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14 janvier 2013 1 14 /01 /janvier /2013 10:39

Trajectoire historique et réalité contemporaine

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Les ressorts de ce qu'on appelle aujourd'hui la mondialisation, même s'ils possèdent leur propre dynamique, trouvent leur fondement dans les grandes évolutions, les trajectoires historiques qui impactent la réalité contemporaine. [1]

 

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Les symboles de la mondialisation : chance ou menace ?

1- Les composantes de la mondialisation

Si le terme "Mondialisation" assez récent, date des années 80, ce processus avait déjà marqué largement le mouvement de l'Histoire à plusieurs époques. A partir de la grande vague de libéralisation des échanges internationaux initiée au début des années 80, plusieurs facteurs vont se conjuguer pour accentuer le phénomène.

 

A - L'effondrement du bloc communiste à partir de la chute du Mur de Berlin en 1989 a reconfiguré le marché mondial et l'a unifié au profit du libéralisme économique qui règne en maître dès lors sur la planète.

 

B - Ce mouvement s'est conjugué avec la diffusion de l'informatique grand public, le phénomène "Internet" et d'une façon plus générale des "NTIC", générant comme le prévoyait déjà Mac Luan [2] dans les années 70, un accès pratiquement instantané à l'information.

 

C - Le domaine de la culture a été à son tour largement touché par ce phénomène, la technique permettant d'intégrer désormais texte, son, images fixes, films, interviews et reportages, mettant à la portée du plus grand nombre -au moins dans les pays développés- et sous une forme attrayante, parfois ludique, un savoir encyclopédique translinguistique.

 

D - l'évolution touche aussi de plus en plus aux identités et aux valeurs, c'est-à-dire à l'idéologie dans ses composantes socio-économique et socio-culturelle. Les espoirs qu'elle suscite -et sont parfois de l'ordre du fantasme [3] -sont aussi à la hauteur des désillusions provoquées par la crise économique persistante des années 2000. Le nouvel équilibre mondial qui se dessinait est ainsi remis en cause par ces nouvelles données économiques et la dépression du marché mondial qui touche d'abord l'Europe et dans une moindre mesure les Etats-Unis. [4]

 

E - Pour beaucoup d'acteurs majeurs du champ social, « La mondialisation est inéluctable et irréversible. Nous vivons déjà dans un monde d’interconnexion et d’interdépendance à l’échelle de la planète» . [5] Même si les sociologues qui en arrivent à ce constat le déplorent et en voient bien les dangers, pour Zygmunt Bauman, la société actuelle est caractérisée par la "jetabilité", l'interchangeabilité et l'exclusion [6]

 

Ces évolutions convergentes tendent vers une idéologie mondiale dominante marquée par les concepts de liberté des échanges et de démocratie politique, qui serait le seul garant de cette liberté, impliquant une interdépendance entre les deux. La mondialisation est ainsi considérée comme un nouveau messianisme auquel se raccrochent tous "les oubliés de la croissance" et le quart monde des pays développés, particulièrement touchés par la crise économique. [7] Mais la mondialisation prend aussi ses racines dans une réalité historique, celle du monde du XIXème siècle jusqu'à la première guerre mondiale ou même plus lointaines comme les tentatives d'unification du monde romain ou de l'Espagne de Charles Quint, assurant leur domination bien au-delà des frontières européennes.[8]

 

Poles mondialisation.JPG    Carte des pôles de la mondialisation 

2- Le siècle de l'état bourgeois (1815-1914)

Les prémices de la mondialisation apparaissent dès le 18ème siècle, l’Europe voulant unifier le monde à son profit. C’est d’ailleurs l’une des constantes de la mondialisation que d’être initiée par le pays dominant qui pense en tirer parti. Les découvertes, les évolutions technologiques du 19ème siècle vont largement y participer, du chemin de fer au téléphone, de la vapeur au télégraphe ou de la presse à l’automobile. Ces nombreux progrès vont peu à peu se diffuser hors des frontières des pays développés, avec pour conséquence d’unifier les modes de vie des différents pays.

 

La grande vague de colonisation, cette forme de « partage du monde » entre 1880 et 1914 contribuera largement à conforter le processus, à impulser un rapprochement entre états [9] et stimuler la circulation des capitaux, des marchandises et des idées. [10] A une époque où le monde vit dans un système de monnaies convertibles à valeur fixe par rapport à l’or (dit système de l’étalon-or), les marchandises ont un prix mondial unique fixé par les principales bourses de commerce (Winnipeg, Hambourg et Londres). [11] "L’économie-monde" concerne aussi la diffusion des capitaux sur les marchés monétaires et financiers. [12] Dopée par la colonisation, l’Europe prétend alors « civiliser les races inférieures ». Malgré une concurrence acharnée pour la domination des marchés, qui ne bénéficie par forcément au consommateur, ces temps d’expansion économique s’inscriront dans l’Histoire comme une « belle époque » que la guerre stoppera brusquement. Le libéralisme économique semble indissociable de l’instauration de la démocratie politique.

3- Le XXème siècle entre-deux-guerres et guerre froide (1918-1989)

31 – Le recul de l’entre-deux-guerres
La Première guerre mondiale va mettre à bas cette dynamique et engendrer un dérèglement durable de l’économie pouvant aller jusqu’à une hyper inflation irrépressible comme en Allemagne en 1922-1923, mettant fin à la convertibilité des monnaies en or. Les échanges internationaux sont rapidement marqués par leur diminution, et un cloisonnement des marchés et le recours à l’autarcie décidé par les pays communistes. Le phénomène touche aussi des pays comme l’Angleterre dont l’Import Duty Act passe les droits de 15 à 33%, L’Italie et l’Allemagne se dirigeant vers l’autarcie.

 

32 – Les limites induites par la guerre froide
Après la guerre, le fer de lance des états est d’abord le Plan Marshall, rempart financier contre l’expansion communiste, puis l’ONU. Cette organisation qui remplace la SDN, œuvre pour le maintien de la paix mais aussi comme le rappelle le préambule et l’article I de sa charte, pour une coopération garantes des libertés politique et économiques. C’est de cette conception que vont naître le FMI, le Fonds monétaire international en mars 1947(à partir des accords de Bretton-Wood en août 1944) et en octobre le GATT, premier accord général sur les tarifs douaniers et le commerce international.


La guerre froide brouille les cartes du système mis en place par les États-Unis et surtout à leur profit, les pays communistes s’y tenant ostensiblement à l’écart et créant leur propre système. Malgré ces heurts et les chocs pétroliers des années 70, la croissance s’est largement maintenue et les États-Unis, l’Europe et le Japon réalisent à eux seuls 66% des échanges internationaux. Et ce, malgré que le dollar ne soit plus convertible, les parités monétaires cédant la place à un système de changes flottants.

4- L'extension de la mondialisation

41 – Le triomphe de l’après communisme
La grosse épine dans le pied du libéralisme version américaine disparaît rapidement après la chute du Mur de Berlin en 1989 : une véritable mondialisation est désormais en marche. En fait, les cinq conditions fondamentales de cette intégration sont alors réunies :
a - augmentation du niveau de vie, surtout dans les pays développés, "boustée" par la demande des anciens pays communistes ;

b - expansion démographique qui impulse une demande croissante et joue un rôle positif sur le plein emploi ;
c - progrès technologiques portés par la demande publique (industrie spatiale par exemple) mais aussi par les investissements dans le domaine de la recherche ;
d - essor des firmes multi nationales, résultante de la mondialisation ;
e - succès du libre-échange symbolisé par l’OMC qui a succédé au GATT.[13]

En fait, les grands gagnants du système sont les firmes multinationales, les 150 plus importantes réalisent plus du tiers des exportations mondiales. L’OMC accompagne largement le mouvement en participant à la libéralisation des services, en faisant la chasse aux droits de douane et aux monopoles publics.


Mondialisation et beret.jpg           Mondialisation manif.jpg
                 Postures anti mondialistes 

 

42 - Pouvoirs et contre-pouvoirs
L’unité du système au profit des États-Unis se fait par la complémentarité, l’osmose entre une puissance, ses modes de vie et de production, sa vision du monde et des structures trans nationales comme IBM, Microsoft, Google, Coca cola ou Nike… qui accompagnent le mouvement et en sont le fleuron, la vitrine américaine à l’étranger. Ce bel équilibre est cependant soumis à des pressions qui expliquent l’échec de la réunion de l’OMC à Seattle en novembre 1999, les incidents qui ponctuent en général ces réunions, l’opposition active des alter mondialistes où on est obligé d’isoler les acteurs officiels des mouvements de rue. [14]


Cette vague anti mondialiste s’est peu à peu développée, témoin le grand meeting de Johannesbourg en 2002 réunissant des représentants du monde entier. [15] Ils plaident pour taxer les flux financiers, préconisent la refonte du FMI et le développement durable. Ils dénoncent aussi « l’impérialisme culturel américain », sa domination dans le cinéma et la télévision avec les films et les séries télé, le « soft power », les monopoles en informatique, dans les NTIC ou le GPS et prônent l’exception culturelle.


