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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 13:46

Les témoignages directs et documents divers ne manquent pas sur la vie et la carrière de Georges Brassens et le plus difficile est de sélectionner les plus pertinent ou les plus représentatifs, ceux qui sont vraiment des témoignages de première plan, de proches qui ont côtoyé Brassens tout au long de sa vie ou tout au moins, qui l'ont bien connu pendant quelques années ou qui apportent des détails parfois inédits sur un pan de sa vie qui donne un éclairage plus intime, plus personnel sur le personnage.

 

Sur la trentaine de livres qui a priori offrent un intérêt dans ce domaine, je vous propose de privilégier ceux des amis véritables, les copains de l'enfance sétoise, les amis du camp de Basdorf qui pour certains, ne l'ont ensuite guère quitté, ceux qui ont liés un grande amitié ensuite pendant sa carrière de chanteur comme l'écrivain René Fallet ou des journalistes comme André Tillieu ou Josée Stroobants qui sont devenus de véritables amis.

 

Dans la veine de ma présentation sur les biographies consacrées à Georges Brassens, (Brassens biographies) et les études (Brassens études et essais), je vous propose cette fois de nous balader dans les morceaux choisis et parfois les confidences de ses amis.

Sommaire

  • 1 Les amis de Sète et de Basdorf
    • 1.1 Brassens avant Brassens (E. Miramont)
    • 1.2 Brassens l'ami (M. Poletti)
    • 1.3 Brassens me disait (M. Poletti)
    • 1.4 Brassens, Le Mauvais sujet repenti (V. Laville)
  • 2 Les amis de Brassens chanteur
    • 2.1 Georges Brassens, auprès de mon arbre (A. Tillieu)
    • 2.2 Brassens par René Fallet
    • 2.3 Brassens, délit d'amitié (L. Nucéra)
    • 2.4 Une vie d'amitié avec Georges Brassens (J. Stroobants)
    • 2.5 Brassens et la Bretagne (P. Berruer)

Emile-Miramont-et-Brassens

Brassens et Emile Miramont dit Corne d'Aurochs

1- Les amis de Sète et de Basdorf

  11- Brassens avant Brassens (E. Miramont)

Brassens avant Brassens est un récit biographique écrit par Émile Miramont sur son ami, le chanteur et interprète Georges Brassens.

 

Références : Brassens avant Brassens, Émile Miramont, éditions L'Archipel, 214 pages, 2001, isbn 2-84-187327-7


Émile Miramont, dit Corne d'aurochs est l'un des amis d'enfance les plus connus de Brassens. Le chanteur brocarda gentiment son ami dans l'une de ses premières chansons qu'il enregistra, Corne d'aurochs . Pourtant Miramont est tourangeau né un an après Brassens et arrive à Sète quand il a huit ans. Amitié immédiate qui durera jusqu'à la mort du chanteur. Puis Émile Miramont ira se retirer à Lombez, dans le Gers.

 

Quand en 1930 ils se rencontrent à Sète, ils ont huit-neuf ans et sont toujours ensemble. Georges est alors un garçon plutôt espiègle qui donne des surnoms à tout le monde, Miramont sera successivement le Tube, Corne de Roc transformé en Corne d'aurochs. Ils se retrouvent à paris quand Georges se planque chez Jeanne pour échapper au STO. Il rêve d'entendre les chansons qu'il compose interprétées par les artistes alors en vogue. Mais le succès, ou tout au moins une certaine reconnaissance tarde à venir et il est obligé d'aller travailler quelque temps chez Renault. C'est toute cette époque d'un Brassens méconnu que Miramont nous raconte, avec les personnages qu'on retrouvera un jour dans ses chansons : l'Auvergnat bien sûr, Jeanne et sa cane, le bricoleur, la traîtresse, Jo l'Amazone qui lui inspira plusieurs chansons dont P... de toi... De la maison familiale de la rue de l'Hospice à Sète (devenue pour sa partie haute la rue Georges Brassens) jusqu'à la rencontre avec Patachou en 1952, ce sera le temps des vaches maigres auxquelles Brassens s'accommode sans trop d'efforts dans un immédiat après-guerre plutôt morose en France jusqu'aux premières marches qui le mèneront copiner avec Les Trompettes de la renommée.

 

Émile Miramont nous peint un Brassens adolescent, rêveur qui goûte peu l'école, les copains et les filles, son éveil à la poésie et à la chanson, et cette affaire bénigne, cette histoire de petits larcins qui l'a pourtant marqué et lui laissera le goût amer de la mauvaise réputation. C'est à la suite de ça -et le renvoi du collège de tous les protagonistes de l'affaire- qu'il s'éloigne de Sète, rejoint l'appartement de sa tante Antoinette Dragosa rue d'Alésia à Paris où il trouvera -quelle aubaine- un piano et fera la connaissance de l'une des amies de sa mère, Jeanne Le Bonniec, une bretonne têtue qui se mariera avec Planche, l'auvergnat de la chanson.

 

Il y restera longtemps dans cette impasse Florimont où, tout démuni qu'ils étaient tous les trois dans la maisonnette sans commodités, Brassens a été heureux, chouchouté par Jeanne comme une mère poule... jalouse. L'homme aux cheveux longs -ce n'était pas vraiment la mode à l'époque mène plutôt une vie de 'poète maudit', fréquente les milieux anarchistes, sera même un temps rédacteur en chef d'un journal anarchiste Le Libertaire, se veut plutôt auteur-compositeur que chanteur et il faudra toute de ses amis d'enfance Roger Thérond et André Laville pour qu'il accepte de les accompagner jusqu'au cabaret de la chanteur-meneuse Patachou. La carrière de Georges Brassens peut commencer.

12- Brassens l'ami (M. Poletti)

Brassens l'ami est un récit biographique écrit par Mario Poletti sur son ami, le chanteur et interprète Georges Brassens.

 

Références : Mario Poletti, Brassens l'ami, éditions du Rocher, 163 pages, octobre 2001, isbn 2-26-804060-7


Ce livre de "l'ami Mario Poletti" se veut d'abord un témoignage sur des thèmes aussi variés que, comme l'indique le sous-titre « des souvenirs, des anecdotes, des conversations et des réflexions. »

Dans sa présentation Mario Poletti dit qu'il a écrit « à la fois un livre d'images et de conversations, réflexions, propos lancés à bâtons rompus. » C'est un témoignage d'autant plus intéressant que Georges Brassens « si discret et réservé face à son public était tout le contraire en privé. » Cet 'orfèvre des mots' avait beaucoup fréquenté les humoristes et un esprit très original qu'il a imprimé aux textes de ses chansons. Même s'il est difficile de transcrire et de faire ressentir au lecteur « le vécu de tant de soirées passées en sa compagnie avec les copains, » il s'efforce de nous transmettre cette flamme qu'animait le poète.


photo

13- Brassens me disait (M. Poletti)

Brassens me disait est un récit biographique écrit par Mario Poletti sur son ami, le chanteur et interprète Georges Brassens.

 

Références : Mario Poletti, Brassens me disait, éditions Flammarion, 233 pages, 2006, isbn 2-08-011635-2


Ce livre de 'l'ami Mario Poletti' nous présente Brassens sous un jour nouveau. Il est constitué de quelque 80 textes collectés par Poletti et agrémenté de nombreuses photographies. À partir de vingt années d'amitié et complicité, Georges Brassens est présenté d'une manière assez originale dans sa vie de tous les jours, avec son cercle d'amis si important pour lui, sa simplicité, sa générosité et son humour (parfois noire).


On y trouve beaucoup d'anecdotes, des manuscrits et brouillons inédits, leur grande connivence dans leurs lectures et des photos du temps où ils n'étaient que deux gamins sétois.

Voir aussi ce troisième livre de Mario Poletti : Éric Battista et Mario Poletti, Georges Brassens, souvenirs et portrait d'intimes, éditions du Grésivaudan, 1986/1987


Brassens Louki Poletti Favreau Poletti à gauche de Brassens

14- Brassens, Le Mauvais sujet repenti (V. Laville) 

Brassens, le mauvais sujet repenti est un récit biographique de Victor Laville et Christian Mars sur le chanteur et interprète Georges Brassens.

 

Références : Victor Laville, Christian Mars, Brassens, le mauvais sujet repenti, éditions L' Archipel, 233 pages, 2006, isbn 2-84-187863-5

 

Victor Laville est un ami d'enfance de Brassens. Ils ont fait connaissance au collège de Sète en 1935 et dès lors, seront toujours très proches. Au début de l'année 1952, alors que Brassens connaît les pires difficultés pour se faire reconnaître, Victor Laville le mène à une audition capitale pour lui dans le cabaret montmartrois de Patachou . Les deux auteurs, Victor Laville a travaillé longtemps à aris-Match et Christian Mars est l'auteur de plusieurs livres, surtout dans le domaine de la chanson et de la danse.

 

Ce titre Le mauvais sujet repenti, outre la référence au titre d'une de ses chansons, montre l'évolution du chanteur, même s'il a toujours gardé cette étiquette de mauvais garçon de la chanson française. Le rebelle solitaire et anarchiste a évolué vers le poète et le pacifiste sans jamais se renier.

Réunissant des souvenirs et des témoignages souvent inédits, les auteurs nous montrent un Brassens qu'on ne connaît pas forcément, des facettes du personnage qui ne collent pas forcément avec son image, son rapport ambivalent au divin, son goût du macabre [1] ou son obsession de la mort. [2]

 

D'autres anecdotes touchent surtout sa vie privée comme 'l'affaire des bijoux' qui va le conduira à paris chez sa tante puis chez l'une de ses amies, Jeanne ou ses rapports avec Patachou. Après celle de l'ami René Fallet, ce livre est complété par une 'visite guidée' de son répertoire.

