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23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 16:05

           <<<<<<<< Les souvenirs : Prix du roman FNAC 2011 >>>>>>>>

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Les Souvenirs est un roman du scénariste, musicien et romancier David Foenkinos. [1]

 

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Présentation

Pour cet auteur qui aime parle d'amour dans ses romans, [2] il s'agit encore d'amour mais en l'occurrence, celui de ses grands-parents, la difficulté de se comprendre, cet écart des générations et des vies qui font les difficultés de communications. Mais au-delà des aléas de la communication, reste la tendresse, ces liens indissociables entre eux, cette méditation qu'il décrit sur la difficulté de vieillir et le placement en maison de retraite. « Mon enfance est une boîte pleine de nos souvenirs, » dit le narrateur qui vient d'enterrer son grand-père. [3]

« Ce livre, dans lequel -comme Kundera qu'il admire- Foenkinos revisite le mythe nietzschéen de l'éternel retour, est avant tout l'histoire d'une quête. Celle d'un apprenti écrivain, d'un «veilleur de chagrin» qui collectionne les images, les émotions du passé afin d'accumuler «la mélancolie nécessaire» à l'éclosion d'une œuvre.» [4]

Extrait du livre

« Il pleuvait tellement le jour de la mort de mon grand-père que je ne voyais presque rien. Perdu dans la foule des parapluies, j'ai tenté de trouver un taxi. Je ne savais pas pourquoi je voulais à tout prix me dépêcher, c'était absurde, à quoi cela servait de courir, il était là, il était mort, il allait à coup sûr m'attendre sans bouger.

Deux jours auparavant, il était encore vivant. J'étais allé le voir à l'hôpital du Kremlin-Bicêtre, avec l'espoir gênant que ce serait la dernière fois. L'espoir que le long calvaire prendrait fin. Je l'ai aidé à boire avec une paille. La moitié de l'eau a coulé le long de son cou et mouillé davantage encore sa blouse, mais à ce moment-là il était bien au-delà de l'inconfort.

 

Il m'a regardé d'un air désemparé, avec sa lucidité des jours valides. C'était sûrement ça le plus violent, de le sentir conscient de son état. Chaque souffle s'annonçait à lui comme une décision insoutenable. Je voulais lui dire que je l'aimais, mais je n'y suis pas parvenu. J'y pense encore à ces mots, et à la pudeur qui m'a retenu dans l'inachèvement sentimental. Une pudeur ridicule en de telles circonstances. Une pudeur impardonnable et irrémédiable. J'ai si souvent été en retard sur les mots que j'aurais voulu dire. Je ne pourrai jamais faire marche arrière vers cette tendresse. Sauf peut-être avec l'écrit, maintenant. Je peux lui dire, là. »

 

Informations complémentaires

 

Notes et références

  1. Né en 1974, David Foenkinos est l'auteur de dix romans et d'une pièce de théâtre. «La Délicatesse» publié en 2009 s'est vendu à 375.000 exemplaires. Ses livres sont traduits dans une vingtaine de pays. « Les Souvenirs » a fait l'objet d'un premier tirage à 50.000 exemplaires.
  2. De La Délicatesse aux Souvenirs
  3. L'Express
  4. Claire Julliard, "Le Nouvel Observateur" du 18 août 2011.

Liens externes : Vidéo Fnac ---- Lecture d'un extrait Vidéo

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23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 15:32
<< Quelques couples parmi les écrivains français • • °° ©  CJB   °° • • >>
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L’une des particularités de la littérature contemporaine est de comporter des couples d’écrivains unis aussi par la passion de l’écriture, dont les plus connus sont sans doute  Philippe Sollers et Julia Kristeva ou parmi la jeune génération Claire Castillon et Régis Jauffret.

 

     

 

Philippe Sollers qui vient de publier L’Éclaircie et "Discours parfait", ne cache pas l’admiration qu’il a pour sa femme Julia Kristeva, psychanalyste et romancière. Marié avec elle depuis quarante-cinq ans, il dit volontiers qu’il a  « une femme adorable, brillante, intelligente », façon aussi d’éluder les questions sur leurs relations et leurs influences réciproques. Quelques échos s’en dégagent quand même, par exemple Julia Kristeva qui se cache souvent sous les traits des héroïnes de Sollers ou le personnage d’Hervé ­Sinteuil dans Les Samouraïs qui a des airs de Sollers. Quant à Claire Castillon et  Régis Jauffret, qui ont publié en 2011 chacun un roman Les Merveilles et Claustria, qui sont inspirés d’un fait divers.

 

     

 

Jean-Yves Cendrey parle d’interactions avec Marie NDiaye : « Nos œuvres ne se nourrissent pas mutuellement, mais boivent à certaines sources que nous avons en partage, ce qui fait parfois que, sans se répondre, nos écritures font appel aux mêmes situations, aux mêmes observations, traduites de manières éloignées mais qui ici et là gardent trace d'amusantes parentés.» Pour lui, cette "activité permanente" demeure silencieuse, car « Marie (NDiaye) a toujours été secrète avec son travail en cours » et il a fini à la rejoindre dans cette façon de fonctionner pour préserver un côté mystère pour continuer à étonner l’autre.

 

De la même manière, en 2009, Vincent Message et Cloé Korman ont publié leur premier roman chez le même éditeur avec un certain succès puisque Les Veilleurs a été très bien accueilli et Les Hommes-couleur reçut le prix du livre Inter. Pourtant, ils ont choisi de mettre de la distance avec ces débuts prometteurs car pensent-ils, « cette vie d'écrivains à deux est fragile, très floue, elle évolue en permanence. Nous nous en tenons pour l'instant tant bien que mal à l'adage: “pour vivre heureux, vivons cachés”…»

 

La romancière Simonetta Greggio, dont l’ami est aussi écrivain, confie qu’ils  parlent de leurs projets et leurs travaux en cours, que partager leurs joies et leurs doutes fait aussi partie du plaisir de participer à une partie intime de la vie de l’autre dans ses activités de création. Mais ils ont aussi besoin de sauvegarder leur part d’imaginaire et le temps de la création est irréductible à la vie de couple.

 

     

 

L’interaction peut naître de l’écriture comme le dit Claude Pujade-Renaud qui a été la compagne de l'écrivain Daniel Zimmermann, qui a suscité en elle le désir d’écrire, cette envie qui « a affleuré chez moi à force de prendre ses livres sous la dictée. » Elle concède que la relation peut devenir plus ambiguë, le conjoint être à la fois rival et complice, « la générosité qu'on peut déployer vis-à-vis de son compagnon se teinte forcément de rivalité. Surtout quand l'un connaît le succès tandis que l'autre est à la peine, dans l'obscurité d'un début de roman. »

 

Pour Simonetta Greggio, l’interaction supprime toute idée de compétition, d’accents de jalousie, au contraire dit-elle, « quand ses livres sont aimés, je suis ravie. Presque comme si c'étaient les miens. »  Jean-Yves Cendrey parle plutôt d’altérité, qui protège son couple avec Marie NDiaye, sans doute parce qu’ils sont très différents, elle « une humaniste résolue dont l'œuvre romanesque et théâtrale continue de se déployer, » lui « anarcho-misanthrope railleur qui travaille au hachoir… »  

L’équilibre de ces couples "littéraire" se trouve ainsi situé entre altérité et complémentarité.

 

   

 

Photos : 1- Claire Castillon et Régis Jauffret- 2- Philippe Sollers et Julia Kristeva - 3- Claude Pujade-Renaud et Daniel Zimmerman - 4- Marie NDiaye et Jean-Yves Cendray
Notes et références

- Philippe Sollers, Un vrai roman. Mémoires (autobiographie), Plon, 2007

- Marie Ndiaye, portrait et entretien par Catherine Argand dans Lire (2003) et ce texte est paru dans Libération le 12 février 2004

- Simonetta Greggio : http://www.evene.fr/livres/actualite/interview-simonetta-greggio-etoiles-douceur-des-hommes-italie-337.php et Interview Céline Laflute, even.fr en mai 2006

- Claire Castillon : Interview vidéo : http://www.babelio.com/apostrophes.php?