« Ce mouvement se nourrit d’un paradoxe, écrit Jean-Michel Gaillard : la certitude de la toute puissance des États-Unis et la perception simultanée de leur fragilité. » [16], le drame du 11 septembre 2001 l’a amplement démontré. Même ainsi, même si l’islamisme terroriste fait figure de contre pouvoir radical, l’hégémonie américaine n’a pas de véritable rival capable de la concurrencer. L’Europe n’offre aucune alternative crédible et les grands états émergents ne cherchent pour le moment qu’à copier le modèle dominant. Seule l’Europe pourrait à la longue corriger au moins les dérives du libéralisme et rééquilibrer le rapport de forces avec les États-Unis.

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Les symboles de la mondialisation : chance ou menace ? 

5- Différentes approches de la mondialisation

51 - La "planétisation" selon Teilhard de Chardin
Déjà à son époque, le père jésuite Pierre Teilhard de Chardin (1881-1955) lançait le terme de "planétisation" pour cerner cette notion. C'est dans son ouvrage le plus connu Le phénomène humain qu'il développe ses deux idées force que les conflits mondiaux ont accéléré le mouvement de dépendance des hommes entre eux et que la marche du monde pourrait s'orienter vers un ensemble organisé.

 

52 - L’économie-monde selon Fernand Braudel
C’est dans son ouvrage paru en 1979 "Civilisation matérielle, économie et capitalisme, XVème-XVIIIème siècle", qu’il développe cette idée force d’"économie-monde" dans un effort de synthèse des conditions de naissance du capitalisme occidental avec comme élément central la mondialisation de l’économie. Il fait référence à une économie qui a son univers en soi et sa propre dynamique, « une juxtaposition de zones liées ensemble mais à des niveaux différents. » (un centre restreint, quelques régions assez développées et de grandes marges extérieures) Et il ajoute cette conclusion encore si actuelle : « Cette géographie discriminatoire, aujourd’hui encore, piège et explique l’histoire du monde. »

 

Les "économies-monde" se sont imposées peu à peu, d’abord l’essor des villes au temps du roman puis du gothique vers le 11ème siècle, puis Bruges et les villes de la Hanse du nord de l’Europe et les villes-états italiennes à l’orée de la Renaissance avec Venise et la Florence des Médicis et des Fugger' et flamandes. On assiste à une balance entre la montée d’Anvers vers 1500, la prééminence de Gênes entre 1557 et 1627, un nouveau retour vers le nord européen Amsterdam, Londres au siècle des Lumières avant de traverser l’Atlantique jusqu’à New-York au XXème siècle. Car, toujours selon Fernand Braudel, « les centrages et les recentrages se sont toujours faits au bénéfice des ports. »

 

53 - Idées clés sur la mondialisation – d’après Michel Godet du CNAM
Tous les organismes socio-économiques internationaux comme le FMI et l’OMC ne remplaceront jamais des mécanismes de régulation internationale qui font cruellement défaut. [17] Les États-Unis jouent un rôle ambigu, pas assez puissants pour être un régulateur mais encore assez pour être un perturbateur. [18] Avoir une monnaie mondiale comme le dollar n’incite guère aux efforts et ils n’hésitent pas à protéger leur économie, à aider des secteurs clés comme l’agriculture ou l’industrie de l’image quand c’est dans leur intérêt. [19]


Si la mondialisation est souvent accusée de tous les maux, les facteurs du développement économique sont souvent endogène, liés aux pratiques économiques de tel ou tel pays. D’abord tous les pays européens sont soumis aux mêmes contraintes externes et pourtant leurs résultats sont très différents. Ensuite, pour la France, les trois quart de ses exportations se sont en Europe occidentale où les conditions sociales sont comparables à celles de la France. De plus, si ses échanges sont excédentaires avec les pays du Sud, ils sont déficitaires avec des pays comme Les États-Unis, l’Allemagne ou le Japon. D’une façon générale, depuis 1947 le libéralisme a été bénéfique, les droits de douane ont diminué de 90% entre pays développés, les échanges ont été multipliés par 20 et la production mondiale a décuplé.


Il est récurrent de parler de déclin des États-Unis et de son remplacement par tel ou tel pays émergent au développement très rapide. Ce fut le cas du Japon et de la zone pacifique dans les années 90 puis il est question depuis le déclin relatif européen de la Chine et dans une moindre mesure de pays comme L’Inde ou le Brésil mais aucun jusqu’à présent n’a la puissance et le potentiel des États-Unis.


54 - L’économique et le politique – d’après l'historien Marcel Gauchet
La mondialisation des échanges et l’interdépendance des économies remettent en cause la maîtrise des processus socio-économiques qu’avaient atteinte les états régulateurs. Dans ces nébuleuses européennes et mondiales, UE, OMC, FMI…) on ne sait plus vraiment qui décide. A travers ce marché tentaculaire qu’est la mondialisation, « l’économie reprend le dessus sur la politique d’une façon inquiétante. » [20] Ce monde moins transparent n’en offre pas moins d’énormes possibilités, comme dans la montée en puissance du système d’information, avec internet où le meilleur côtoie le pire sans qu’on puisse toujours exercer un choix judicieux dans ce trop-plein d’informations. La méfiance qu’on constate vis-à-vis du pouvoir politique proviendrait de l’articulation ambivalente difficile à identifier entre les états-nations et les rouages de la mondialisation. Car cette dernière rend une vision globale bien improbable en augmentant la complexité du réel.


55 - Le monde au XVIème siècle – d’après l'historien Joël Cornette
La mondialisation de Christophe Collomb, c’est le rêve de l’Eldorado, la route des Indes vers un vaste marché où l’or, l’argent et les épices rencontrent les caravelles, les galions des conquistadors, des missionnaires des ordres mendiants et des Jésuites, et des marchands débarquant à leur suite. C’est un grand choc de culture qui va rapidement tourner au massacre des populations indigènes –un génocide dirait-on par anachronisme- et à leur mise en esclavage. L’Europe est optimiste, Rabelais s’enthousiasme [21], reprenant espoir après la fin de la guerre de cent ans en 1453 et son cortège de malheurs. Ses ingrédients en sont connus : d’abord ouvrir de nouveaux marchés depuis que les Turks dominent la Méditerranée, [22] l’enrichissement des villes permet de dégager des profits pour investir dans le commerce et la recherche de marchés extérieurs et engendre une croissance démographique importante [23] Cette tendance encore accentuée par les innovations techniques (boussole, astrolabe, cartographie pour la navigation) et une nouvelle vision de l’art qui va s’épanouir dans la Renaissance italienne et gagner l’Europe. Ces mécanismes classiques d’un nouvel ordre mondial aiguisent les appétits des deux grandes puissances coloniales que sont alors L’Espagne et le Portugal.


« Il n’y a de mer où l’on ne puisse naviguer, de terre où l’on ne puisse habiter » proclame le marchand Robert Thorpe en 1527. Le commerce est alors en partie mondialisé, importations provenant des Indes orientales avec soieries, cotonnades, laque, bois de santal, thé, café…, des Indes occidentales avec bois précieux, sacres, colorants naturels… et des Amériques avec l’argent et l’or. Ce puissant levier économique sert le commerce et la prépondérance de Gênes et d’Anvers, et permet la création de véritables multinationales comme celle de la famille Fugger au point qu’on a pu appeler cette époque « le siècle des Fugger ». Jacob Fugger, son fils et ses neveux sont respectés et reçus partout, « le pape l’a salué, lui et son fils bien-aimé et il l’a embrassé ; les cardinaux se sont levés sur son passage… » [24] Les "dégâts collatéraux" sont patent, mauvais traitements, [25] épidémies, exploitation et esclavage, « la puanteur des esclaves morts dans les mines était telle qu’elle provoqua une pestilence, en particulier dans les mines de Huaxyacac. » [26]
 

 

Sur le plan politique, naît l’idée d’empire universel, surtout quand Charles Quint devient l’unique héritier, « le souverain aux dix-sept couronnes, » symbole du sceptre impérial tel que l’a peint L’Arioste dans son Roland furieux. Cette politique s’exerce du triple point de vue politique, géographique et religieux, comme si un empire terrestre devait être calqué sur l’empire divin. Cette dimension religieuse est constamment présente et correspond aux prétentions universelles de l’église catholique. [27] Mais la réalité est très différente de l’idée d’unité universelle, l’inverse même d’un monde infiniment varié qui va encore être renforcé par le métissage.


