses auto portraits et ses natures mortes.

 


Thème de l'église d'Auvers sur Oise

 

Autre innovation : un dispositif placé au centre de l’Atelier représente ses plus célèbres toiles dans leur intégralité avec des commentaires sur chaque œuvre et le musée où on peut l’admirer.

  La méridienne


Ce  système visuel et musical mis au point par Culturespaces est un moyen incomparable de mettre en lumière ce qui fait sa singularité, une richesse chromatique combinée à la qualité du dessin, la force de ses empâtements et sa technique reposant autant sur des à-plats que sur des touches pointillistes.

 

Les iris

 

Voir aussi
* Expo Evian, Les derniers impressionnistes --
* Expo Montélimar : De Renoir à Picasso -
* La collection Bührle au musée Maillol --
* Les impressionnistes à Londres --

 


Champ de blé aux corbeaux, son dernier tableau

<< Christian Broussas – Expo, Van Gogh - 28/09/2019 - © • cjb • © >>

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20 septembre 2019 5 20 /09 /septembre /2019 13:39

Exposition "L’Expressionnisme allemand
Chefs-d’oeuvre de l’Aargauer Kunsthaus et du Osthaus Museum Hagen"

                    
Affiche de l’expo                                 Alexej von Jewlenski Jeune fille

                                                                    au ruban rouge, 1912

Cette exposition organisée à Évian-les-Bains (Palais Lumière Quai Besson 74500 Évian-les-Bains) est l’occasion de découvrir ou de mieux connaître ce mouvement largement méconnu dans une France qui poursuivait alors d’autres voies picturales. [1]

  
Emil Nolde : Jardin à la femme en blanc, 1908

Malgré des styles qui peuvent paraître très différents, ces peintres ont en commun une même vision de leur rôle et de l'évolution de l'art pictural au début du XXè siècle.


Emil Nolde : Jardin en fleur et jeune femme

L'exposition, et c'est un parti pris, ne fait que peu de place à Vassili Kandinsky, sans doute pour mieux privilégier des peintres moins connus qui avaient toute leur place dans une telle présentation.

          
Ernst Ludwig Kirchne  Portrait d’Erich Heckel
Tanz Malerei, La danseuse

Pour la première fois, cette exposition réunit deux collections qui regroupent chacune des œuvres des plus intéressantes provenant des différentes phases de l’oeuvre expressionniste en Allemagne entre 1905 et 1937.

    
Ernst Ludwig Kirchner [2] :  
Autoportrait en soldat, 1915  +  Groupe d’artistes 1913

Sont en effet réunies des chefs d’œuvre de l’Expressionnisme allemand provenant des collections des musées d’Aarau et de Hagen, dans le magnifique Palais Lumière d’Évian, centrés sur les deux principaux mouvements Die Brücke (Le Pont) et Der Blaue Reiter (Le cavalier bleu). Un bel ensemble complété par de superbes gravures sur bois.

 

        
Karl Schmidt-Rottluff : Paysage avec arbre 1913 + Bateau sur l’eau, 1913

 

Constituée de quelque 140 oeuvres parmi les plus représentatives de ce courant, l'exposition repose sur les plus illustres peintres de l'époque, en particulier : August Macke, Emil Nolde, Ernst Ludwig Kirchner, Erich Heckel, Franz Marc, Karl Schmidt-Rottluff, Ludwig Meidner, Max Pechstein, Otto Mueller,  et Wassily Kandinsky. [3]

 

      
 Otto Mueller : Paysage avec nu + Filles au bord de l’eau, 1920

 

L’ambition de l’exposition et de présenter les nombreuses influences de tous ces artistes, en s’interrogeant sur le parcours des avant-gardes artistiques. Le courant expressionniste a commencé en Allemagne au début du XXe siècle. Ces peintres ont en commun une technique picturale basée sur la juxtaposition des couleurs, le recours à des formes abstraites, en fait souvent mélange de figuratif et d’abstrait et une répugnance au recours aux formules imagées traditionnelles.

 

    Franz Marc Petite composition III, 1913      

 

La réalité est pour eux la traduction de leur expérience personnelle, ils cherchent à inventer d’autres modèles de vie et d’identité et aspirent à une vie en harmonie avec la nature.

   
Erich Heckel Autoportrait, 1906
Max Pechstein Jeune fille couchée, 1910


Ils voient aussi avec circonspection le conservatisme de la société de leur époque, le règne de  l’industrialisation et ses conséquences sociales, contestant les modes de vie existants, expérimentant leurs nouvelles façons de vivre à la lumière d’autres cultures.

 

        
Erich Heckel : Portrait d’homme, 1916 + Printemps, 1916

 

L'expressonnisme, surtout par ses deux principaux courant mouvements Die Brücke (Le Pont) et Der Blaue Reiter (Le cavalier bleu) marqués par la très forte personnalité de Wassily Kandinsky, eut un rôle déterminant sur l'évolution de l’art pictural au XXe siècle, même si on peut considérer que son existence fut de courte durée.

 

                    
August Macke Femmes brillantes devant un magasin de chapeaux + Portrait de sa femme, 1906

 

Ces artistes ont largement exploré les champs de recherche formelle, intégrant la complexité de leur époque, la destabilisation des parcours individuels et collectifs.

 


Vassily Kandinsky : Dans le gris, 1919     

 

On peut dire de ce fait qu'ils ont sans conteste beaucoup contribué à représenter une approche renouvelée de l’histoire des arts.