 

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23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 15:22

Prix Goncourt 2011 pour "L'art français de la guerre"

Alexis Jenni né en 1963 est professeur de sciences et vie de la terre (SVT) à Lyon. Son roman est la somme d'un travail de cinq années qu'il a proposé à Gallimard qui l'a immédiatement accepté et publié.

Selon Edmonde Charles-Roux, membre du prix Goncourt, seule une grande plume pouvait évoquer l'histoire coloniale de la France sous un aspect audacieux. De son côté, Patrick Rambaud, autre juré du Goncourt, pense que « C’est un roman naturaliste par sa méthode, musclé par son style, enlevé comme un chant, inspiré comme une méditation qui court sans jamais peser, atroce comme un procès verbal. »

 

« Depuis la fin de mes études, il y a vingt ans, j’ai écrit plusieurs choses qui n’ont pas marché. Alors je me disais que je resterais toujours un écrivain du dimanche, comme il y a des peintres du dimanche», confie-t-il à un journaliste de l'Est-Républicain.

 

Son livre raconte l'histoire d'un militaire de carrière Victorien Salagnon qui a connu le parcours de cette génération, la seconde guerre mondiale puis l'Indochine et l'Algérie. Il aurait voulu devenir peintre mais la guerre l'a rattrapé. Histoire de ces vocations virtuelles qui ont un goût d'amertume. C'est un bon élément, un guerrier qui fait ce qu'avait à faire, sans vrais états d'âme, c'est un luxe qu'il ne pouvait se permettre, sans non plus être dupe du comportement de ses frères d'armes.

Outre tous les aspects liés à la guerre et à ses horreurs, on y trouve aussi une belle peinture, sans concessions, de la ville de Lyon, son port d'attache.

 

Le thème auquel il tient le plus touche « à la question de la transmission », essentiel pour ce père de trois enfants aux origines suisses-allemandes, qui déjà en traitait dans ses deux œuvres précédentes. (non éditées) « Une partie de mon ascendance vient d’ailleurs, alors qu’il n’y a pas plus français que moi, dans l’idée typiquement française de service public, de passion pour la chose écrite », déclare-t-il pour expliquer l'importance de ce thème dans ses romans. Le débat sur l’identité nationale l'a beaucoup intéressé et aussi inspiré, bien qu'il avoue n'avoir aucune idée a priori sur la question, « je voulais amener à réfléchir » ajoute-t-il.

Ouvrage de référence
L'art français de la guerreDate de parution : 2011
Auteur : Alexis Jenni 
Éditions Gallimard, ParisISBN
640 pages
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23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 14:45

Jean-Marie Gustave Le Clézio, France-États-Unis

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<< cf JMG Le Clézio • • °° ©  CJB   °° • • >>

Jean-Marie Gustave Le Clézio en 1991 à Cannes. JMG Le Clézio en 1991 à Cannes

Jean-Marie Gustave Le Clézio entre ses 'terres d'écrivain' et ses 'racines aquatiques'.  D'origine bretonne et mauricienne, il naît au bout de la Méditerranée à Nice le 13 avril 1940, de parents mauriciens, d'un père d'origine anglaise et d'une mère française née à Paris. Un franco-mauricien mâtiné d'anglais, à la double nationalité. Double aussi, homme de terre et homme de mer, son port d'attache sera la langue française : « Pour moi qui suis un îlien, quelqu'un d'un bord de mer qui regarde passer les cargos, qui traîne les pieds sur les ports, comme un homme qui marche le long d'un boulevard et qui ne peut être ni d'un quartier ni d'une ville, mais de tous les quartiers et de toutes les villes, la langue française est mon seul pays, le seul lieu où j'habite. » [1]  Il passe les premières années de son enfance à Roquebillière, petit village situé à la rive droite de la Vésubie dans l'ambiance morose de la seconde guerre mondiale. 

1- De l'Afrique à Nice

Á sept ans, il va découvrir l'Afrique, après un voyage en bateau qui le conduit avec sa mère au Nigéria où il va retrouver son père, situation qu'il reprendra dans son roman "Onitsha" en 1991. [2] Cette Afrique qui le fascine toujours et dont il dit dans "L'Africain" : « L'arrivée en Afrique a été pour moi l'entrée dans l'antichambre du monde adulte. »[3] La famille s'installe de nouveau à Nice en 1949 et le jeune garçon habitué à la vie africaine se sent mal à l’aise, mal intégré dans cette ville où ils vivent plus comme des Mauriciens ou des Africains. Il poursuit ses études au lycée Masséna, tâte de la bande dessinée et lit beaucoup. Il préfère les récits d'explorateurs de  Kipling ou de Conrad, fréquente le ciné-club Jean Vigo où il découvre tout un univers cinématographique fascinant quoique très éclectique et participe au "Club des Jeunes" où il rencontre des artistes comme Ben. Il se partage alors entre Nice, Bristol et Londres quand il publie à 23 ans son premier roman, "Le Procès-verbal" qui recevra le prix Renaudot en 1963 et sera le point de départ d'écrits marqués par sa colère, sa révolte contre un monde angoissant, dominé par la violence et l'argent, prêt à sacrifier la nature et les plus faibles.

2- La Taïlande et le Mexique

En 1967, il est en Thaïlande comme coopérant d'où il est expulsé pour avoir dénoncé la prostitution enfantine. L'armée l'envoie alors au Mexique, à l'Institut d'Amérique Latine où il découvre, émerveillé, la vie des Indiens. Pendant 4 ans de 1970 à 1974, il partagera la vie de deux groupes, les Emberas et les Waunanas dans la jungle panaméenne. Là, il retrouve un meilleur équilibre, une sérénité retrouvée qui  donnent à son œuvre une nouvelle impulsion. Il parcourt ensuite le pays, vit avec d'autres peuplades comme les Huichols dont il apprend la langue, découvre les textes sacrés et publiera en 1977 une traduction des Prophéties du Chilam Balam, ouvrage sur les mythes amérindiens.

 

Il constate aussi amèrement que cette richesse a été en partie détruite par l'impérialisme des conquistadors, ce qui le conforte dans le rejet d'une certaine forme de civilisation occidentale dont il avait déjà vu les conséquences en Afrique. Devenu un fin connaisseur de la région du Michoacan située au centre du Mexique, il écrira une thèse d'histoire centrée sur ce sujet et ira ensuite enseigner aux à l'Université d'Albuquerque aux États-Unis dans l'état du Nouveau-Mexique où il s'établit avec sa femme Jémia et leurs deux filles. 

3- Le Clézio, le mauricien 

Au début du XXe siècle, des problèmes économiques et familiaux obligent la famille à revenir en France. Son grand-père quitte ses fonctions de juge et part sur l’île Rodrigues à la recherche d'un hypothétique trésor et vers ses 15 ans, Jean-Marie va découvrir dans une valise les plans et les croquis amassés par son grand-père pour préparer l’expédition. Il se servira de cette histoire familiale pour écrire sa 'série mauricienne' qui comprend essentiellement Le Chercheur d’or en 1985, Voyage à Rodrigues l'année suivante, La Quarantaine en 1995, Révolutions en 2003et Ritournelle de la faim en 2008. Son intérêt pour la langue créole  ne se démentira pas et il publiera avec sa femme Jemia, Les Sirandanesen 1990. Sa conception de l'écriture transparaît dans ce texte tiré de  L’extase matérielle : « Les idées sont toutes objectives. C’est le réel qui donne naissance à l’idée, et non pas l’idée qui exprime ce qu’il y a de concevable dans la réalité. » 

4- Albuquerque et Nice

S'il vit assez souvent à Albuquerque, à la frontière des USA et du Mexique, où il enseigne, il séjourne aussi dans ses "lieux de mémoire" comme disait Bernard Clavel, à Nice la  ville de son enfance qui est aussi une ville frontière entre France et Italie, à l’île Maurice, berceau de la famille et île multiculturelle, la Bretagne aussi, avec une certaine nostalgie de ses origines, ce qui nous vaut cette remarque :  « je vis dans les lisières, entre les mondes ». Il retourne aussi volontiers à Paris y humer « l'air du temps », où il écrira en 1997 son roman Poisson d’or sur le thème de l’immigration en France et fait quelques séjours comme en Corée du Sud en 2008 pour enseigner la littérature française.