2- Les amis de Brassens chanteur

21- Georges Brassens, auprès de mon arbre (A. Tillieu)

Georges Brassens, auprès de son arbre est un récit biographique d'André Tillieu retraçant le parcours de Georges Brassens et des épisodes qu'ils vécurent ensemble avec une préface de l'écrivain Bernard Clavel.

 

Références : André Tillieu, Georges Brassens, auprès de son arbre, éditions Julliard, 305 pages, 1983, isbn 2-266-01779-9


Au début, il ne 'agissait que d'un petit texte pour accompagner un album de photos. Mais le projet a traîné et Brassens a disparu. Tillieu a repris le projet en se concentrant sur les "temps forts" de la vie de Brassens, essayant d'éliminer ce que la presse a rabâché, les faits archi connus de sa vie et de sa carrière. Ce ne sont pas non plus "des mémoires d'anciens combattants", c'est un acte d'amitié pour celui qui a été "foudroyé comme un chêne à l'automne", sa saison préférée.

 

« Il faut mettre les choses à leur vraie place » annonce Bernard Clavel dans sa préface. « Artiste de génie » ajoute-t-il et pas seulement un artisan. Mais il a su rester lui-même se méfiant des arcanes parisiennes et se moquant de la célébrité. L'amour et l'amitié sont pour lui les deux valeurs suprêmes, elles font partie « du tas de bois où va puiser l'auvergnat pour alimenter son grand soleil de feu. » André Tillieu, journaliste belge qui a suivi la carrière de Brassens et a fini par nouer avec lui une belle amitié s'est voulu original dans son récit, sacrifiant les épisodes très connus et se défendant de reprendre ce qui avait déjà été raconté avec plus ou moins de bonheur.

 

Tout en respectant l'ordre chronologique, il présente son récit en autant de paragraphes significatifs pour lui : une vie toute simple, portrait de chevalet, faits et gestes de l'amitié, le coup de chapeau du jazz, dérouler le tapis rouge, la dernière année, s'il fallait faire un pari. Il termine par "quelques amis autorisés" qui y vont de leur petite phrase, de René Fallet, Louis Nucéra, Yvan Audouard, Alphonse Boudard, Bernard clavel, Claude Nougaro...
Il disait que ce livre était « son bouquet d'adieu au 'tonton'. »


 

André Tillieu a également écrit plusieurs ouvrages sur son ami Brassens : Brassens vivant, le succès dans la rupture, avec Paul Louka, 54 pages, 1991, Brassens et la Belgique, éditions Le veilleur de nuit, 1999, D'affectueuses révérences (recueil de chroniques), éditions Arthémus, 2000, En cassant la graine avec Georges Brassens (réunions rue Santos-Dumont, 21 pages), éditions Le veilleur de nuit, 2000, Georges Simenon et Georges Brassens (art. in revue), Les Amis de Simenon, 2003, La morale de Georges Brassens, (Les grands thèmes de ses chansons), 30 pages, éditions Le veilleur de nuit, 2001, L'épistolier de Montparnasse (plaquette, 50 exemplaires), éditions Le veilleur de nuit, 2002, Les préfaces de Georges Brassens, (50 préfaces données par Brassens à des artistes amis, 57 pages), Zizique Éditions, 2000, Un petit coin du Panthéon poétique de Georges Brassens (les poètes qu'il aimait, tirage limité), éditions Le Veilleur de nuit, 2001

22- Brassens par René Fallet

Références : René Fallet, "Georges Brassens", éditions Denoël, collection Beaux Livres, 142 pages, 1967, réédition augmentée, octobre 2001, ISBN 2207252612


L'écrivain René Fallet a été l'un des premier en 1967 à écrire un livre sur son "pote" Brassens. Il y évoque surtout sa grande affection pour celui qu'il appelait "Geo". Tout a débuté bien longtemps avant, en 1953 quand René Fallet écrit un article "positif" sur le chanteur débutant, article qui tranchait sur les maigres articles écrits sur lui, dont il disait qu'il était "un bon gros camion de routiers lancé à tout berzingue sur les chemins de la liberté". Le point de départ d'une amitié qui ne se démentira jamais.


René Fallet écrira bien d'autres textes sur Brassens et la réédition de 2001 s'enrichit d'extraits du journal de Fallet, mélange de témoignage d'une amitié et de bons mots du chanteur, des photos personnelles de Fallet, amitié quelque peu exclusive dont Gérard Lenne disait "qu'on les envie ces privilégiés, y compris ce teigneux de Fallet qui tenait tant à être le favori, le copain numéro un." [3]

23-  Brassens, délit d'amitié (L. Nucéra)

Brassens, délit d'amitié est un récit biographique de l'écrivain Louis Nucera retraçant sa longue amitié avec le chanteur Georges Brassens, avec une préface de Bernard Morlino.[4]

 

Référence : Louis Nucera, Brassens, délit d'amitié, éditions De L'Archipel, 240 pages, 2001, isbn 2-84-187326-9


"Le miracle avec Brassens, écrit-il, c'est que dès qu'il paraît le mensonge semble battre en retraite. On l'écoute parler, chanter, on le regarde et on se sent à l'aise... Puisque de tels hommes respirent le même air que nous, tout n'est pas fichu".


Louis Nucéra rencontre Georges Brassens quand il l'interview à la fin d'un récital en 1954. Le courant passera très vite entre eux, Brassens l'invite à dîner et c'est le début d'une grande amitié.

Pour lui, Brassens est un refuge, un havre de paix et il le considère comme un grand poète, ce que peu de gens reconnaissaient alors. Ce livre est bâti sur un ensemble d'entretiens réalisés en 1974 où Brassens se livre à des confidences qui marquent bien leur grande complicité.

 

Il est complété par les textes que Louis Nucéra a écrits sur Brassens jusqu'à sa mort accidentelle le 9 août 2000 ainsi que par une bibliographie des livres de et sur Brassens.

 

Nucera-louis et brassens.jpg Brassens, Nougaro et Nucéra

24-  Une vie d'amitié avec Georges Brassens (J. Stroobants)

Une vie d'amitié avec Georges Brassens est un récit biographique de Josée Stroobants, photographe attitrée et amie de Georges Brassens, relatant le parcours de cette longue amitié avec le chanteur.

Référence : Josée Stroobants, Une vie d'amitié avec Georges Brassens, éditions Didier Carpentier, 2006, isbn 2-841-67416-9

La photographe belge Josée Stroobants retrace les années d'amitié qu'elle vécut avec Georges Brassens. Elle nous fait revivre son enfance et son engagement dans la photographie jusqu'à sa rencontre avec le chanteur et comment elle devint sa photographe exclusive. Le récit est émaillé d'anecdotes dur leurs rencontres et les liens d'amitié avec Georges et sa compagne Püpchen.

  • Voir aussi son autre biographie : Josée Stroobants, Éric Zimmerman, Georges Brassens… chez Jeanne, 1944 – 1952, album de photographies, préface de Pierre Onteniente, éditions Didier Carpentier, février 1997, isbn 2-84167-009-0

Une vie d'amitie josee stroobant.gif

25-  Brassens et la Bretagne (P. Berruer)

Brassens et la Bretagne est un album de récits biographiques et de photographies écrit par le journaliste Pierre Berruer, sur les séjours du chanteur Georges Brassens en Bretagne.

 

Pierre Berruer a reçu en 1986 le Prix Georges-Brassens pour son roman Le bon Dieu n'a pas d'oreilles.

Référence : Pierre Berruer, Brassens et la Bretagne, éditions Ouest-France, septembre 1991

L'arrivée de Georges Brassens en Bretagne, à Lézardrieux plus exactement, près de Paimpol, est due aux origines bretonnes de Jeanne, celle de la chanson et de La cane de Jeanne chez qui il vécut tant d'années à Paris dans la petite maison de l'impasse Florimont.

 

Brassens était d'abord allé dans la famille de Jeanne (née Le Bonniec) puis il avait fini par acquérir cette maison située sur les bords du Trieux tout à côté du port de plaisance, tout près de la mer où il vint chaque été pratiquement jusqu'à la fin, se liant d'amitié avec le neveu de Jeanne et étant aussi plus tranquille qu'à Sète où il ne trouvait guère la sérénité pour se reposer et penser à ses prochaines compositions.

 

Pierre Berruer, déjà auteur d'une superbe biographie du chanteur, Georges Brassens, la marguerite et le chrysanthème, a conçu cette fois un album grand format illustré de nombreuses photographies personnelles de Brassens et de ses visiteurs dans sa maison de Kerflandry, montrant ainsi l'attachement de Brassens à la Bretagne.


L'album est complété par des textes de personnalités qui l'ont bien connu telles Pierre Tchernia, Marcel Amont ou Fred Mella et de l'écrivain Louis Nucéra qui a également publié un livre sur son ami Brassens intitulé Brassens, délit d'amitié --éditions L'Archipel en octobre 2001 --. (voir plus haut la fiche de présentation)

Bibliographie complémentaire

  • René Iskin, Dans un camp, Basdorf 1943, Georges Brassens et moi avions 22 ans, éd. Didier Carpentier, novembre 2005, isbn 2-841-67365-0
  • Jacques Vassal, Brassens, le regard de « Gibraltar », éditions Fayard/Chorus, août 2006, isbn 2-213-62813-0

Notes et références

  1. Voir sa chanson La ballade des cimetières par exemple
  2. Beaucoup de ses chansons développent ce thème, citons entre autres Trompe la mort, Supplique pour être enterré à la plage de Sète ou dans le genre ironique Les funérailles d'antan
  3. Gérard Lenne, "Georges Brassens, le vieil Indien", éditions Albin Michel, 2001
  4. Pour une présentation plus approfondie, voir l'article Brassens, délit d'amitié


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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 11:53

Georges Brassens, Entretiens et souvenirs intimes


Georges Brassens, Entretiens et souvenirs intimes est un récit biographique d'Éric Battista retraçant, comme l'indique son titre, des entretiens et des souvenirs intimes témoins de sa longue amitié avec Georges Brassens.

