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19 août 2021 4 19 /08 /août /2021 22:15

« J’ai lutté contre toutes les formes de gouvernement autoritaire et de droit divin, voulant que l’homme se gouverne lui-même selon ses besoins à son profit direct et suivant sa conception propre. »  Courbet

 

    
Le musée Courbet à Ornans          Autoportrait à la pipe 1848
"Courbet" par Valérie Bajou

 

Le Musée Gustave Courbet se trouve dans l’hôtel Hébert du XVIe siècle, maison natale du peintre à Ornans, dont la façade donne sur la rivière la Loue. L'essentiel de sa collection comprend quelque 75 œuvres de l’artiste, plus des toiles de ses amis et de disciples. C'est sa réouverture après une longue période de travaux qui ont permis d'offrir un nouveau parcours au visiteurs et l'Atelier Courbet a été étendu et largement réaménagé.

 

          
Dame à l'ombrelle 1865        Femme nue près d'un ruisseau 1845
Jeunes anglaises à la fenêtre 1865

 

L’œuvre de Courbet qui s’étend de 1840 jusqu’à sa mort en 1877, se trouve en France dans les grands musées nationaux, à Orsay avec L'Enterrement à Ornans et L'Atelier de l'artiste, au Petit Palais ou au musée Fabre à Montpellier mais aussi maintenant au musée d’Ornans dans le Doubs, son village natal. Et ce surtout depuis de récentes acquisitions comme Le Veau ou un superbe portrait de Juliette sa sœur cadette.

 

        
Juliette Courbet 1844   Juliette Courbet à 12 ans   Zélie Courbet, sa sœur aînée



Outre son intérêt pictural, son œuvre est marquée par son réalisme, est complexe et fait écho à la réalité sociale et politique de son temps. Les grandes scènes de chasse par exemple, que ce soit Le chevreuil mort, La curée, Chiens de chasse, sont de véritables peintures historiques, soulignant les liens entre le peintre et la nature, vision symbolique de la souffrance, aussi bien animale qu’humaine. [1]

 

        
Coucher de soleil sur le Léman 1874    Château de Chillon sur le Léman 1874

Le réalisme est alors confronté à l’essor de la photographie et Courbet n’échappe pas à cette évolution, ce qu’on voit très bien dans son rapport à Manet ou même à Whistler.

 

         
Les casseurs de pierre 1849          Bonjour monsieur Courbet 1854

En ce sens, le musée Courbet d’Ornans organise en cette année 2020 une exposition consacrée aux liens entre Courbet et Picasso.

 

    
Falaise d'Etretat après l'orage 1870         Autoportrait à Ste-Pélagie 1871 [2]



Gustave Courbet, c’est peintre controversé du XIXe siècle, qui signe la fin de l’académisme et la naissance de l’impressionnisme et fossoyeur de l’académisme.

 

  L'enterrement à Ornans (détail) 1849

 

Pablo Picasso, c’est l’artiste symbole des évolutions du XXe siècle, initiateur du cubisme et de cet élan vital d’un retour vers l’instinct, clamant « Savoir pour pouvoir, telle fut ma pensée […] faire de l’art vivant, tel est mon but, » interrogeant l’œuvre de Courbet pour nourrir sa réflexion.

 

         
La fileuse endormie 1853                Les cribleuses de blé 1854

 

Le meilleur exemple de cette filiation entre les deux artistes est le tableau de Courbet intitulé Les Demoiselles des bords de la Seine et la réinterprétation qu'en fit Picasso en 1950.

 

             
Le saut du Doubs 1852   Le chemineau 1848    Papeterie à Ornans 1865

 

Malgré la différence entre le réalisme des corps de Courbet et la recomposition de Picasso, la composition est pratiquement la même avec la Seine, la barque amarrée au rivage, le contraste des deux robes et l'attitude générale des corps.

 

         
Le Veau 1872                    Les demoiselles des bords de Seine 1856

 

La famille Courbet et Flagey

Situé à côté d’Ornans, le petit village de Flagey est le berceau de la famille Courbet qui a toujours été très attachée à ce lieu. Les gens, les paysages bucoliques qu'on retrouve dans plusieurs toiles, ont fortement inspiré le maître d’Ornans qui rendit ainsi célèbre son village.

 

   
Les 3 soeurs Courbet 1846  L'après-dîner à Ornans 1849   Villageoise au chevreau 1860

 

Son père Régis Courbet était un homme influent et respecté, peut-être maire du village comme l’affirme Gustave dans une lettre. Le cadastre du 19ème siècle qui énumère ses biens, le qualifie de « propriétaire aisé ». C’est après l’incendie de la maison que la famille s’installa pour un temps à Ornans, à l’hôtel Hébert, alors que Gustave avait une douzaine d’années.

 

               
Les paysans de Flagey revenant             Le chêne de Flagey 1864
de la foire 1852



Une fois la maison reconstruite, la famille passera le plus souvent les beaux jours à Flagey et la mauvaise saison à Ornans. On vivait au rythme des saisons, Gustave participait avec ses sœurs aux travaux des champs, s’initiant aux pratiques et aux usages, ce qui eut une grande influence sur son travail de peintre.

 

         
Le sommeil 1866                                Femme couchée 1868

 

Ce fut pour lui une source d’inspiration, comme notamment Le Chêne de Flagey peint en 1864 du musée d’Ornans ou Les paysans de Flagey revenant de la foire peint vers 1852 au musée de Besançon.

 


Son ami Max Buchon 1855     Le désespéré 1844   

 

Son ami Jules Castagnary, critique d’art, en séjour à la ferme de Flagey écrivit « qu’il s’en dégageait je ne sais quel parfum rustique, d’un charme tout à fait pénétrant. On s’y aimait beaucoup. »

 

   
Bouquets de fleurs 1862 et 1865                                           Le treillis 1863

 

Juliette, sa sœur cadette, fut sa légataire universelle. Elle n’oublia jamais son frère ni son village, finançant par exemple le mécanisme d’horloge et de cadrans du clocher de l’église de Flagey, déclarant : « Les Flagey, je les aime de tout mon cœur… Et je veux qu’ils jouissent de la propriété de mon père qui les chérissait tant. »

 

   Cerf courant dans la neige 1867 
 

Dernière lettre de Courbet quelques jours avant sa mort, à son père et sa sœur, 23 décembre 1877 : « Soyez absolument sans inquiétude et restez bien tranquillement au chaud, si c’est possible à Flagey. » 

 

                 
Les amants dans la campagne 1865       Chasseur allemand 1855

 

La collection permanente du Musée Courbet

Elle compte quelque 400 œuvres dont une soixantaine de l’artiste et cette diversité permet d'avoir une idée précise de l’œuvre de Courbet.

 

       
Ornans Vue générale                             Le miroir d'Ornans 1872

 

Des œuvres de jeunesse (Le Pont de Nahin, 1837) à ses cercles de connaissances (Portrait de Lydie Joliclerc, 1869 ; Portrait d’Urbain Cuénot, 1847), la collection du musée privilégie les thèmes favoris du peintre.

 

  Chasseurs dans la neige 1867

 

Parmi eux, on peut retenir les plus importants comme les animaux (Le Veau, 1873), les scènes de chasse (Le Renard pris au piège, 1860), les marines (les vues d'Étretat...), et les paysages de Franche-Comté (Le Chêne de Flagey, 1864).

 


La femme à la vague 1867     Son ami Proudhon et ses enfants 1865         
Vieil homme buvant du vin 1872

 

Les œuvres de la dernière partie de sa vie sont aussi présentes à travers la Commune de Paris (Autoportrait à Sainte-Pélagie, vers 1872) et l’exil en Suisse (Château de Chillon, 1874).
Le parcours intègre aussi des lettres, des dessins, des gravures et des sculptures, permettant de mieux connaître l'homme.