 

Le Clezio prix Nobel

 

  Indications bibliographiques

- Revue littéraire mensuelle Europe, n° 957-958 / janvier-février 2009 : dossier Le Clézio
- Présentation et notes de lecture : Le Clézio_presentation
- Références biographiques : Association Le Clezio

 

Voir aussi

- Auteur de la littérature : Littérature contemporaine
- Le Clézio : Le Clézio
- Le Clézio : Leduc et Le Clézio

 

- Libération : Un romancier de la solitude et de l'errance

 

Références

[1] Il écrira aussi : « Je suis assez itinérant, instable, pas très sûr de l'endroit où je veux habiter. »

[2] "Onitsha", roman, Gallimard, Paris, 1991, 250 pages, isbn 2-07-072230-9

[3] 'L'Africain', portrait de son père, Mercure de France, « Traits et portraits », Paris, 2004, 103 pages, isbn 2-7152-2470-2.

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23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 11:29

Henri Béraud, une jeunesse lyonnaise

 <<<<<<<< Henri Béraud (1885-1958) ou le journalisme en littérature >>>>>>>>
 <<<<<<<< Henri Béraud, écrivain, polémiste et journaliste lyonnais >>>>>>>>
    << cf sa saga La conquête du pain   • • °°  ©     CJB   °° • • >>
    

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S'il en est un dont le cœur n'a jamais quitté son terroir, c'est bien l'écrivain 'Henri Béraud. De son ami, cet autre écrivain lyonnais Gabriel Chevallier disait qu'il avait « la dent dure du Canut et les puissants poumons du Dauphinois.» Une dent dure qui allait lui coûter cher à la Libération.

 

En 1928, Henri Béraud publiait le premier volume de ses souvenirs intitulé "La Gerbe d'or". Un beau nom La Gerbe d'or, que son père avait choisi comme enseigne pour sa boulangerie située au cœur de la Presqu'île au 8 rue Ferrandière, entre les Terreaux et Bellecour'. Il disait qu'on n'est pas d'une ville -surtout une grande ville- mais d'un clocher. « Mon pays, c'est Lyon, mais mon village c'est Saint-Nizier, le sombre et sinueux lacis des rues qui serpentent entre les flèches de ma vieille église et la fontaine des Jacobins. » Il se souvient avec tendresse des immigrés italiens qui mettaient tant de couleurs et de chaleur dans les vieilles rues étroites du quartier. Il aimait aussi rappeler ses origines paysannes, ces villages du bas-dauphiné, Satolas et Hières-sur-Amby près de Crémieu où vivaient encore ses grands-parents, dont il tracerait l'histoire dans sa trilogie La conquête du pain.


tumbL'église Saint-Nizier, sa "chère" église

 

L'apprentissage scolaire chez les frères des écoles chrétiennes -sa mère y tenait- fut difficile pour cet enfant turbulent qui ne pensait qu'à courir les rues avec ses copains, «la rue montre la vérité vraie... » Très souvent, il partait livrer les bourgeois du quartier d'Ainay, qu'il juge sans aménité, « enfants de la banque et de la soie qui s'en allaient en silence vers les rues austères et sans boutiques de Perrache. [1] Ils sillonnaient la Presqu'île jusqu'au quai Saint-Antoine, dans les gravas du quartier Grôlée, derrière la vieille église Saint-Bonaventure, alors en pleine reconstruction, et jusqu'au Rhône sur les îles de gravier, aujourd'hui disparues. Quand il fréquenta l'école de la Salle au-dessus du Jardin des Plantes sur les Pentes de la Croix-Rousse, il découvrit le lacis des traboules qui s'insinuaient entre les immeubles, Le Griffon des Soyeux tout près des Terreaux, le quartier des Canuts où « les battants des métiers à tisser claquaient du haut en bas des maisons. En bas, dans 'la plaine', sous les arcs légers des ponts, le Rhône et la Saône frissonnaient, pareils à de la soie. »

 

Sa vie d'adolescent qu'il évoque dans le second tome de ses Mémoires « Qu'as-tu fait de ta jeunesse ? » c'est son apprentissage dans un atelier de "dessinandier" [2] rue Royale derrière la place des Terreaux, entre les places Tolozan et Croix-Paquet. Le nouveau groupe parle littérature et se réunit dans l'arrière salle de la brasserie Kléber place de la comédie. Il a trouvé sa voie et va bientôt lancer une revue qu'il intitule "La Houle". Avec ses copains Charles Dullin et Albert Londres, qui ne tarderont pas à s'illustrer dans le théâtre et le journalisme, il crée une petite académie Le-Pot-au-Feu et publie en 1903 "Poèmes ambulants" dans le style symboliste alors en vogue. Il fréquente les tavernes de la rue Bellecordière, surtout "la Ratière" [3] située entre Bellecour et l'Hôtel-Dieu.


tumb La rue Ferrandière où il est né

 

Les journalistes du Progrès de Lyon qu'il y rencontre lui permettent de placer des articles sur l'art et la peinture, réunis en 1909 et publiés sous le titre L'école moderne de peinture lyonnaise. [4] Jusqu'à la Première guerre mondiale, Henri Béraud et son équipe d'iconoclastes vont pourfendre la pusillanimité bourgeoise, les "Soyeux" qualifiés de "béotiens" et de "philistins" et l'un de ses membres éminents Gabriel Chevallier, écrira : « Henri Béraud, ce hardi garçon avait pris la tête de notre croisade contre la bêtise, l'ignorance et la veulerie d'une bourgeoisie qui ne pensait qu'à ses sous et que nous chargions de tous les crimes contre l'esprit. »

 

Dans ses chroniques, il décrit « sa ville », mosaïque de quartiers fort différents qu’il décrit ainsi : « Sur le plateau de la croix-Rousse, c’est l’architecture roide et claire des grandes maisons de Canuts, hautes fenêtres, escaliers larges, pièces carrelées. A Perrache, c’est la bâtisse d’aspect monacal… où l’on sent une odeur humide et des effluves d’encens. A Saint-Jean, les ruelles, les maisons "encorbellées", les frontons, ogives, niches et cadettes. A La Guille, l’âme faubourienne, le rue encore paysanne, les auberges logeant à pied et à cheval. »

 

Comme ses activités de journaliste ne nourrissent guère son homme, il s’établit comme antiquaire rue du plat, rageant contre la ladrerie des bourgeois, puis il crée sa propre revue, L’Ours. Il fustige toujours de préférence la bourgeoisie, celle de la Presqu’île bien sûr, mais aussi celle des « "nouveaux riches" », industriels et homme d’affaires établis dans le quartier des Brotteaux, qui se font construire d’opulentes villas sur le boulevard du Nord [5] donnant directement sur le parc de La Tête d’or . La guerre menace et Henri Béraud va bientôt être mobilisé pour se lancer dans « "la grande boucherie" » et avec nostalgie, il écrira son sentiment de l’absence : « Dès que j’ai perdu de vue la statue de Louis XIV (sur la place Bellecour), je ne suis plus moi-même. Avec une âme de nomade, je vis dans l’inertie casanière d’un percepteur de province. »

 

tumb   En arrière-plan, la boulangerie de la rue Ferrandière

 

