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23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 10:09

<<< • • • • •  °°°°°°   La ville de Lyon et le peintre Diego Rivera   °°°°°° • • • • • >>>   © cjb

                         <<<<<<<<< L'ART PICTURAL ET LA Cité de la Création >>>>>>>>>>>

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Fresques de D. Rivera (détails)

1- La ville de Lyon et Diego Rivera

C'est au printemps 2006 à l'occasion des Rencontres Internationales de la Peinture Murale' de Mexico que les participants découvrirent les œuvres de Cité Création et furent agréablement surpris. C'est ainsi que La Fondation Diego Rivera fait le choix de Cité Création pour réaliser une œuvre murale célébrant le 50ème anniversaire de la disparition du peintre le 24 novembre 1957. Le site retenu fut celui de la rue Georges Gouy dans le 7ème arrondissement de Lyon.

 

L’Espace Diego Rivera a ainsi dévoilé les murs peints le 4 décembre 2007 avec bien sûr des reproductions d'œuvres de Diego Rivera, sont mis en scène par Cité Création sur les surfaces murales proposées par la SACVL, rue Georges Gouy, à Lyon dans le 7ème arrondissement. Les trois peintures murales qu'on peut admirer reprennent des thèmes essentiels du peintre : le Mexique au fil de son histoire avec les civilisations précolombiennes Aztèque et Maya, la conquête militaire espagnole avec Cortès, la mise en esclavage des populations locales, les bouleversements sociaux politiques et la réforme agraire. On retrouve aussi le peintre qui apparaît dans les fresques, avec notamment sa dernière œuvre Rêve d’un dimanche après-midi au parc Almadena. Les fresques de Rivera eurent d'abord un objectif pédagogique pour une population alors encore largement illettrée : raconter par l'image ce que fut l'histoire du pays. Rivera décora à cette occasion Le Palais National, le Secrétariat de l’éducation Publique, le Palais des Beaux-Arts, ainsi que le musée et le Palais de Cortès à Cuernavaca.

2- L'œuvre de Rivera et son message

L’œuvre de Rivera porte l'influence de sa vision marxiste et illustre l’oppression que subirent les indiens et les paysans pendant la colonisation des conquistadores puis des régimes dictatoriaux que connut le Mexique comme celui par exemple de Porfirio Diaz. Malgré ses racines indiennes, il a toujours recherché une union, un syncrétisme entre les deux cultures majeures, indiennes et espagnoles, de son pays . Il a pris pour sujet des scènes quotidiennes de la vie des gens du peuple mêlées d'éléments symbolistes où l'on peut souvent reconnaître le visage de sa compagne, peintre elle-aussi au destin tragique, Frida Kalho. « Ma peinture a quelque chose qui appartient au peuple et à qui elle est destinée», tel est son projet et sa raison de peindre, prôner plus de justice et d'humanité à travers ses toiles.

 

Le 5 juin 2007 voit le lancement officiel du projet lyonnais avec la présence de sa fille Guadalupe Rivera. Cette initiative est aussi l'occasion de faire connaître la travail de l'artiste, d'offrir une vision synoptique de son art sur les murs lyonnais, de la soumettre au regard du plus grand nombre, de faire réagir le public sur des aspects de cette œuvre immense, de la multiplicité foisonnante et multicolores de ses scènes. Ces murs peints viennent s'ajouter à ceux déjà réalisés dans l'espace lyonnais pour créer une émotion, "colorer la vie" et participer à la valorisation du cadre de vie des habitants du quartier et des lyonnais.

3- Les fresques de l'espace Rivera

La façade préhispanique du mur nord : sa structure pyramidale rappelle le musée Anahuacalli créé par Diego Rivera près de Mexico, contenant ses collections précolombiennes. Y sont représentées les différentes civilisations préhispaniques et l'arrivée d'Hernán Cortés symbolisant la conquête au plan spirituel, religieux et culturel. Des décorations de végétaux évoquent l'emprise du temps sur les temples mayas, les pyramides des grandioses constructions de pierre qui constellent une grande partie du pays, deMexico, Teotihuacan jusqu'aux confins du Guatemala et la presqu'île du Yucatan vers Chitchen Itza et les autres grands sites.