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        Les historiens Joël Cornette (à droite) et Marcel Gauchet                         Le sociologue J.M. Gaillard

Notes et références

  1. Dossier réalisé essentiellement à partir des travaux de Jean-Michel Gaillard, Joël Cornette et Marcel Gaucher (voir la bibliographie)
  2. Le sociologue canadien Marshall Mac Luan (1911-1980) est à l'origine de la notion de "village planétaire" créé par l'essor des mass media
  3. Voir le livre du philosophe Alain Badiou "La République de Platon", Fayard, 2012
  4. Suzanne Berger, Made in monde, Les nouvelles frontières de l’économie mondiale, Le Seuil, 2006, ISBN 2-02-085296-9
  5. Article du "Nouvel Observateur" de mai 2007
  6. Zygmunt Bauman, "S'acheter une vie", éditions Chambon, 2008
  7. Voir par exemple Paul Jorion, "L'Implosion. La finance contre l'économie : ce qu'annonce et révèle la crise des subprimes", 2008, Fayard
  8. Voir par exemple les deux ouvrages de l'historien Maurice Sartre, "Le Haut-Empire romain : les provinces de Méditerranée orientale d’Auguste aux Sévères", Seuil, 1997, ISBN 978-2020281539 et "La Méditerranée antique : IIIe siècle av. J.-C./IIIe siècle", Paris, 190 pages, Armand Colin, 1997
  9. par exemple, les traités bilatéraux entre européens signés entre 1850 et 1870
  10. On compte 100 millions de migrants à la fin du 19ème siècle, même si tous ne sont pas "volontaires", migrant pour des raisons économiques.
  11. A la veille de la Première guerre mondiale, les échanges extérieurs se montent à 15milliards pour la France, 25 milliards pour l’Allemagne et 35 milliards pour l’Angleterre
  12. John Meynard Keynes peut alors affirmer : « L’internationalisation de la vie économique était alors à peu près complète ».
  13. Le commerce mondial a dépassé les 600 milliards de dollars en 1995
  14. Par exemple, sommet de Québec en avril 2001, le G8 de Gênes en juin 2002, implantation dans des lieux isolés comme l’OMC à Doha en novembre 2001, G8 dans les Montagnes rocheuses ou le forum de Davos qui se déroule à New-York en 2002.
  15. Pour la France, ATTAC, la confédération paysanne de José Bové
  16. Jean-Michel Gaillard, "Revue L’Histoire", novembre 2002
  17. L’ancien directeur du FMI Michel Camdessus eut ce constat amer dans Le Monde du 21 juin 2000 : « J’avais l’illusion que je pourrais être architecte ; or j’ai été seulement pompier. […] Le FMI joue un rôle sans véritable légitimité démocratique et dans un concert des nations qui sont d’accord sur très peu de choses. »
  18. Les États-Unis représentaient 40% du PIB mondial en 1955 contre 25% en 2002.
  19. Par exemple, augmentation de 30% des droits de douane sur l’acier en mars 2002
  20. Les habits neufs du complot mondial, dossier L’Histoire, Novembre 2002
  21. « Phebol verra Thélème, les Islandais et Groenlandais boiront dans l’Euphrate… » Le Tiers-Livre, LI
  22. Soliman le Magnifique a conquis les côtes orientales et méridionales de la Méditerranée
  23. L’Europe passe de 60 millions d’habitants en 1500 à 80 millions un siècle plus tard
  24. Immanuel Wallerstein, Capitalisme et économie-monde, page 158, Flammarion, 1980
  25. Bartolomé de Las Casas Relation de la destruction des Indes (1542)
  26. Serge Gruzinski, La pensée métisse, Fayard, 1999
  27. Le verset 8 du psaume LXXII est très explicite : « Il (le roi-messie) dominera d’une mer sur l’autre et du fleuve aux extrémités de la terre »

Sources bibliographiques

  • Christian Chavagneux, "La mondialisation est-elle irréversible?", Alternatives économiques, Hors-série n° 044 - avril 2000
  • Jean-Michel Gaillard et André Lespagnol, Les Mutations économiques et sociales au XIXe siècle, Paris, Nathan, coll. « université », 1984, 191 p.
  • "Les racines de la mondialisation", Actes de la réunion de travail de l’AGAUREPS-Prométhée du 15 avril 2003
  • Suzanne Berger, " Notre première mondialisation, leçons d'un échec oublié", éditions Le Seuil, Collection La République des Idées, 2007

Bibliographie sélectives

  • Sur la mondialisation Noam Chomsky vidéo
  • Zygmunt Bauman, "Le coût humain de la mondialisation", Hachette, 1999
  • Robert Boyer, "Les mots et les réalités" in "La mondialisation au-delà des mythes" , éditions de La Découverte Paris 2000
  • Joël Cornette, "Les Crises du capitalisme',du krack de la tulipe à la récession mondiale", Perrin, Tempus, 2010, "La mélancolie du pouvoir"", Fayard, 1998 et "La monarchie entre Renaissance et Révolution", Le Seuil, 2000 - Voir aussi Présentation
  • Jean-Michel Gaillard et André Lespagnol, Les Mutations économiques et sociales au XIXe siècle, Paris, Nathan, coll. « université », 1984, 191 p., Jean-Michel gaillard, Anthony Rowley, "Histoire du continent européen", Le Seuil, 1998, réédition Points-Histoire, 2002
  • Marcel Gauchet, Pierre Nora, "De quoi l'avenir intellectuel sera-t-il fait", Gallimard (Le débat), 2010, La démocratie contre elle-même, Gallimard, 2002 - Voir aussi Présentation
  • Maurice Sartre, "Le Haut-Empire romain", Le Seuil, 1997, "d’Alexandre à Zénobie", Fayard 2001

Voir aussi

  • J. Adda, "La mondialisation de l’économie", La Découverte, 1996
  • C. Buhour, "Le commerce international du GATT à l’OMC", Le Monde éditions, 1996
  • D. Cohen, "Richesse du monde, pauvreté des nations", Flammarion, 1997
  • J. Stiglitz, "La grande désillusion", Fayard, 2002
  • "La fin de l’impérialisme culturel américain ?", Le Débat n°119, 2002

 

 

 

 

 

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14 janvier 2013 1 14 /01 /janvier /2013 10:21

Saint-John Perse

Saint-John Perse, prix Nobel de littérature 1960
Diplomate, ambassadeur de France (1887-1975)

Christian Broussas - Feyzin - octobre 2012 - <<<<<<< ©• cjb •© >>>>>>>


St john perse 1974 L Clergue.jpg   ST jPerse 65 Clergue.jpg         SJP roberrt petit-lorraine.jpg
             Portraits datant de 1974 et de 1965                                  Croquis de Robert Petit-Lorraine

 

Homme singulier que Saint-John Perse, se cachant derrière divers pseudonymes, [1] entre le grand diplomate qui a sous la troisième république durablement influencé la diplomatie française tout en créant une œuvre poétique qui, entre symbolisme et lyrisme, a marqué la composition poétique moderne. Homme double donc, même si officiellement son pseudonyme a pour rôle de séparer sa mission diplomatique de sa vocation poétique. Alexis Leger né le 31 mai 1887 à Pointe-à-Pitre à la Guadeloupe, décédé le 20 septembre 1975 à Giens dans le Var, diplomate français et Saint-John Perse, un des plus grands poètes contemporains couronné par le prix Nobel de littérature en 1960.

 

St John Perse souques pages pointe a pitre.jpg La maison Souques-Pagès de Pointe-à-Pitre

 

Fils d'Édouard Leger, avocat à Pointe-à-Pitre à partir de 1873, et de Marie Pauline Dormoy issue d'une famille de planteurs, Marie René Auguste Alexis Leger passe son enfance à Pointe-à-Pitre jusqu'en 1899 puis la famille s’installe à Pau dans les Pyrénées atlantiques, où il suit ses études au lycée Louis-Barthou puis à Bordeaux en 1904. Sa première référence est un ami de ses parents.

 

Son enfance s’écoule à la Guadeloupe, une enfance heureuse, d’abord dans l’îlet familial de Saint-Léger-les-feuilles, dans la petite ville voisine dans la rue des abymes puis dans les plantations de ses grands-parents : du côté maternel, l’Habitation du bois-debout sur la côte de Capesterre [2] et du côté paternel l’Habitation de La Joséphine en souvenir de l’ancienne impératrice. [3] Vers ses 11 ans, il est influencé par un ami de ses parents le RP Duss, grand botaniste qui l’initie à l’importance du langage, à ses nuances, lui parlant du nom savant et "vulgaire" des plantes, des noms si évocateurs, d’une puissance poétique si extraordinaire qui frappe l’imagination du futur poète.

 

Saint-John Perse 54 rue Achille René Boisneuf, Pointe-à-Pitre.JPG Sa maison natale rue Boisneuf à Pointe-à-Pitre

 

C’est le poète Francis Jammes, "l’ermite d’Orthez" qu’il rencontre à Pau, qui va l’influencer et le mettre en relations avec Paul Claudel, André Gide et les écrivains de la NRF. Il publie alors ses premiers poèmes à La Nouvelle Revue française en 1911 puis en 1925 son recueil le plus célèbre Anabase, s’abstenant après de toute publication pendant toute sa carrière de diplomate.

 

Son œuvre ne comprend guère de "je", de "moi", aucun égo, il ne parle pas directement de lui-même. Pourtant, ses principaux recueils de poèmes sont, dans leur essence, liés à sa biographie. L’exubérance d’Éloge rappelle les paysages antillais, « ô mes plus grandes fleurs voraces, parmi la feuille rouge, à dévorer tous mes plus beaux insectes verts !… les fleurs s’achevaient en des cris de perruche […] ô joie inexplicable sinon par la lumière. »

 

Il passe le concours des Affaires étrangères en 1914 et pendant cinq ans, de 1916 à 1921, nommé secrétaire d’ambassade à Pékin, il change radicalement d’univers. Il en profite pour voyager en Extrême-Orient, à travers la Chine, la Mongolie, en Asie centrale et jusqu’au Japon. C’est au retour d’un de ses voyages qui l’a conduit dans le désert de Gobi qu’il entreprend d’écrire Anabase, son œuvre la plus connue. Pour écrire, il dispose d’un calme absolu, un ancien temple taoïste dans les collines au nord-ouest de Pékin. À cette époque, il visite aussi l’archipel malais puis s’engage dans une croisière en voilier dans la Polynésie.