 

           
La Loue près d'Ornans                    Le pont de Nahin à Ornans 1837

 

En complément : Le destin de deux de ses œuvres

Le retour de la conférence

Cette œuvre datée de 1862, a été jugée scandaleuse et détruite pour une question de morale religieuse.

Depuis peu, on possède cependant une photo agrandie aux dimensions de l'original (2,30 x 3,30 m) qui donne une idée de l'effet produit à l'époque et des réactions suscitées. Ce tableau montre les penchants républicain et anticlérical de son auteur. Il semble d'ailleurs que Courbet ait voulu, à travers cette toile éminemment provocatrice, tester comme il disait « le degré de liberté que nous accorde notre temps », sous le Second Empire.
Il n'a été déçu. Le tableau aurait en effet été acquis par un catholique rigoriste qui s'est empressé de le détruire.

 

                 
Retour de la conférence 1863    Vue du lac Léman, 1876 [3]

 

Le Pêcheur de Chavots

Le Pêcheur de Chavots (poisson de rivière) est la première œuvre que sculpta Courbet en 1860, suite à un défi artistique. Courbet offre le tirage en bronze à Ornans, sa ville natale. Dès son installation sur la place des Îles-Basses (actuelle Place Courbet), c’est la polémique car elle représente, dans sa première version, un enfant entièrement nu. Une pétition n’y change rien. Mais, après sa participation à la Commune, la statue est mutilée, puis retirée de la fontaine de la place.


Courbet donne alors l’original en bronze à son ami Alexis Chopard. En 1882, Juliette la sœur cadette de Courbet en fait de nouveau don à Ornans. Et lors d’une commémoration, la statue est réinstallée sur la fontaine de la place Gustave Courbet.

 

                    
Le pêcheur de chavots              Vendange à Ornans 1864
(copie dans le hall de la mairie)

 

Notes et références
[1]
Dans ce genre, on peut noter : Biche morte et La curée (1857), Chiens de chasse et le chevreuil mort (1858), Cerf courant sous bois (1865), Le renard pris au piège (1860), Combat de cerfs (1861), Remise de chevreuil en hiver (1866), L'hallali du cerf et chasseurs dans la neige (1867).
Voir aussi Courbet, Notes sur la chasse, BNF et Michèle Haddad, Courbet peintre et chasseur, catalogue exposition Ornans 2007 

[2] Autoportrait à Sainte-Pélagie (1871). En mai 1871, accusé d'avoir participé à la Commune, et jugé complice de la destruction de la colonne Vendôme, Gustave Courbet est condamné à 6 mois de prison à Sainte-Pélagie.
[3] Ce tableau du musée de Granville fut longtemps considéré comme un faux avant d'être "réhabilité" il y a quelques années. Il fait partie de ses dernières toiles peintes pendant son exil en Suisse

Voir aussi
* Mon fichier Gustave Courbet, La Vague --
* Courbet, Autoportraits --

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<< Christian Broussas, Courbet Ornans 07/07/2021 © • cjb • © >>
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17 janvier 2021 7 17 /01 /janvier /2021 14:03

« Le gaucher que je suis a l'attention attirée par le sens des choses, de gauche à droite. » Pierre Alechinsky

 

Dans une interview, Pierre Alechinsky évoque son enfance et ses difficultés à l'école puis la découverte de la pratique picturale avec le groupe Cobra après la  Seconde guerre mondiale.

 

           
Pierre Alechinsky en 1965    Avec l'écrivain octavio Paz en mai 1980

 

C’est tout jeune que Pierre Alechinsky s’aperçoit qu’il est gaucher, écrivant de la main droite mais pouvant "renverser" son écriture de la main gauche, retournant son papier pour se relire par transparence, ce qui explique sans doute son goût pour l’imprimerie où tout y apparaît "à l’envers".  

 

  Le dernier jour 1964



Cette disposition a aussi gravement entravé ses études, ce qu’il appelle sa "cancrétude". « Ce n'est pas rien, conclut-il, dans une famille de médecins, d'être le mauvais élève. »

Ce qu’il découvrir avec le groupe Cobra, c’est la concomitance entre la réflexion et l’acte de peindre. Il faut constamment rester disponible, réceptif à tout ce qui se produit pendant la création.

 

       
L’esprit du thé 1965                                      L’inconditionnement humain 1970

 

Pour Pierre Alechinsky, le cadre défini (donc la surface disponible) signifie que  « c'est admettre que le peintre dépend d'un rectangle, qu'il accuse ce rectangle et qu'il le montre avant de commencer, et il va vers l'intérieur»  Il confirme son rejet de l'art engagé, car « la peinture est totalement libérée du souci de témoigner aujourd'hui. »

Lui qui a vécu les horreurs de la guerre, ajoute qu’il ne pourrait pas faire un tableau contre les bombardements, il lui serait impossible de peindre son "petit chef d’œuvre".

 

        
Pierre Alechinski dans son atelier de Bougival en 2005
Pierre Alechinski à l'inauguration de l'exposition "Alechinsky, les ateliers du Midi " à Aix-en-Provence le 4 juin 2010 • Crédits AFP

 

« C’est par la répétition qu’on est convaincu de certaines choses. » P. Alechinsky

 

Sa façon de travailler qu’il décrit dans son atelier de Bougival, part des matériaux qu’il utilise. « Je me sers de tout » dit-il. « Je démarre au sol, à l'horizontal. Ensuite, pour tous les travaux de finition c'est à la verticale » avec quelques séances supplémentaires une fois le tableau marouflé, placé sur chevalet.

 

Alechinsky en 2013

La technique, c’est autre chose, il refuse d’être dépendant d’aucune technologie, préférant des moyens modestes qu’il maîtrise. Cette conception correspond au fait d’utiliser " le minimum de moyens pour dire un maximum de choses et ne pas être distrait par la technique," et raconter une histoire avec un minimum de moyens.

 

          
Litho : Labyrinthe d’apparat 1973      Central Park 1965 Acrylique papier marouflé

 

Il veut sa peinture « ouverte », comme si l’on pouvait y pénétrer et en "sortir". C’est pour lui quelque chose d’instinctif mais si ce don a été contrarié par les cours de dessin qu’il a suivis dans sa jeunesse. « J’ai dit-il, perdu ainsi sûrement dix ans de ma vie. » Dans ses dessins, c’est la courbe qui le satisfait le plus, peut-être pour l’idée du serpent ou au dos d’une femme, un goût assez mystérieux qui lui permet « d’être en accord avec soi-même, ça dure quelques secondes mais c’est très agréable. »

Pierre Alechinsky s’est aussi beaucoup intéressé à la calligraphie, en particulier quand il est allé au Japon où il s’est initié, comme il dit, « au maniement du pinceau venant de l'écriture et allant vers la peinture ».  Contestant la pratique française, il pense que « la position idéale consiste à surplomber la feuille », le dessin provenant alors de l’ensemble du corps.

 

         
Lecture entre les lignes 1970                                   Couleuvrine

 

L'arbre bleu ou l'arbre des rues : un dialogue entre le peintre Pierre Alechinsky et le poète Yves Bonnefoy

Cette fresque monumentale de Pierre Alechinsky qui dresse sa silhouette céruléenne, est située à Pris, 40 rue Descartes, derrière le Panthéon dans le Ve arrondissement. Elle fait résonance au poème d'Yves Bonnefoy gravé sur le côté.

Réalisée pour le projet "Murs de l’an 2000", elle rappelle la présence d'une nature assez rare dans les villes. Le motif central est orné des différentes vignettes définissant le cadre. Le texte d'Yves Bonnefoy se déroule tout au long de la fresque, permettant un dialogue entre l'oeuvre écrite et l'oeuvre peinte, mettant en lumière la force et les fragilités du vivant enserré dans les bâtiments de la ville et rappelant qu'il faut tout faire pour préserver une nature si précieuse.