 
Vassily Kandinsky Segment bleu, 1921

 

Notes et références
[1] Pratiquement pas d'expositions importantes en France sur l'expressionnisme, depuis celle qui s'est tenue au Grand Palais en 2012.
[2]
Ernst Kirchner étudie l'architecture à l'École supérieure technique de Dresde, où il rencontre Fritz Bleyl, Erich Heckel et Karl Schmidt-Rottluff. À eux quatre, ils fondent le groupe Die Brücke (Le Pont) en 1905, dont ils rédigent le programme l'année suivante.
[3] On peut aussi ajouter : Christian Rohlfs, Conrad Felixmüller, Cuno Amiet, Gabriele Münter, Lyonel Feininger, Max Liebermann, Walther Bötticher...

 

<< Christian Broussas - Évian expressionnisme - 06/09/2019 © cjb © >>

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3 mai 2019 5 03 /05 /mai /2019 18:26


Claude Monet Le champ de coquelicots

 

Les expositions sur les arts plastiques sont légion depuis quelques années et celle-ci ne déroge pas à la règle. Elle repose cependant sur une très grande qualité des oeuvres proposées aux visiteurs, en particulier celles concernant les impressionnistes et les post-impressonnistes.

 

          
                                                           Edouard Manet Bellevue

Une superbe collection donc, construite autour de la période impressionniste, réunie par un collectionneur averti, l'industriel allemand Emil Bührle, qui les a patiemment sélectionnés. On y trouve des Delacroix, Manet, Degas, Renoir, Monet, Cézanne, Gauguin, Van Gogh, Modigliani, Picasso... qu’on peut retrouver dans l'exposition du musée Maillol qui a ouvert ses portes et se poursuivra pendant l’été. Au total, une soixantaine d’œuvres exceptionnelles rassemblées dans ce lieu de culture.

      
                                   
Paul Gauguin, L'offrande 1902



L’industriel allemand Emil Georg Bührle est aussi un grand collectionneur d'art allemand qui, à Zurich entre 1936 et 1956 et plus particulièrement dans les dernières années (1951-56), a réussi à réunir plus de 600 œuvres d’art. C’est une partie de cette collection qui est pour la première fois à Paris, exposée dans le musée. 

 

                
Paul Cézanne Garçon au gilet       Van Gogh Le semeur, soleil couchant

 

Après la Fondation de l’Hermitage de Lausanne en 2017, l'exposition propose un panorama de l'art français de la moitié du 19e au début du 20e siècle, déroulant différents courants de l'art moderne. On y trouve en effet les grands noms de l’impressionnisme (Manet, Monet, Pissarro, Degas, Renoir, Sisley) et du post-impressionnisme (Cézanne, Gauguin, Van Gogh, Toulouse-Lautrec), puis au début du XXe siècle, les Nabis (Bonnard, Vuillard), les Fauves et les Cubistes (Braque, Derain, Vlaminck) ainsi que l’École de Paris avec Modigliani et Pablo Picasso.

 


Modigliani, Nu couché, 1918

 

Elle comprend quelques œuvres emblématiques comme La petite danseuse de quatorze ans de Degas (vers 1880), Les coquelicots près de Vétheuil de Monet (vers 1879), Le garçon au gilet rouge de Cézanne (vers 1888/90), ou encore Le semeur au soleil couchant de Van Gogh (1888)... rien que des chefs-d’œuvre.

 

                
Paul Cézanne, Paysage                                             Edgar Degas, Ludovic Lepic

 

L’exposition présente aussi l’action d’un industriel allemand de la Seconde Guerre mondiale et de la décennie suivante. Une salle, consacrée aux documents d’archives, évoque le parcours des chefs-d’œuvre et présente les résultats de la recherche que mène la Collection E.Bührle sur ses fonds depuis plus de quinze ans.

 


Vincent van Gogh, Le semeur (détail), 1888

 

La comparaison entre ces œuvres permettra de mettre en lumière les liens et les filiations entre les courants artistiques qui parcourent l’exposition dans différentes époques, tout en illustrant les contributions de chaque peintre à l’histoire artistique de leur temps.

 

      Alfred Sisley, Bougival

Emil Bührle, pour qui les créations passées influençaient celles du présent, disait à ce propos que « finalement Daumier me conduisait à Rembrandt et Manet à Frans Hals ».

 

       
Auguste Renoir Irène                     Cézanne Autoportrait

 

<< Christian Broussas – Collection Bührle - 26/03/2019 < • © cjb © • >>

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3 mai 2019 5 03 /05 /mai /2019 13:01

 

Expo Vasarely : Le partage des formes

          

 

Son crédo : « L’art pour tous. »

 

Enfin ! diront en particulier les amateurs de l’œuvre de Victor Vasarely, une exposition au Centre Pompidou, consacrée à l’un des plus grands plasticiens des années 60-70. Excellente initiative consacrée au père de l’art optique puisque aucune exposition n’a eu lieu depuis plus de 50 ans.

 

           
Le partage des formes 

                                             

L'Art optique… ce sont des œuvres qui jouent sur les formes géométriques et les couleurs pour créer des illusions d’optique méthodiques et scientifiques.
Au fil de l’exposition, le Centre Pompidou présente toutes les grandes étapes chronologiques de la vie de l’artiste, depuis sa formation dans les traces du mouvement Bauhaus jusqu’à ses dernières recherches et innovations sur les possibilités de la quatrième dimension.

 

    
Teer, 1984                                 Keiho-C1, 1963

 

Son œuvre remonte aux années trente quand il s’installe à Paris, créant des œuvres graphiques pour des agences de publicité. Puis pendant la seconde Guerre Mondiale, il fait la connaissance d’André Breton et de Jacques Prévert, s'intéressant aussi à des peintres abstraits comme Kandinsky, Mondrian, Malevitch ou Paul Klee.