 

La puissance des éléments, le soulèvement des forces de la nature impriment son rythme à Vents. Le désespoir de quitter son pays et de devoir émigrer aux Etats-Unis après les décrets de Vichy le frappant, lui l’ancien ambassadeur de France, de déchéance et de radiation de sa nationalité, de confiscation de ses biens et de radiation de sa légion d’honneur, sa solitude transparaît dans son recueil Exil. On peut suivre son parcours à travers des photos, sur un bateau en partance pour l’exil américain en 1940, à Long Beach Island, « le lieu flagrant et nul » où il écrit Exil en 1941 et à Hundred Acre Island en 1945.

 

Leger, locarno 25 Henri Fromageot, Aristide Briand, Philippe Berthelot.jpg
St-John Perse (à gauche) et Aristide Briand (au centre) à Locarno en 1925

 

Le diplomate fera une brillante carrière qui sera comme une longue mise en veille de sa vocation de poète : secrétaire de la légation française de Pékin de 1916 à 1921, directeur du cabinet d’Aristide Briand en 1925 [4] et enfin secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, avec rang d’ambassadeur de 1933 à 1940. [5] En juin 1940, Paul Reynaud le démet brutalement de ses fonctions et Leger en est si blessé qu’il refuse toute nouvelle affectation puis choisit l’exil aux États-Unis. Profondément anti-gaulliste, il refuse toute collaboration avec son mouvement, travaille à la Bibliothèque du Congrès à Washington et dit-on, est très écouté par le président Roosevelt.

 

Dès lors, il va s’établir aux États-Unis, Il se marie avec une Américaine, Dorothy Russel, dédicataire de Poème à l'étrangère, qui a vingt ans de moins que lui et qu'il appelle "Dot" ou "Diane. Le prix Nobel qui lui est attribué en 1960, il le doit en partie à l’action de ses amis américains et de à Dag Hammarskjöld, le secrétaire général de l’ONU qui contribuent à faire connaître son œuvre à travers le monde.

 

A partir de 1957, il revient en France pour faire de longs séjours sur la presqu'île de Giens où certains de ses amis américains ont mis à sa disposition une propriété, « Les Vigneaux ». C’est là-bas à Giens qu’il va décéder le 20 septembre 1975 où il repose depuis.

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Notes et références
  1. Comme Saint Leger Leger en trois mots ou Saintleger Leger en deux, ou St L. Leger, et enfin Saint-John Perse à partir d'Anabase en 1924, recueil qui fut lui même signé un temps « St-J. Perse ».
  2. Plantation de cannes à sucre face aux îles des Saintes et de Marie-Galante, près de l’anse de Sainte-Marie où Christophe Collomb débarqua lors de son deuxième voyage
  3. Plantation de caféiers et de cacaoyers sur les hauteurs de Matouba au pied du volcan de La Soufrière
  4. Il est l'un des principaux auteurs des Accords de Locarno en octobre 1925
  5. Il a joué un rôle important lors de la conférence de Stresa en 1935 et, conservant ce poste pendant huit ans, il a assuré la continuité de la diplomatie française face aux aléas politiques.
Bibliographie

Ouvrages de Saint-John Perse
- Anabase (1924)
- Exil (1943) : Exil,, Pluies, Neiges, Poème à l'étrangère
- L'ordre des oiseaux (1962), réédité en 1963 sous le titre Oiseaux
- Pour Dante (1965)
- Chant pour un équinoxe (1971)
- Nocturne (1973)
- Sécheresse (1974)

Ouvrages sur Saint-John Perse
- Hommage à Saint-John Perse, Les cahiers de la pléiades, n° X, été-automne 1950
- Maurice Saillet, Saint-John Perse poète de gloire, Mercure de France, 1952
- Alain Bosquet, Saint-John Perse, éditions Pierre Seghers, 1953, 1ère édition
- Roger Caillois, Poétique de Saint-John Perse, éditions Gallimard, 1954
- Pierre Guerre, Saint-John perse et l’homme, éditions Gallimard, 1955
- Jean-Marc Tixier, Saint-John Perse à Giens, éditions Images En manœuvre, mars 2006, isbn 2849950459
- Renaud Meltz, Alexis Leger dit Saint-John Perse, Flammarion, 850 pages

 

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14 janvier 2013 1 14 /01 /janvier /2013 09:48

Sur les pas des écrivains dans le département de l’Ain

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Roger Vailland et Bernard Clavel dans le Revermont, Stendhal, Edgar Quinet et Nizan à Bourg-en-Bresse, Saint-Exupéry et Tardieu dans le  Bugey, Voltaire à Fernay dans le pays de Gex, On dirait que le département de l’Ain exerce une certaine attraction sur les écrivains. En voici quelques-uns qui y sont enracinés ou qui y ont passé quelques années. Choix très subjectif car auraient pu très bien y figurer les écrivains bressans Edgar Quinet et Gabriel Vicaire, l’auteur des "Émaux bressans", ou les deux écrivains du Revermont, Roger Vailland et Bernard Clavel auxquels j’ai déjà consacré des fiches spécifiques.

(voir la rubrique "Autres fiches à consulter")

1- L’église de Brou

Cette église, joyau du gothique flamboyant, élevée à la mort du duc Philibert le Beau par Marguerite d’Autriche, sa veuve inconsolable, a suscité bien des commentaires. Stendhal, de passage à Bourg-en-Bresse, dans son livre "Voyage en France", ne goûte guère ses sculptures baroques au moment où « la lumière de la Renaissance brillait déjà en Italie ». De même, l’écrivain américain Henri James dans ses souvenirs de voyage, s’étonne qu’elle soit si éloignée du cœur de ville. Quant à Edgar Quinet l’enfant du pays, il déplore dans "L’église de Brou, esquisse poétique" le manque d’entretien de l’édifice. Mais Alexandre Dumas, qui visite Brou et la chartreuse de Seillon à l’écart de la ville pour les besoins de son roman "Les compagnons de Jéhu", aura ce commentaire : « Ceux qui ont vu la charmante petite chapelle de Brou savent que c’est une des cent merveilles de la Renaissance. »

 2- Une figure tutélaire : Voltaire à Fernay

Voltaire chateau.jpg . . . . Voltaire Statue Ferney.jpg
. . . . . . Son château                                 sa statue à Ferney dans l'Ain

Le domaine que Voltaire acquière en 1759 a une vertu incomparable : une allée de peupliers au bout de la terrasse conduit directement en Suisse. Situation vitale pour l’écrivain en délicatesse avec le pouvoir royal. Il s’engage aussi dans la vie du village : fait rebâtir l’église –lui l’athée impénitent- entretient l’école, ouvre un théâtre et fait agrandir son château. Il met en pratique les idées développées dans son ouvrage "Dialogue pour les embellissements du Cachemire", surtout dans l'amélioration de l’hygiène, crée une maison des artisans et finance l’édification de fontaines. Il écrira en 1772 : « Je m’y suis ruiné mais ne suis pas découragé. J’aurai toujours dans mon village le glorieux titre de fondateur. »

3- L’enfance d’un aviateur

St ex maison.jpg La maison de son enfance dans le Bugey (01)

 

Dans "Terre des hommes", Antoine de Saint-Exupéry perdu dans l’étendue du Rio de Oro dans le Sahara, évoque sa prime jeunesse dans la propriété de Saint-Maurice-de- Rémens dans l’Ain, près d’Ambérieu-en-Bugey. « Je suis de mon enfance comme l’on est d’un pays » écrit-il. Il se souvient des baignades dans la rivière d’Ain toute proche, des balades à vélo, l’entretien du potager, les jeux dans le parc avec ses cinq frères et sœurs sous l’œil vigilant de Paula leur gouvernante allemande.

 

Dans le désert, il n’a guère que ses souvenirs pour le soutenir : "Il était quelque part un parc chargé de sapins noirs et de tilleuls et une vieille maison que j’aimais." Son esprit vagabonde dans ses souvenirs quand il continue : "Je n’étais plus ce corps échoué sur une grève… j’étais l’enfant de cette maison, plein du souvenir de ses odeurs, plein de la fraîcheur de ses vestibules, plein des voix qui l’avaient animée."

 

Le domaine de Saint-Maurice-de-Rémens, repris récemment par la commune, est destiné à devenir un musée, celui du futur aviateur et écrivain. (voir ma fiche La maison de Petit Prince à St-Maurice-de-Rémens dans l'Ain

4- Un philosophe en Bresse

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Nizan à Bourg en 1931                 Nizan avec Rirette

 

C’est en 1932 que Paul Nizan fut nommé professeur de philosophie au lycée de Bourg-en-Bresse. La ville est pour lui un univers inconnu qu’il découvre avec curiosité, la trouvant plutôt froide et indifférente. Mais il est conquis par le grand marché qui draine vers le centre ville sur la grande esplanade qu’on nomme ‘Le champ de foire’, nombre de bressans. Il y trouve « un foisonnement de pas plus lourds et plus marqués que les pas des citadins. »

 

C’est pendant son séjour à Bourg-en-Bresse que Paul Nizan publie "Les chiens de garde", dépassement de l’enseignement de ses maîtres, et surtout "Léon Bloyé", son roman le plus connu, l’histoire d’un homme confronté à la rupture avec ses origines sociales.