 

         
La fresque de Pierre Alechinsky et en regard, le poème d'Yves Bonnefoy

 

Cet arbre planté comme un objet incongru en milieu urbain fait contradiction entre le végétal et le béton. Pour une meilleure cohérence, il a entouré l'arbre bleu de motifs inspirées des prédelles des retables médiévaux. Depuis Central Park, son tableau le plus connu, Alechinsky exploite les marges libres de sa toile. Il crée ici une interaction mystérieuse entre ces motifs périphériques et l’arbre central pour alimenter sa narration quand les arbres chétifs tentent de se frayer un chemin entre masses bétonnées.

 

         
Le jeu de quatre coins, 1973                           Volcan en lecture, acrylique 1972

 

Yves Bonnefoy (1923-2016) à qui l'on doit le poème reproduit ci-dessous, fut un grand ami de Pierre Alechinsky. Lié également à Giacometti et Balthus, il collabora avec beaucoup d'artistes où ses poèmes mettent en valeur des œuvres de Nasser Assar, Eduardo Chillida, Bram van de Velde ou Zao Wou-Ki par exemple .
 

L’arbre des rues - Yves Bonnefoy
Passant,
regarde ce grand arbre
et à travers lui
il peut suffire.

Car même déchiré, souillé,
l'arbre des rues,
c'est toute la nature,
tout le ciel,
l'oiseau s'y pose,
le vent y bouge, le soleil
y dit le même espoir malgré
la mort.

Philosophe,
as-tu chance d'avoir l'arbre
dans ta rue,
tes pensées seront moins ardues,
tes yeux plus libres,
tes mains plus désireuses
de moins de nuit.

 

               
Litho Affiche papier 1972           Textes de Pierre Daix
Timbre-poste Roue et serpent, 1985, sur un texte de Michel Butor

 

Voir aussi
* Hans Hartung, 2020 -- L'abstraction lyrique --

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<< Ch. Broussas, Pierre Alechinsky 01/01/2021 © • cjb • © >>
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24 décembre 2020 4 24 /12 /décembre /2020 17:14

Ce terme assez abscons d'abstraction lyrique recouvre un mouvement pictural qui naît juste après la guerre en 1947, en réaction à toute la tradition cubiste et géométrique apparue vers 1907 des travaux de Picasso et de Braque.

 

       
De 1945 à 1956 : Bissière, Estève, Hartung, Manessier, Soulages, De Staël, Zao Wou-Ki, Mathieu, Veira da Silva, Poliakoff

 

Expression antinomique au premier abord où l'abstraction représente tout ce qui est non figuratif et lyrique le rejet de toute construction a priori, l'important mis sur l'intuition, le geste libératoire qui refuse toute théorisation.  On le voit fort bien dans l'évolution d'un Picasso qui, sans se rattacher à cette école picturale, est parti d'une structuration du tableau avec le cubiste pour finir par donner libre cours à son imagination, au geste inné pour rejoindre l'esprit de l'enfant enfoui dans l'adulte.

 

   
Georges Mathieu Torque 1965                     Hans Hartung Estampes L1970-2

 

L'abstraction lyrique est partie d’artistes pratiquant l’art abstrait et la liberté dans leur pratique. Sans évoquer les précurseurs, ce sont des artistes comme Hans Hartung dès 922 et Camille Bryen en 1936, prônant une « liberté plastique » utilisant des procédés de projection et de brossage, notamment Georges Mathieu, André Masson, Nicolas de Stael, Pierre Soulages, Jean Messagier, Zao Wou-Ki ou Olivier Debré.

 


Kandinsky 1ère aquarelle 1910          Pierre Aléchinsky L'inconditionnement humain 1970
 

Il concerne toutes les formes d’abstraction, s'opposant par là-même à l’attraction géométrique ou constructivisme, mettant l'accent sur l’expression directe et la traduction d'une émotion, exprimant quelque chose d'intime qu'ils cherchent faire surgir de l'œuvre.
 


Henri Michaux Le Cri        Kenneth Nolan Bridge, 1964
Mark Rothko Multiform 1948  

 

Les peintres de cette mouvance se sont approprié ces principes généraux pour donner naissance à plusieurs courants importants. Tous s'inspirent beaucoup des cultures primitives, de la calligraphie orientale ainsi que de l’art préhistorique et médiéval.

 

         
Karel Appel Paysages humains

La plus connue est sans doute L’expressionniste abstrait ou Action Painting représentée par Jackson Pollock, De Kooning, Hans Hofmann ou les français Georges Mathieu et Jean-Paul Riopelle. Ils mettent plutôt l'accent sur la couleur et les impulsions, qu'elles soient physiques ou psychiques.

 

     
André Masson L’âme  de Napoléon      Nicolas de Staël Le parc des princes 1952  


Le tachisme dont Hans Hartung est le précurseur, privilégie le geste qui donne vie à la figure représentée, sous des formes qui se rapprochent de la nature ou décrivent des formes spontanées de projections de peinture. Ce courant refuse toute préparation préalable, quelle soit formelle ou spatiale pour privilégier la spontanéité et puissance de concentration.
 

         
Olivier Debré,  Figure rouge 1962      Serge Poliakoff Composition abstraite 1967


Le mouvement Cobra regroupe des artistes comme Asger Jorn, Karel Appel, Pierre Alechinsky ou Arton Constant.
L'un de ses leaders Karel Appel disait :
« Un tableau n'est plus une construction de couleurs et de traits, mais un animal, une nuit, un cri, un être humain, il forme un tout indivisible.
 

         
Alfred Mannessier  Pêche au matin 1965        Jackson Pollock Number 17, 1949


Le courant du Color field painting est représenté par des artistes comme Mark Rothko, Clifford Still, Adolph Gottlieb ou  Morris Louis est centrée sur la couleur brute étalée en grandes étendues supprimant toute profondeur, cette couleur « est libérée du contexte objectif et devient le sujet lui-même. »
 

                
Maria-Helena Vieira da Silva Le jeu de cartes 1937   
Jean-Pierre Riopelle Lances 1958

 

Le courant français se regroupe dans ce qu'on a appelé La Nouvelle Ecole de Paris dont les principaux représentants sont Jean Bazaine, Albert Gleizes, Bissière, Estève, Maria Helena Vieira da Silva, Nicolas de Staël. Très influencés par le cubisme de Picasso, ils se tournent ensuite vers l'abstraction tout en préservant la composition et en réintroduisant parfois des éléments de figuration dans leurs tableaux.

 

         
Maurice Estève Joueuse de diabolo 1930      Victor Vasarely Sin Hat 33, 1972-73       Albert Gleizes Au port 1917
 

A partir des années soixante, le mouvement va avoir tendance à se fractionner dans "L'arête dure (Hard edge Peinting) avec des peintres comme Franck Stella, Ellsworth Kelly qui repartent du courant des Color Field Peinters, privilégiant une approche complètement libérée de toute référence.

 

    Bazaine Plongée 1984


Il donnera naissance au Op Art avec Vasarely, Kenneth Nolan, à la Peinture gestuelle avec Degottex et Olivier Debré et la Peinture aléatoire de Hantaï et Henri Michaux.
 

               
Franck Stella Feneralia 1995     Roger Bissière Thermidor 1960 
 

L'expressionnisme est alors délaissé triomphant des années 50. Le formalisme pur définit par Clément Greenberg qui disait que "L'art ne doit renvoyer qu'à l'art et le tableau ne parler que du tableau", va aboutir à une abstraction reposant d'abord sur une approche esthétique.