 


 Harlequin sportif, 1988               Trivega, 1975                  Le jongleur, 1977

 

C’est au contact de ces artistes qu’il va concevoir l’Op'art, ces illusions d’optiques dont il systématise la technique de représentation. On y trouve surtout des figures géométriques, des lignes, des ellipses, des ovales, des carrés, des symboles pris dans des lignes de fuite qui transcendent les volumes, qui troublent le regard du visiteur soumis à un univers parallèle.

 


     Sérigraphie, 1985                           Lango- 7                   Quadrature

 

1955 marque un tournant dans son parcours : il rédige le Manifeste jaune où il définit l’Art cinétique, imposant un style très personnel. Ses toiles semblent en mouvement à travers sa technique basée sur des illusions d’optique.

L’art de Vasarely possède quelque chose de cellulaire. Il avait élaboré un alphabet plastique pouvant se combiner à l’infini. Ses œuvres ne doivent donc rien au hasard, reposant sur une grille qui établit des correspondances entre les formes et les couleurs.

 

        
    Vega-200, 1968                  Orion- gris, 1969

 

Souvent, il a peint de grandes toiles, des supports pour de grands espaces, une œuvre totale comme on peut le voir à Aix-en-Provence, dans la Fondation Vasarely.  
 

  Cheyt-M, 1970

 

Son œuvre est considérable puisqu’elle ne comprend pas moins de quelque 430 pièces originales et 20 000 tableaux et esquisses représentatives de sa technique. Le chanteur David Bowie utilisera par exemple l'un de ses tableaux pour la pochette de son album  "Space Oddity", belle reconnaissance qui en fait l’un des artistes les plus représentatifs de son époque.

 

         
     Vega-Lep, 1970                           Composition rose 1980

 

Quelques œuvres célèbres

1- La série des « Zèbres »  qui date des années trente, présente des jeux graphiques multiples qui ont longtemps inspiré l’artiste. Elle annonce les ondes et vibrations de ce qu’on a nommé sa période cinétique. Dans Zèbres-A, on peut voir deux zèbres en relief dont les rayures noires ont l’air d’être en mouvement.
Il avait offert un mouchoir orné d’un zèbre à Andy Warhol, qui l’admirait beaucoup.

 


Zèbres-A, 1937                                 Tigres, 1938

 

2- À partir des années 1950, Vasarely se concentre sur le noir et le blanc, en particulier dans  sa célèbre période « Vega », où la déformation des damiers monochromes fait que les formes semblent s’éclater dans le plan pour créer d’autres volumes qui s’enfoncent dans la surface ou la crèvent.
Il sépare le blanc considéré comme la couleur ou la lumière et le noir considéré comme l'anti couleur ou l'ombre, l'œuvre "noir-blanc" apparaît comme "plus colorée".

 

        
Vega III, le damier mouvant, 1957            Illusions optiques- 4

 

3- L’impression de mouvement provient du fait que « forme et couleur ne font qu’un ». L’ensemble est constitué d’alignements géométriques horizontaux et verticaux, rehaussés de nuances dégradées provoquant des effets visuels. On parle à ce propos « d’alphabet plastique » qui capte le regard vers les sombres formes centrales avant d’en avoir une vue synoptique.

 

 
Alom ou "l’alphabet plastique"

 

4- Avec ses cubes en aluminium et ses reflets colorés, Kroa-MC est une sculpture articulée qui s'apparente à une espèce de Rubik's Cube géant. Par ses formes interchangeables, il devient un objet qui permet de se renouveler à l’infini, comme une œuvre inachevée.

 


    Kroa-MC ou le "Rubik's Cube"

 

5- En 1972, la régie Renault lui demande de réaliser une nouvelle version de son célèbre losange. Celui de Vasarély aura des stries parallèles et, sans commencement, ni fin, deviendra le symbole de l’infini.

 

   
Le losange Renault       Jeux olympiques, 1972        Illusions multiples
 

Complément : La fondation Vasarely à Aix-en-provence

L'art optique tel qu'imaginé par Vasarely , au coeur du bâtiment luminocinétique qu'il a créé.

 

   

 

Au rez-de-chaussée : seize modules à base hexagonale, imbriqués dans un vaste jeu de construction, présentent 42 intégrations architecturales monumentales. Des oeuvres réalisées à partir de multiples matériaux (métal anodisé, tapisserie, céramique, émaux et verre sérigraphié).

 

    

 

A l'étage : un espace dénommé "Lucien Arkas" expose douze oeuvres de ce collectionneur passionné par Vasarely. Le parcours de visite est fait pour pouvoir découvrir son univers plastique à travers quelque 200 créations et documents originaux.

 

 

 

<< Christian Broussas – Vasarély- 30/04/2019 • © cjb © • >>

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16 février 2019 6 16 /02 /février /2019 20:55

Du monochrome à la couleur

       Le cirque 1961

 

Cette exposition consacrée à Marc Chagall est organisée à Aix-en-Provence dans la très belle et met en lumière le cheminement de l’artiste, son renouvellement artistique de l’immédiat après-guerre à sa mort en 1985.
À travers quelque 130 œuvres qui couvrent tout le spectre de sa création, constituées de peintures, dessins, lavis, gouaches, collages, sculptures et céramiques, on peut voir l’évolution de Chagall du noir et blanc vers une recherche de luminosité des couleurs.

 


Nu mauve 1967                 Le philosophe vindictif 49     Au fil du temps 68

 

Vers la couleur  

Celui qu’en son temps on a appelé le "maître de la couleur", n’a cessé de rechercher une harmonie entre la couleur et le noir et blanc. Un parcours fondamental dans le renouvellement de son art, aux lendemains de la guerre.