5- Les eaux souterraines de Tardieu

tumb Jean Tardieu à Meillonnas en 1991

 

Jean Tardieu a été marqué dans son enfance dans le Bugey par ce qu’il appelait « les fleuves cachés. » Là-bas, les cours d’eau comme le Rhône ou la Valserine s’enfoncent brusquement dans le sol pour ressortir en aval plusieurs kilomètres plus loin. « Le Rhône… cheval fantôme, disparaissaient sous les pierres tombales de son lit… et la Valserine, Perséphone fidèle, continue à descendre aux enfers, pour renaître écumante. »

 

Son attachement à l’Ain s’exprime dès 1933 dans son livre de souvenirs "Mon pays des fleuves cachés" où il replonge dans sa jeunesse : « Simandre-sur-Suran ! Lalleyriat ! criait l’employé du train, entre Nantua et Bellegarde… D’autres noms de mon pays me reviennent, avec leur sonorité acide, qui rafraîchit la mémoire…' » On retrouve dans son œuvre sa fascination pour les "fleuves cachés", sa prédilection pour la dualité apparition-disparition ou le thème de l’obscur, « pour moi, l’aspect des choses, écrira-t-il, plonge et se joue entre la présence et l’absence. »

 

6- Autres fiches à consulter 

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14 janvier 2013 1 14 /01 /janvier /2013 09:44

Sur les pas de … François Rabelais à Lyon et en Rhône-Alpes


Rabelais portrait.jpg     RabelaisLyon.jpg
Rabelais portrait                                Rabelais à Lyon

 

François Rabelais s’établit à Lyon au printemps 1532, ville réputée humaniste avec d’illustres imprimeurs comme Sébastien Gryphe, ce qui intéresse particulièrement l’écrivain. C’est d’ailleurs à Lyon que seront publiés Pantagruel au début de l’année 1535 et Gargantua en 1542 avec une réédition chez l’imprimeur François Juste. En mai 1546, son Tiers livre est condamné par la Sorbonne et il fuit Lyon et la France. Mais l’année suivante, il revient à Lyon pour faire imprimer son Quart livre. C’est donc à Lyon que Rabelais a écrit une bonne partie de son œuvre et que l’essentiel a été publié.

 

Rabelais, médecin de Guillaume du Bellay qui réside à Turin, passe souvent par Chambéry pour se rendre chez son illustre patient et protecteur. Il a l’habitude de résider à l’hôtel de la poste, rue d’Italie et l’on trouvera un épisode de belles libations dans Pantagruel. Guillaume du Belley, seigneur de Langey, décède en chemin le 9 janvier 1543, au relais de la Tête noire à Saint-Symphorien-en-Lay, aux confins du Rhône et de la Loire. Rabelais l’assiste dans ses derniers instants et pratique son embaumement sur place. On retrouve ici aussi cet épisode funèbre relaté dans Pantagruel. Son cousin Joachim du Bellay lui consacrera deux sonnets en guise d’oraison funèbre.

 

Lors d’une ballade dans le Vercors, François Rabelais se rend jusqu’au mont Aiguille qu’il compare à un potiron, et dont il écrit dans le Quart livre que la montée est « scabreuse, pierreuse, montueuse, infertile, mal plaisante à l’œil et très difficile aux pieds. » Apparemment, Rabelais n’aimait pas beaucoup les joies de la marche à pieds.

 

Christian.broussas - Feyzin - septembre 2012- <<<<<<< ©• cjb •© >>>>>>>

 

Rabelais effigie lyon.jpg   Rabelais Lyon Hotel dieu.jpg   Rabelais lyon mur.jpg
Rabelais : effigie                                L'hôtel-Dieu à son époque         Rabelais sur une fresque lyonnaise

Voir aussi
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13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 19:08

L'écrivain Saül Bellow, gosse de Chicago

Saül Bellow, un juif européen aux Etats-Unis (1915-2005)
trois fois lauréat du National Book Award en 1953, 1964 et 1969
Prix international de littérature en 1965, prix Pulitzer en 1975 et prix Nobel de littérature en 1976

 

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Bellow avec son fils Adam à Chicago, .... avec son fils Daniel en 1970

 

Saül Bellow, prix Nobel 1976, « pour sa compréhension de l’être humain et la subtile analyse de la culture contemporaine dont il fait part ensemble dans son œuvre,» selon l'académie suédoise.

 

Saül Bellow est âgé de 9 ans en 1924 quand ses parents arrivent à Chicago, "sa ville", celle où se situent nombre de ses romans et leur donnera sa couleur. C'est une famille de déracinés qui a fui Vilnius en Lituanie et les persécutions juives pour émigrer à Lachine au Canada, dans la banlieue de Montréal [1] où Saül Bellow est né en 1915 puis rue Saint-Dominique dans le quartier juif et enfin à Chicago pour rejoindre un cousin. Même si la mort de sa mère quand il a 17 ans, a été un grand choc, c'est son père Abraham Belo qui l'influence alors, un père assez original, importateur d'oignons puis "bootlegger", dans la distillation et le trafic d'alcool clandestin. Mais aussi un homme romantique qui jouait du violon et lui lisait du Pouchkine, un conteur qui adorait évoquer sa vie à Vilnius.

 

Après l'époque "Chicago", sa jeunesse puis ses études dans les deux universités de la ville, Chicago University et Northwestern University où il étudie l'anthropologie et la sociologie, qui le marquera beaucoup, sa vie s'organise essentiellement entre l'état du Vermont et la ville de Boston. Sa vie sentimentale est marquée par cinq divorces, d'une première union naîtront 3 garçons, jusqu'à la dernière en 1989 avec une jeune femme de 31 ans Janis Freedman qui lui donnera une fille en 1999. [2]

 

L'espace urbain est pour Saül Bellow le symbole de la décadence de l'Occident, du dérèglement des grandes villes américaines, de leur laxisme, l'autocentration de ses intellectuels dont les plus représentatifs sont ses personnages Herzog et Humbold face à la lourde atmosphère de l'Europe communiste. [3] Il y décrit une New-York oppressante, à la chaleur accablante en été, [4] et surtout Chicago « massive, maladroite... sentant la boue et la décadence[5] mélange étonnant de taudis, de gratte-ciel et de son bruyant métro aérien. Ses héros sont pourtant souvent optimistes comme Sommler qui espère que l'homme porte en lui «une parcelle de l'esprit même de Dieu[6]


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Avec sa femme Janis en 1999                 Pour la remise du prix Nobel en 1976

 

L'homme de Bellow est à l'image de la société, il se veut rationnel et moral -ou qui se voudrait-tel- mais il est le plus souvent soumis à ses pulsions, à ses désirs, à ce qui lui échappe malgré tout dans ses rêves et ses souvenirs. Saül Bellow est bien à l'image des romanciers américains de sa génération [7] Les personnages féminins n'occupent qu'une place secondaire dans son œuvre, illustrant les stéréotypes sociétaux. [8] Si Joseph son héros n'imagine pas la femme dans ce qu'elle a de spécifique, son altérité irréductible, [9] il représente une part de son reflet, sa relation aux femmes et ses cinq divorces.

 

A propos de son roman La planète de M Sammler, Saül Bellow dit que « Sammler a connu le pire (la Shoa) et le meilleur de ce que pouvait lui offrir l’Europe en son temps ; il applique ces critères à l’Amérique en y ajoutant un sentiment de déplaisir à l’égard de ce qui l’entoure. » [10] Ce déplaisir qu’il évoque, c’est la dégradation du paysage urbain et la violence latente, omniprésente qui embrase un jour ou l’autre les Etats-Unis.

 

A 84 ans, avec son dernier roman Ravalstein bâti sur la biographie de son ami Allan Bloom, il retrouve le souffle de ses grands romans dans cette curieuse amitié entre Chick-Bellow et Bloom-Ravelstein, ces deux êtres si différents. La disparition de son ami, «dernière barrière entre lui et la mort, » Chick la vit comme la mise en scène de sa propre disparition, conforté par une soudaine grave maladie qui va libérer son écriture et lui permettre d’écrire cette biographie.

 

Dans son recueil de textes "Tout compte fait,", qu’il a sous titré "Du passé indistinct à l’avenir incertain", [11] Saül Bellow écrit à sa façon habituelle ironique et décalée : « Je n'ai pas su comprendre les choses que j'ai écrites, les livres que j'ai lus, les leçons qui m'ont été données, mais je constate que je suis un autodidacte des plus opiniâtres, que je brûle d'être corrigé. Il est très possible que je n'aie pas atteint mes buts, mais quelle satisfaction, néanmoins, que de s'être débarrassé de vieilles erreurs tenaces. Pour entrer dans une ère d'erreurs améliorées. »

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Université de Chicago et . . . . . . . . . . . . . la Chicago northwestern université

 

Christian.broussas - Feyzin - janvier 2012- <<<<<<< ©• cjb •© >>>>>>>

Réflexions et citations de l'auteur

- « Les habitants de Chicago sont très fiers de leur méchanceté. Il s'agit de la bonne vieille politique vulgaire, malgré leurs prétentions » Le New York Times du 6 juillet 1980
- « On présume généralement que toutes les péripéties et idées contenues dans un roman se fondent sur l'expérience personnelle et les opinions propres au romancier. » Le New York Times du 10 mars, 1994)
- « À ce moment il n'avait aucun message pour qui que ce soit. Rien. Pas un seul mot » Herzog, 1964
- « Il est étrange que les bienfaiteurs de l'humanité soit tous des gens amusants. En Amérique au moins, c'est souvent le cas. Quiconque veut gouverner le pays doit aussi le divertir. » Ravelstein, 2000
- « Les gens sont trop prosaïques et demandent: "Est-ce vrai ? Et si c'est vrai, est-ce que ça correspond aux faits ? Et si ça ne correspond pas aux faits, pourquoi pas ?" Alors, vous êtes pris au piège, parce qu'écrire un roman est presque comme écrire un biographie, mais pas tout à fait. Un roman est plein d'invention. » Interview dans la revue Time, 8 mai 2000)