 

       
Asger Jorn Kiotosmorama, 1969           Clyfford Still 1957-J N°.1 (PH- 142)
 

Voir aussi
* Vasarely à Pompidou -- Expo Hans Hartung -- Expo Bourg : Femmes peintres --
* Expo Lyon, Formes et Couleurs -- Expo 2019, Musée de Lodève --
* Evian : Expressionnisme allemand -- L'école russe de Vitebsk --

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<< Ch. Broussas, Art moderne 24/12/2020 © • cjb • © >>
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Posté par : Frachet à - Commentaire

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22 décembre 2020 2 22 /12 /décembre /2020 12:58

La Fabrique du geste, Hans Hartung, Musée d'art moderne de Paris, 2020

     
Autoportrait 1922                  Autoportrait 1943 Crayon sur papier
« Je déguste la nature et la vie comme chacun, ça n’a rien à faire avec ma position picturale. » Hans Hartung

Hans Hartung (1904-1989) est né à Leipzig et fut blessé pendant la Grande guerre où il perd un pied. Il peindra jusqu'à la fin dans son fauteuil roulant, avec des assistants, dans son atelier d'Antibes. Le peintre a aussi procédé à des expérimentations utilisant par exemple la branche de genêt imprégnée de peinture pour frapper sur la toile, le pistolet à air comprimé, la serpette, la sulfateuse à vigne. Non seulement il peint mais encore il pulvérise, gratte et brosse la toile avec passion. 

 

     
     Le grand cheval, 1922                      Trois personnes assises, 1923

Il avait également bien des centres d’intérêt comme la photographie, les mathématiques, le latin ou l’astronomie.

   Gouache sur papier 1940 

 

À l’occasion de sa réouverture après d’imposants travaux de rénovation, le Musée d’Art Moderne présente une rétrospective du peintre Hans Hartung.

 

           
Huile sur bois 1938          T1933-3 Huile sur toile    T1936-2, Huile sur panneau Célotex

 

Une exposition d’autant plus attendue que la dernière rétrospective date de 1969. Elle nous permet en tout cas de jeter un regard différent sur l’œuvre de ce peintre essentiel du XXe siècle et du rôle qu’il a joué dans l’histoire de l’art car il fut un précurseur de l’abstraction, l’une des avancées majeures de son siècle.
 

                 
Hartung à Antibes en 1975


C'est à partir de 1932 qu'Hartung se tournera définitivement vers l'abstraction, caractérisée par l'effacement du référent, la structure de l'espace en plans, le fonds et les formes indifférenciés, reliquat de son passé cubiste. 
 

          
Dans son atelier antibois avec son pistolet      T 1945 Huile sur toile
 

Sa soif de liberté, son style s’inscrivent dans ce siècle terrible de la montée du fascisme dans l’Allemagne son pays d’origine, aux difficultés de l’après guerre dans une Europe déstabilisée par les problèmes socio-économiques.
 

        
T1938-16 Collage sur panneau de bois             Huile sur toile, 1934
 

En 1968. Anna-Eva et Hans Hartung, divorcés puis remariés, font construire près d’Antibes une maison avec des ateliers. Hartung est alors célèbre mais il continue ses recherches obstinées sur la peinture vinylique pulvérisée, les éclaboussures, l'utilisation de balais en genêt.

 

      P1958-238 Pastel sur papier

 

Le peintre s'intéresse surtout à la lumière, son rayonnement sur la toile, renoue aussi avec « la terreur ensorcelante » des orages de sa jeunesse, l'éclat des éclairs qu’il tentait de reproduire dans ses cahiers, cette explosion des éléments qui déclenchait en lui ce qu'il appelait « l’urgence de la spontanéité. »

 

 
T1947-12 Huile sur toile  T1955-9 Huile sur toile           Pastel sur papier, 1952

 

L’exposition elle-même comprend un ensemble de quelque trois cents œuvres provenant de collections du monde entier et plus particulièrement de la Fondation Hartung-Bergman. Ce sera aussi l’occasion de mettre en lumière les quatre œuvres dont le musée a fait l’acquisition en 2017.

 

     
T 1948-18 Huile sur toile                       T 1966-K40   vinyle sur toile

 

Elle met en lumière la diversité des innovations techniques qu’il a initiées dans le cadre d’expérimentations qui ont toujours été sa préoccupation, que ce soit ses recherches sur le format et la couleur à partir d’une méthodologie, le cadrage, la photographie, l’agrandissement, la répétition et les copies de ses propres œuvres. Ses recherches ont influencé nombre de ses contemporains à l’instar d’un Pierre Soulages qui a toujours reconnu ce qu’il devait à Hartung.

 

         
Composition gouache 1970              Composition 1973

 

Cette rétrospective s'articule autour de quatre grandes sections où l'on trouve des tableaux bien sûr, mais aussi des photographies, très importante pour lui et sa recherche artistique, auxquelles il faut ajouter des œuvres graphiques, des éditions illustrées, des oeuvres sur céramique... et même des galets peints.

 


  T1971-R24, 1971, acrylique sur toile      T1973-E12, 1973, acrylique sur toile


Elle est complétée par des documents d’archives, livres, correspondances, carnets, esquisses, journal de jeunesse, catalogues, cartons d’invitations, affiches, photographies, films documentaires...

 


  T1982-R11, 1982, acrylique sur toile     T1987-H5, 1987,  acrylique sur toile

 

Au-delà de son rôle de précurseur, on peut dire que le fil rouge de l'exposition est cet espèce de dialogue qui s'instaure entre l'esthétique de l'abstraction née de son rôle de précurseur et sa vision d'un art tourné vers l'avenir.

 

          
T1989-K32, acrylique sur toile      T1 1962-L21, T1 1962-L22, T1 1962-L23

 

Voir aussi
* France Culture, Entretiens -- Spectacle-sélection --
* L'abstraction lyrique, éditions L'Objet d'Art hors-série n° 24, par Vidalinc Marie-Jo - d'Alincourt Nathalie, Paris 1945-1956, Hans Hartung pages 41-71

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18 décembre 2020 5 18 /12 /décembre /2020 20:18

Ce thème, basé sur l'influence de Millet sur Van Gogh, rappelle la très belle exposition qui s'était tenue au musée d'Orsay en 1998-99, qui mettait en valeur la belle collection du musée, complétée en l'occurrence par quelques prêts d'autres musées. On peut aussi se procurer le superbe livret de l'exposition, intitulé simplement Millet Van Gogh : Exposition Musée d'Orsay, 181 pages, publié aux éditions Rmn. (Réunion des musées nationaux)

 


Jean-François Millet (1814-1875)  et Vincent Van Gogh (1853-1890)


Vincent Van Gogh alors âgé de 22 ans découvrit un jour des tableaux de Jean-François Millet  et ce fut pour lui une révélation.
Jean-François Millet sera alors pour le jeune peintre un guide et une référence, écrira son frère  Théo Van Gogh dans l'une de ses lettres.

 


La sieste : Millet 1866 et Van Gogh 1889

 

Si Van Gogh a donné plusieurs versions du Semeur, et il a aussi copié de nombreuses œuvres de Millet parmi lesquelles on peut citer Soir d’hiver, La Fin de la journée, Hiver, la plaine de Chailly, La Tonte du mouton, Le Batteur

 

         
Van Gogh, d'après Millet : La fileuse et Les sarcleuses

 

Au cours de l'automne et de l'hiver 1889-1890, alors qu'à la suite de l'épisode de "l'oreille coupée", Van Gogh se trouvait à l'asile de Saint-Rémy, il peindra vingt et une copies d'après Millet, qu'il admirait particulièrement.
Ce travail de copie il le concevait comme des improvisations, des libres interprétations qu'on pourrait comparer à un travail d'un musicien jouant la partition d'une œuvre
écrite par un autre compositeur.