 

Sur le haut, on trouve deux fresques imposantes intitulées Images du Popol Vuh sur le thème de la création du monde. Elles sont inspirées de Popol Vuh, une œuvre composée de vingt-cinq aquarelles et dessins, racontant la naissance du peuple maya avec la présence de Quetzalcóatl, le dieu-serpent. Au milieu sur le côté gauche, un panneau Civilisation tarasca, du nom d'un peuple vivant sur la côte pacifique du Mexique. C'est en fait une recomposition de la fresque México prehispánico y colonial conservée à Mexico, œuvre essentielle de onze panneaux qui couvre une surface de près de 200 m².

 

Le panneau central reprend le thème du commerce entre les Totonaques et les Aztèques, avec un commerçant (un potcheca) qui échange ses marchandises contre des fruits et du cacao. Une pyramide s'y élève avec ses 365 ouvertures représentant les jours de l'année, chacun d'eux étant dédiés à un dieu et à un animal chargés de veiller à ceux qui naissaient ce jour-là; un manège (le volador) rappelle la célébration du vol des aigles et des dieux.

Quant au panneau de droite qui s'intitule civilisation huatesca, il met en scène le volcan Popocatepelc, plus haut sommet du pays, la région de Xochimilco, terre à maïs, la déesse du maïs Chicomecoatl puisque cette céréale est le produit de base de l'alimentation, d'où son caractère sacré, comme le cacao, à l'époque précolombienne. On y trouve aussi l'irrigation, technique de base de l'agriculture locale avec, au premier plan, une jeune fille qui confectionne des tortillas. Juste en-dessous se trouvent huit statuettes et deux masques qui marquent l'importance des travaux de fouille qui permirent d'exhumer les grands sites préhispaniques noyés dans la végétation, les nombreux objets découverts, poteries, cramiques dont Rivera était féru et dont il a légué une partie de son importante collection au musée anthropologique de Mexico.

4- Les œuvres de la partie basse

tumb     L'arrivée d'Hernán Cortés à Veracruz

Sur la gauche se trouve La christianisation illustrant la défaite du dernier empereur aztèque Moctezuma, accompagné de sa femme, obligé de rétrocéder ses trésors et de s'incliner devant le pouvoir de l'Église. Fresque édifiante qui montre tout l'orgueil dévastateur des conquistadors et la morgue de l'Église. Le peintre insiste sur l'implacable volonté de l'Église de réduire ce peuple à accepter sans délais ses conceptions religieuses ou à mourir, de choisir entre " le baptême et la mort". On y voit également le général Santa Anna recevoir de l'argent pour qu'il élimine les "gringos" du Nouveau Mexique et du Texas pour revendre leurs terres aux Etats-Unis. Cette fresque est aussi issue d'une fresque de Historia de México intitulée Epopeya del pueblo mexicano, qui se trouve aussi au Palacio nacional de Mexico.

 

Sur le panneau du milieu est représentée l'arrivée d'Hernán Cortés à Veracruz pour dénoncer l'esclavage dont fut victime ce peuple, le travail forcé à coups de fouet et le marquage au fer. Hernán Cortés apparaît très souffrant, victime sans doute d'une épidémie qui touchait souvent la population en faisait des dégâts considérables, avec en face de lui la figure de Pedro de Alvarado, le conquistador du Guatemala. Le prêtre et sa croix symbolisent l'exploitation à laquelle est soumis le peuple pour édifier les premières églises sur cette terre de conquête. On y voit aussi un enfant méso-américain aux yeux bleus qui porte une amérindienne sur son dos, preuve que le métissage a commencé très tôt. (œuvre originale du Palacio Nacional de Mexico, La conquista o el arribo de Hernán Cortés 1519 et est tirée de la fresque México prehispánico y colonial).

 

Sur la droite figure La canne à sucre, à l'époque de la dictature de de Porfirio Díaz, sur le thème de l'exploitation des indigènes dans les immenses exploitations sucrières (les fincas). La puissance est représentée par le contremaître et son fouet, le propriétaire de l'hacienda habillé en "gringo" pour marquer son allégeance aux Etats-Unis. (œuvre originale Ingenio azucarero de Tealtenango, Morelos, élément d'un ensemble intitulé Histoire de Cuernavaca et de l'État de Morelos, conquête et révolution.