Référence : Éric Battista, Georges Brassens, Entretiens et souvenirs intimes, éditions Équinoxe, Mémoire du sud, 2001, isbn 2-84135-310-9


Ouvrage quelque peu déconcertant que ce livre de son ami Éric Battista dit "Le Sauteur" sur Brassens, fait de ces souvenirs intimes dont il est question dans le titre, d'une foule d'anecdotes présentées dans l'ordre chronologique, notées le plus souvent à la volée, à la va-vite dans le fil de la conversation ou à l'occasion de réflexions de l'ami Georges.


L'amitié des deux sétois est née un peu par hasard puisqu'ils n'étaient pas de la même génération, et n'en fut que plus solide et durable. Le livre couvre tous les lieux de prédilection de Brassens, ce quartier de paris qui court autour de l'impasse Florimont, son centre géographique, Sète bien sûr où ils sont nés, où ils se retrouvent régulièrement, Crespières où un temps Brassens s'était retiré de Paris, Lézardrieux à côté de Paimpol en Bretagne, le pays de Jeanne, et l'ultime escale chez le docteur Bousquet à Saint-Gély-du-Fesc dans la banlieue nord de Montpellier où Battista l'assista avec Püpchen jusqu'à la fin. L'ouvrage est complété par un commentaire sur les poèmes et les chansons posthumes de Brassens ainsi que par de nombreux manuscrits.

 

A travers les anecdotes qu'a patiemment notées Battista, on retrouve d'abord la famille, avec en tête ses parents Elvira et Jean-Louis Brassens, Joha Heiman l'amour de sa vie, sa soeur Simone Cazzani, le cousin Georges Granier et ceux de l'impasse Florimont, la terrible Jeannne Le Bonniec, "sa Jeanne", et Marcel Planche "l'auvergnat". Viennent ensuite les meilleurs amis de Georges, les intimes, les "copains d'abord", ceux de la jeunesse Henri Delpont, Louis Bestiou, Emile Miramont l'ami "Corne d'auroch" dont il donnera le titre à une chanson, l'abbé Barrès qui fut seul autorisé à prononcer quelques mots sur sa tombe ou Alphose Bonnafé, "le prof" au lycée Paul Valéry.

Enfin, ceux du métier, de Paris, beaucoup moins présents dans le livre, avec en tête Mario Poletti, Marcel Rénot son pote anarchiste, l'écrivain René Fallet ou son impresario jacques Canetti. Reste les deux indispensables et inclassables que sont Pierre Nicolas son ombre portée à la basse et "l'homme à tout faire" Pierre Onteniente, le roc "Gibraltar", d'une fidélité indéfectible depuis leur rencontre à Basdorf.

 

https://encrypted-tbn2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcR9cPvFQVwv14V4ODi4cRCuFE0wb_95mpMhLmAMQKiW9ip5FWbHMw Le parc Brassens

Informations complémentaires

Bibliographie

  • René Iskin, Dans un camp, Basdorf 1943, Georges Brassens et moi avions 22 ans, éd. Didier Carpentier, novembre 2005, isbn 2-841-67365-0
  • Jacques Vassal, Brassens, le regard de « Gibraltar », éditions Fayard/Chorus, août 2006, isbn 2-213-62813-0
  • Jean-Claude Lamy, Brassens, le mécréant de Dieu, Éditions Albin Michel, 2004

Voir aussi

  • Hervé Bréal, Brassens de A à Z, éd. Albin Michel, 2001, isbn 2-226-11117-4

Liens externes

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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 11:46

Brassens : le mécréant de Dieu


Référence: Jean-Claude Lamy, Brassens, le mécréant de Dieu, Éditions Albin Michel, 310 pages, isbn 2-226-15160-5, 2004


Brassens Lamy.jpg

Jean-Claude Lamy nous propose un livre qui fourmille d'anecdotes sur Georges Brassens, de témoignages de ses amis, de ses proches, des discussions avec Roger Thérond en 1999 en passant par les derniers instants à Saint-Gély-du-Fesc près de Montpellier cher les Bousquet, veillé par Püpchen et Battista, quand il était 23 h 14 un certain 29 octobre 1981. Un livre qui ne fait pas l'impasse sur les polémiques suscitées par certaines chansons comme "La Tondue" ou "Les deux oncles" par exemple dénonciation de la guerre qui lui a valu bien des inimitiés et provoquer certaines brouilles -heureusement temporaires- mais qui, par les discussions qu'elles ont provoquées, ont amené Brassens à réfléchir et à écrire "Mourir pour des idées"... ce qui n'arrangea rien.

 

La guerre, ce fut d'abord pour lui l'arrestation du frère de Jeanne et son exécution sordide à la prison de Fresnes puis son départ pour le STO, l'aventure de Basdorf, la privation de sa liberté, le pire qui puisse arriver à un libertaire comme lui, soucieux de préserver son indépendance. "Brassens, c'est un anarchiste pour rire" disait en plaisantant son ami le poète Paul Fort, mettant à mal l'image réductrice d'un Brassens athée et rebelle. Rebelle sans doute quand il s'agissait de rester libre, de défendre cette liberté en refusant tout embrigadement, ce qui ne manqua d'occasionner d'autres polémiques, y compris avec l'ami Jean Ferrat qui n'admettant pas qu'à plus de deux, on soit déjà "une bande de cons", expériences différentes qui s'affrontaient alors à coup de chansons.

 

A Chaillot en 1966

 

Sur l'image d'un Brassens athée, Jean-Claude Lamy en donne une vision assez différente des poncifs habituels, celle d'un homme aux contradictions marquées, à la fois sauvage et affable, d'une amitié indéfectible, rebelle sans vouloir vraiment s'engager, antimilitariste fustigeant la guerre de 14-18 et d'une façon générale tous les "va-t'en-guerre", souvent anticlérical forcené dans ses chansons , même s'il y met parfois des bémols comme dans ses chansons "L'épave" ou "La messe au pendu", et assez respectueux de la religion dans la vie quotidienne, par exemple dans son amitié pour son ami d'enfance le père Barrès.

 

Il reste un fond de ferveur religieuse -qui lui vient sans doute de sa mère Elvira- pour celui qui chante par dérision "la messe sans le latin, ça nous emmerde", qui se place toujours dans la veine de ses devanciers François Villon et Francis Jammes dont il a mis en musique son "je vous salue Marie", qui montre bien tout l'embarras du poète partagé entre l'attraction du spiritualisme et la lutte contre le pouvoir séculier de l'Eglise. D'où le titre paradoxal que Jean-Claude Lamy a choisi de donner à son livre : "Brassens,le mécréant de Dieu".


Il reste alors le Brassens réservé de sa chanson "Le modeste" et le Brassens pudique au-delà des gros mots sous lesquels il cache sa pudeur -et qui n'étaient pas toujours du goût de Püpchen- l'homme aussi d'une rare générosité envers ses amis, envers tout ceux qu'il aimait -et même au-delà- tourmenté par une "angoisse métaphysique" jusqu'à la fin, qui explique sans doute sa complexe relation avec le spirituel.

 

Brassens Vassal3.jpg

Informations complémentaires

Bibliographie

  • René Iskin, Dans un camp, Basdorf 1943, Georges Brassens et moi avions 22 ans, éd. Didier Carpentier, novembre 2005, isbn 2-841-67365-0
  • Jean-Claude Lamy, Brassens, le mécréant de Dieu, Éditions Albin Michel, 2004

Voir aussi

  • Hervé Bréal, Brassens de A à Z, éd. Albin Michel, 2001, isbn 2-226-11117-4

Liens externes

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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 11:37

Brassens : le regard de "Gibraltar"


Référence: Jacques Vassal, Brassens : le regard de "Gibraltar", éditions Fayard / Chorus, 293 pages isbn 2-21-362813-0


Brassens Vassal3.jpg

 

Depuis le temps qu'on l'attendait ce témoignage du meilleur connaisseur de Brassens, Pierre Onteniente, celui qui l'a suivi comme son ombre toute sa vie, depuis leur rencontre au camp de Basdorf, au bon temps du STO en Allemagne. Jacques Vassal qui a travaillé en étroite collaboration avec celui que Brassens avait surnommé "Gibraltar" parce qu'il était solide comme un roc et faisait face à toutes les situations nous révèle un Brassens au plus près de la réalité quotidienne à travers le regard de "Gibraltar".

 

C'est un Brassens familier qu'il nous présente, se déchargeant sans vergogne de tous les soucis pratiques sur son ami : répondre au courrier, au téléphone, faire les tournée, servir de chauffeur et de paravent pour préserver sa tranquillité. Toujours présent, toujours disponible. Georges est revenu depuis peu à paris, habite dans le 14ème et menacé de STO, ce qui ne lui plaît pas du tout; mais il obtempère. C'est ainsi qu'ils se sont connus. Ils se retrouvent à Paris à la fin de la guerre où Brassens bricole ses chansons et va souvent voir Gibraltar, l'attendre devant le bureau de poste où il travaille.