 

         
Les tondeurs de moutons : Millet 1852 et Van Gogh 1889

 

Van Gogh n’a pas tout de suite révélé qu'il réalisait des copies de Millet, contrairement à Delacroix qui l’avait fait pour Rubens, Manet , Degas et Vélasquez.  “Certains sont copiés d’autres pas, j’ai commencé par hasard, puis j’ai appris et me suis inspiré de ce compagnonnage " disait-il.
 Van Gogh a commencé à copier des peintres comme Delacroix, Rembrandt, Doré, puis il passa progressivement à Millet.

 


Les premiers pas : Millet 1853 et Van Gogh 1890

 

Van Gogh, tenta d'atteindre  par huit fois le niveau du semeur de Millet mais finit par abandonner comme son frère Théo le lui avait suggéré.
Je quitte parce que je n’arriverai jamais à la hauteur du semeur”. Par cette réflexion, on peut mieux mesurer le perfectionnisme de Van Gogh.

 

       
La femme au râteau : Millet 1854 et Van Gogh 1889

 

Le musée d'Orsay possède de nombreuses œuvres que Van Gogh a consacré à Millet. Pour une exposition organisée sur ce thème, il a même fait venir à Orsay La Sieste (1889-1890), peinte d’après la gravure Midi de la série Les Quatre Heures du jour (gravées sur bois de 1858 à 1860 par Adrien Jacques Lavieille d’après Millet), de Saint-Pétersbourg Matin, couple de paysans se rendant au travail (1890) et de Komaki, au Japon, Soir, la fin du jour (1889-1890).

 


Sur la route du travail : Millet 1855 et Van Gogh 1890

 

Dans l'esprit de Van Gogh, copier permettait aussi de produire une œuvre de facture nouvelle, et on mesure bien cette différence en comparant les tableaux composés sur le même thème, les couleurs beaucoup plus vives de l’impressionnisme mises en parallèle avec  les couleurs sombres d'un classique comme  Millet.

 

       
Le semeur : Millet 1850 et Van Gogh 1881

 

On peut ainsi constater qu'un même thème peut être traité de façon fort différente selon la technique utilisée et l'idée que se fait le peintre de l'esthétique. En ce sens, il est également représentatif de son époque et des tendances qu'elle représente et dont elle est l'expression.

 

   
Les travailleurs de la terre : Millet 1854 et Van Gogh 1889

 

On peut noter que Van Gogh a réalisé assez tard ces différentes ont été réalisées, centrées sur les années 1889-90, ce qui signifie sans doute qu'il est en pleine réflexion sur sa façon de peindre et de concevoir.

 

       
Le bûcheron : Millet 1856 et Van Gogh 1889

 

Les toiles qu'il peint sur le modèle de Millet ne comptent pas parmi ses œuvres les plus connues, elles représentent le plus souvent des personnages pris dans leurs tâches quotidiennes, alors que Van Gogh a peint beaucoup de paysages.

 


Van Gogh, d'après Millet : la bergère, Le faucheur à la faucille et La lieuse de gerbes

 

l'exception est sans doute celle sur La nuit étoilée qui  montre bien le rapport qu'il pouvait avoir avec son sujet, ici Nuit étoilée sur le Rhône, très différente de son autre tableau intitulé Nuit étoilée qu'il peindra l'année suivante et et qui est très représentatif de l'évolution de son style pendant la période où il résidera à Saint-Rémy de Provence.

 

 
La nuit étoilée : Millet 1860 et Van Gogh 1888

 

Voir aussi
* Millet, peintre de la condition humaine --

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5 décembre 2020 6 05 /12 /décembre /2020 18:36

                    
Giacometti et buste de son frère Diego, 1955    

 

Giacometti : La quête permanente de la vérité de l’être.

 

L’un des questionnements essentiels de Giacometti fut : « Qu’est-ce qu’une tête ? » [1] Une obsession qui le faisait revenir sans cesse sur le sujet, jamais satisfait car, précisait-il, «  plus tu approches de la vérité, de la réalité de l’être, plus elle s’éloigne, plus tu te rends compte que tu en es infiniment éloigné. Que chaque détail saisi, ajouté, corrigé, t’en éloigne un peu plus encore… »
Avec en filigrane l’importance du regard.

 

         
Giacometti dans son atelier                                    Le chien

 

Pour Giacometti, la vie se trouve dans les yeux. [2] D’une façon plus générale, c’est le fragment qu’il regarde qui lui donne l’intuition du tout : « Je ne peux pas simultanément voir les yeux, les mains, les pieds d’une personne qui se tient à deux ou trois mètres devant moi, mais la seule partie que je regarde entraîne la sensation de l’existence du tout. »

 

            
 Buste de son frère Diego   Autoportrait aux Grisons   Portrait de sa mère 1920  

 

Pour Giacometti, la réalité de l’être réside dans son regard. Ceci transparaît aussi bien dans ses dessins, ses tableaux que dans ses sculptures. Ceci transparaît aussi dans les témoignages ou les documents qu’on possède, où on le voit travailler, modeler un corps, une tête, toujours en train de modifier des détails, de rectifier un élément et en ajuster d’autres en conséquence.

 

  L'atelier de l'artiste

 

Il explique ainsi son travail : « Si tu as le regard, c’est que tu as l’œil, alors seulement tu pourras avoir l’arcade sourcilière et si tu as l’arcade, alors tu pourras avoir le nez et ainsi de suite, mais si tu touches l’œil, tu comprends, tu dois tout changer… ainsi, plus tu t’approches, plus tu t’éloignes…» [1]
Toujours retouchant son sujet, toujours insatisfait.

 

                               
Giacometti-Cartier-Bresson   Trois hommes qui marchent   Giacometti-Gruber

 

Ses visages et ses corps vont du figuratif pointilleux des œuvres de jeunesse à une géométrie qui se rapproche du cubisme.  Elle va ensuite s’estomper progressivement pour aller vers des traits regroupés en pelote ou rassemblés en de nombreux segments.

 

    La quête du regard 

 

De ces ensembles qui peuvent paraître assez hétéroclites se dégage comme une promesse de vie… Puis ces écheveaux s’étirent peu à peu pour se transformer en ces corps effilés qui ont fait son succès.

 

       
Fleur en danger 1932                                 Femme couchée qui rêve 1932

 

Alberto Giacometti et Henri Cartier-Bresson avaient en commun une solide amitié et aussi  la même volonté de faire ressentir l’éphémère d’une situation et la fugacité de l’instant. On peut choisir comme illustration "Fleur en danger", sculpture de Giacometti créée en 1932 où l’on voit une catapulte chargée menaçant une frêle fleur inclinée comme si elle implorait pitié. L’œil acéré de l’artiste lui permet de se focaliser sur une attitude sans pour autant figer le sujet.

 

 
Mère et fille 1933      Femme debout 1952             Pointe à l’œil 1931-32

 

Après les guerres mondiales et la barbarie qui ont marqué le 20e siècle et défiguré le corps humain, comment représenter alors ce corps ou simplement un visage ? Les tentatives minimalistes et abstraites ont toutes failli. Dans cette quête, Giacometti a tenté de lui restituer l’essence de sa plastique humaine. 