Notes et références
  1. Lachine a été depuis rattachée à la ville de Montréal
  2. A rapprocher de ce qu’écrit son biographe Claude Lévy à propos de son roman "Le cœur à bout de souffle" : « Avec un instinct qui ne les trompe jamais, les héros de Bellow choisissent toujours la femme qui ne saurait les satisfaire et qui, tôt ou tard, les fera souffrir. »
  3. Voir son roman "L'hiver du doyen", le voyage en Roumanie en compagnie de sa femme d'origine roumaine Alexandra Ionescu Tulcea (Minna dans le roman)
  4. Voir par exemple son roman "La victime"
  5. "un homme en suspens", page 259
  6. "La planète de M Sommler" page 183
  7. cf Leslie Fielder, "Love and death in the American Novel", New-York, Criterion Books, 1960
  8. Par exemple, dans "Un homme en suspens', Ida ne s'intéresse qu' « aux plaisirs de l'apparat, aux divertissements et aux magazines de modes. (page 13) »
  9. Voir "Un homme en suspens", page 225
  10. Pierre Dommergues, "Entretien avec Saül Bellow", Le Monde, octobre 1972
  11. Saül Bellow, "Tout compte fait, ", Du passé indistinct à l’avenir incertain, éditions Plon, collection Feux croisés », 1995, 352 pages, isbn 2259181252
Sélection bibliographique
  • The Adventures of Augie March, 1953 – National Book Award; trad. J. Rosenthal: Les aventures d'Augie March (Flammarion, 1977)
  • Herzog, 1964 – Prix international de littérature, National Book Award; trad. J. Rosenthal: Herzog (Gallimard, 1966, 1975 et 1986)
  • Mr. Sammler's Planet, 1970 – National Book Award; trad. Henri Robillot: La planète de M. Sammler (Gallimard, 1972)
  • Humboldt's Gift, 1975 – Prix Pulitzer de la Fiction, traduction Anne Rabinovitch-Henri Robillot: Le don de Humboldt (Flammarion, 1978) (Livre de Poche, 1994)
  • More Die of Heartbreak, 1987 – trad.: Le cœur à bout de souffle (Julliard, 1989)
  • Ravelstein, 2000 – traduction Rémy Lambrechts: Ravelstein (Gallimard, 2004)
Etudes sur Saül Bellow
  • "Autour de Saül Bellow", sous la direction de Paule Lévy, Presses universitaires de Rennes, 150 pages, 2011, isbn 978-2-915751-41-3 : "Ce livre explore les multiples facettes de l’œuvre de Saul Bellow, tout en en soulignant la continuité et la cohérence".
  • Pierre Dommergues, "Biographie de Saül Bellow", Paris, éditions Grasset, 1967
  • Claude Lévy, "Les romans de Saül Bellow : tactiques narratives et stratégies œdipiennes, Paris, éditions Klincksieck, 1983

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Son buste à Chicago                         Avec Derek Walcott

Christian.broussas - Feyzin - janvier 2012- <<<<<<< ©• cjb •© >>>>>>>

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13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 19:04

Derek Alton Walcott l’antillais

Derek Alton Walcott, poète et dramaturge antillais
Prix Nobel de littérature 1992
Le jeudi 19 janvier 2012 par Christian Broussas.

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Son portrait ............ Square Derek Walcott à Castries

 

Derek Alton Walcott est né le 23 janvier 1930 dans les Antilles à Castries, la capitale de l’île Sainte-Lucie où il connaît une enfance misérable, devenu orphelin très tôt et recueilli par une famille métisse elle-même très pauvre qui se sacrifiera pour qu’il puisse poursuivre ses études. Il fait partie des écrivains issus d’une génération qui cherche son identité dans les prémices de la décolonisation et les bouleversements d’après 1945. Confronté très tôt à la pauvreté et à sa condition de métisse antillais, il cherche sa voie entre blancs et noirs, entre langue française et langue anglaise, entre culture occidentale et culture antillaise.

 

Il relatera son expérience existentielle dans "Une autre vie" en 1973, un long travail de mémoire dont il a dit « un homme vit la moitié de sa vie, la seconde moitié est mémoire. » Derrière les figures d’Anna, de Gregorias et d’Harry Simmons, symbolisant l’amour, l’art et la mort, se profile sa profonde interrogation sur son identité culturelle. « Qu’est-ce qu’un poète dans ces îles perdues des Antilles anglophones, sans tradition ni langue propres ? »

 

Le fait est qu’il soit peu connu en France tient sans doute à son style métissé comme lui, mélange d’anglais assez châtié et du parler populaire des Antilles, assez éloigné des conceptions stylistiques d’un Aimé Césaire qui l’a pourtant influencé.

Au début des années 50, il partira poursuivre ses études à La Jamaïque puis s’installera à Trinidad pour diriger un théâtre, de 1959 à 1976, et monter ses propres pièces. L’année 1981 représente un tournant dans sa vie : il part aux États-Unis enseigner à l’université d’Harvard puis à celle de Boston. En 1990, il atteint une audience internationale avec la publication de sa grande épopée lyrique intitulée Omeros aux accents homériques on l’a souvent comparé à L’Iliade- traité à la manière caraïbe. Dans ses œuvres théâtrales et poétiques, il évoque surtout la vie quotidienne et la culture de ces îles antillaises marquées par un métissage dû à une longue colonisation.

 

Depuis les années 2000, il a renoué avec le théâtre, avec sa chronique sur la vie d’Henri Christophe, le leader haïtien, publiant en 2009 une pièce inspirée de la vie de la prêtresse vaudou Marie Laveau. Avec le recul, il porte un regard tendre mais quelque peu désenchanté sur le pouvoir que peuvent exercer les hommes sur destinée : « Tout finit dans la compassion si loin de ce que le cœur a décidé. »

Dans son discours de Stockholm, lors de la cérémonie de réception du prix Nobel, il devait dire toute sa fierté pour cette première reconnaissance internationale [1] de sa culture : « Quel privilège de voir une littérature –une littérature unique en plusieurs langues impériales, français, anglais, espagnol- éclore d’île en île à l’aube d’une culture ni timide ni imitative, pas plus que ne le sont les durs pétales blancs de la fleur des frangipaniers. »

 

Christian.broussas - Feyzin - janvier 2012- <<<<<<< ©• cjb •© >>>>>>>


Repères bibliographiques

  • Véronique Bonnet, De l’expérience à l’errance : écriture et quête d’appartenance dans la littérature contemporaine des petites Antilles francophones et anglophones ;
  • Régis Antoine, La littérature franco-antillaise, éditions Khartala, 1992

Autres fiches à consulter :

 

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13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 18:58

Les Objets-poèmes de Francis Ponge

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Francis Ponge, Montpellier le 27 mars 1899, Bar-sur-Loup, Alpes-Maritimes le 6 août 1988
Prix international de poésie 1959, Prix de l'Ingram Merril Foundation (USA) 1972, Prix international de poésie Books Abroad Neustadt, Grand Prix de l’Académie française 1984

Francis Ponge.jpg

Issu d'une vieille famille protestante nîmoise, Francis Ponge naît à Montpellier au 3 place de la préfecture (aujourd'hui place Chabaneau) le 27 mars 1899. La famille va rapidement déménager à Nîmes puis à Avignon. "Je suis né dans un pays méditerranéen, le Midi de la France, à cheval sur le Languedoc et la Provence, d'une famille venue de Nîmes, la ville la plus romaine de France, et aussi que j'ai vécu ensuite toute ma première enfance à Avignon, c'est-à-dire la ville la plus... italienne de France." [1]

 

FPnge chabaneau.jpg Place Chabaneau à Montpellier où il est né

 

L’œuvre de Francis Ponge célèbre la beauté des choses dans des descriptions surprenantes et minutieuses. Il s’efforce d’analyser les choses d’un œil introspectif, sans a priori, comme les naturalistes examinaient les sociétés humaines, élaborant à travers ses descriptions, une poésie réaliste, des "poèmes-concrets". [2]

 

Son regard est celui du scientifique qui cherche à déceler les aspects cachés, invisibles, à percer toutes les facettes d’un objet analysé à la manière d’une vision cubiste, d’un objet qu’il soit naturel ou issu des œuvres humaines. Son recueil "Le Parti pris des choses", en regroupe les éléments les plus visibles.

 

Un galet ne se regarde pas comme un cageot ou un savon qui évolue selon les métamorphoses de son état. [3] Il avance avec humilité, avec ses pauvres connaissances souvent inutiles, s’excusant par avance, « je ne suis pas plus avancé que vous, nous allons avancer, nous avançons déjà ensemble. »

Sa démarche, il s’en explique dans son recueil "Proêmes". [4] Il y a chez lui peu de scolastique mais une série d’éléments concrets de la réalité de ce qu’il décrit, une volonté d'aller vers une rencontre faite de langage et de communication. La chose décrite devient ainsi langage et rejoint l’humain. L’expression implique la remise en cause d’habitudes et une langue simple, purifiée.