Les débuts de Brassens sont calamiteux : du Caveau de la République et au Lapin Agile, refus et bides. Puis, flanqué de "Gibraltar" et de deux potes sétois, ce sera la rencontre décisive avec avec Patachou, dans son cabaret de la Butte Montmartre. Alors, l'Olympia et Bobino pourront suivre. C'est l'époque de Jeannne et de Marcel dans l'impasse Florimont puis beaucoup plus tard la maison de rue Santos Dumont, la maison des "Copains d'abord". Mais, ultime regret, il arrivera trop tard pour fermer les yeux de son ami, décédé du côté de Montpellier chez le docteur Bousquet.


Les amis vont ses succédé dans cette galerie de portraits, Pierre Nicolas et sa contre-basse, son ombre sur scène, René Fallet le journaliste du Canard qui fera la première critique positive sur ses chansons et l'entraînera dans l'aventure du film "Porte des lilas" tiré d'un de ses romans, le "Grand Jacques", l'ami qui le soutint lors d'une énième crise de coliques néphrétiques et le visita en rentrant des Marquises peu avant sa mort et Lino Ventura si fin cuisinier... Les femmes aussi, "Jeanne", l'incontournable, celle qui l'a soutenu et nourri dans les mauvaises années, Püppchen la seule à partager son intimité. "Gibraltar" est toujours là qui veille à la mémoire de Georges comme il a veillé pendant 35 ans à sa tranquillité et à sa sérénité.

 Informations complémentaires

Bibliographie

  • René Iskin, Dans un camp, Basdorf 1943, Georges Brassens et moi avions 22 ans, éd. Didier Carpentier, novembre 2005, isbn 2-841-67365-0
  • Jean-Claude Lamy, Brassens, le mécréant de Dieu, Éditions Albin Michel, 2004

Voir aussi

  • Hervé Bréal, Brassens de A à Z, éd. Albin Michel, 2001, isbn 2-226-11117-4

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3 mars 2013 7 03 /03 /mars /2013 19:18

Georges Brassens à Sète


tumb  Georges Brassens avec ses parents

Sommaire

1- La famille Brassens

2- Poésies et chansons

3- Les copains d'abord

4- La mauvaise réputation

5- Le départ pour Paris

1- La famille Brassens

Si l’enfance modèle pour partie la conduite de l’adulte, l’adolescence de Georges Brassens devrait être instructive pour mieux comprendre l’adulte timide qui entamera une carrière de chanteur-poète et l’homme qui sera toujours en retrait et étonné de son succès. C’est un garçon joufflu qui naît à Cette le 22 octobre 1921, car c’est ainsi que s’orthographie le nom de la ville qui deviendra Sète en 1928. C’est une ville prospère où s’est installée la famille Brassens qui espère aussi en bénéficier, eux qui viennent de Castelnaudary dont ils sont originaires.

 

Á Sète, la famille Brassens habite une maison construite par Jean-Louis Brassens, entrepreneur de maçonnerie, une maison à deux pas du centre ville, rue de l’hospice rrrrret basé sur ses connaissances religieuses.

 

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Georges Brassens à 18 ans, avec sa sœur Simone sur la plage de la Corniche

2- Poésie et chansons

Puis ce sera le parcours classique de l’école communale et du collège, mais sans conviction. L’école n’est pas vraiment sa vocation, il est plutôt rêveur et préfère les copains, la baignade et les vacances. Sa chance sera sa rencontre au collège avec son professeur de français Alphonse Bonnafé dit "le boxeur" [1], professeur et ouvert et atypique auquel il soumet, surmontant sa timidité, quelques poèmes de son cru. Bonnafé l’aide à acquérir la technique de versification et à prendre confiance en lui-même. « On était des bruts, écrira-t-il plus tard, on s’est mis à aimer les poètes […] Grâce à ce prof, je me suis ouvert à quelque chose de grand. Alors j’ai voulu devenir poète… » [2] Chez les Brassens, on aime la chanson et on la fredonne, on écoute Mireille ou Ray Ventura. Il découvrira ensuite le jazz avec ses copains, grâce surtout à la TSF et trouvera en Charles Trénet une synthèse de ces différents apports.

3-  Les copains d’abord

L’amitié est son credo, son confiteor comme il le chantera. La bande des copains descend du Quartier-Haut, rues accrochées à la colline, la Caraussane, grimpant vers le mont Saint-Clair, jusqu’à la rue Gambetta. Elle va chahuter autour de la place de la mairie –le collège est situé juste au-dessus- ou goûter aux plaisirs de la mer du côté de la plage de La Corniche ou poussant jusqu’à la pointe du Barrou. Avec ses meilleurs copains, ceux de l’école, du quartier, ce sera "pour toujours", Roger Thérond futur directeur de Paris-Match [3], Mario Poletti [4], Louis Bestiou et Henri Delpont "son alter ego" qui rejoindront un temps l’ami Georges à Paris avant de regagner Sète [5], Émile Miramont [6] dit "Corne d’Aurochs", "héros" de la chanson éponyme, et quelques autres seront d’une façon ou d’une autre toujours à ses côtés, le cercle le plus intime. [7] Georges Brassens célébrera dans la vie comme dans ses chansons le thème de l’amitié et le public fera des "Copains d’abord" une de ses chansons fétiches et sans doute son plus gros succès.

Même si sa mère lui refuse des cours de solfège, « il n’y a pas que les mères qui font les enfants », [8] Georges Brassens parvient à constituer un petit orchestre avec les copains, où il tenait la batterie. Ils jouèrent quelquefois à la cité Doumet ou dans la guinguette au sommet du mont Saint-Clair. Ses poèmes d’alors portent la marque du romantisme propre à cet âge, qu’on retrouve dans ces vers qu’il dédie à Yvonne, son amour de jeunesse morte prématurément :

« Seul dans la nature,
Je reste ce soir
Et sans aventure,
Je vais au hasard. » [9]

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Georges Brassens à Sète avec ses copains

4- La mauvaise réputation

Au printemps 1938, une affaire assez banale au demeurant va bouleverser le landerneau sétois : quelques larcins perpétrés par une bande de galopins dont fait partie Brassens, membre anonyme du groupe mais, "morbleu de sacrebleu" [10] il se retrouve "gros jean comme devant", impliqué dans l’affaire et "gratifié" d’une peine de prison heureusement avec sursis.

 

Le père Jean-Louis ira récupérer son rejeton au commissariat, "derrière les grilles" [11] devant la haute réprobation de la bourgeoisie sétoise et des philistins indignés. [12] Indulgent et bonhomme, son père ne lui fera aucun reproche, ne se fendra d’aucun commentaire. Brassens évoquera cet épisode bien plus tard dans une chanson Les quatre bacheliers : « Je sais qu’un enfant perdu… a de la chance quand il a… un père de ce tonneau là.» [13]

 

Petit écho, bref coup de tabac dans le port sétois mais l’adolescent -il a alors 17 ans- a ressenti durement cette humiliation. Il écrira plus tard, dans "Le grand chêne" : « Il souffrit de quitter l’ingrate patrie. » Lui qui n’aimait déjà guère la maréchaussée, les tabellions et autres fonctionnaires de même tabac, gardera durablement une dent contre tout ce beau monde, des flics ridiculisés dans Hécatombe au juge fustigé dans Le Gorille. Autant de traces autobiographiques qui jalonnent ses chansons.

5- Le départ pour Paris

Il ne retournera pas au collège. Dès lors, il donne bien des coups de mains à son père mais, bien qu’il soit costaud, la maçonnerie ne l’intéresse pas vraiment. Pour s’éloigner de Sète, il ira à Paris passer quelques temps chez la tante Antoinette, 173 rue d’Alésia dans le XIVème arrondissement, ce quartier entre "la rue Didot et la rue de Vanves" [14] ou entre l’impasse Florimont et la rue Santos-Dumont où il s’installera pour longtemps. [15]

Á Sète sa ville natale, il y retournera de temps en temps revoir la famille, les amis, se baigner et faire du bateau. Il y retournera une dernière fois reposer, non pas au cimetière marin aux côtés de Paul Valéry comme il l’a chanté [16] mais auprès des siens au cimetière municipal du Py.

 

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Brassens grand "pêcheur" devant l'éternel

 

Autres fiches à consulter
- Georges Brassens
- Georges Brassens entre Basdorf et Paris
- Paul Valéry à Sète, Montpellier, Paris
- Georges Brassens à Paris

 

Références
- René Fallet, "Brassens, articles de journaux, écrits pour pochettes ou programmes…", éditions Denoël, 1967, réédition octobre 2001
- Éric Battista et Mario Poletti, "Georges Brassens, souvenirs et portraits d’intimes", éditions du Gévaudan, 1986
- Pierre Berruer, "Georges Brassens, la marguerite et le chrysanthème", éditions Presses de la cité, 1981, réédition France Loisirs, 2001
- Espace Georges Brassens, musée et espace musical, 67 Boulevard Camille Blanc, 34200 Sète

 

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3 mars 2013 7 03 /03 /mars /2013 19:00

Georges Brassens entre Basdorf et Paris

Georges Brassens, premier séjour à Paris
La vie au camp de Basdorf près de Berlin


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Brassens à Basdorf avec l'ami Iskin


Basdorf 1943 – Allemagne - Usine BMW


Dans la chambre 5, baraque 26, un grand brun taciturne âgé de 22 ans, chevelu et moustachu : c’est un nommé Georges-Charles Brassens encore tout étonné d’être là après un voyage interminable en train.

Paris gare de l’Est le 8 mars 1943 à 11h15


Tous les requis du STO [1] sont sur le quai, destination inconnue pour aller joyeusement participer à l’effort de guerre allemand. Georges Brassens a hésité, tenté un moment de rejoindre Sète mais finalement il a suivi le mouvement et le voilà dans ces baraquements situés à 4 kilomètres de l’usine où il va travailler et à 24 kilomètres du centre de Berlin.