5- La fresque de la place Rivera

tumb Rêve d'un dimanche après-midi au parc Alameda

Cette fresque est essentiellement tirée d'une des plus grandes œuvres du peintre, Rêve d'un dimanche après-midi au parc Alameda (Sueño de una tarde dominical en la Alameda Central, 1947-1948), du musée mural Diego Rivera, à Mexico, d'abord réalisée à l'hôtel del Prado avant sa destruction par le tremblement de terre de 1985. Les créateurs lyonnais y ont ajouté Diego Rivera peignant sa fille Guadalupe avec son fils dans les bras.

D'un côté, on trouve donc cette fresque sur l'histoire du Mexique, Rêve d'un dimanche après-midi au parc Alameda, œuvre très autobiographique montrant le peintre quand il était enfant, sa femme Frida Kahlo, donnant la main au squelette de la vanité du dessinateur Posada qui apparaît aussi et duquel il s'est beaucoup inspiré pour réaliser son travail. Il y retrace les grands phases des évolutions historiques du pays, la conquête espagnole et l'inquisition, les évènements marquants de la période charnière entre le XIXème et le XXème siècle, la conquête de l'indépendance, les interventions américaine et française) et le Mexique contemporain.

De l'autre côté, on découvre Diego Rivera et sa fille Guadalupe avec son fils dans les bras, dans un vue pittoresque réalisée en un trompe-l'œil très réussi. Choix délibéré de la représentation du peintre et de la technique qu'il utilisait pour réaliser son travail.

6- La façade du mur sud

Cette partie fait référence à des œuvres d'une autre nature, avec par exemple le portrait de Lénine extrait de L'Homme au carrefour, celui d'Emiliano Zapata qu'il avait déjà peint à Cuernavaca en 1930 et L'arsenal où l'on voit Frida Kahlo distribuer des armes et également, habillée en rouge avec l'étoile communiste. A l'arrière-plan, des ouvriers et des paysans prêts à se battre, à qui on a distribué des armes et, sur un côté, un couple d'amis Julio Antonio Mella et Tina Modotti.

 

En bas à gauche, est représentée une usine Ford, œuvre qu'on avait alors commandé à Rivera, symbole de l'industrialisation triomphante qui avait suivie la grave crise économique de 1929. Elle y décrit les nombreuses étapes de la fabrication du moteur de la Ford V8 avec un petit clin d'œil à Léon Trotski que l'on peut reconnaître avec ses lunettes et sa casquette. Au milieu, Rivera a tenu à peindre le héros de la révolution mexicaine Emiliano Zapata, qu'il a peint à de nombreuses reprises, plus que Pancho Villa, desservi par son passé de bandit. (œuvre originale intitulée Emiliano Zapata (1930-31) partie du cycle "Histoire de Cuernavaca et de l'État de Morelos".

 

Lénine Portrait de Lénine

 

Au centre se trouve la figure tutélaire de Lénine, reprise d'une œuvre réalisée sur le Rockfeller center en 1933 puis détruite, le portrait de Lénine faisant scandale. (œuvre extraite de "Comunismo" dans El hombre controlador del universo o el hombre en la máquina del tiempo en 1934, au Palais des Beaux-arts de Mexico.)

Toujours en bas, Rivera a peint une représentation symbolique de Wall street avec ceux qui passaient pour être les figures du capitalisme d'alors, John D. Rockefeller, Henri Ford et J.P. Morgan, attablés devant une bouteille de champagne et des bandes en or des téléscripteurs de la Bourse. (copie de "El banquete de Wall Street" dans La vision politique idyllique du peuple mexicain, 1928, secrétariat à l'éducation publique, Mexico)

 

Sur le côté droit, en haut figure Le jour des morts, rappelant la Toussaint, jour de festivités pour aller se recueillir sur la tombe des disparus, leur rendre hommage en chantant et en mangeant des têtes de morts en sucre. On peut y voir Diego Rivera et sa femme Lupe Marin, un torero célèbre Juan Silveti sous un grand sombrero. (œuvre copiée de "Día de muertos", datant de 1924, secrétariat à l'éducation publique, Mexico)En bas, Le carnaval et ses animaux traditionnels comme l'âne et le cheval, symbole d'une culture mexicaine peu à peu pervertie par le tourisme. La femme blonde représente l'archétype de la touriste américaine. Derrière la fête se profilent les visages grimaçants des participants, et les deux têtes de morts, encadrant le tableau de bas en haut, sur celui du bas étant inscrit sur le front eternidad, marquant la continuité des sentiments humains. (œuvre reproduisant "Mexico folklórico y turístico", extraite de Carnaval de la vida Mexicana, 1936, Palais des Beaux-arts de Mexico.)