 

                                  
Portrait d'Annette sa           La table surréaliste       L'homme et la femme 1928-29
femme 1950 [3]

 

Notes et références
[1] 
Michel Van Zele, "Alberto Giacometti. Qu’est-ce qu’une tête ?"
[2] Voir en particulier
Étienne Barillier, "Alberto Giacometti, Une vie dans le regard", Ppur Presses Polytechniques, Janvier 2021
[3] Alberto Giacometti. Le dessin à l’œuvre, éditions Gallimard/Centre Pompidou,  2001



Voir mes fiches sur Giacometti
*
Giacometti,Une vie dans le regard --
* L'exposition Picasso-Giacometti en 2016 --
* Giacometti-Bacon, l'obsession du corps --
* Rodin-Giacometti, expo à Martigny --

 

Voir aussi
* l’atelier d’Alberto Giacometti, éditions Centre Pompidou/Fondation Giacometti, 2001
* Jean-Marie Drot, "Un homme parmi les hommes : Alberto Giacometti", collection les Heures chaudes de Montparnasse.
* Cyril de Turckheim, "Les Mains éblouies : Miro, Calder, Giacometti, Tapies"
* Panorama de l’art --

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20 octobre 2020 2 20 /10 /octobre /2020 18:13

La musique et ses instruments a toujours été un thème de prédilection des peintres. [1] Une exposition qui confronte Picasso à la musique, surtout à travers les instruments qu'il a représentés tout au long de sa vie.
 

          
                                                 La Flûte de Pan, automne 1923

« Je n’aime pas la musique », aurait dit Pablo Picasso. [2] Réalité, provocation ou ironie ? En tout cas, l'exposition réalisée sur ce thème à Paris indique quand même que Picasso aimait les rythmes populaires, dont il était sans doute imprégné depuis l'enfance, qu'il connaissait fort bien les instruments qu'il a peints.
 

 
Le vieux guitariste aveugle 1903
 

Ce qu'il rejetait, c'était l'abstraction car il ne supportait plus au XXe siècle ce lien qu'on faisait entre abstraction et musique, ce qui n'empêche pas chez lui une grande présence de la musique. C'est pour bien illustrer le cheminement personnel de Picasso à la musique que le parcours de l'exposition est chronologique.
 

       
Violon & feuille de musique 1912  Guitare & feuille de musique 1912
        
Violon, 1912                                 Violon et raisins 1912

Il était très proche des poètes, des musiciens, des compositeurs. Il faut aussi se souvenir que Picasso a réalisé les décors, les costumes, les habits de scène de plusieurs ballets présents dans l'exposition et qu'il a de ce fait rencontrer des musiciens comme Éric Satie, Igor Stravinski, Manuel de Falla ou Darius Milhaud.
 


Violon au café 1913              Violon et guitare 1913  Violon, pipe, bouteille 1914
 

Cécile Godefroy, commissaire de l’exposition "Les musiques de Picasso" à la Philharmonie de Paris, affirme que Picasso « n’était pas mélomane ; a priori, il ne savait pas lire une partition, il n’avait pas besoin de la musique pour travailler comme Chagall», ou d'autres.
 

 
Violon 1915, tôle & fil de fer      Arlequin à la guitare 1918                 Piano 1920
 

Picasso mélomane ?

Encore une exposition, pourrait-on dire pour un artiste et une œuvre qui en ont déjà connu beaucoup. [3] Ce qui fait l'originalité de celle-ci est qu'elle est centrée sur le rapport entre la peinture de Picasso et la musique. En effet, comme le dit Cécile Godefroy, on peut remarquer que son œuvre « regorge d’instruments, de musiciens, de danse. »
 


Les deux versions des trois musiciens de 1921 (New-York et Philadelphie)
 

En fait, Picasso a surtout intégré des instruments de musique à ses tableaux dans sa période cubiste, surtout entre 1912 et 1915 puis après la Grande Guerre et la décennie 1920. À partir de 1930, les instruments de musique deviennent plutôt rares dans sa production, ses centres d'intérêt ont changé, les instruments aussi d'ailleurs puisqu'on trouve surtout de petits instruments à vent dans de grandes compositions comme Le joueur de flûte et l'Aubade
 

     
L’homme à la mandoline 1920          Guitare et compotier 1924
     
Punchinello guitare 1920            Mandoline et panier de fruits 1925 
 

En 1946, Picasso quitte Paris pour le Sud de la France s'intéresse de nouveau à l'Antiquité. Il retrouve aussi une certaine joie de vivre qui explose dans des oeuvres comme en 1955 "Bacchanale" et son joueur de flûte, le Bacchus d'un certain plaisir de vivre.
 

  Nature morte à la mandoline 1924
 

L'exposition a réussi à réunir vingt-deux instruments de musique issus de diverses collections, mais qui ont tous appartenu à Pablo Picasso.
 

  Mandoline et guitare 1924
 

L’exposition regroupe quelque 250 œuvres évoquant la musique, dont on peut citer des toiles comme Violon et feuille de musique, Nature morte au piano ou La Femme au tambourin. On peut aussi y admirer trois sculptures [4] en terre cuite blanche représentant des joueurs de flûte et de diaule (flûte antique double à deux corps) qui se trouvaient dans le jardin de sa villa "La Californie" sur la Côte d'Azur.
 

 
La femme au tambourin 1939           Nu couché et joueur de flûte 1932
 

Le rapport à l'enfance

Cette appétence pour la musique et les instruments (surtout à cordes) peut s'explique par l'influence d'un  père, José Ruiz y Blasco, passionné de flamenco, allant parfois tous les deux se balader dans  les quartiers gitans de Malaga, sa ville natale.
 


La joie de vivre 1946
 

Ce goût pour la musique populaire se retrouvera dans les airs qu'il écoutera plus tard à Barcelone, dans les corridas, le cirque ou les cabarets de Montmartre où il s’installe en 1909.
 


L’aubade version 1942                                 Composition à la mandoline 1959
 

C’est  ce genre de musique qu'il préfère et qu'on retrouve dans les toiles de ses débuts, Arlequin et sa  guitare par exemple, son instrument favori qui lui rappelle son Espagne natale ou le joueur saltimbanque qu'il utilise comme son propre reflet.
 

   
L'aubade 1965
 

Notes et références
[1]
Voir La musique et la peinture -
[2] Affirmation recueillie semble-t-il par la journaliste Hélène Parmelin dans les années 1960.
[3]
Voir par exemple mes fiches sur certaintes de ses expositions : Picasso à Évian 2018 - Picasso à Montpellier 2018, Picasso à Montélimar --
[4] Voir ma fiche Picasso et la sculpture --

 


Le triomphe de Pan (Bacchanales d’après Poussin) avec joueurs de trompes, août 1944
 

Sur Picasso, voir mes articles :
* Picasso & la musique --
* Picasso et les femmes - Expo Picasso-Giacometti - Les mots de Picasso -

* Picasso et le paysage méditerranéen -- Picasso au coeur des ténèbres --

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14 octobre 2020 3 14 /10 /octobre /2020 13:40


 

Les enfants terribles de l’impressionnisme

« Quand Mary Cassatt a découvert la peinture de Degas, elle a compris que c’était l’avenir de la peinture, la voie qu’elle cherchait. »
P. Curie,
musée Jacquemart-André

 

 
Photo d'Edgar Degas et de Mary Cassatt

 

Dans l'esprit du public, Edgar Degas, c'est d'abord des tableaux représentant des danseuses d'opéra, ces ballerines au corps si gracile, flexible, et sans doute aussi quelques courses de chevaux d'une élégance qui n'ont rien à envier aux danseuses.
 

 
Mary Cassatt Maternité, 1897        Cassatt Petit déjeuner au lit, 1897

 

À  n'en pas douter, l'un des plus grands peintres de l'impressionnisme. Mais pour l'américaine Mary Cassatt, il n'en est pas de même. Peu de personnes sont capables de donner quelques précisions sur l'artiste et son œuvre.
 

       
Cassatt Dans la loge, 1879   Degas  Femme se coiffant 1885  & Après le bain, 1883
 

Pourtant, une grande amitié les a unis pendant près de 40 ans, surprenante sans doute vue leur différence de caractère et aussi assez méconnue, dont on parle rarement. Ensemble, ils ont une place à part dans le courant impressionniste.