 


Affiche de l'exposition - Le cirque                Chagall et sa femme Vava

 

En fait, cette démarche a commencé très tôt, dès les années 1920 et 1930. Durant l’après-guerre, la couleur noire, est devenue pour lui le symbole de sombres souvenirs sombres mêlés à une volonté plus positive d’une Europe qui évolue vers la paix et la démocratie. Sa pratique est alors, alliée à un style très personnel, d’explorer la palette des tonalités chromatiques vers une recherche des couleurs les plus lumineuses.

 

      
Le chandelier 1956     Chagall peignant le plafond de l'Opéra

Aux États-Unis, il va aussi travailler, grâce aux commandes de décors et costumes pour le ballet, sur un espace pictural monumental, appliquant à cette nouvelle dimension son appétence pour la couleur définie alors comme un élément essentiel dans la conception de volumes et d’espaces.

 


Le garçon dans les fleurs 55     Les amoureux au poteau  51

 

Explorer différentes techniques 

L’exposition se propose de montrant le processus de création, la diversité des techniques utilisées que Chagall expérimente après son retour d’Amérique en 1947 : la peinture bien sûr mais aussi la gravure, la sculpture en marbre, en plâtre, en bronze et également la céramique.

 


Le village fantastique 68-71         La danse 68-71                  Le rappel 1970

Les œuvres présentées proviennent de collections privées et en particulier de prêts exceptionnels d’un musée de Tokyo, certaines œuvres très rarement exposées en Europe.

 

                
Personnages de l'Opéra 70     Autoportrait au fond jaune


D’autres œuvres, notamment certains collages, n’avaient encore jamais été exposées, comme Esquisse pour le concert, Esquisse pour Le clown rouge devant St-Paul et Esquisse pour Personnages de l’Opéra. Les grandes huiles des années 1968-1971 (L’arlequin, Le nu mauve et Le village fantastique) ont ou ainsi être présentées avec leurs esquisses et collages préparatoires.

 


Bella                                      Portrait de Vava           Le joueur de mandoline

<< Christian Broussas – Chagalle Aix - 10/02/2019 < • © cjb © • >>

 

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23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 10:09

<<< • • • • •  °°°°°°   La ville de Lyon et le peintre Diego Rivera   °°°°°° • • • • • >>>   © cjb

                         <<<<<<<<< L'ART PICTURAL ET LA Cité de la Création >>>>>>>>>>>

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Fresques de D. Rivera (détails)

1- La ville de Lyon et Diego Rivera

C'est au printemps 2006 à l'occasion des Rencontres Internationales de la Peinture Murale' de Mexico que les participants découvrirent les œuvres de Cité Création et furent agréablement surpris. C'est ainsi que La Fondation Diego Rivera fait le choix de Cité Création pour réaliser une œuvre murale célébrant le 50ème anniversaire de la disparition du peintre le 24 novembre 1957. Le site retenu fut celui de la rue Georges Gouy dans le 7ème arrondissement de Lyon.

 

L’Espace Diego Rivera a ainsi dévoilé les murs peints le 4 décembre 2007 avec bien sûr des reproductions d'œuvres de Diego Rivera, sont mis en scène par Cité Création sur les surfaces murales proposées par la SACVL, rue Georges Gouy, à Lyon dans le 7ème arrondissement. Les trois peintures murales qu'on peut admirer reprennent des thèmes essentiels du peintre : le Mexique au fil de son histoire avec les civilisations précolombiennes Aztèque et Maya, la conquête militaire espagnole avec Cortès, la mise en esclavage des populations locales, les bouleversements sociaux politiques et la réforme agraire. On retrouve aussi le peintre qui apparaît dans les fresques, avec notamment sa dernière œuvre Rêve d’un dimanche après-midi au parc Almadena. Les fresques de Rivera eurent d'abord un objectif pédagogique pour une population alors encore largement illettrée : raconter par l'image ce que fut l'histoire du pays. Rivera décora à cette occasion Le Palais National, le Secrétariat de l’éducation Publique, le Palais des Beaux-Arts, ainsi que le musée et le Palais de Cortès à Cuernavaca.

2- L'œuvre de Rivera et son message

L’œuvre de Rivera porte l'influence de sa vision marxiste et illustre l’oppression que subirent les indiens et les paysans pendant la colonisation des conquistadores puis des régimes dictatoriaux que connut le Mexique comme celui par exemple de Porfirio Diaz. Malgré ses racines indiennes, il a toujours recherché une union, un syncrétisme entre les deux cultures majeures, indiennes et espagnoles, de son pays . Il a pris pour sujet des scènes quotidiennes de la vie des gens du peuple mêlées d'éléments symbolistes où l'on peut souvent reconnaître le visage de sa compagne, peintre elle-aussi au destin tragique, Frida Kalho. « Ma peinture a quelque chose qui appartient au peuple et à qui elle est destinée», tel est son projet et sa raison de peindre, prôner plus de justice et d'humanité à travers ses toiles.

 

Le 5 juin 2007 voit le lancement officiel du projet lyonnais avec la présence de sa fille Guadalupe Rivera. Cette initiative est aussi l'occasion de faire connaître la travail de l'artiste, d'offrir une vision synoptique de son art sur les murs lyonnais, de la soumettre au regard du plus grand nombre, de faire réagir le public sur des aspects de cette œuvre immense, de la multiplicité foisonnante et multicolores de ses scènes. Ces murs peints viennent s'ajouter à ceux déjà réalisés dans l'espace lyonnais pour créer une émotion, "colorer la vie" et participer à la valorisation du cadre de vie des habitants du quartier et des lyonnais.