 

tumb La place Diego Rivera à Lyon

7- Infos complémentaires

* Vous pouvez aussi retrouver quelques écrivains lyonnais ou attachés à Lyon :

* A voir aussi  sur l'histoire de Lyon :

* Bibliographie sommaire

  •  - Sylvia Perrin. 07/2010. "L'espace Diego Rivera de Lyon", La Clé des Langues (Lyon: ENS LYON/DGESCO). ISSN 2107-7029
  • - Roland Amador, "L'espace Diego Rivera de Lyon", éditions Lyonnaises D'art et d'histoire, 62 pages, mai 2008
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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 18:28

                        <<< • • La décentralisation culturelle à Lens • •  >>>

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Tous a lens.jpg Louvre-lens-musee1.jpg Extérieur du musée

 

Le musée Le Louvre-Lens a été inauguré le 4 décembre 2012 et ouvert au public dès le 12 décembre, avec des œuvres qu proviennent pour l’essentiel des réserves parisiennes du Louvre. C’est l’aboutissement d’un projet lancé en 2003 par le ministre de la Culture Jean-Jacques Aillagon et le président du Musée du Louvre Henri Loyrette. Ce musée n'a pas de collections personnelles; c'est celui de Paris qui met à sa disposition une partie de ses collections pour des durées limitées dans le temps.

 

Le musée de Lens, vaste ensemble de 28.000 m2, à l’architecture avant-gardiste de verre et d'aluminium poli, conçu par les japonais de l'agence Sanaa, a été construit sur un ancien carreau de mine de la ville de Lens dans le Pas-de-Calais, une ville assez pauvre surtout connue pour son club de foot. Cette démarche, qui rappelle celle de la fondation Guggenheim de Bilbao en Espagne, exemple de décentralisation autant que réponse à la fin de l'industrie minière.

 

Pour cette première exposition, plus de deux cents œuvres ont été exposées dans la grande nef, la Galerie du Temps, pour une durée de cinq années. Elles ont pour thème commun de refléter l'évolution de l'art occidental, des œuvres primitives de Sumer ou des arts de l'Égypte pharaonique jusqu'au "clou" de cette collection, le Delacroix de La Liberté guidant le peuple. Marque originale, des toiles de la même époque se côtoient comme Monsieur Bertin d'Ingres datant de 1832, à côté d'un portrait d'un roi de la dynastie Gadjare Fath Ali Shaj d'un iranien du début du XIXe siècle, Mehr Ali.

 

Pour attirer le public et devenir encore plus attractif, Il est prévu de renouveler quelque 20% des œuvres chaque année offrant ainsi un nouveau parcours à découvrir. Pour l'instant, l'exposition est centrée sur la Renaissance, permettant une ouverture sur toutes les formes d'art de cette époque : peintures, sculptures, objets d’art, dessins, antiques... permettant de se faire une idée sur le foisonnement, l'éclectisme d'une époque.

 

Louvre lens salles.jpg Louvre-lens collections.jpg Intérieur du musée

Zoom sur l'ensemble 

- La Grande Galerie : exposera pour 5 ans dans le musée du Louvre-Lens des œuvres d'art du Louvre parisien dans une présentation chronologique : 120 mètres de long, de la naissance de l'écriture vers 3 500 avant Jésus-Christ jusqu'au milieu du 19ème siècle, toutes les civilisations et techniques seront représentées, s'organisant en trois grandes périodes : 70 œuvres pour l'Antiquité, 45 œuvres pour le Moyen Âge et 90 œuvres pour les Temps modernes.

 

- Le pavillon de verre : il présente chaque année un nouveau thème complétant l'exposition de la Grande galerie. Pour les cinq prochaines années, il propose « une histoire du temps » en complément du parcours chronologique de la Galerie du Temps, avec comme thème la perception du temps.