On peut en tout se demander si, sans le contact et les échanges avec Mary Cassatt, Degas aurait été le même et surtout s'il aurait eu l'aura qu'il a eue aux États-Unis sans l'appui de Mary. C'est grâce à elle que non seulement Degas mais aussi Monnet et Renoir ont connu la gloire outre atlantique et sont exposés dans les plus grands musées américains.

 


                 Bébé au costume bleu, 1889

Mais d'un autre côté, c'est Degas qui la présenta au groupe des impressionnistes dont elle partagea l'itinéraire, participant à leurs expositions et lui fit rencontrer son marchand Paul Durand-Ruel qui devint le sien et la fit connaître.

Ce fut en fait une volonté commune entre Mary Cassatt et Durand-Ruel de faire connaître aux États-Unis ces courants picturaux de l'École de Fontainebleau et de l'impressionnisme.
 

         
Les fameuses danseuses de Degas : La classe de danse 1874 et Danseuses sur scène 1889
 

Son implication dans la promotion de l'impressionnisme et le succès qu'elle rencontre, sert aussi ses desseins. [1] D'abord en faisant d'elle une des grandes figures de ce mouvement et en participant au  développement culturel de son pays. « Tous ces tableaux, écrira-t-elle un jour, acquis en privé par de riches Américains finiront par trouver leur place dans les collections publiques et enrichiront la Nation et le goût national. » [2]
 

   
 Degas Le ballet 1876     Cassatt Toilette de l’enfant 1894 & Louise Villebœuf 1901 [3]

 

Au regard de leurs œuvres respectives, ils ont compris bien avant de se rencontrer en 1877, ce qu'ils avaient en commun. Degas a vite reconnu qu'en art elle était son égal, disant « Voilà quelqu'un qui ressent comme je ressens. » Ils vécurent, en célibataires endurcis, pendant une vingtaine d'années une amitié difficile. Elle est entière, très rigide, il a un caractère impossible, ils se querellent souvent avant de se réconcilier. Un vrai couple qui se chamaille.
 

       
Cassatt, Femme à la toilette, 1891           Degas, La toilette, 1888, pastel
 

Sur le plan artistique, c'est une autre forme de relation, ils échangent aussi par tableaux interposés, se lancent des défis, recherchent de nouvelles façons de peindre, abordent de nouvelles techniques. Leur tempérament farouchement indépendant les préserve en quelque sorte, eux qui travaillent presque toujours en atelier (ce qui est peu commun pour des impressionnistes) et fait qu'ils restent à part et passent pour être les enfants terribles de l'impressionnisme.
 

     
Mary Cassatt Autoportrait vers 1878      Degas Emma Dobigny, 1869       
Mary Cassatt  La femme et l'enfant ou Le miroir ovale, vers 1899

 

Notes et références
[1] Paul Durand-Ruel ouvre une galerie à New York en 1888, et fonde un journal hebdomadaire, L’Art dans les deux mondes, dans le premier numéro duquel Cassatt tient une grande place. Il l’exposera quelque vingt-cinq fois, vendant fort bien ses œuvres.
[2]
Quand, en 1887, le marchand d’estampes Samuel Avery expose un grand nombre de ses planches à Boston et New York, elle est saluée dans la presse comme la plus grande graveuse de son temps.

[3] Mary Cassatt Louise-Aurore Villebœuf (détail), 1901, pastel sur papier beige, Orsay
 

      
Mary Cassatt, Alexander J Cassatt et son fils  Robert Kelso Cassatt, 1884
J
eune fille au canapé bleu, 1878

 

Mary Cassatt en 5 dates :
* 1844 : Naissance à Allegheny City (Pennsylvanie)
* 1865 : Arrivée à Paris
* 1877 : Se joint au groupe impressionniste
* 1881 : Début de son association avec Paul Durand-Ruel
* 1926 : Elle est enterrée au Mesnil-Théribus, dans l’Oise
 

   
Degas  Visite au musée, 1880             Cassatt, Les deux jeunes filles, 1885
 

Voir aussi
* Edgar Degas à l'Opéra, Orsay --
* Expo Bourg-en-Bresse : Les femmes et la peinture --
* Edgar Degas par Paul Jamot, 577 pages (dont 226 pages de diaporama), avril 2015
* Mary Cassatt, par Achille Ségard, 372 pages (dont 183 pages de diaporama), juin 2015

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<< Christian Broussas • Degas Cassatt © CJB  ° • 13/10/ 2020  >>
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9 octobre 2020 5 09 /10 /octobre /2020 21:02

La visite de Limoges est quelque peu difficile puisqu’elle n’a pas un seul centre ville mais plusieurs. Cela tient au fait que la ville s’est constituée d’abord vers les rives de la Vienne puis, sans doute pour des raisons de sécurité,  sur la colline où avait été érigé un vaste château défensif aujourd’hui disparu, d'où le nom de ce quartier.  

 

   
Deux espaces emblématiques : place Saint-Michel et gare des Bénédictins

 

Par la suite, la ville moderne s’est constituée au pied de cette colline, dans une plaine qui lui a permis de s’étendre largement dans cette direction, au-delà de la gare des Bénédictins et limitée par les communes de Couzex, de Panazol et de Feytiat.

 

            
Aquarelle, Rue de l'abbessaille       Notre hôtel vers la gare

 

Le quartier de la cité
Noyau initial de Limoges, le quartier de la Cité s’est développé autour de la cathédrale Saint-Étienne et du palais de l’évêché, dominant les rives de la Vienne et ses deux ponts romains Saint-Martial et Saint-Étienne.

 

          
Maisons à colombage de la rue Haute-Cité     Le souterrain de la rue de la Règle

 

Au-delà de ces deux édifices emblématiques de la ville, un autre site très intéressant situé autour de la rue de la Règle et comprend la Cité des métiers et des arts, le souterrain de la rue de la règle.

 

         
La Cité des métiers et des arts

 

On peut aussi se promener dans les rues anciennes autour de la cathédrale, admirer par exemple les maisons à colombage de la rue Haute-Cité ou des curiosités comme la maison penchée ou la sculpture L'Alanguie de Pierre Digan.

         
        La maison penchée                                     Pierre Digan  L’alanguie

 

Les rives de la Vienne ont été aménagées en coulée verte, promenade publique qui s’étend sur plusieurs kilomètres et offrent aussi l’intérêt de communiquer avec deux autres espaces, le parc d'Auzette et les jardins de l'Évêché.
Rive gauche, on peut cheminer jusqu’à la commune voisine de Panazol et rive droite, on peut traverser le quartier Sainte-Félicité, au niveau du pont Saint-Martial.

 

         
  Vue de La Cité Haute                             Les rives de la Vienne vers le viaduc

 

Le quartier du Château - Autour des halles

La fresque Cobaty aux halles (place de La Motte)
Sur la place des Halles, en fait place de La Motte, l’œil est rapidement attiré par l’immense fresque qui fait face au bâtiment des halles centrales. Elle se présente en plusieurs parties, englobant les immeubles de la partie droite de la place.

 

           
La mais La fresque Cobaty vue des Halles

 

Créées en "trompe l’œil", les façades reprennent les éléments architecturaux de la place ainsi que son passé. Au centre, le rideau de scène des comédiens rappelle la Motte castrale, le Château et ses étangs ayant existé sur le site. Deniers et Barbarins (*) circulant sous Saint-Martial et Saint-Éloi, sont présentés sur le fronton de l’atelier frappant la monnaie.