3- Les fresques de l'espace Rivera

La façade préhispanique du mur nord : sa structure pyramidale rappelle le musée Anahuacalli créé par Diego Rivera près de Mexico, contenant ses collections précolombiennes. Y sont représentées les différentes civilisations préhispaniques et l'arrivée d'Hernán Cortés symbolisant la conquête au plan spirituel, religieux et culturel. Des décorations de végétaux évoquent l'emprise du temps sur les temples mayas, les pyramides des grandioses constructions de pierre qui constellent une grande partie du pays, deMexico, Teotihuacan jusqu'aux confins du Guatemala et la presqu'île du Yucatan vers Chitchen Itza et les autres grands sites.

 

Sur le haut, on trouve deux fresques imposantes intitulées Images du Popol Vuh sur le thème de la création du monde. Elles sont inspirées de Popol Vuh, une œuvre composée de vingt-cinq aquarelles et dessins, racontant la naissance du peuple maya avec la présence de Quetzalcóatl, le dieu-serpent. Au milieu sur le côté gauche, un panneau Civilisation tarasca, du nom d'un peuple vivant sur la côte pacifique du Mexique. C'est en fait une recomposition de la fresque México prehispánico y colonial conservée à Mexico, œuvre essentielle de onze panneaux qui couvre une surface de près de 200 m².

 

Le panneau central reprend le thème du commerce entre les Totonaques et les Aztèques, avec un commerçant (un potcheca) qui échange ses marchandises contre des fruits et du cacao. Une pyramide s'y élève avec ses 365 ouvertures représentant les jours de l'année, chacun d'eux étant dédiés à un dieu et à un animal chargés de veiller à ceux qui naissaient ce jour-là; un manège (le volador) rappelle la célébration du vol des aigles et des dieux.

Quant au panneau de droite qui s'intitule civilisation huatesca, il met en scène le volcan Popocatepelc, plus haut sommet du pays, la région de Xochimilco, terre à maïs, la déesse du maïs Chicomecoatl puisque cette céréale est le produit de base de l'alimentation, d'où son caractère sacré, comme le cacao, à l'époque précolombienne. On y trouve aussi l'irrigation, technique de base de l'agriculture locale avec, au premier plan, une jeune fille qui confectionne des tortillas. Juste en-dessous se trouvent huit statuettes et deux masques qui marquent l'importance des travaux de fouille qui permirent d'exhumer les grands sites préhispaniques noyés dans la végétation, les nombreux objets découverts, poteries, cramiques dont Rivera était féru et dont il a légué une partie de son importante collection au musée anthropologique de Mexico.

4- Les œuvres de la partie basse

tumb     L'arrivée d'Hernán Cortés à Veracruz

Sur la gauche se trouve La christianisation illustrant la défaite du dernier empereur aztèque Moctezuma, accompagné de sa femme, obligé de rétrocéder ses trésors et de s'incliner devant le pouvoir de l'Église. Fresque édifiante qui montre tout l'orgueil dévastateur des conquistadors et la morgue de l'Église. Le peintre insiste sur l'implacable volonté de l'Église de réduire ce peuple à accepter sans délais ses conceptions religieuses ou à mourir, de choisir entre " le baptême et la mort". On y voit également le général Santa Anna recevoir de l'argent pour qu'il élimine les "gringos" du Nouveau Mexique et du Texas pour revendre leurs terres aux Etats-Unis. Cette fresque est aussi issue d'une fresque de Historia de México intitulée Epopeya del pueblo mexicano, qui se trouve aussi au Palacio nacional de Mexico.

 

Sur le panneau du milieu est représentée l'arrivée d'Hernán Cortés à Veracruz pour dénoncer l'esclavage dont fut victime ce peuple, le travail forcé à coups de fouet et le marquage au fer. Hernán Cortés apparaît très souffrant, victime sans doute d'une épidémie qui touchait souvent la population en faisait des dégâts considérables, avec en face de lui la figure de Pedro de Alvarado, le conquistador du Guatemala. Le prêtre et sa croix symbolisent l'exploitation à laquelle est soumis le peuple pour édifier les premières églises sur cette terre de conquête. On y voit aussi un enfant méso-américain aux yeux bleus qui porte une amérindienne sur son dos, preuve que le métissage a commencé très tôt. (œuvre originale du Palacio Nacional de Mexico, La conquista o el arribo de Hernán Cortés 1519 et est tirée de la fresque México prehispánico y colonial).

 

Sur la droite figure La canne à sucre, à l'époque de la dictature de de Porfirio Díaz, sur le thème de l'exploitation des indigènes dans les immenses exploitations sucrières (les fincas). La puissance est représentée par le contremaître et son fouet, le propriétaire de l'hacienda habillé en "gringo" pour marquer son allégeance aux Etats-Unis. (œuvre originale Ingenio azucarero de Tealtenango, Morelos, élément d'un ensemble intitulé Histoire de Cuernavaca et de l'État de Morelos, conquête et révolution.

5- La fresque de la place Rivera

tumb Rêve d'un dimanche après-midi au parc Alameda

Cette fresque est essentiellement tirée d'une des plus grandes œuvres du peintre, Rêve d'un dimanche après-midi au parc Alameda (Sueño de una tarde dominical en la Alameda Central, 1947-1948), du musée mural Diego Rivera, à Mexico, d'abord réalisée à l'hôtel del Prado avant sa destruction par le tremblement de terre de 1985. Les créateurs lyonnais y ont ajouté Diego Rivera peignant sa fille Guadalupe avec son fils dans les bras.