Repères bibliographiques

  • "La conquête du pain", tome I Le bois du templier pendu, tome II Les lurons de Sabolas, tome III Ciel se suie, Les éditions de France, 1926-1933
  • "Souvenirs", tome I La Gerbe d’or, tome II Qu’as-tu fait de ta jeunesse ?, tome III Les derniers beaux jours, Les éditions de France, 1928, Plon 1953
  • "Lyon d’hier et d’aujourd’hui" – Chroniques lyonnaises

Autres fiches à consulter :

 Louise Labé, Maurice Scève
 Bernard Clavel  
 STENDHAL à Lyon, Jean-Jacques ROUSSEAU à Lyon

Références
[1] Croix de guerre 14-18 et chevalier de la Légion d'Honneur.
[2] « On enseignait dans ma jeunesse — lorsque nous étions au front — que la guerre était moralisatrice, purificatrice et rédemptrice. On a vu quels prolongements ont eu ces turlutaines : mercantis, trafiquants, marché noir, délations, trahisons, fusillades, tortures; et famine, tuberculose, typhus, terreur, sadisme. »
[3] Gabriel CHEVALLIER a 19 ans en 1914, quand la guerre éclate. Il s’engage dès le premier jour. Simple soldat dans l’infanterie, il est blessé après un an de guerre, pendant la bataille d’Artois. Après un séjour à l’hôpital il retrouve les tranchées. Il y reste jusqu’à la fin de la guerre, au Chemin des Dames et dans les Vosges.
[4] Il exerça divers métiers tels que retoucheur de photographie, voyageur de commerce, journaliste, dessinateur, affichiste, professeur de dessin…
[5] Le groupe des Zignards comprenait aussi Jacques Martin, Adrien Bas, Charles Sémard, Philippe Pourchet...

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23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 10:49

L'itinéraire de Didier Van Cauwelaert vers l'écriture romanesque

DIDIER VAN CAUWELAERT entre Nice et Paris

Un niçois qui a une tête de Flamand, ce n'est pas courant à Nice où Didier est né le 29 juillet 1960 de parents d'origine belge, et dans la cour de récréation, on le lui fait crûment comprendre. Van Cauwelaert sonne étrangement pour des niçois surtout habitués aux consonances italiennes. Lui se veut un "rêveur lucide" mais la réalité de la vie quotidienne et de l'école est plus prosaïque et brutale. Les relations sont plutôt mauvaises avec ses camarades, jusqu'au jour où...

 

Il trouve l'ouverture, le moyen de se faire accepter, un peu par hasard, en racontant des histoires, avec sa faconde et son sens du spectacle, [1] en se faisant out à la fois plus Flamand et « plus Niçois que je n'étais », dit-il dans une  interview. [2] La découverte de ce talent change son statut, désormais on le respect et on recherche sa compagnie, « alors j'ai découvert que l'imaginaire pouvait arrêter la violence », conclut-il quelque peu péremptoire.

 

Processus déterminant dans son évolution car, ajoute-t-il, « je me sentais nécessaire. Ça m'a donné envie d'aller vers les autres. »Il est ainsi parvenu à dépasser sa condition de "vilain petit canard", puis de sublimer l'image d'un père paralysé en le transformant en héros magnifique et sacrifié. Son univers onirique de contes l'entraîne dès ses 8 ans vers l'écriture. Enfant plutôt précoce, il décide d'écrire des romans  et, ne manquant pas de suite dans les idées, inonde pendant des années les éditeurs de ses productions. [3]

 

Là encore, le hasard va mettre sur son chemin la grande actrice Greta Garbo dans un restaurant niçois et lui donner à son imagination féconde l'idée d'un entretien imaginaire  dont le magazine Télé 7 jours publiera de larges extraits. Bon début, mais il sera d'abord critique pour enfants à FR3 Côte-d'Azur, devant attendre encore quelques années avant qu'en 1981, un éditeur ne s'intéresse vraiment à lui. « Ce qui compte, c'est d'avoir toujours quelque chose à attendre » écrira-t-il dan son roman La vie interdite. [4] Son but est d'apporter un réconfort, surtout dans mes moments difficiles de la vie, « c'est pour cela, précise-t-il, que je suis un romancier de la reconstruction. » Il a besoin d'action et de fiction, « de questionner le monde » à travers ses personnages.

 

Pour écrire en toute quiétude, il s'est ménagé une thébaïde près de Paris, avec sa collection de voitures anciennes ben rangées au garage, juste au-dessus de la pièce où il écrit et puise son inspiration. Là, il travaille dans l'univers de Marcel Aymé, l'un des ses auteurs favoris, le bureau capitonné de vert et "le fauteuil de Marcel" acquis depuis quelques années. Son appétence pour le para normal s'explique d'abord par des accidents de la vie dont il répugne généralement à parler, laissant échapper cette remarque :  « Ce n'est pas possible que je sois encore en vie. »
 
      

 

Il raconte cependant qu'un jour, hospitalisé pour être opéré d'urgence, il se met en relation téléphonique avec un thérapeute qui le soumet à un travail mental intense lui évitant finalement l'opération. Cette idée de « second départ, » qui lui est chère, « est d'abord dans ma vie avant d'être dans mes livres. » Il y puise cette ambiance para normale où baignent nombre de ses romans : Jérémie Rex qui pénètre par effraction dans un tableau de Magritte dans La Maison des lumières, Hélène dans son fauteuil roulant, qui irradie de bonheur dans La Demi-pensionnaire ou Jean-Luc Talbot qui se demande comment vivre une histoire d'amour avec une jeune femme du XVe siècle, quand on est contrôleur des impôts à Châteauroux en 2008 dans le roman La nuit dernière au XVe siècle ou encore Jimmy à qui l'on annonce qu'il est le clone du Christ dans L'Evangile de Jimmy.

 

Roman étrange mêlant réalité et fiction dans L'enfant qui venait d'un livre associant textes , peinture et dessins dans ce qu'il appelle le Romanga. (mélange de roman et de manga)

 

    

Didier van Cauwelaert est un homme éclectique, curieux de s'exercer à toutes les disciplines de la littérature. Au théâtre, il est Molière 1997 du meilleur spectacle musical pour son adaptation du Passe-muraille, au cinéma, on compte pour l'instant 4 adaptations de ses romans, Un aller simple avec Jacques Villeret, Lorànt Deutsch, Barbara Shulz, L’Éducation d’une fée, Hors de moi et L’Évangile de Jimmy. Depuis 2010, il s'est attelé à écrire une saga en 4 volumes, Thomas Drimm, digne d'Harry Potter avec son jeune super héros qui veut sauver le monde et auquel bien sûr il arrive toutes sortes d'aventures, qui ouvre une nouvelle voie à la littérature jeunesse. [5]

 

Bibliographie sélective

 

Références

[1] Il consacrera plusieurs années au théâtre, joue Sartre et met en scène des auteurs contemporains comme Ionesco, Anouilh ou Beckett.

[2] Interview au magazine Lire en juin 2006.

[3] Son premier roman est l'histoire d'un 'serial killer' en culottes courtes qu'il envoie chez Gallimard. Puis ce sera la BD avec un scénario envoyé au peintre Marc Chagall, un voisin de son oncle, qui refusera. À 12 ans, il écrit le livret d'un opéra pour guitare qu'il envoie à Alexandre Lagoya. Nouveau refus...

[4]  C'est à 22 ans en 1982, que les Éditions du Seuil publieront son premier roman intitulé "Vingt ans et des poussières" remarqué par François Nourricier.

[5]  « Une saga aussi ludique que Harry Potter, l'humour et l'esprit critique en plus. » Julie Malore, Le Point.