 

Le savon devient, quand il écrit à propos de ‘la toilette intellectuelle’, « un petit morceau de savon, bien manié, (qui) suffit là où des torrents d’eau simple ne décrasseraient rien. » La description est rencontre avec l’objet, un retour sur soi-même qui s’exprime dans une réponse à une question sur le sens de son travail : « N’en doutez pas, le savon n’est qu’un prétexte. Avez-vous pu jamais l’imaginer autrement ? »

 

Il meurt au Mas des Vergers à Bar-sur-Loup le 6 août 1988 et il fut inhumé au cimetière protestant de Nîmes, le 10 août 1988.

 

Armande Ponge-Trentinian Bar.jpg Sa fille Armande Ponge-Trentinian à Bar-sur-Loup en 2010[5]

 

Bibliographie
- Claude Fournet, "L’anthologiste", éditions Galilée, 1987
- Claude Fournet , "Matisse terre lumière et Picasso terre soleil", éditions Galilée, 1985
- Francis Ponge, "Pages d’atelier", éditions Gallimard, 1985
- Francis Ponge, "Œuvres complètes", éditions Gallimard La Pléiade, 2 volumes, 1999-2002
- Entretiens de Francis Ponge avec Philippe Sollers, préface Claude Fournet, éditions du Seuil, Point poche
- Francis Ponge, "Le Savon", éditions Gallimard

 

Notes et références

  1. "Entretiens avec Philippe Sollers", Gallimard/Le Seuil, 1970
  2. Voir Les Objets-poèmes de Ponge, essai de l’écrivain Claude Fournet qui avait déjà préfacé les Entretiens de Philippe Sollers avec Francis Ponge, paru en 1986.
  3. Il écrit dans son récit "Le Savon" : « Il y a beaucoup à dire du savon. Exactement tout ce qu’il raconte de lui-même, jusqu’à la disparition complète, l’épuisement du sujet. »,
  4. « Notre premier mobile, écrit-il dans sa présentation, fut sans doute le dégoût de ce qu’on nous oblige à penser et à dire, ce à quoi notre nature d’hommes nous force à prendre part. »
  5. Pour un don des œuvres de son père à la bibliothèque de la mairie

Liens externes

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13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 18:46

Jean Grenier : séjours à Simiane

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          Description de cette image, également commentée ci-après          

L'écrivain et poète Jean Grenier                                          

 

Á croire que les Alpes du sud attirent les bretons puisque séjournèrent à Briançon Max Jacob et Jean Denoël de Saint-Brieuc, ami intime de Cocteau et de Gaston Gallimard [1] qui rencontrait souvent Jean Giono qui venait en vacances dans le hameau tout proche des Queyrelles. Jean Grenier, originaire de Saint-Brieuc, s’était marié en 1928 à une jeune fille de Sisteron. [2]

 

Extraordinaire coïncidence pour un homme qui passe pour avoir été le ‘mentor’ d’Albert Camus [3], le mariage fut célébré à Lourmarin, le village où Camus s’établira à la fin de sa vie et où il est enterré. Á cette occasion, son ami Henri Bosco composa une "Cantate pour les noces de Jean Grenier". Dès lors, il fera très souvent des séjours dans le village de Simiane où il reçoit Albert Camus et sa famille [4] ou son ami Louis Guilloux, autre écrivain breton.

Il n’oubliait pas Max Jacob, participant aux côtés de Jean Denoël [5] à des cérémonies commémoratives comme le 4 mars 1962 à Saint-Benoît-sur-Loire où il note : « Max demandait au nouveau venus : "Croyez-vous en Dieu ? " Sinon, il entreprenait de les convertir. »

 

Á Simiane, il en profite pour compléter ses Carnets. Il y note des événements locaux, « Manque d’eau à Simiane : eau seulement de 7 à 9 heures » en août 1967 ou des points d’histoire locale comme en septembre 1969 : « Simiane-la-Rotonde est faite sur le modèle du Saint-Sépulcre. L’usage pour les croisés de retour était de faire un fac-similé du tombeau du Christ et de la vénérer dans une crypte… » Lors d’une visite à Jean Giono, il décrit ainsi son cabinet de travail « percé de trois fenêtres, l’une donnant au nord sur le Mont d’Or, l’autre à l’est vers la Durance, l’autre au sud vers Manosque, avec un palmier dans l’encadrement. »

 

Il note aussi son état d’esprit, ses propres réactions comme dans ce texte du 27 août 1965 : « Tout n’est indifférent en principe, rien en réalité. C’est parce que rien ne l’est en réalité que je fais un principe de l’indifférence. » Victime d’un problème cardiaque, Jean Grenier s’éteint en mars 1971. Son ami Henri Bosco le relate dans son "Diaire" du 8 mars 1971 : « J’apprends ce soir la mort de Jean Grenier avec un vrai chagrin. J’admirais en lui une intelligence souvent ironique, un cœur secret, un don de poésie discret mais profond… »

 

  Jean Grenier et Albert Camus

Notes et références
  1. Il fut aussi l’exécuteur testamentaire des écrivains Roger Martin du Gard, André Gide et Jean Cocteau
  2. Sa famille possédait à Sisteron l’ancien couvent des Capucins
  3. Jean Grenier sera son professeur de philosophie au lycée d’Alger et ils entretinrent par la suite une longue correspondance reprise dans un ouvrage "Correspondance Jean Grenier-Albert Camus" parue chez Gallimard
  4. Avant d’acquérir sa maison de Lourmarin, Albert Camus ira souvent en vacances dans la région du Luberon ou chez son ami René Char à L’Isle-sur-la-Sorgue
  5. Jean Denoël avait créé avec sa riche amie Florence Gould le prix littéraire Max Jacob
Bibliographie et références
Autres fiches à consulter

- Albert Camus à Briançon
- Louis Nucéra dans les Alpes du sud
- Georges Brassens à Sète

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13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 18:29

 

Enquête sur le Citoyen Mendès-France

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Pierre Mendès France : "Nous voulons une France loyale et juste (18 septembre 1954)

Référence : Le Citoyen Mendès-France – Jean Daniel et Jean Lacouture, 15 témoignages recueillis et présentés par… Le Seuil 10 /1992 – L’histoire immédiate, Isbn 2 02 01 9427 9

 

Pour ce dixième anniversaire de la disparition de Pierre Mendès-France, Jean Daniel et Jean Lacouture [1] ont réuni des témoignages de proches et de personnes qui ont bien connu l’homme politique, publiés dans ce livre et objet également d’un film réalisé par Jean-Christophe Rosé et produit par Michel Rotman. [2]

 

Témoignages éminents de ces 15 personnalités [3] qui donnent un portrait riche et contrasté de Pierre Mendès-France :
- Ses proches : Marie-Claire Mendès-France sa femme, Michel Mendès-France son fils ;
- Ses amis politiques : François Mitterrand, Jacques Delors, Michel Rocard, Claude Cheysson, Georges Kiejman, Simon Nora, Edmond Maire, Pierre Bérégovoy ;
- Des personnalités politiques : Jean-Marcel Jeanneney, Edouard Balladur, Raymond Barre, Olivier Duhamel, Michel Jobert.

Pierre Mendès-France est une figure à part dans le monde politique, surtout dans sa famille à gauche où il fait référence, réalisant un lien indispensable entre l’époque de Léon Blum dont il a été secrétaire d’état et l’arrivée au pouvoir de la gauche avec François Mitterrand, Jacques Delors ou Pierre Bérégovoy qui ont accepté de participer à ces témoignages.

 

Référence, il l’aurait accepté avec toute sa timidité, mais mythe certainement pas, ce n’est pas l’homme qu’il mettait en avant mais les idées, les principes qui gouvernaient sa vie et son action, le lien entre morale et politique, entre le social, les libertés démocratiques et le dirigisme économique. Pour lui, la volonté est la pierre angulaire d’une pédagogie politique basée sur la dignité de la relation. [4]

 

Pourtant, son action, politique fut assez brève, quelques semaines en 1938 avec Léon Blum, quinze mois entre 1943-45 avec le général de Gaulle et huit mois comme président du conseil en 1954-55. [5] Ce qui n’est pas sans comporter quelques regrets sur « ce petit homme brun et râblé au regard mélancolique et à la voix vibrante de sagesse » et les barrières qu’il avait lui-même fixées, une sensibilité d’autant plus vive qu’elle avait été mise à rude épreuve et qui ont largement influencé son parcours politique. [6]

Il y a toujours une retenue, une approche positive chez tous ceux qui témoignent, qui reconnaissent ses qualités, même ceux qui sont le plus éloignés de ses conceptions et pensent qu’il représente plus un idéal à atteindre qu’une ligne politique opérationnelle. [7]