D'un côté, on trouve donc cette fresque sur l'histoire du Mexique, Rêve d'un dimanche après-midi au parc Alameda, œuvre très autobiographique montrant le peintre quand il était enfant, sa femme Frida Kahlo, donnant la main au squelette de la vanité du dessinateur Posada qui apparaît aussi et duquel il s'est beaucoup inspiré pour réaliser son travail. Il y retrace les grands phases des évolutions historiques du pays, la conquête espagnole et l'inquisition, les évènements marquants de la période charnière entre le XIXème et le XXème siècle, la conquête de l'indépendance, les interventions américaine et française) et le Mexique contemporain.

De l'autre côté, on découvre Diego Rivera et sa fille Guadalupe avec son fils dans les bras, dans un vue pittoresque réalisée en un trompe-l'œil très réussi. Choix délibéré de la représentation du peintre et de la technique qu'il utilisait pour réaliser son travail.

6- La façade du mur sud

Cette partie fait référence à des œuvres d'une autre nature, avec par exemple le portrait de Lénine extrait de L'Homme au carrefour, celui d'Emiliano Zapata qu'il avait déjà peint à Cuernavaca en 1930 et L'arsenal où l'on voit Frida Kahlo distribuer des armes et également, habillée en rouge avec l'étoile communiste. A l'arrière-plan, des ouvriers et des paysans prêts à se battre, à qui on a distribué des armes et, sur un côté, un couple d'amis Julio Antonio Mella et Tina Modotti.

 

En bas à gauche, est représentée une usine Ford, œuvre qu'on avait alors commandé à Rivera, symbole de l'industrialisation triomphante qui avait suivie la grave crise économique de 1929. Elle y décrit les nombreuses étapes de la fabrication du moteur de la Ford V8 avec un petit clin d'œil à Léon Trotski que l'on peut reconnaître avec ses lunettes et sa casquette. Au milieu, Rivera a tenu à peindre le héros de la révolution mexicaine Emiliano Zapata, qu'il a peint à de nombreuses reprises, plus que Pancho Villa, desservi par son passé de bandit. (œuvre originale intitulée Emiliano Zapata (1930-31) partie du cycle "Histoire de Cuernavaca et de l'État de Morelos".

 

Lénine Portrait de Lénine

 

Au centre se trouve la figure tutélaire de Lénine, reprise d'une œuvre réalisée sur le Rockfeller center en 1933 puis détruite, le portrait de Lénine faisant scandale. (œuvre extraite de "Comunismo" dans El hombre controlador del universo o el hombre en la máquina del tiempo en 1934, au Palais des Beaux-arts de Mexico.)

Toujours en bas, Rivera a peint une représentation symbolique de Wall street avec ceux qui passaient pour être les figures du capitalisme d'alors, John D. Rockefeller, Henri Ford et J.P. Morgan, attablés devant une bouteille de champagne et des bandes en or des téléscripteurs de la Bourse. (copie de "El banquete de Wall Street" dans La vision politique idyllique du peuple mexicain, 1928, secrétariat à l'éducation publique, Mexico)

 

Sur le côté droit, en haut figure Le jour des morts, rappelant la Toussaint, jour de festivités pour aller se recueillir sur la tombe des disparus, leur rendre hommage en chantant et en mangeant des têtes de morts en sucre. On peut y voir Diego Rivera et sa femme Lupe Marin, un torero célèbre Juan Silveti sous un grand sombrero. (œuvre copiée de "Día de muertos", datant de 1924, secrétariat à l'éducation publique, Mexico)En bas, Le carnaval et ses animaux traditionnels comme l'âne et le cheval, symbole d'une culture mexicaine peu à peu pervertie par le tourisme. La femme blonde représente l'archétype de la touriste américaine. Derrière la fête se profilent les visages grimaçants des participants, et les deux têtes de morts, encadrant le tableau de bas en haut, sur celui du bas étant inscrit sur le front eternidad, marquant la continuité des sentiments humains. (œuvre reproduisant "Mexico folklórico y turístico", extraite de Carnaval de la vida Mexicana, 1936, Palais des Beaux-arts de Mexico.)

 

tumb La place Diego Rivera à Lyon

7- Infos complémentaires

* Vous pouvez aussi retrouver quelques écrivains lyonnais ou attachés à Lyon :

* A voir aussi  sur l'histoire de Lyon :

* Bibliographie sommaire

  •  - Sylvia Perrin. 07/2010. "L'espace Diego Rivera de Lyon", La Clé des Langues (Lyon: ENS LYON/DGESCO). ISSN 2107-7029
  • - Roland Amador, "L'espace Diego Rivera de Lyon", éditions Lyonnaises D'art et d'histoire, 62 pages, mai 2008
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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 18:28

                        <<< • • La décentralisation culturelle à Lens • •  >>>

                         <<<<<< • • • • •  °°°°°°  © CJB   °°°°°° • • • • • >>>>>>>

 

Tous a lens.jpg Louvre-lens-musee1.jpg Extérieur du musée

 

Le musée Le Louvre-Lens a été inauguré le 4 décembre 2012 et ouvert au public dès le 12 décembre, avec des œuvres qu proviennent pour l’essentiel des réserves parisiennes du Louvre. C’est l’aboutissement d’un projet lancé en 2003 par le ministre de la Culture Jean-Jacques Aillagon et le président du Musée du Louvre Henri Loyrette. Ce musée n'a pas de collections personnelles; c'est celui de Paris qui met à sa disposition une partie de ses collections pour des durées limitées dans le temps.