 

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23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 10:09

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                         <<<<<<<<< L'ART PICTURAL ET LA Cité de la Création >>>>>>>>>>>

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Fresques de D. Rivera (détails)

1- La ville de Lyon et Diego Rivera

C'est au printemps 2006 à l'occasion des Rencontres Internationales de la Peinture Murale' de Mexico que les participants découvrirent les œuvres de Cité Création et furent agréablement surpris. C'est ainsi que La Fondation Diego Rivera fait le choix de Cité Création pour réaliser une œuvre murale célébrant le 50ème anniversaire de la disparition du peintre le 24 novembre 1957. Le site retenu fut celui de la rue Georges Gouy dans le 7ème arrondissement de Lyon.

 

L’Espace Diego Rivera a ainsi dévoilé les murs peints le 4 décembre 2007 avec bien sûr des reproductions d'œuvres de Diego Rivera, sont mis en scène par Cité Création sur les surfaces murales proposées par la SACVL, rue Georges Gouy, à Lyon dans le 7ème arrondissement. Les trois peintures murales qu'on peut admirer reprennent des thèmes essentiels du peintre : le Mexique au fil de son histoire avec les civilisations précolombiennes Aztèque et Maya, la conquête militaire espagnole avec Cortès, la mise en esclavage des populations locales, les bouleversements sociaux politiques et la réforme agraire. On retrouve aussi le peintre qui apparaît dans les fresques, avec notamment sa dernière œuvre Rêve d’un dimanche après-midi au parc Almadena. Les fresques de Rivera eurent d'abord un objectif pédagogique pour une population alors encore largement illettrée : raconter par l'image ce que fut l'histoire du pays. Rivera décora à cette occasion Le Palais National, le Secrétariat de l’éducation Publique, le Palais des Beaux-Arts, ainsi que le musée et le Palais de Cortès à Cuernavaca.

2- L'œuvre de Rivera et son message

L’œuvre de Rivera porte l'influence de sa vision marxiste et illustre l’oppression que subirent les indiens et les paysans pendant la colonisation des conquistadores puis des régimes dictatoriaux que connut le Mexique comme celui par exemple de Porfirio Diaz. Malgré ses racines indiennes, il a toujours recherché une union, un syncrétisme entre les deux cultures majeures, indiennes et espagnoles, de son pays . Il a pris pour sujet des scènes quotidiennes de la vie des gens du peuple mêlées d'éléments symbolistes où l'on peut souvent reconnaître le visage de sa compagne, peintre elle-aussi au destin tragique, Frida Kalho. « Ma peinture a quelque chose qui appartient au peuple et à qui elle est destinée», tel est son projet et sa raison de peindre, prôner plus de justice et d'humanité à travers ses toiles.

 

Le 5 juin 2007 voit le lancement officiel du projet lyonnais avec la présence de sa fille Guadalupe Rivera. Cette initiative est aussi l'occasion de faire connaître la travail de l'artiste, d'offrir une vision synoptique de son art sur les murs lyonnais, de la soumettre au regard du plus grand nombre, de faire réagir le public sur des aspects de cette œuvre immense, de la multiplicité foisonnante et multicolores de ses scènes. Ces murs peints viennent s'ajouter à ceux déjà réalisés dans l'espace lyonnais pour créer une émotion, "colorer la vie" et participer à la valorisation du cadre de vie des habitants du quartier et des lyonnais.

3- Les fresques de l'espace Rivera

La façade préhispanique du mur nord : sa structure pyramidale rappelle le musée Anahuacalli créé par Diego Rivera près de Mexico, contenant ses collections précolombiennes. Y sont représentées les différentes civilisations préhispaniques et l'arrivée d'Hernán Cortés symbolisant la conquête au plan spirituel, religieux et culturel. Des décorations de végétaux évoquent l'emprise du temps sur les temples mayas, les pyramides des grandioses constructions de pierre qui constellent une grande partie du pays, deMexico, Teotihuacan jusqu'aux confins du Guatemala et la presqu'île du Yucatan vers Chitchen Itza et les autres grands sites.

 

Sur le haut, on trouve deux fresques imposantes intitulées Images du Popol Vuh sur le thème de la création du monde. Elles sont inspirées de Popol Vuh, une œuvre composée de vingt-cinq aquarelles et dessins, racontant la naissance du peuple maya avec la présence de Quetzalcóatl, le dieu-serpent. Au milieu sur le côté gauche, un panneau Civilisation tarasca, du nom d'un peuple vivant sur la côte pacifique du Mexique. C'est en fait une recomposition de la fresque México prehispánico y colonial conservée à Mexico, œuvre essentielle de onze panneaux qui couvre une surface de près de 200 m².

 

Le panneau central reprend le thème du commerce entre les Totonaques et les Aztèques, avec un commerçant (un potcheca) qui échange ses marchandises contre des fruits et du cacao. Une pyramide s'y élève avec ses 365 ouvertures représentant les jours de l'année, chacun d'eux étant dédiés à un dieu et à un animal chargés de veiller à ceux qui naissaient ce jour-là; un manège (le volador) rappelle la célébration du vol des aigles et des dieux.

Quant au panneau de droite qui s'intitule civilisation huatesca, il met en scène le volcan Popocatepelc, plus haut sommet du pays, la région de Xochimilco, terre à maïs, la déesse du maïs Chicomecoatl puisque cette céréale est le produit de base de l'alimentation, d'où son caractère sacré, comme le cacao, à l'époque précolombienne. On y trouve aussi l'irrigation, technique de base de l'agriculture locale avec, au premier plan, une jeune fille qui confectionne des tortillas. Juste en-dessous se trouvent huit statuettes et deux masques qui marquent l'importance des travaux de fouille qui permirent d'exhumer les grands sites préhispaniques noyés dans la végétation, les nombreux objets découverts, poteries, cramiques dont Rivera était féru et dont il a légué une partie de son importante collection au musée anthropologique de Mexico.

4- Les œuvres de la partie basse

tumb     L'arrivée d'Hernán Cortés à Veracruz

Sur la gauche se trouve La christianisation illustrant la défaite du dernier empereur aztèque Moctezuma, accompagné de sa femme, obligé de rétrocéder ses trésors et de s'incliner devant le pouvoir de l'Église. Fresque édifiante qui montre tout l'orgueil dévastateur des conquistadors et la morgue de l'Église. Le peintre insiste sur l'implacable volonté de l'Église de réduire ce peuple à accepter sans délais ses conceptions religieuses ou à mourir, de choisir entre " le baptême et la mort". On y voit également le général Santa Anna recevoir de l'argent pour qu'il élimine les "gringos" du Nouveau Mexique et du Texas pour revendre leurs terres aux Etats-Unis. Cette fresque est aussi issue d'une fresque de Historia de México intitulée Epopeya del pueblo mexicano, qui se trouve aussi au Palacio nacional de Mexico.

 

Sur le panneau du milieu est représentée l'arrivée d'Hernán Cortés à Veracruz pour dénoncer l'esclavage dont fut victime ce peuple, le travail forcé à coups de fouet et le marquage au fer. Hernán Cortés apparaît très souffrant, victime sans doute d'une épidémie qui touchait souvent la population en faisait des dégâts considérables, avec en face de lui la figure de Pedro de Alvarado, le conquistador du Guatemala. Le prêtre et sa croix symbolisent l'exploitation à laquelle est soumis le peuple pour édifier les premières églises sur cette terre de conquête. On y voit aussi un enfant méso-américain aux yeux bleus qui porte une amérindienne sur son dos, preuve que le métissage a commencé très tôt. (œuvre originale du Palacio Nacional de Mexico, La conquista o el arribo de Hernán Cortés 1519 et est tirée de la fresque México prehispánico y colonial).

 

Sur la droite figure La canne à sucre, à l'époque de la dictature de de Porfirio Díaz, sur le thème de l'exploitation des indigènes dans les immenses exploitations sucrières (les fincas). La puissance est représentée par le contremaître et son fouet, le propriétaire de l'hacienda habillé en "gringo" pour marquer son allégeance aux Etats-Unis. (œuvre originale Ingenio azucarero de Tealtenango, Morelos, élément d'un ensemble intitulé Histoire de Cuernavaca et de l'État de Morelos, conquête et révolution.