 

         
Un joueur de jazz, une enfant de la balle, l'atelier de monnaie
Auguste Renoir et son modèle


Au premier étage, on trouve Auguste Renoir, né à Limoges, et son modèle tandis qu’à la croisée du troisième apparaît l’évocation du grand incendie de 1864. Limoges ancien mais aussi Limoges actuel avec ce jeune garçon qui symbolise avec sa casquette, l’épopée du basket ainsi que le festival du jazz.
(*) Barbarin : denier qui porte au resto le buste barbu de Saint Martial.

 

              
Rue de la boucherie-rue Gondinet      Statue de St-Aurélien devant la chapelle
 

Derrière les Halles
D’abord, on peut faire une petite incursion rue des Bouchers, rue symbolique de Limoges s’il en est, avec Saint-Aurélien et sa belle statue sur la petite place devant la chapelle puis en traversant la place, on va faire un tour par la rue piétonne Adrien Dubouché, avec un peu plus loin le musée du même nom (ou musée de la porcelaine) qui demande une bonne journée pour une visite complète.

 

         
Vues de la rue Adrien Dubouché
 

De forme quadrangulaire, la place d'Aine, située près de la place Winston Churchill, est séparée du jardin d'Orsay vaste promenade publique située à l’emplacement de l’amphithéâtre gallo-romain d’augustoritum, par le palais de justice.
 

         
Place d’Aine, Espace Raphaël 1904 et Palais de justice
 

Elle représente un carrefour directionnel important, jonction entre le boulevard Gambetta, qui la relie à la mairie de Limoges, le boulevard Victor Hugo, vers la place Denis Dussoubs, la rue des Arènes et les rues Darnet, Péconnet et D'Aguesseau, qui partent vers les Halles centrales.
 


La place d'Aine, vue générale
 

Le quartier de la mairie

Si la ville moderne s’étend au bas de la colline au-delà de la rue Jean Jaurès, elle se poursuit aussi du côté de la Vienne, dans un quartier qui est celui de la mairie. On peut y accéder par la rue Jean Jaurès et le boulevard Louis Blanc, laissant l'aquarium sur la droite avant d'arriver devant l'hôtel de ville.
 

         
L'aquarium de Limoges rue Haute-Vienne-Boulevard Gambetta
 

Le quartier, comme son nom l’indique, doit son nom à la mairie de Limoges, bâtiment de style néo Renaissance construit sur le modèle de la mairie de Paris, dans les années 1880. Elle est ornée, devant l'entrée centrale, d'une célèbre fontaine tout en porcelaine.
 

             
La mairie et la fontaine en porcelaine
 

Les seuls bâtiments anciens restants du quartier sont l'ancien séminaire des Ordinands et l'ancien quartier de cavalerie (maintenant Cité administrative Blanqui) et l'ancien hôpital où est implantée en partie la Bibliothèque BFM (Bibliothèque Francophone Multimédia).
 


La bibliothèque multimédia                              Maison diocésienne (ex séminaire)

Voir aussi
* Limoges, sculptures et articles --

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<< Christian Broussas • Limoges Centres © CJB  ° • 4/10/ 2020  >>
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8 octobre 2020 4 08 /10 /octobre /2020 21:08

          
 

Le Musée Paul Valéry de Sète a été inauguré en 1970, succédant au Musée municipal implanté dans le pavillon central du collège Victor Hugo en centre ville. Le bâtiment est situé sur le Mont Saint-Clair, sur une terrasse dominant le Cimetière marin, prenant le nom de Musée Paul Valéry, du nom de "l’enfant du pays".
 

         
 

Cette année 2020, le musée a organisé, pour son 50e anniversaire, une importante exposition sur le thème de la relation de Paul Valéry aux peintres et à la peinture, thème intéressant car pratiquement inédit.
 

           
Albert Marquet Voiliers à Sète 1924      Albert Marquet Le port de Venise 1936
 

Le parcours cible choisi repose sur ses relations avec sa famille, ses amis ainsi que les artistes qu’il a fréquentés, côtoyés ou simplement les œuvres qu’il a admirées dans des musées.
 

           
J.N. Sylvestre Le sac de Rome en 410 par les Vandales 1890
J.É. Blanche  Portrait de Paul Valéry 1923

 

Exposition conséquente s’il en est regroupant quelque quatre-vingts œuvres, provenant de nombreux musées français parmi lesquels le Musée d’Orsay, le Musée National d’Art Moderne, les musées régionaux de Grenoble, Reims, Rouen ou encore le Musée Fabre de Montpellier, de collections particulières et bien sûr, du Musée Paul Valéry lui-même.
 

     
François Desnoyer, deux représentations du port de Sète en 1948 et 1951
                 

C’est ainsi que la relation du poète à la peinture est vue à travers des œuvres (entre autres) de Bonnard, Courbet, Corot, Degas, Delacroix, Maurice Denis, Manet, Matisse, Monet, Berthe Morisot, Gustave Moreau, Picasso, Redon, Renoir, Vuillard, Whistler, Zurbarán.
 

   
Gabriel Couderc Le port de Sète       Robert Mols  Le port de Cette (devenu Sète)
 

La dernière partie de l’exposition est quant à elle consacrée à des peintures et des dessins de Paul Valéry qui n’a cessé tout au long de son existence, de dessiner et de peindre.
 

           
Hélène Bertaux Psyché 1889             Henri Matisse La leçon de piano 1923
 

La collection du musée comprend surtout des œuvres modernes et contemporaines de peintres comme Storck, Cabanel, Carrier-Belleuse, Lefebvre ou Sylvestre… quelques belles œuvres réalistes telles que la célèbre Mer calme à Palavas de Gustave Courbet.
 

         
Gabriel Couderc Le repas 1936                Topolino Sète Le cimetière marin, 2015
 

Nombreux sont aussi les peintres qui ont représenté la ville de Sète comme Jongkind, Mols, Hintz, Troncy, Marquet, et bien sûr les peintres sétois Aristide Chapuzot ou Toussaint Roussy qui ont donné leur propre vision de leur ville.
 

           
Le Gréco  L’immaculée Conception à la chapelle Oballe de Tolède
Gustave Courbet Mer calme à Palavas 1857
 

Le musée a également fait une large place aux deux écoles sétoises qui, au XXe siècle, ont donné ses lettres de noblesse à la ville. D'abord le Groupe Montpellier-Sète composé de François Desnoyer, Jean-Raymond Bessil, Gérard Calvet, Gabriel Couderc, Camille Descossy, Georges Dezeuze et Pierre Fournel, qui s'est reconnu au départ dans la figure de Frédéric Bazille né à Montpellier en 1841 et mort pendant la guerre de 1870.
 

     
Hervé di Rosa Dirosapocalypse 1984             Robert Combas Les tournesols 1989
 

Un autre groupe a eu également une influence importante, un groupe intitulé La Figuration Libre avec en particulier comme principaux représentants les œuvres de Robert Combas et de Hervé Di Rosa.
 

  Hervé di Rosa Classic ice
 

Ce groupe rejette tout art intellectuel  et défend une peinture figurative, néo-expressionniste inspirée de la bande dessinée et d’une vision ludique de l’art.
 

 
Robert Combas Hannibal contournant Sète, 2000
 

Deux autres fonds méritent aussi d'être cités : Le fonds graphique bien fourni avec des peintes et illustrateurs comme Gustave Doré, Edgar Degas, Paul Cézanne, Matisse, Marinot, Villon, Gromaire, Dubout… et le fonds Paul Valéry avec quelque 300 documents et œuvres dont des manuscrits (dont le premier manuscrit du Cimetière marin), et 80 dessins, pastels et aquarelles qui montrent le poète sous un jour nouveau.
 

         
Louis Valtat Les porteuses d’eau 1897     Raoul Dufy Le cargo noir à Ste-Adresse 1949-52

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