 

Le musée de Lens, vaste ensemble de 28.000 m2, à l’architecture avant-gardiste de verre et d'aluminium poli, conçu par les japonais de l'agence Sanaa, a été construit sur un ancien carreau de mine de la ville de Lens dans le Pas-de-Calais, une ville assez pauvre surtout connue pour son club de foot. Cette démarche, qui rappelle celle de la fondation Guggenheim de Bilbao en Espagne, exemple de décentralisation autant que réponse à la fin de l'industrie minière.

 

Pour cette première exposition, plus de deux cents œuvres ont été exposées dans la grande nef, la Galerie du Temps, pour une durée de cinq années. Elles ont pour thème commun de refléter l'évolution de l'art occidental, des œuvres primitives de Sumer ou des arts de l'Égypte pharaonique jusqu'au "clou" de cette collection, le Delacroix de La Liberté guidant le peuple. Marque originale, des toiles de la même époque se côtoient comme Monsieur Bertin d'Ingres datant de 1832, à côté d'un portrait d'un roi de la dynastie Gadjare Fath Ali Shaj d'un iranien du début du XIXe siècle, Mehr Ali.

 

Pour attirer le public et devenir encore plus attractif, Il est prévu de renouveler quelque 20% des œuvres chaque année offrant ainsi un nouveau parcours à découvrir. Pour l'instant, l'exposition est centrée sur la Renaissance, permettant une ouverture sur toutes les formes d'art de cette époque : peintures, sculptures, objets d’art, dessins, antiques... permettant de se faire une idée sur le foisonnement, l'éclectisme d'une époque.

 

Louvre lens salles.jpg Louvre-lens collections.jpg Intérieur du musée

Zoom sur l'ensemble 

- La Grande Galerie : exposera pour 5 ans dans le musée du Louvre-Lens des œuvres d'art du Louvre parisien dans une présentation chronologique : 120 mètres de long, de la naissance de l'écriture vers 3 500 avant Jésus-Christ jusqu'au milieu du 19ème siècle, toutes les civilisations et techniques seront représentées, s'organisant en trois grandes périodes : 70 œuvres pour l'Antiquité, 45 œuvres pour le Moyen Âge et 90 œuvres pour les Temps modernes.

 

- Le pavillon de verre : il présente chaque année un nouveau thème complétant l'exposition de la Grande galerie. Pour les cinq prochaines années, il propose « une histoire du temps » en complément du parcours chronologique de la Galerie du Temps, avec comme thème la perception du temps.

 

- La galerie des expositions temporaires : Renaissance Révolutions dans les arts en Europe entre 1400 et 1530.
Cette exposition présente ce moment de mutation intellectuelle et artistique alors unique en Europe. Plus de 250 œuvres (peintures, sculptures, gravures, objets d'art, etc.) seront exposées dans un parcours suivant des domaines porteurs de la Renaissance.

Les projets innovants

La collaboration avec des institutionnels a permis de concevoir trois projets technologiques particulièrement intéressants :
- la gestuelle 3D : dispositif permettant d'être intégré dans les collections du musée, de prendre possession des œuvres pour les examiner en trois dimensions;


- le geste dans l’air : prototype d’un Smartphone Androïd utilisant la complémentarité des solutions 2D et 3D et qui devient ainsi une télécommande gestuelle pour naviguer à sa guise dans les collections du musée, de les visionner, de les partager avec les autres et de prendre son temps pour les étudier;


- la tablette 3D : une tablette tactile, associée à une diffusion du son et des vibrations, pour saisir une œuvre comme un objet commun, pour la manipuler à son rythme.

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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 17:56
    <<<< Ouverture au public de La petite écurie du roi - © CJB >>>>

  La Petite Écurie est un monument situé à Versailles sur la place d'Armes, en face du château, entre l'avenue de Paris et l'avenu de Sceaux. Elle a été construite sous la direction de l'architecte Jules Hardouin-Mansart et achevée en 1681.

 

PER dalbera.jpg         Petite écurie Versailles.jpg

 

La petite écurie du roi est un des lieux les moins visités du château de Versailles, qui recèle pourtant une superbe collection de quelque 5000 pièces, essentiellement des sculptures et moulages d'après l'antique, petit édifice des dépendances du bâtiment, dû au grand architecte Jules Hardouin-Mansart en 1678.

Les collections

Il faut dire que ce bâtiment n'était pas encore ouvert au public mais qu'il le sera au cours de l'année 2013 : une nouvelle raison de visiter ou revisiter l'ensemble. Il renferme une admirable collection, la "gypsothèque", de toutes les époques, de tous les genres, où la mythologie rencontre l'histoire ou la religion.

 

On y découvre les collections de moulages du Louvre, de l'École des beaux-arts et de l'Institut d'art et d'archéologie, section de La Sorbonne, dont l'Académie de France à Rome possède de belles copies. Les collections royales, sous l'impulsion de Louis XIV et de Colbert vont connaître une expansion extraordinaire. L'École des beaux-arts a aussi fourni de nombreuses pièces à la "gypsothèque" de Versailles plutôt orientée vers l'art romain, les modèles provenant d'Italie. Pour l'art grec, il faudra attendre le XVIIIè pour exhumer les magnifiques pièces de l'art grec classique ou archaïque avec les fouilles de Délos, Olympie ou Delphes. [1]


On peut dire que les moulages retrouvent ici leur vocation d'origine : conserver un ensemble pictural de civilisations passées dans ce bel édifice du XVIIe siècle, témoignage du classicisme français et de l'art antique présenté sur quelque 2500 mètres carrés.