 

- La galerie des expositions temporaires : Renaissance Révolutions dans les arts en Europe entre 1400 et 1530.
Cette exposition présente ce moment de mutation intellectuelle et artistique alors unique en Europe. Plus de 250 œuvres (peintures, sculptures, gravures, objets d'art, etc.) seront exposées dans un parcours suivant des domaines porteurs de la Renaissance.

Les projets innovants

La collaboration avec des institutionnels a permis de concevoir trois projets technologiques particulièrement intéressants :
- la gestuelle 3D : dispositif permettant d'être intégré dans les collections du musée, de prendre possession des œuvres pour les examiner en trois dimensions;


- le geste dans l’air : prototype d’un Smartphone Androïd utilisant la complémentarité des solutions 2D et 3D et qui devient ainsi une télécommande gestuelle pour naviguer à sa guise dans les collections du musée, de les visionner, de les partager avec les autres et de prendre son temps pour les étudier;


- la tablette 3D : une tablette tactile, associée à une diffusion du son et des vibrations, pour saisir une œuvre comme un objet commun, pour la manipuler à son rythme.

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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 17:56
    <<<< Ouverture au public de La petite écurie du roi - © CJB >>>>

  La Petite Écurie est un monument situé à Versailles sur la place d'Armes, en face du château, entre l'avenue de Paris et l'avenu de Sceaux. Elle a été construite sous la direction de l'architecte Jules Hardouin-Mansart et achevée en 1681.

 

PER dalbera.jpg         Petite écurie Versailles.jpg

 

La petite écurie du roi est un des lieux les moins visités du château de Versailles, qui recèle pourtant une superbe collection de quelque 5000 pièces, essentiellement des sculptures et moulages d'après l'antique, petit édifice des dépendances du bâtiment, dû au grand architecte Jules Hardouin-Mansart en 1678.

Les collections

Il faut dire que ce bâtiment n'était pas encore ouvert au public mais qu'il le sera au cours de l'année 2013 : une nouvelle raison de visiter ou revisiter l'ensemble. Il renferme une admirable collection, la "gypsothèque", de toutes les époques, de tous les genres, où la mythologie rencontre l'histoire ou la religion.

 

On y découvre les collections de moulages du Louvre, de l'École des beaux-arts et de l'Institut d'art et d'archéologie, section de La Sorbonne, dont l'Académie de France à Rome possède de belles copies. Les collections royales, sous l'impulsion de Louis XIV et de Colbert vont connaître une expansion extraordinaire. L'École des beaux-arts a aussi fourni de nombreuses pièces à la "gypsothèque" de Versailles plutôt orientée vers l'art romain, les modèles provenant d'Italie. Pour l'art grec, il faudra attendre le XVIIIè pour exhumer les magnifiques pièces de l'art grec classique ou archaïque avec les fouilles de Délos, Olympie ou Delphes. [1]


On peut dire que les moulages retrouvent ici leur vocation d'origine : conserver un ensemble pictural de civilisations passées dans ce bel édifice du XVIIe siècle, témoignage du classicisme français et de l'art antique présenté sur quelque 2500 mètres carrés.

 

PER façade Tresor Siphnos roi de delphes.jpg ----- PER galerie des moulages.jpg
La façade du Trésor de Siphnos ---- Vue de la galerie des moulages

Le rôle du roi Louis XIV

Louis XIV fut un grand collectionneur d'antiques réunissant un superbe ensemble de statues antiques qui, selon la responsable de Versailles constitue « un style associé à un lieu de pouvoir ». Cette passion du roi fut une opportunité pour les artistes dont les œuvres allaient parfois surpasser les modèles antiques. Il a cherché à les acquérir comme cette Vénus Médicis dont le nom signe la provenance ou à en faire réaliser des copies comme le Bacchus enfant puis les fait installer dans les grands appartements et dans les jardins. Elles ont en fait deux vocations : servie l'image du roi en magnifiant la beauté antique et servir de modèles aux artistes travaillant à Versailles. Les peintures ont aussi un objectif comparable : transposer le mythe du héros sur le Roi-Soleil et jouer de cette image, de ce prestige historique sur le plan politique. [2]


L'exposition est constituée de quelque 200 œuvres parmi lesquelles les antiques les plus connus, de retour à Versailles pour la première fois depuis la Révolution.