La vie à Basdorf
Chaque matin, il se lève à 4 heures –il sera toujours un lève-tôt- va chercher une boisson bizarre nommée "café" pour la chambrée et, seul assis à table, il noircit des feuilles de papier. Au début, les autres le croient pris d’une rage épistolaire, doté d’une famille grouillante autour du port de Sète, mais non, il pond des vers, raturant, biffant, en rythmant le texte avec ses doigts sur la table. Un jour, il découvre dans le camp avec l’ami René Iskin [2] une merveille, un piano sur lequel Brassens s’accompagne en chantant ses ritournelles d’alors écrites à la manière de Trénet dont cet extrait :


"Reine de bal, reine de bal champêtre,
Je vais ce soir chanter pour vous,
Chanter pour vous ce soir de tout mon être
Reine de bal un chant très fou…"

 

Pour la chambrée puis pour le camp, il est "Le Poète" avant de devenir, à cause d’une autre chanson "Bidet". Ceux de sa chambrée s’appellent désormais "Les PAFS" –pour Paix aux Français [3]- dont Brassens écrit l’hymne fédérateur. Ils forment une équipe soudée sous la férule bonhomme du "Poète", du "stubefürer" Jean Le Breton et du cuistot surnommé "la Grisette". Déjà cette manie de Brassens de donner des sobriquets à tout le monde. Tout à sa gloire de "Poète", il continue d’écrire un mystérieux roman et à griffonner des chansons. Avec l’ami André Larue, il monte dans le camp un spectacle intitulé "Paris-Basdorf". Composant d’instinct, il reprend les airs composés à Sète, change les textes, toujours de la même façon, en tapant des doigts ou du plat de la main sur tout ce qui est à sa portée.

 


Il pense aussi à son retour, Paris lui semble être son avenir, d’autant qu’il a toujours été accueilli chez sa tante Antoinette qui tient une pension 173 rue d’Alésia… à deux pas de l’impasse Florimont où il a rencontré Jeanne. Son premier séjour à Paris a été bref pour cause de France envahie mais trois mois plus tard, il y est revenu, retrouvant la tante Antoinette… et son piano. Sous l’influence de Charles Trénet, son style s’épure peu à peu, ses vers deviennent plus cursifs, plus incisifs. Il relit aussi ses deux recueils de poèmes écrits avant Basdorf, "Des coups d’épée dans l’eau" et " Á la venvole" publié à compte d’auteur, qu’il avait envoyé par bravade au maire de Sète qui l’en remercia chaleureusement. [4]


Á Basdorf, comme de bien entendu, il s’aperçoit vite de la supercherie que représente le STO. Il essaie de travailler le moins possible, très doué pour ce genre d’exercice semble-il, adore faire des blagues et fomenter des coups sans toutefois se mettre en avant, ce qui est bien dans son caractère. En ces temps de pénurie, il apprend à vivre de peu, ce qui lui sera fort utile dans les années difficiles pour lui de l’après-guerre. Des chansons qu’il écrit alors, peu ont survécu, reprises plus tard avec des textes remaniés comme "Maman, papa" [5] ou "Pauvre Martin". Tous les matins, il écrit un roman, en fait une série d’histoires surréalistes, sans vraiment de fil conducteur mais pleines de rebondissements, un récit picaresque et débridé d’une verve qui rappelle certaines chansons irrévérencieuses qui lui vaudront au début de sa carrière ‘une mauvaise réputation’. [6]

 

Le 8 mars 1944, après un voyage mouvementé, Brassens arrive à Paris pour une permission qu’il va prolonger indéfiniment. Retour au point de départ à la gare de l’Est. Ses meilleurs copains du camp André Larue, René Iskin [7] auxquels se joindra bientôt l’inséparable Pierre Onteniente, ont recopié les textes de "Bidet" –son dernier surnom au camp- dont une chanson curieuse "La ligne brisée" que l’équipe des "PAFS" va interpréter dans le camp, certains n’y trouvant qu’une plaisanterie loufoque, d’autres goûtant son charme surréaliste dans la veine de Jarry.


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Brassens dans les années quarante


Cette tendance, cette forme d’humour, on la retrouvera plus tard dans ses chansons gaillardes, qu’il affectionnait et qui vont d’"Hécatombe" à "Fernande", et dès son retour avec la réécriture de son récit "Lalie Kakamou" sue lequel il revient encore et encore, jamais satisfait. Menacé d’être renvoyé en Allemagne manu militari, Brassens se réfugie chez une amie de sa tante, Jeannne Le Bonniec, mariée depuis à Marcel Planche [8], impasse Florimont dans le XIVème arrondissement où il va résider pendant 25 ans. Jeanne n’est pas riche et Marcel souvent chômeur, la vie matérielle est difficile mais Brassens n’en a cure, pourvu qu’il ait son tabac et du papier pour écrire.


Avec son ami André Larue et quelques autres, il songe à créer un journal qu’ils baptisent pompeusement "Le cri des gueux", déjà tout un programme, un journal aux accents anarchistes marqués qui annonce ses engagements au cours de ces années. C’est l’époque où il rencontre une curieuse fille qu’on appelle "La petite Jo" [9], fantasque, affabulatrice et même mythomane, qui lui vaudra bien des ennuis et le brouillera même avec quelques amis.


Brassens écrit le matin et se promène ensuite beaucoup dans Paris, souvent avec André Larue pour faire le tour des amis, en particulier Pierre Onteniente qui deviendra peu à peu son ami le plus proche, "l’indispensable", dégageant Brassens de ses soucis quotidiens. Ils vont voir Onteniente chez lui rue Pigalle ou l’attendre devant la perception où il travaille dans le 9ème arrondissement, rue Émile Dubois où "la petite Jo" travaillait [10], rue des deux gares (entre les gares du Nord et de l’Est) voir les amis DarnajouÉmile Miramont, le copain sétois qui habite vers Troyes se joint à eux chaque fois qu’il peut. Brassens dans ses pérégrinations parisiennes connut quelques déboires avec ses chevaux longs, sa grosse moustache et son vieux pardessus râpé. Jugé sur son apparence et sa dégaine, même les mères de ses amis le regardaient parfois de travers. [11]


Le 28 mars 1946, à l’issue d’une énième audition négative, il se résout à interpréter lui-même ses chansons, ce qui heurte sa timidité et lui coûte beaucoup. En fait, il n’a toujours pas choisi entre la littérature, son interminable roman "Lalie Kakamou" [12], la poésie et la chanson. Il vire libertaire, sous la bannière de son ami Marcel Renot, son journal mort-né "Le cri des gueux", tout en poursuivant son travail, ses recherches pour acquérir un style plus personnel. Le perfectionnisme pointe toujours sous son apparence débonnaire. Il lit abondamment les auteurs anarchistes [13], se lie d’amitié avec Marcel Lepoil, Maurice Joyeux et devient un temps secrétaire de la revue "Le libertaire" où on le surnomme "Jo la cédille", sourcilleux sur le style, vétilleux sur l’orthographe et la grammaire. Il fait éditer à compte d’auteur, avec la contribution gracieuse de Jeanne, une version résumée de son roman-récit sous le titre "La lune écoute aux portes" et se permet à cette occasion de faire un pied de nez aux éditions Gallimard qui joueront l’indifférence. Brassens n’est pas assez important pour que Gallimard réponde à sa provocation.


Pendant ces années d’errance dans Paris, des années de doutes et de tâtonnements, il partage avec Jeanne et ses quelques amis d’alors, sa vie de bohème, ses utopies et ses illusions. Mais les deux années charnières 1947-48 vont être marquantes pour son avenir :


- Il se tourne résolument vers la chanson où il a enfin trouvé son style, atteint la maîtrise à laquelle il aspirait. Coup sur coup, il va composer des chansons qui feront date parmi ses premiers succès : "Le mari bricoleur", [14]", La chasse aux papillons" ou "Le parapluie" par exemple.

- Il va rencontrer une femme, « l’œil malicieux, l’air intelligent, la voix douce teinte d’un accent slave » [15] qui s’appelle Joha Heyman : c’est la femme de sa vie, celle qu’il ne quittera plus jamais et qui repose à ses côtés au cimetière municipal du Py à Sète.