 

PER façade Tresor Siphnos roi de delphes.jpg ----- PER galerie des moulages.jpg
La façade du Trésor de Siphnos ---- Vue de la galerie des moulages

Le rôle du roi Louis XIV

Louis XIV fut un grand collectionneur d'antiques réunissant un superbe ensemble de statues antiques qui, selon la responsable de Versailles constitue « un style associé à un lieu de pouvoir ». Cette passion du roi fut une opportunité pour les artistes dont les œuvres allaient parfois surpasser les modèles antiques. Il a cherché à les acquérir comme cette Vénus Médicis dont le nom signe la provenance ou à en faire réaliser des copies comme le Bacchus enfant puis les fait installer dans les grands appartements et dans les jardins. Elles ont en fait deux vocations : servie l'image du roi en magnifiant la beauté antique et servir de modèles aux artistes travaillant à Versailles. Les peintures ont aussi un objectif comparable : transposer le mythe du héros sur le Roi-Soleil et jouer de cette image, de ce prestige historique sur le plan politique. [2]


L'exposition est constituée de quelque 200 œuvres parmi lesquelles les antiques les plus connus, de retour à Versailles pour la première fois depuis la Révolution.

 

Dans un bâtiment symbole du classicisme français du XVIIè siècle, outre la belle perspective de la galerie des moulages, on peut découvrir de superbes sculptures, des œuvres telles que la façade du Trésor de Siphnos et la statue d'un roi de Delphes, Les chevaux du soleil et les nymphes de Thétis ou également La victoire ailée de Brescia avec à côté des allégories.

 

PER nymphes de Thetis cheaux du soleil panses par les Tritons par Girardon.jpg - - - - - -  PER allegories victoire ailée de brescia.jpg
Les chevaux du soleil et les nymphes de Thétis ---- La victoire ailée de Brescia et allégories au 1er plan

 

Référence : « Versailles et l'antique », château de Versailles (galerie basse, salles d'Afrique et de Crimée), exposition 2012-2013, scénographie de Pier Luigi Pizzi, catalogue dirigé par Alexandre Maral et Nicolas Milovanovic, paru aux Éditions Artlys.

 

Notes et références

 

[1] ↑ la" Colonne des danseuses de Delphes" inspira une ode à Claude Debussy.

[2] ↑ Seul Nicolas Poussin osait dire dans le concert général de louanges, que « la poésie est plus vraie que l'histoire».

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19 décembre 2012 3 19 /12 /décembre /2012 18:38
Le «royal monastère» de Brou à Bourg-en-Bresse

Ce monument, considéré comme un chef-d'œuvre du gothique flamboyant, ce gothique tardif du XVè siècle, a été construit par Marguerite d'Autriche pour honorer son mari Philibert le Beau, mort trop tôt.

 

 

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          L'église de Brou : extérieur, nef et fronton

Le monastère de Brou se trouve au sud de Bourg-en-Bresse, édifié suer une terre quelque peu marécageuse –on est à proximité des étangs de La Dombes- qui s'étend à l'ouest du Revermont, des premiers contreforts du Jura. Il abrite de somptueux tombeaux, ceux de Marguerite de Bourbon, de son fils le duc de Savoie Philibert le Beau et de sa bru, Marguerite d'Autriche. La duchesse de Savoie était la fille de l'empereur Bourgogne, fille unique et héritière du duc de Bourgogne Charles le Téméraire.

Les tombeaux des deux époux, sculptés dans le style contourné de cette époque, en baldaquins de pierre comportent dans leur partie supérieure un « gisant » qui représente le défunt de son vivant, en tenue d'apparat, et au-dessous, un « transi » qui le montre dépouillé dans la mort.

Espérant par ce moyen obtenir la guérison de son mari, Marguerite de Bourbon avait fait le vœu de construire une église et un monastère à cet endroit, sur l'emplacement d'un modeste prieuré des Augustins. Mais elle mourut avant d'avoir pu accomplir ce vœu et elle le transmit à son fils Philibert qui, malheureusement, mourut lui-même très jeune, après trois ans de mariage. Ce fut ainsi à sa femme Marguerite d'Autriche qu'il incomba d'accomplir ce vœu.

 

 Brou philibert tombeau.jpg            Brou Philibert le beau.jpg

     Philibert le Beau : tombeau et gisant   

Une duchesse de bonne réputation


Le parcours de Marguerite a été semé d’embûches. Née en 1480 à Bruxelles, elle fut fiancée à l’âge de trois ans au futur roi de France Charles VIII et répudiée à onze ans, quand Charles VIII fut « obligé » d’épouser Anne de Bretagne pour garder son duché à la France. Elle se maria finalement à un infant d'Espagne et devenue veuve, elle se remaria avec Philibert le Beau et connut auprès de lui quatre années de grand bonheur. Veuve une seconde fois, elle se consacra alors à l'éducation de son neveu, le futur empereur Charles Quint et à la construction du monastère de Brou.

Nommée par son père Maximilien gouverneur général des Pays-Bas en 1506, elle s’installa à Malines, ville de la Belgique actuelle. Fine politique, elle sut maintenir malgré des temps difficiles, la paix dans ses domaines, y compris en Franche-Comté et parvint en particulier à négocier avec Louise de Savoie, la mère de François 1er, la paix de Cambrai qu’on appelle le plus souvent la « paix des dames ». Sa culture flamande explique que c’est dans ce style que Marguerite d'Autriche entreprit la construction du « royal monastère » de Brou, qu'elle n'eut par ailleurs jamais l'occasion de visiter.

 

Marguerite dAutriche.jpg                        Brou marguerite d'autriche.jpg

     Marguerite d'Autriche et son gisant
 
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