Notes et références
  1. Voir également l’autre ouvrage que Jean Lacouture a consacré à Pierre Mendès-France : Jean Lacouture, Pierre Mendès-France, éditions du Seuil, Paris, 1981 (ISBN 2020058669), réédition 2010 dans la collection poche Point-Histoire (ISBN 2757818619)
  2. Voir aussi Jean Botherel, Entretiens avec Pierre-Mendès France, Stock, 1974
  3. Seule François Giroud a refusé la parution de son témoignage.
  4. Alain Gourdon, Mendès France ou le rêve français, Ramsay, Paris, 1977, (ISBN 978-2859560133)
  5. François Bédarida et Jean-Pierre Rioux, Pierre Mendès France et le mendésisme : l'expérience gouvernementale, 1954-1955, et sa postérité, Fayard », Paris, 1985, (ISBN 978-2213016863)
  6. Richard Dartigues et Francis Delabarre, Pierre Mendès France : 1907-1982 : la passion de la vérité, Plon, Paris
  7. Claude Nicolet, Pierre Mendès France ou le métier de Cassandre, éditions Julliard, Paris, 1959
 Bibliographie de référence
  • François Bédarida et Jean-Pierre Rioux, Pierre Mendès France et le mendésisme : l'expérience gouvernementale, 1954-1955, et sa postérité, Fayard », Paris, 1985, ISBN 978-2213016863
  • Jean Bothorel, Entretiens avec Pierre-Mendès France, Stock, 1974
  • Richard Dartigues et Francis Delabarre, Pierre Mendès France : 1907-1982 : la passion de la vérité, Plon, Paris
  • Alain Gourdon, Mendès France ou le rêve français, Ramsay, Paris, 1977, ISBN 978-2859560133
  • Simone Gros (préf. Michel Mendès France), Pierre Mendès France au quotidien, Editions L'Harmattan, 2 octobre 2004, 162 p. (ISBN 978-2747569996)
  • Régis Parenque, De Mendès France à Bérégovoy : l'honneur en politique, Paris, Pascal Galodé, 2011, 217 p. (ISBN 2-35593181-X)
  • François Stasse, L'Héritage de Mendès France : une éthique de la République, Seuil, Paris, 2004
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13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 18:18

Balade littéraire dans le Paris de Jorge Semprún

Prix Formentor 1963, Prix Fémina 1969 , Prix Planeta 1977, Prix Vacaresco 1994, Prix J.J. Rousseau 2001 

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L'écrivain, scénariste et homme politique Jorge Semprún
Prix Formentor 1963, Prix Fémina 1969 , Prix Planeta 1977, Prix Vacaresco 1994, Prix J.J. Rousseau 2001

Lundi 14 avril 1997 - Attentif, charmant, passionné, Jorge Semprun est ici à son meilleur. Aucune distance. Tel que j'aurais voulu qu'il fût depuis longtemps.
Jean Daniel, "Avec le temps", page 596

Jorge Semprún, un Français né en Espagne, qui n'a jamais voulu abandonner la nationalité espagnole, un espagnol vivant en France, enterré en France et qui a écrit presque tous ses ouvrages en français... Il a tenté de cerner ce bilinguisme et ses difficultés; écrire dans une langue, c'est aussi penser dans cette langue, en acquérir les idiomes et les automatismes. Il l'a mis en scène en explorant les niveaux de langage dans son roman picaresque "L'Algarabie". [1] "Du côté de la France à 100%, du côté de l'Espagne à 99% ", avait-il coutume de dire. En somme un européen qui, à la fin de sa vie, a co-écrit un livre intitulé "L'homme européen".[2]

A l'avènement du franquisme après la chute de la république en 1939, la famille Semprún est obligée de quitter l'ambassade d'Espagne à La Haye pour se réfugier à Paris. Jorge Semprún poursuit ses études secondaires au lycée Henri IV puis des études de philosophie à La Sorbonne. [3]

 

Madrilène, il finit par connaître Paris mieux que sa ville natale. Privé d'Espagne pendant le franquisme, [4] ne serait-ce que par ses engagements communistes, il acceptait des missions dangereuses, heureux de pouvoir fouler à nouveau le sol natal pour quelques jours ou parfois un peu plus. Mais à la chute du franquisme, il préféra rester en France, liens sentimentaux, distanciation de liens qui à la longue se relâchent; liens familiaux aussi puisqu'il épousa l'actrice et dramaturge Loleh Bellon qui lui donna un fils en 1947 Jaime Semprún.

 

Le brillant élève qu'il était rejoint vite les rangs de la Résistance mais il est arrêté par la Gestapo en 1943 près de Joigny dans le département de l'Yonne. Il va entreprendre ce grand voyage qu'il racontera bien plus tard, en 1964, dans un récit éponyme, quand sa mémoire voudra bien enfin écouler les souvenirs sans trop de traumatisme. [5] Déportation à Buchenwald, Jorge Semprún transcrira son expérience, son rapport existentiel avec le Mal et cette espèce de rédemption collective à travers une autre forme de résistance dans trois œuvres essentielles parues entre 1994 et 2001, "L'écriture ou la vie", "Adieu, vive clarté" et "Le mort qu'il faut". [6]

 

Sa mémoire était aussi, malgré lui, quelque part dans les confins de Buchenwald où il trouvait malgré tout et en dépit de tout "de beaux dimanches", [7] où l'écriture était vitale et gage de vie. " Nous vivions ensemble cette expérience de la mort, cette compassion. Notre être était défini par cela : être avec l'autre dans la mort qui s'avançait, " a-t-il écrit dans L'écriture ou la vie." [8] Mais il restait lucide face à cette vérité, écrivant dans "Adieu vive clarté" : « La vie en soi, pour elle-même, n'est pas sacrée : il faudra bien s'habituer à cette terrible nudité métaphysique. » Dans sa recherche obstinée sur la mémoire, il constatera aussi dans le même livre : « Plus je me remémore, plus le vécu d'autrefois s'enrichit et se diversifie, comme si la mémoire ne s'épuisait pas. »

 

Le retour à Paris, la réadaptation à la civilisation sera difficile, comme pour beaucoup de rescapés, monde "oublié" de la liberté, quand le corps se rebelle, ne suit plus, qu'il a raconté dans son deuxième récit-roman "L'évanouissement". Il raconte en particulier l'incident qui donne son titre au livre, sa chute du train à l'arrivée en gare de Saint-Prix, petite ville du Val d'Oise où son père résidait alors.

 

Son dernier ouvrage paru Chez Flammarion en 2010, s'intitule "Une tombe au creux des nuages" et parle de l'Europe d'hier et d'aujourd'hui. Son titre reprend une phrase du poème 'Todesfuge', de Paul Celan adressé aux victimes des camps : « Vous aurez une tombe au creux des nuages, l'on n'y est pas à l'étroit. » Jorge Semprún avait acquis une petite propriété dans la Seine-et-Marne à Garentreville près de Nemours, où il est enterré. Si sa célèbre crinière avait blanchi, elle restait aussi drue qu'en ses jeunes années. Ses deux dernières années furent endeuillées par le décès de son frère à Paris 2009 et surtout par la mort subite de son fils Jaime, victime d'une hémorragie cérébrale en 2010. Il est décédé le 7 juin 2011 à Paris, et repose sûrement "au creux d'un de ces nuages où l'on est pas à l'étroit".

 

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Montpellier 2009                                    Hommage de Costa-Gavras 

Essais biographiques sur Semprún

  • Gérard de Cortanze, "L'écriture de la vie", édition Folio 4037, 336 pages, mai 2004, isbn 2070315312
  • Françoise Nicoladzé, "La Deuxième Vie de Jorge Semprún", une écriture tressée aux spirales de l'Histoire, éditions Climats, Collection Arc-en-ciel, 282 pages, octobre 1997, isbn 284158075X
  • Maria Angélica et Semilla Duran, "Le Masque et le Masqué : Jorge Semprún et les abîmes de mémoire", Editions Presses Universitaires du Mirail, Collection des Hespérides, 253 pages, 24 février 2005, isbn 2858167699 [9]

Notes et références

  1. Voir mon article  : L'Algarabie
  2. Voir mon article : L'Homme européen
  3. Jorge Semprún évoque sa jeunesse à Paris dans son livre "Adieu, vie clarté." Voir mon article : vive clarté
  4. Jorge Semprún prenait alors différents pseudonymes, dont le plus utilisé fut Federico Sánchez." Voir mon article : Federico Sanchez vous salue bien
  5. Voir mon article : Le Grand Voyage
  6. Voir mon article : Le Mort qu'il faut
  7. Voir mon article : Quel beau dimanche
  8. Voir mon article : L'écriture ou la vie
  9. Dans ces 5 textes, "Autobiographie de Federico Sanchez", "Federico Sanchez vous salue bien", "Quel beau Dimanche !", "L'Ecriture ou la vie", "Adieu vive clarté", Semprún utilise maintes formes littéraires pour affronter son expérience de la Mort, pour repriser son Moi déchiré par son vécu de Buchenwald et à travers l'écriture le retranscrire pour pouvoir transmettre et se retrouver. 
<<<< Christian Broussas – Feyzin, 8/12/2012 - © • cjb • © >>>>

-- Récapitalatif de mes articles sur l'œuvre de Jorge Semprun --

Le militant - L'Espagne Souvenirs de Buchenwald Divers
1- La deuxième mort de Ramon Mercader
2-
Autobiographie de Federico Sanchez
3- Adieu, vive clarté
4-
Federico Sanchez vous salue bien
5- Vingt ans et un jour
1- Le Grand Voyage
2- L'évanouissement
3- Quel beau dimanche
4- L'écriture ou la vie
5- Le Mort qu'il faut
6- Le Retour de Carola Neher
1- L'Algarabie
2- Montand la vie continue
3- La Montagne blanche
5- Netchaïev est de retour
5-
Mal et Modernité
6- Se taire est impossible
7- L'Homme européen
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