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 Notes et références

  1. Le Service du Travail Obligatoire instauré par Pétain et Laval
  2. René Iskin, "Dans un camp, Basdorf 1943", Georges Brassens et moi avions 22 ans, éd. Didier Carpentier, novembre 2005
  3. Les PAFs er les copains de Basdorf : René Iskin, André Larue, Pierre Onteniente, Jean Le Breton, Georges Paquignon…
  4. Le texte "Des coups d’épée dans l’eau" a été repris dans le livre d’André Larue "Brassens, une vie", éditions IGE, décembre 1982
  5. Chanson qu’il a chantée en duo avec Patachou
  6. Ce récit d’abord intitulé "Lalie Kakamou" sera édité à compte d’auteur en 1947 sous le titre "La lune écoute aux portes"
  7. René Iskin, Dans un camp, Basdorf 1943, Georges Brassens et moi avions 22 ans, éditions Didier Carpentier, novembre 2005, 256 pages, Isbn 978-2-84167-365-0
  8. Marcel Planche, celui qui sera "l’auvergnat" de la chanson.
  9. La "Petite Jo", pour Josette, se prénommait en réalité Jeannine
  10. Rue Émile Dubois en face d’où Brassens habitera plus tard après avoir quitté l’impasse Florimont
  11. Il se fera d’ailleurs arrêter par des policiers soupçonneux un jour boulevard Saint-Germain
  12. "Lalie Kakamou" fait partie des textes libertaires de Brassens, sans véritable fil narratif et plutôt de nature surréaliste
  13. En particulier Proud’hon, Bakounine et Kropotkine
  14. Dont Patachou fera le succès
  15. "Brassens ou la mauvaise herbe", André Larue, éditions Fayard, 1970

 Autres fiches à consulter

- Georges Brassens
- Georges Brassens à Sète
- Paul Valéry à Sète, Montpellier, Paris
- Georges Brassens à Paris

 Bibliographie : choix de témoignages

- Éric Battista, Georges Brassens, Entretiens et souvenirs intimes, Éditions Équinoxe, 2001
- Éric Battista et Mario Poletti, Georges Brassens, souvenirs et portrait d'intimes, éditions du Grésivaudan, 1986/1987
Maurice Bousquet, Monsieur Brassens, éditions Équinoxe, 199163
-Pierre Cordier, Brassens intime, Textuel, mars 2011 (ISBN 978-2-84597-416-6)
- René Iskin, "Retour à Basdorf, ", album de chansons paru en 2003 contenant les inédits suivants (chansons de Basdorf que Brassens n’a jamais enregistrées) : "Á l’auberge du bon Dieu", "Un camp sous la lune", "Loin des yeux, loin du cœur "
- Victor Laville, Christian Mars, Brassens, le mauvais sujet repenti, éd. l’Archipel, octobre 2006, ISBN 978-2-84187-863-5
- Émile Miramont dit Corne d’aurochs, Brassens avant Brassens – De Sète à l’impasse Florimont, éditions L’Archipel, 2001
- Louis Nucera, Brassens, délit d'amitié, L'Archipel 2001(ISBN 978-2-84187-326-5)
- Mario Poletti, Brassens l'ami, Souvenirs, Anecdotes, Conversations et Réflexions, préface de Maxime Le Forestier, Éditions du Rocher, 2001, 160 pages, couverture cartonnée bleu marine avec titres argent imprimés en creux sur le premier plat et sur le dos, format 9 × 11.25 in - 23 × 28,8 cm
- Mario Poletti, Brassens me disait, Éditeur Flammarion, novembre 2006, ISBN 2080116355
- Josée Stroobants67, Une vie d'amitié avec Georges Brassens, éd. Didier Carpentier, septembre 2006 (ISBN 978-2-84167-416-9)


- Le parc Georges Brassens, 2 place Jacques Marette, Paris 15ème (anciens abattoirs de Vaugirard)

 

Liens externes - Témoignage de Basdorf
- En compagnie de... Témoignage de Victor Laville Le Libertaire

 

 

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3 mars 2013 7 03 /03 /mars /2013 18:43

Sur les pas de … GEORGES BRASSENS à Paris


Georges Brassens 1921-1981
De l’impasse Florimond à la rue Santos-Dumont
Fiche écrite pour le trentenaire de la disparition de Georges Brassens.

Par Christian Broussas à Roissiat-Courmangoux (Ain) – Octobre 2012


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Brassens avec Jeanne, vue de l'impasse Florimont, la maison de la rue Santos-Dumont

 

C’est par Patachou que Georges Brassens va faire ses "vrais" débuts. Le 24 janvier 1952, ce sont ses copains Victor Laville et Roger Thérond qui l’entraînent dans la cabaret où la chanteuse-animatrice va tout de suite lui faire confiance, chanter ses chansons et … le pousser sur scène.

 

Vedette malgré lui, il apporte sa note personnelle à l’univers de la chanson, « un tempérament authentique, caustique, satirique… qui ne manque pas de finesse », pourra-t-on lire dans le Figaro de mars 1952. Le scandale viendra avec les titres de son premier disque que produit Jacques Canetti : "Le gorille" et "La mauvaise réputation" qui contiennent déjà des thèmes majeurs. George Brassens est soumis à une censure dont il pâtira longtemps. Mais sa manière ne change guère : il développe ses thèmes à travers des anecdotes ou des histoires en favorisant l’expression de métaphores ; c’est sans doute pourquoi on l’a très tôt rangé dans les poètes.

 

Dès lors, il va enchaîner les succès et les tours de chant, d’abord à Paris où il passe la Chaussée d’Antin prendre l’ami, secrétaire et factotum Pierre Onteniente avant d’aller chanter aux Trois baudets ou à la Villa d’Este.

Sommaire

1- L'époque de l'impasse Florimont

2- L'époque de la rue Santos-Dumont

3- Infos complémentaires

1- L’époque de l’impasse Florimont

Depuis l’époque de l’occupation en 1943, Georges Brassens habite 9 impasse Florimont, chez Jeanne Le Bonniec, madame Planche depuis son mariage avec Marcel, "l’auvergnat". Que ce soit pendant le temps des "vaches maigres" où ils vivent surtout des travaux de couture de Jeanne jusqu’aux temps du succès où Brassens pourra acheter les deux maisons attenantes de l’impasse Florimont, il reste là auprès de Jeanne et de Marcel, pas très loin non plus de Joha-Püpchen, celle pour qui, écrira-t-il, « Je m’suis fais tout p’tit », qui vit alors avec son fils.

 

Il a dans sa besace des dizaines de chansons en réserve où il puisera à loisir. En 1956, son ami l’écrivain René Fallet l’entraîne dans l’aventure du film Porte des lilas, tiré de son roman "La grande ceinture". Jouer l’acteur ne lui plaît guère mains il écrira trois chansons pour ce film : Au bois de mon cœur, Le vin et l’amandier. Le 23 février 1954, il est pour la première fois à l’Olympia avec Pierre Nicolas qui deviendra son fidèle contrebassiste. Ils s’y produiront neuf fois jusqu’en 1963 mais l’année précédente, une crise de coliques néphrétiques dont il souffrira toute sa vie, l’expédie à l’hôpital.

 

Cette fois, c’est vraiment sérieux : opéré du rein gauche, il perd trente kilos et écrira Le bulletin de santé, chanson satirique où il se moque des oiseaux de mauvais augure. Il sera de nouveau hospitalisé le 10 mai 1967 et c’est son voisin Jacques Brel qui l’emmènera à l’hôpital. « Avec toutes mes pierres, j’aurais pu faire construire un mur dans mon jardin », note avec humour ce fils de maçon.

 

Sa salle fétiche sera Bobino¸ « la dernière salle où l’on a pas peur des mots », où il se produira presque chaque année d’octobre 1953 à mars 1977. Á part ses tournées, Brassens ne change rien à son mode de vie, faisant installer impasse Florimont l’électricité et le chauffage central pour Jeanne. Il se méfie de l’argent, allant jusqu’à dire qu’il « cherche à gagner le moins d’argent possible », en bon anarchiste, il pense que l’argent ne représente rien en soi, comme il l’a confié à André Sève dans une interview en 1975. Brassens, c’est les copains d’abord, distribuant sans compter aides et subsides à ses amis.

2- L’époque de la rue Santos-Dumont

Événement majeur : en 1967, Brassens quitte l’impasse Florimont, fâché pour un temps avec Jeanne. Pourtant, il se sentait très bien entre "ses deux femmes" Jeanne et Püpchen. Après le décès en 1965 de son mari, Jeanne s’est entichée d’un jeunot pas très futé et gros buveur au point d’annoncer à Georges son mariage. D’où la brouille et le départ de Brassens pour l’immeuble Le Méridien à Denfert-Rochereau où il voisine avec Peynet et Brel.

 

Il va finalement trouver une maison dans le XV ème arrondissement rue Santos-Dumont mais en fait toujours dans le même quartier, près de l’impasse Florimont. C’est l’année où, bien qu’ayant refusé de présenter sa candidature à l’Académie française, elle lui décernera cependant son Grand prix de poésie. Il sera aussi édité chez Seghers, dans la prestigieuse collection "Poètes d’aujourd’hui".

 

Le 6 janvier 1969 est une grande date pour la chanson française : Léo Ferré, Jacques Brel et Georges Brassens se retrouvent réunis pour débattre de leur métier, de leur façon de l’envisager, leur façon de composer… Brassens a les défauts de ses qualités : par exemple, il ne sait pas refuser ; toujours partant pour signer une recommandation, lancer un premier disque ou rédiger une préface. Toujours les copains d’abord.

 

GBrassens nougaro.jpg    tumb   Vignette pour la version du 12 octobre 2012 à 16:22

 

Brassens se sent bien dans sa maison de la rue Santos-Dumont et sort peu. Il a sous la main son ami Mario Poletti [1], libraire qui le fournit en livres ou le champion d’athlétisme sétois Éric Battista pour faire de l’exercice [2]. Mais il reçoit beaucoup et la maison accueille volontiers des sétois comme Loulou Bestiou ou "Petit bobo" Maguelon, les artistes qui sont devenus des familiers comme René Fallet ou Lino Ventura. Il y vit avec ses deux chats, sa gouvernante Sophie, Püpchen "admise" le week-end, à laquelle il donne des rendez-vous dans Paris.

 

Il donne son dernier récital à Bobino du 18 octobre 1976 au 27 mars 1977. Tour de chant marathon qui sonne comme un adieu. Dès lors, il répondra aux vœux de ses amis, sera "le hérisson" dans Émilie jolie de Philippe Chatel, le fils de son ami François Chatel, participera avec Moustache à une version jazz de plusieurs de ses chansons et enregistrera un disque ‘Chansons de sa jeunesse’ pour l’association Perce-Neige de l’ami Ventura.

Toujours les copains d’abord.