5- La fresque de la place Rivera

tumb Rêve d'un dimanche après-midi au parc Alameda

Cette fresque est essentiellement tirée d'une des plus grandes œuvres du peintre, Rêve d'un dimanche après-midi au parc Alameda (Sueño de una tarde dominical en la Alameda Central, 1947-1948), du musée mural Diego Rivera, à Mexico, d'abord réalisée à l'hôtel del Prado avant sa destruction par le tremblement de terre de 1985. Les créateurs lyonnais y ont ajouté Diego Rivera peignant sa fille Guadalupe avec son fils dans les bras.

D'un côté, on trouve donc cette fresque sur l'histoire du Mexique, Rêve d'un dimanche après-midi au parc Alameda, œuvre très autobiographique montrant le peintre quand il était enfant, sa femme Frida Kahlo, donnant la main au squelette de la vanité du dessinateur Posada qui apparaît aussi et duquel il s'est beaucoup inspiré pour réaliser son travail. Il y retrace les grands phases des évolutions historiques du pays, la conquête espagnole et l'inquisition, les évènements marquants de la période charnière entre le XIXème et le XXème siècle, la conquête de l'indépendance, les interventions américaine et française) et le Mexique contemporain.

De l'autre côté, on découvre Diego Rivera et sa fille Guadalupe avec son fils dans les bras, dans un vue pittoresque réalisée en un trompe-l'œil très réussi. Choix délibéré de la représentation du peintre et de la technique qu'il utilisait pour réaliser son travail.

6- La façade du mur sud

Cette partie fait référence à des œuvres d'une autre nature, avec par exemple le portrait de Lénine extrait de L'Homme au carrefour, celui d'Emiliano Zapata qu'il avait déjà peint à Cuernavaca en 1930 et L'arsenal où l'on voit Frida Kahlo distribuer des armes et également, habillée en rouge avec l'étoile communiste. A l'arrière-plan, des ouvriers et des paysans prêts à se battre, à qui on a distribué des armes et, sur un côté, un couple d'amis Julio Antonio Mella et Tina Modotti.

 

En bas à gauche, est représentée une usine Ford, œuvre qu'on avait alors commandé à Rivera, symbole de l'industrialisation triomphante qui avait suivie la grave crise économique de 1929. Elle y décrit les nombreuses étapes de la fabrication du moteur de la Ford V8 avec un petit clin d'œil à Léon Trotski que l'on peut reconnaître avec ses lunettes et sa casquette. Au milieu, Rivera a tenu à peindre le héros de la révolution mexicaine Emiliano Zapata, qu'il a peint à de nombreuses reprises, plus que Pancho Villa, desservi par son passé de bandit. (œuvre originale intitulée Emiliano Zapata (1930-31) partie du cycle "Histoire de Cuernavaca et de l'État de Morelos".

 

Lénine Portrait de Lénine

 

Au centre se trouve la figure tutélaire de Lénine, reprise d'une œuvre réalisée sur le Rockfeller center en 1933 puis détruite, le portrait de Lénine faisant scandale. (œuvre extraite de "Comunismo" dans El hombre controlador del universo o el hombre en la máquina del tiempo en 1934, au Palais des Beaux-arts de Mexico.)

Toujours en bas, Rivera a peint une représentation symbolique de Wall street avec ceux qui passaient pour être les figures du capitalisme d'alors, John D. Rockefeller, Henri Ford et J.P. Morgan, attablés devant une bouteille de champagne et des bandes en or des téléscripteurs de la Bourse. (copie de "El banquete de Wall Street" dans La vision politique idyllique du peuple mexicain, 1928, secrétariat à l'éducation publique, Mexico)

 

Sur le côté droit, en haut figure Le jour des morts, rappelant la Toussaint, jour de festivités pour aller se recueillir sur la tombe des disparus, leur rendre hommage en chantant et en mangeant des têtes de morts en sucre. On peut y voir Diego Rivera et sa femme Lupe Marin, un torero célèbre Juan Silveti sous un grand sombrero. (œuvre copiée de "Día de muertos", datant de 1924, secrétariat à l'éducation publique, Mexico)En bas, Le carnaval et ses animaux traditionnels comme l'âne et le cheval, symbole d'une culture mexicaine peu à peu pervertie par le tourisme. La femme blonde représente l'archétype de la touriste américaine. Derrière la fête se profilent les visages grimaçants des participants, et les deux têtes de morts, encadrant le tableau de bas en haut, sur celui du bas étant inscrit sur le front eternidad, marquant la continuité des sentiments humains. (œuvre reproduisant "Mexico folklórico y turístico", extraite de Carnaval de la vida Mexicana, 1936, Palais des Beaux-arts de Mexico.)

 

tumb La place Diego Rivera à Lyon

7- Infos complémentaires

* Vous pouvez aussi retrouver quelques écrivains lyonnais ou attachés à Lyon :

* A voir aussi  sur l'histoire de Lyon :

* Bibliographie sommaire

  •  - Sylvia Perrin. 07/2010. "L'espace Diego Rivera de Lyon", La Clé des Langues (Lyon: ENS LYON/DGESCO). ISSN 2107-7029
  • - Roland Amador, "L'espace Diego Rivera de Lyon", éditions Lyonnaises D'art et d'histoire, 62 pages, mai 2008
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22 décembre 2012 6 22 /12 /décembre /2012 19:25

Roger Vailland : Introduction biographique 

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1- Présentation générale

Roger Vailland, très politiquement incorrect dirait-on de lui maintenant, comme l’écrivait déjà son biographe Christian Petr dans son livre « Roger Vailland, éloge de la singularité paru aux Éditions Du Rocher en 1995. Tour à tour journaliste et grand reporter, Résistant et communiste qui roulera en Jaguar à la fin de sa vie comme un pied de nez à son époque, drogué, amateur de cyclisme et de balades en montagne, ascète lorsqu’il écrit et libertin incorrigible,  voilà déjà une vue éclectique d’un personnage rempli de contradictions. Ses contradictions dont il fera le pain quotidien de son œuvre.

 

On pourrait tout aussi bien rajouter homme de culture féru d’architecture, ami intime du sculpteur Costa Coulentianos, du peintre Pierre Soulages ou du cinéaste Roger Vadim, scénariste de films, ex-surréaliste et adversaire du pape Breton comme du 'sous pape' Aragon, il prônait comme son cher Arthur Rimbaud le "dérèglement de tous les sens" .  Pour décrire sa vie, prenons des chemins plus classiques que celui qu’il prend dans son Journal intime.

2- Enfance et jeunesse

Il naît le 16 octobre 1907 dans une maison d’Acy-en-Multien, commune du département de  l’Oise à une vingtaine de kilomètres de Meaux, où son père a acquis en 1906 un cabinet de géomètre mais la famille part quatre ans plus tard pour Paris, 18 rue Flatters. Après la guerre en 1919, il faut reconstruire les villes largement détruites par les combats et les bombardements : ce sera Reims, alors en pleine reconstruction,  283 avenue de Laon.

 

Son père l’initie aux plaisirs de  la campagne, à Plutarque, Shakespeare ou aux Mille et Une Nuits. C’est là qu’il va créer avec quelques camarades de lycée un groupe  "Les phrères simplistes" dans la droite ligne du dadaïsme, qui sera ensuite récupéré par les surréalistes auxquels il faisait de l’ombre.

En 1925 ce sera Montmorency (13 bis rue de Joigny) quand Roger intègre Louis-le-Grand en classe d’hypokhâgne. Après le départ de la famille à Antibes,  Roger resté seul emménage chez sa grand-mère 7 rue Pétrarque à Paris pour préparer une licence de Lettres en Sorbonne.  Mais il préfère travailler, être autonome et, grâce à son ami Robert Desnos, il est embauché en 1928 à Paris-Midi et prend une chambre dans un hôtel de la rue Bréa.