 

Dans un bâtiment symbole du classicisme français du XVIIè siècle, outre la belle perspective de la galerie des moulages, on peut découvrir de superbes sculptures, des œuvres telles que la façade du Trésor de Siphnos et la statue d'un roi de Delphes, Les chevaux du soleil et les nymphes de Thétis ou également La victoire ailée de Brescia avec à côté des allégories.

 

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Les chevaux du soleil et les nymphes de Thétis ---- La victoire ailée de Brescia et allégories au 1er plan

 

Référence : « Versailles et l'antique », château de Versailles (galerie basse, salles d'Afrique et de Crimée), exposition 2012-2013, scénographie de Pier Luigi Pizzi, catalogue dirigé par Alexandre Maral et Nicolas Milovanovic, paru aux Éditions Artlys.

 

Notes et références

 

[1] ↑ la" Colonne des danseuses de Delphes" inspira une ode à Claude Debussy.

[2] ↑ Seul Nicolas Poussin osait dire dans le concert général de louanges, que « la poésie est plus vraie que l'histoire».

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19 décembre 2012 3 19 /12 /décembre /2012 18:38
Le «royal monastère» de Brou à Bourg-en-Bresse

Ce monument, considéré comme un chef-d'œuvre du gothique flamboyant, ce gothique tardif du XVè siècle, a été construit par Marguerite d'Autriche pour honorer son mari Philibert le Beau, mort trop tôt.

 

 

Brou eglise.jpg          Brou nef.jpg          Brou fronton.jpg

          L'église de Brou : extérieur, nef et fronton

Le monastère de Brou se trouve au sud de Bourg-en-Bresse, édifié suer une terre quelque peu marécageuse –on est à proximité des étangs de La Dombes- qui s'étend à l'ouest du Revermont, des premiers contreforts du Jura. Il abrite de somptueux tombeaux, ceux de Marguerite de Bourbon, de son fils le duc de Savoie Philibert le Beau et de sa bru, Marguerite d'Autriche. La duchesse de Savoie était la fille de l'empereur Bourgogne, fille unique et héritière du duc de Bourgogne Charles le Téméraire.

Les tombeaux des deux époux, sculptés dans le style contourné de cette époque, en baldaquins de pierre comportent dans leur partie supérieure un « gisant » qui représente le défunt de son vivant, en tenue d'apparat, et au-dessous, un « transi » qui le montre dépouillé dans la mort.

Espérant par ce moyen obtenir la guérison de son mari, Marguerite de Bourbon avait fait le vœu de construire une église et un monastère à cet endroit, sur l'emplacement d'un modeste prieuré des Augustins. Mais elle mourut avant d'avoir pu accomplir ce vœu et elle le transmit à son fils Philibert qui, malheureusement, mourut lui-même très jeune, après trois ans de mariage. Ce fut ainsi à sa femme Marguerite d'Autriche qu'il incomba d'accomplir ce vœu.

 

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     Philibert le Beau : tombeau et gisant   

Une duchesse de bonne réputation


Le parcours de Marguerite a été semé d’embûches. Née en 1480 à Bruxelles, elle fut fiancée à l’âge de trois ans au futur roi de France Charles VIII et répudiée à onze ans, quand Charles VIII fut « obligé » d’épouser Anne de Bretagne pour garder son duché à la France. Elle se maria finalement à un infant d'Espagne et devenue veuve, elle se remaria avec Philibert le Beau et connut auprès de lui quatre années de grand bonheur. Veuve une seconde fois, elle se consacra alors à l'éducation de son neveu, le futur empereur Charles Quint et à la construction du monastère de Brou.

Nommée par son père Maximilien gouverneur général des Pays-Bas en 1506, elle s’installa à Malines, ville de la Belgique actuelle. Fine politique, elle sut maintenir malgré des temps difficiles, la paix dans ses domaines, y compris en Franche-Comté et parvint en particulier à négocier avec Louise de Savoie, la mère de François 1er, la paix de Cambrai qu’on appelle le plus souvent la « paix des dames ». Sa culture flamande explique que c’est dans ce style que Marguerite d'Autriche entreprit la construction du « royal monastère » de Brou, qu'elle n'eut par ailleurs jamais l'occasion de visiter.

 

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     Marguerite d'Autriche et son gisant
 
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