 

Sur son approche de la mort qu’il a beaucoup chantée, [3] il dira : « S’il me reste encore un peu de dignité, je veux m’en aller sur la pointe des pieds… sans le moindre tapage, comme je suis venu ». D’une certaine façon, son vœu sera exaucé puisque, après avoir passé ses derniers jours chez le docteur Bousquet à Saint-Gély du Fesc dans la banlieue de Montpellier, il sera inhumé à Sète dans sa ville natale, non au cimetière marin en compagnie de Paul Valéry comme il l’évoque avec humour dans sa chanson "Supplique pour être enterré sur la plage de Sète", mais au cimetière municipal du Py, à côté de ses parents.

 

En face du cimetière a été édifié "L’Espace Brassens" qui retrace son itinéraire à travers toute une série de documents photographiques et audio-visuels. « Crois moi, disait-il à un copain, la seule révolution c'est d'essayer de s'améliorer soi-même, en espérant que les autres fassent la même démarche. »

 

GBrassens marquise.jpg . . . . GBrassens Liberation.jpg

 

"Le temps aux plus belles choses ------ La 'une' de Libération
Se plaît à faire un affront
Et saura faner vos roses
Comme il a ridé mon front
"

 

Infos complémentires

 Notes et références

  1. Mario Poletti a écrit deux livres biographiques sur son ami Brassens
  2. Éric Battista : champion de France du triple saut, qu’il surnomme bien sûr ‘le sauteur’
  3. Sur un ton badin dans "Le testament", sur un ton plus sévère dans "Pensées des morts", sur un texte d'Alphonse de Lamartine ou carrément ironique dans "La Ballade des cimetières"

 Autres fiches à consulter

- Georges Brassens
- Georges Brassens à Sète
- Paul Valéry à Sète, Montpellier, Paris
- Georges Brassens entre Basdorf et Paris

 

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3 mars 2013 7 03 /03 /mars /2013 18:33

Brassens, Brel, Ferré - Trois voix pour chanter l'amour est un récit sur la rencontre entre les chanteurs Georges Brassens, Jacques Brel et Léo Ferré à l'occasion d'une émission radiophonique, écrite par Michel J. Cuny et Françoise Petitdemange.


C'est le 6 janvier 1969 à Paris qu'eut lieu une rencontre exceptionnelle entre les chanteurs Georges Brassens, Jacques Brel et Léo Ferré. Cette émission a donné lieu dans un premier temps à une retranscription effectuée par François-René Cristiani et Jean-Pierre Leloir.


 . Brassens Brel Ferre1.jpg .     Brassens Brel Ferre2.jpg

 

Voilà quelques exemples de réponses faites par Georges Brassens aux questions qu'on lui a posées :

  • À ce constat « Vous êtes tous les trois dans la célèbre collection " Poètes d’aujourd’hui" … », Brassens répond : « On n’est pas les seuls. Et pis ça ne veut pas dire grand-chose, cette façon de compartimenter… . »
  • À la question « Vous prenez-vous pour un poète ? », Brassens répond : « Pas tellement, je ne sais pas si je suis poète, il est possible que je le sois un petit peu, mais peu m’importe. Je mélange des paroles et de la musique, et puis je les chante. »
  • À la question « La chanson est-elle un art, selon vous ? Un art majeur ou un art mineur ? », Brassens répond : « Eh oui, c’est tout a fait différent de ce qu’on appelle couramment la poésie, qui est faite pour être lue ou dite. La chanson c’est très différent. Même si des types comme Ferré ont réussi à mettre des poètes en musique, comme Baudelaire, il est difficile d’utiliser la chanson comme les poètes qui nous ont précédés utilisaient le verbe. Quand on écrit pour l’oreille, on est quand même obligé d’employer un vocabulaire un peu différent, des mots qui accrochent l’oreille plus vite… Bien qu’on l’aie aussi avec le disque, le lecteur a plus facilement la possibilité de revenir en arrière… [...] Autrefois on chantait. Quand un type faisait une chanson, les gens se la passaient, se l’apprenaient et se la chantaient. Ils participaient, ils avaient des cahiers de chansons… Aujourd’hui, le public est devenu plus passif. »
  • À la question : « Avez-vous jamais fait autre chose que d’écrire, de composer ou de chanter, et cela vous a-t-il servi dans votre métier de chanteur ? », Brassens répond : « On a vécu, quoi. Mais, en fait, on a toujours fait des chansons. »
  • Sur le cinéma et le travail en équipe, Brassens constate : « Je ne sais pas non plus faire cela, très sincèrement… Je ne sais pas. [...] Je ne crois pas que ce soit le travail d’équipe, ou quoi que ce soit d’autre, qui apporte ou n’apporte pas quelque chose de plus… Un type aime jouer la comédie ou il n’aime pas. Moi, je n’aime pas ça, mais je n’ai rien contre le travail d’équipe. Le film que j’ai fait, Porte des Lilas, je l’ai fait avec des copains comme Brasseur, Bussières, ça marchait très bien. Ils ne me gênaient pas. Je ne les gênais pas. Ce que je n’aime pas, c’est le côté technique, mécanique ; pas plus que ce micro que vous nous avez foutu sous le nez !. »

Brassens Brel Ferre3.jpg

Informations complémentaires

Bibliographie

Voir aussi

  • Hervé Bréal, Brassens de A à Z, éditions Éditions Albin Michel, 2001, isbn 2-226-11117-4

Notes et références


Liens externes

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3 mars 2013 7 03 /03 /mars /2013 17:48

Georges Brassens et André Sève

Georges Brassens : toute une vie pour la chanson

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Brassens : toute une vie pour la chanson est un récit biographique sous forme d'interviews, écrit par André Sève sur son ami, le chanteur et interprète Georges Brassens.
Référence : André Sève, "Brassens, Toute une vie pour la chanson", éditions Le Centurion, 1975, ISBN 2 227 32003 6


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Georges Brassens chez lui au moulin de la Bonde à Crespières


Georges Brassens est comme dans la vie : taillé dans un bois franc, sans aspérités, un fût bien droit. Sa vie est à son image, assez facile à ponctuer de points de repère : sa jeunesse d'enfant rêveur sur les hauteurs de Sète, [1] la période de la guerre et le STO en Allemagne à Basdorf, [2] sa période libertaire entre le retour d'Allemagne et ses débuts de chanteur [3] et la rencontre avec Jeanne, [4] les premiers succès du chanteur, Brassens à Crespières et en Bretagne, [5] le temps de la rue Santos-Dumont à Paris, [6] ses dernières années avec la fin des récitals et sa disparition.[7]

Brassens et "frère André" 

Interviewer Brassens n'est pas une mince affaire. Il faut le laisser libre d'aller à sa pensée, de l'approfondir sans l'interrompre. Témoin cet échange où Brassens affirme la primauté de la musique sur le texte, ce qu'a du mal à admettre André Sève. « Tu n'y connais rien, » réplique Brassens. Témoin cette autre remarque à André Sève sur son manque d'écoute. [8]


Brassens Battista.jpg. . . . Brassens battista bretagne.jpg   

    Biographie d'Éric Battista                    Brassens et Battista en Bretagne


La chanson a toujours fait partie de la vie de la famille Brassens, de toutes ses générations. Tout le monde chante les ritournelles à la mode. Au collège, Brassens va découvrir un nouvel univers, la poésie, grâce à son professeur de lettres Alphonse Bonnafé. Il résume son style d'écriture par cette formule : « Ma victoire, c'est de séduire sournoisement, en contrebande. Les gens croient que ma musique est inexistante et c'est ce que je veux, je veux qu'elle soit très discrète, comme de la musique de film. » e problème, c'est que les gens maintenant "consomment du fond sonore".

 

Brassens travaillait alors dans deux univers séparés, la chanson et la poésie et, quand les deux se sont rejoints vers 1944, le vrai Brassens-chanteur est né. En général, il commence par un vers, un petit texte pour ne pas être enfermé dans une musique puis essaie plusieurs musiques jusqu'à ce que l'une d'elles colle bien avec le texte. Au départ, il lui vient une idée, , quelque chose qu'il lit, qu'il voit, un événement, ce qui produit des images et qu'il met en mots. Les « fioritures poétiques » viennent en plus dans un second temps. C'est cette "cuisine" qui constitue son "mystère de la création".


Sur scène, poussé au départ par Patachou, il ne s'est jamais vraiment senti à l'aise, peur d'oublier ses textes, de mal gratter sa guitare, buté par les reproches, d'où sa "mauvaise réputation" d'ours. Ce qui compte pour lui, c'est la liberté, un grande aversion de l'autorité et de l'autoritarisme... un vieux fond d'anarchie. Mais surtout, pas de message dans ses chansons : « Tout ce que j'ai lu, j'ai vécu est entré en moi, ressort un jour dans une chanson. »

Ne me parle pas de message 

Brassens s'estime être entièrement dans ses chansons, dissimulé derrière sa pudeur naturelle mais ceux qui aiment vraiment ses chansons pourront, en cherchant bien, y découvrir l'homme. L'inspiration se cache derrière les richesses intérieures de chacun et seuls les créateurs sont capables de les traduire en expressions artistiques, romans, musiques, films, chansons... Il chante de sa voix "limitée" des chansons d'auteur où tout est lié, « mes confidences, mon caractère, es musiques, mêmes mes accords de guitare et le choix de certains mots. » Les mots "modernes", du genre ordinateur ou satellite, s'accommodent mal de sa poésie, ce qu'il trouve intemporel et non pas passéiste.