 

Il fréquente alors le club du Bar du Château, 54 rue du Château, qui accueille maints artistes comme Prévert, Marcel Duhamel, Péret, Queneau ou Leiris. Puis en mars 1929, c’est le clash et son exclusion du groupe. Sa vie instable est à l’image de ses nombreux déménagements : en 1931, 1 rue Hautefeuille, face à la place Saint-Michel, un hôtel meublé fin 1933, 22 quai de Passy puis  au 38 rue de l’Université avec sa future femme  Andrée Blavette, qu’il surnomme Boule, en  alternance avec l’hôtel particulier des Blavette, 8 bis villa Léandre à Montmartre, où il reviendra fréquemment jusqu’à la guerre

3- Les années 'grises'

La pérégrination continue en 1936 où on les trouve chez la sœur d’Andrée, 2 allée Kléber au Vésinet, tout en ayant un appartement au huitième étage de la rue Manin, dans le 19ème.
 Après, c’est la débâcle et le journal qui se replie à Lyon fin 1940 où il habite 67 cours Gambetta près du Rhône quand le quartier de la Place du pont. Après une longue période de déprime, il va s’arracher à l’emprise de la drogue et entrer dans la Résistance où il retrouvera en particulier Aragon, lui aussi réfugié à Lyon dans la maison de René Tavernier, rue Chambovet à Montchat, quartier de Lyon dans le 3è arrondissement, aventures dont il se servira pour écrire le roman qui va le révéler au grand public, Drôle de jeu, prix Interallié en 1945.

4- Elisabeth et Meillonnas
Roger et Elisabeth

Mais cette notoriété soudaine ne le délivrera pas de ses difficultés à vivre, la passion ravageuse qu’il entretient avec sa femme Boule, qu’il décrira dans son deuxième roman Les Mauvais coups et sa vie de bohème parisienne.

 

Il faudra attendre la rencontre avec sa seconde femme Elisabeth Naldi et son engagement dans son combat communiste pour qu’il retrouve un certain équilibre. L’année 1954 semble une année phase avec la rupture définitive avec son milieu parisien, le mariage avec Elisabeth et leur installation dans un village de l’Ain, Meillonnas près de Bourg-en-Bresse. Mais deux ans plus tard, la rupture avec le communisme sera si douloureuse qu’il aura le plus grand mal à s’en remettre et à trouver un nouvel équilibre.

De Meillonnas son port d’attache, il va faire de nombreux reportages, faire des voyages avec Elisabeth en Italie d’où il va rapporter un roman La Loi qui lui vaudra l’attribution du prix Goncourt en 1957, en Afrique et à l’île de La Réunion en 1958 d’où il tirera un récit publié peu avant sa mort mais se retirera de plus en plus à Meillonnas, loin du bruit et de la fureur des villes et du monde. Il se tournera un moment vers le cinéma, des adaptations et des scénarios sur des œuvres de Sade ou de Laclos avec Les liaisons dangereuses 1960  mais il sen dégagera assez rapidement pour reprendre sa quête personnelle et solitaire à travers ses deux derniers récits-romans La Fête et La Truite, assez courts mais très denses, qui ont souvent été interprétés de façon erronée, y compris du vivant de Vailland qui s’en est souvent plaint.

Roger Vailland meurt le 12 mai 1964 d’un cancer à Meillonnas où il est enterré.

 

Roger Vailland et Pierre Soulages

Repères bibliographiques  


* Roger Vailland, ou un libertin au regard froid, l’imposante biographie d’Yves Courrière, éditions Plon, 1991, 976 pages
* Les Cahiers Roger Vailland, publiés par Le Temps des Cerises, 6 avenue E. Vaillant, 93500 Pantin

* Voir aussi la Médiathèque Élisabeth et Roger Vailland, 1 rue du Moulin de Brou, 01000 Bourg-en-Bresse, qui conserve le fonds Roger Vailland légué par Elisabeth.

 

* Autour de Roger Vailland : Daumal, Roy, Soulages,AG. Leduc, Meillonnas, élisabeth Vailland, éditions Books LLC, 96 pages, 31 juillet 2010, isbn 1159604797 

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22 décembre 2012 6 22 /12 /décembre /2012 19:16
Éric Berne : Introduction à ses principaux ouvrages

1- Présentation

Éric Berne, né à Montréal (Canada) le 10 mai 1910 et décédé le 15 juillet 1970, est un psychiatre américain surtout connu comme le fondateur de l’analyse transactionnelle.

 

Il étudie d'abord la médecine à l’Université McGill, puis la psychiatrie à l’université Yale aux États-Unis et prend la nationalité américaine. En Californie où il s'établit en 1946, il poursuit des activités très variées en psychiatrie, à l'hôpital et en privé ou en services de conseils. Peu à peu, il s'éloigne de Freud et de la psychanalyse, cherchant à mettre au point des outils thérapeutiques à la fois efficaces et beaucoup plus rapides et économes en temps et en argent que les analyses qui s'étalent parfois sur plusieurs années.

 

C'est lors de la parution de son livre Transactional Analysis and Psychotherapy en 1961, qu'il est vraiment reconnu, ce qui lui permettra par la suite de fonder l’International Transactional Analysis Association (ITAA).

 

2- Éric Berne  : "Des jeux et des hommes"

* Référence : Éric Berne  : "Des jeux et des hommes", psychologie des relations humaines, Stock, 1975, isbn 2-234-01766-1 - édition originale Grove press inc, 1964, New York, traduit de l'américain par Léo Dilé.

Cet ouvrage d'Eric Berne est centré sur l'analyse des relations psychologiques à travers les 'jeux' auxquels se livrent les individus. Analyse structurale d'abord qui débouche ensuite sur l'analyse transactionnelle. Berne établit une typologie des jeux psychologiques : jeux classiques, jeux conjugaux, jeux de société, jeux sexuels pour en tirer des conclusions sur la signification profonde des jeux et leur paradigme. (voir en annexe sa "classification du comportement")

Initiateur de la théorie des jeux appliquée à la psychologie et de son système thérapeutique qu'il nomme L'Analyse Transactionnelle, Éric Berne cherche dans ces jeux auxquels se livrent ses semblables, les ressorts cachés de leurs comportements. Ces jeux, s'ils font partie des relations 'normales' entre adultes, peuvent parfois se révéler néfastes et même destructeurs. C'est leur dcodage qui permet d'avancer dans la connaissance et d'en dévoiler leurs véritables objectifs. Au cours de ses nombreuses expériences, il a dénombré trente six sortes de jeux psychologiques qu'il a regroupés en sept catégories.

 

Les jeux sont souvent dominés par des relations de caractère sexuel, attirance et répulsion quand l'initiateur devient victime ou quand le sexe est vecteur de frustrations, comme dans le jeu de la "femme frigide" dont il démonte les mécanismes. Dans cet ouvrage, il poursuit les relations de ses expériences dans la thérapeutique de groupe et de ses mises en situation à partir de "la mise à plat" des jeux psychologiques et de leurs implications.

3- Que dites-vous après avoir dit bonjour ?

Référence : Éric Berne, traduction de Paul Verguin;

  • Editeur : Tchou (7 mai 2009)
  • Collection : Le corps a vivre
  • ISBN-10 : 2710707667
  • Broché: 371 pages

C'est son ouvrage de base où le Dr Eric Berne traite des principes de base de l'Analyse transactionnelle  qu'il a élaborée. Il y présente sa méthode d'analyse et sa propre théorie : la personnalité de chaque individu est un ensemble de trois éléments fondamentaux qu'il nomme  le Parent, l'Adulte et l'Enfant. Nos actes et d'une façon générale notre comportement serait ainsi conditionné très tôt dans notre enfance à partir d'un " scénario " qui dicterait nos actions et nos réactions, et conditionnerait nos échecs et nos réussites en terme social. La question essentielle est de savoir si -ou dans quelle mesure- on peut se libérer de ce schéma de départ ou si nous sommes "prédéterminés"?

 

Éric Berne ne peur croire en une prédestination quelconque et pense qu'il est nécessaire de connaître le mieux possible  le pourquoi profond de nos actes. C'est pourquoi, à partir d'un questionnaire -base de la méthode- il part d' une approche simple et utile, permettant un dialogue avec soi-même intégrant aussi bien les événements récents que les événements plus anciens de sa vie et visant une efficacité immédiate pour le lecteur.

4- Informations complémentaires

Bibliographie
* "Analyse transactionnelle et psychothérapie", Payot, 1971, isbn 2-228-89425-7 (première édition Evergree, 1961)
* "Principes de traitement psychothérapeutique en groupe", éditions d’Analyse transactionnelle, 2006, isbn 2-9518389-6-4
* "Structure et dynamique des organisations et des groupes", éditions d’Analyse transactionnelle, 2005, isbn 2-9518389-4-8 (première édition Pitman, 1963)
* "Psychiatrie et psychanalyse à la portée de tous", Arthème-Fayard, 1971
* "Des jeux et des hommes", psychologie des relations humaines, Stock, 1975, isbn 2-234-01766-1
* "Que dites-vous après avoir dit bonjour ?", Tchou, 1977" isbn 2-7107-0361-0

 

Voir aussi
* Guide pour profane à travers la psychiatrie et la psychanalyse, Simon & Schuster, New York, 1957
* Le problème culturel : psychopathologie à Tahiti, Journal américain de psychiatrie, 1960
* Images primaires et jugements primaires : Revue de psychiatrie, 1955

 

Liens externes
Analyse transactionnelle  : L'AT de A à Z
L'Institut français d'analyse transactionnelle : L'IFAT

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22 décembre 2012 6 22 /12 /décembre /2012 18:58

Les Chansons de Mr Eddy : Album de bande dessinée

 

 

« Quand je vois le travail que les dessinateurs ont fait sur ce bouquin… Ils ont tiré des chansons de vrais courts récits avec des dimensions ou des chutes supplémentaires que je n'avais pas prévues mais qui enrichissent encore le truc. »  - Eddy Mitchell-

 

Les textes liés aux chansons choisies dans l'album :

Eddy Mitchell et la bande dessinée : une association qui sonne comme une évidence. « Le pendant de son amour pour le cinéma, c'est sa passion pour la bande dessinée. C'est pourquoi il fut enthousiaste à l'idée de voir porter certaines de ses chansons en bande dessinée par des auteurs contemporains. On y trouve un reflet de son répertoire : humour, mélancolie, aventure et grands mythes. » Tout a commencé en France avec la revue Coq Hardi. « “Je dévorais ça quand j'étais tout môme.” Il se souvient d'abord de Drago, une série américaine de Bume Hogart, qui sortait en couverture de Coq Hardi. Plus tard, il l’a retrouvé quelque peu dans La Marque jaune, Olrik un type à chapeau, grosses lunettes noires et manteau au col relevé serré. »

 

1- Entre BD française et américaine

« Il aimait beaucoup Alerte à la Terre et, dans Tintin, la guerre des mondes de H. G. Wells adaptée par  Jacobs… et des westerns. “Je voulais vraiment dessiner à l'époque… et puis la musique a pris le dessus” conclut-il. » Il a découvert les revues belges : Tintin et Spirou. « Son préféré était Le Journal de Spirou, La Mauvaise Tête par exemple, et puis aussi Gil Jourdan de Maurice Tillieux, un type qui aurait dû faire des dialogues pour le cinéma. » Les « pockets » des années cinquante : “J’en ai dévoré un paquet”. « Il raffolait d'un dessinateur italien De Vita auteur de Pecos Bill, Pour l’honneur et Kid Oklahoma, histoires dont il rêvait à n'en plus finir. »

 

2- BD, westerns : le collectionneur

Dans les années 1960, il devient pote avec Jijé. « “C'était un bonhomme formidable et très marrant, un pote qui m'a offert des planches que je conserve précieusement, qui a failli illustrer un de mes albums mais ça ne s'est pas fait, faute de temps.” Puis, ce fut Giraud pour une pochette d'album en 1966/67 [1] , Blanc-Dumont un dessin pour un coffret, avec une belle Cadillac. » Il est ainsi devenu aussi un grand collectionneur. « Il possède des éditions originales, premier album d'Alix dont il est très fier, des Tintin très rares, tous les Spirou, presque tout Jijé, des « vrais » Buck Danny, “des trucs comme ça…” »

Réaliser, collectionner… « Plus que par le dessin, Eddy est tenté par l'écriture de scénarios. Il en a écrit un pour long métrage mais il est toujours dans ses cartons. Il collectionne toujours un peu, surtout des albums mais ça tient du coup de cœur, rien à voir avec un placement. »

 

3- De Blake et Mortimer à la chanson

« Dans sa carrière, on trouve plusieurs références à la BD en particulier pour la « marque jaune » de Blake et Mortimer pour une tournée, reprise sur la pochette de l'album Live 2000. Comme personnages, il préfère les méchants comme Olrik ou Septimus mais va peu fouiner dans les librairies ; il laisse ce soin à son ami Gérard Jourd'hui lui rapporte parfois quelque pépite. »
Eddy et le western.« “Quand j'étais môme, le western était roi, dans la BD comme au cinoche” dit-il. Le western, c'est le héros éternel, c'est un univers en soi ; et de citer Blueberry comme un des meilleurs exemples. “Le western aujourd'hui, ce n'est plus la même chose, Mel Gibson en cow-boy, ce n'est pas crédible, John Wayne c'était autre chose.” »

 


Toujours la BD. « Toujours passionné par la BD, “même si je me suis calmé” avoue-t-il. Aujourd'hui, il trouve qu'il y a plus de bons dessinateurs que de bons scénaristes. Par contre, il aime bien les BD à contexte historique comme Giacomo C [2]  qui inclut une recherche historique sur les décors, sur les costumes, les lieux… [3] Récemment, il a beaucoup apprécié Le Prince de la nuit, une histoire de vampires qui renouvelle bien le genre. » [4]

Et les chansons ?. « “J'aime bien qu'une chanson soit déjà une petite histoire, avec une chute.” Il aime bien raconter, sauf bien sûr qu'avec la chanson, la chute on la connaît forcément dès la seconde écoute. L'important, c'est de distraire les gens et de les faire rêver. »

Infos complémentaires

Chansons et illustrateurs
1. C’est pas ta journée par Benoît Springer - 2. Lèche-bottes blues par Simon Loche - 3. J’aime les interdits par Eric Hérenguel - 4. Happy birthday Rock’n’roll par Olivier Vatine


5. Pas de boogie-woogie par Maëster - 6. Vieille Canaille par Félix Meynet - 7.Au bar du Lutétia par Frank Le Gall - 8. Couleur menthe à l’eau par Dany - 9. Dans la peau d’une autre par Alberto Varanda - 10.Y’a danger ! par Griffo - 11. Un portrait de Norman Rockwell par Mathieu Lauffray - 12. Rio Grande par Philippe Buchet


13. Le Cimetière des éléphants par Nicolas Keramidas - 14. Décrocher les étoiles par André Teymans - 15. Nashville ou Belleville par Jean-Claude Mézières - 16. La Dernière Séance par Christian Rossi - 17. Le monde est trop petit par Adrien Floch - 18. Sur la route ’66 par Michel Blanc-Dumont

 

Bibliographie

Liens externes

Références

  1. Voir l'album d’Eddy Mitchell Sept Colts pour Schmoll
  2. Griffo et Dufaux, éditions Glénat
  3. « Les plans et les cadrages sont formidables, l'histoire est carrée »
  4. Yves Swolfs, éditions Glénat

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