Sa vie est simple : chansons, amis, livres... et Bobino ! Son temps a été longtemps rythmé par les passages à Bobino, les tournées mais la composition est sa préoccupation constante. La Bretagne près de Paimpol, c'est il la connut par Jeanne, y était bien, s'y était fait des amis. Crespières au sud de Paris, c'était sa maison de campagne où il prenait de l'exercice mais qui est devenu par la suite une ville à la campagne. D'où son départ.
Brassens est un dévoreur de livres, très éclectique dans ses choix.


Brassens n'aime guère parler de lui et se laisser interviewer (André Sève en sait quelque chose) : ce qu'il pense est tout entier dans ses chansons. Ce qui lui paraît essentiel, c'est le respect de la liberté. L'entente dans un couple est une question de caractère : le couple vit tant que les caractères s'accordent, même si lui « aime mais ne cohabite pas, » comme dans sa chanson "La non demande en mariage". Tout commence par une relation charnelle comme dans "La chasse aux papillons" ou "les amours d'antan", les deux exemples cités dans le livre. La suite, c'est justement selon les caractères, pour lui un amour qui dure comme dans "Embrasse-les tous" ou 'l'éternelle fiancée' de "Saturne".


Il ne veut "à aucun prix" se laisser enfermer dans aucune catégorie, quelle qu'elle soit, « je reviens toujours à chaque être, c'est l'anarchiste en moi qui refait surface. » À propos de sa chanson "Le pluriel" qu'on lui a parfois reproché, il précise : « Je déteste les moutons mais ça n'a rien à voir avec les nécessaires efforts collectifs. » Les copains d'abord, c'est parfait mais incorrigible anarchiste, il refuse de se laisser embrigader par qui que ce soit. Il conclut en précisant, « j'ai à la fois le sens de la solitude créatrice et de la solidarité créatrice. »

Infos complémentaires 

Quelques citations extraites du livre
- « Avec le temps] je prends davantage les êtres tels qu'ils sont. » page 98
- « Il y a une autre intelligence, celle de la patience. »

 

Notes et références 

  1. Voir le témoignage de l'ami Emile Miramont, "Brassens avant Brassens", éditions de L'Archipel, 1993, réédition 2001
  2. Voir le témoignage de l'ami André Larue, "Brassens ou la mauvaise herbe", éditions Fayard, 1970 ou de René Iskin, "Dans un camp, Basdorf 1943, Georges Brassens et moi avions 22 ans", éditions Didier Carpentier, novembre 2005, ISBN 2-841-67365-0
  3. Voir "Georges Brassens libertaire", ses articles parus dans Le Libertaire et réunis par Marc Wilmet, éditions Les Eperonnières, 1991, réédition 2000, ainsi que les lettres de Brassens à son ami Toussenot, 1946-50, réunies par Jeannine Marc-Pezet, éditions Textuel, 2001
  4. Voir le témoignage d'Eric Zimmermann, "Brassens... chez Jeannne (1944-52)", préface de Pierre Onteniente, éditions Carpentier, 1996
  5. Voir Pierre Berruer, "Brassens en Bretagne", éditions Ouest-France, 09/1991
  6. Voir (entre autres) Mario Poletti, "Brassens me disait", éditions Flammarion, 233 pages, 2006, ISBN 2-08-011635-2
  7. Voir le témoignage du médecin qui l'a suivi jusqu'à la fin, Maurice Bousquet, "Monsieur Brassens", éditions Équinoxe, 1991
  8. « Tu suis ta pensée, je sens ça. Tu viens ici avec des idées préconçues et tu veux toujours suivre ton chemin, pas le mien. Quand j'avance quelque part sur une idée, il faut me laisser partir et tu m'arrêtes. Là, j'aurais pu dire des choses mieux. Mais il faut le temps pour que ça vienne.» (page 27) Remarque de même nature page 59 : « La seule chose qui t'intéresse, c'est de me faire dire ce que, d'après toi, ce que Brassens dit dire, ce que Brassens doit être. [...] On attend toujours les êtres comme on les veut, on n'est pas prêt à la surprise. »

Sélection bibliographique 

  • Mario Poletti, "Brassens l'ami", éditions du Rocher, 2001
  • René Fallet, Brassens, éditions Denoël, 1967
    - - - réédition augmentée d’extraits inédits du Journal de A à Z sur Brassens : éditions Denoël, octobre 2001
  • Philippe Chatel, Georges Brassens, vedette à la une, éditions Saint-Germain-des-prés, 1972
  • Hervé Bréal, Brassens de A à Z, éditions Albin Michel, 2001 ISBN 2-226-11117-4
  • François Ruy-Vidal (conception, présentation), Jean-François Ferrané, Anne-Marie Gaignière et Philippe Gavardin (ill. Alain Letort, Alain Gauthier, Gérard Hauducœur, Bernard Durin, Serge Cecarelli, Bruno Raffaelli, Claude Lapointe), Georges Brassens : 35 chansons chantées par Georges Brassens, publiées de 1952 à 1956, Marcom Music, coll. « Publication Alain Pierson », 1977, 168 p.

Voir aussi  

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3 mars 2013 7 03 /03 /mars /2013 15:51

Georges Brassens et Josée Stroobants

                <<<<<<<  Brassens et sa photographe "officielle"  >>>>>>>>>
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Brassens jstroobants.jpg . . . . . . Brassens jeanne josee stroobants.jpg . . . . . . . . . Brassens chez Jeanne.jpg
Photos de Josée Stroobants : Brassens et Brassens et Jeanne dans l'impasse . . . . . . "Brassens... chez Jeanne"

 

Josée Stroobants a commencé très jeune à s'intéresser à la photo, en 1940 alors qu'elle n'avait que 17 ans et que, pour une femme, c'était alors fort rare. Travaillant en laboratoire -le studio Luminor au début- elle s'est formée aux différentes techniques photographiques avec du matériel sophistiqué pour l'époque, un "Rollei Flex 6×6" et des films "Tri-X".


Elle fit la connaissance de Georges Brassens lors d'un concert par le journaliste André Tillieu avec qui elle collaborait régulièrement. « C'est lui qui m'a fait quitter ma petite Belgique, il y avait tellement d'amitié avec lui, la vie était très agréable. J'ai eu beaucoup de chance d'avoir vécu ces moments » dit-elle. [1]

 

Comme elle le raconte dans son livre "Une vie d’amitié avec Georges Brassens", le courant passa immédiatement entre eux et elle devint vite sa photographe attitrée. Brassens avait toujours été attiré par la photo et a même possédé son petit labo personnel "chez Jeanne", impasse Florimont. [2] Elle le photographiait lors de ses concerts bien sûr mais aussi dans des moments plus chaleureux comme ces photos où on voit Brassens faire le poirier ou avec des plumes sur la tête. Elle réussit à devenir l'amie de Jeanne, ce qui était un exploit pour une femme, Jeanne étant d'une jalousie féroce, puis noua une longue amitié avec Joha "Pupchen", la compagne de Georges.

En 1972, Brassens offre à sa photographe officielle un studio de développement. Elle est de toutes les fêtes avec les copains, Brassens fuyant les soirées mondaines et s'amusant à gloser sur le milieu artistique. Elle raconte que Jacques Chancel ayant exigé que Brassens lui réserve ses émissions à la télé, il lui rétorqua : « Je n'appartiens à personne[3]

 

Josée Stroobants est également légataire d'un important fond photographique que lui a confié Georges Brassens, son enfance, chez Jeanne, photos de famille, qu'elle montre au public lors d'expositions [4] ou dont elle a illustré son livre "Georges Brassens… Chez Jeanne, 1944 – 1952", préfacé par Pierre Onteniente. Parmi les spectacles-expositions récents qu'elle a animés, on peut citer le spectacle de Joël Favreau qui s’est déroulé à l’abbaye de Seuilly le 18 mai 2011, après celle de Paris, l’exposition "Brassens ou la Liberté" à Bruxelles en septembre 2011 ou le "festival Brassens" qui s'est tenu en Charente pour commémorer le trentième anniversaire de la disparition du chanteur. [5]

 

Elle vit maintenant entre Arès près d'Arcachon et l'appartement parisien que Brassens lui a offert après la mort de son ami Jean Rault [6] et pour elle, comme dans la chanson, « son trou dans l'eau jamais ne se refermera».

 

Brassens Florimont.jpg Brassens stroobants.jpg J Stroobants Ch Grenan.jpgSt Gely 2012.jpg
. L'impasse Florimont . . . Georges et Josée Stroobants . . Josée Stroobants et son compagnon . . Festival Brassens à St-Gély en 2012[7]

 

Bibliographie

  • Josée Stroobants, Une vie d'amitié avec Georges Brassens, préface de Pierre Louki, éditions Didier Carpentier, septembre 2006
  • Josée Stroobants, Éric Zimmerman, Georges Brassens… Chez Jeanne, 1944 – 1952, album de photographies, préface de Pierre Onteniente, éditions Didier Carpentier, 238 pages, février 1997, isbn 2841671879

Notes et références

  1. Voir son interview dans Les amis de Georgesoù on le voit sur la photo, faisant le poirier
  2. Voir aussi son interview de juin 2012 dans Ouest-France
  3. D'après une interview de pascal Huord parue dans La Charente libre le 13 septembre 2010
  4. Voir par exemple Hommage à Brassens, Le mois de l'ami Brassens ou Expo à Lannemezan
  5. d'après une interview à l'exposition "Brassens ou la Liberté" qui s’est tenue à la Cité de la Musique avec deux concerts en septembre 2011
  6. Surtout depuis le décès de son compagnon Christian Grenan le 15 aôut 2012
  7. Saint-Gély-du-Fesc, festival Brassens avec exposition de Josée Stroobants, commune de L'Hérault au nord de Montpellier où Brassens est décédé en octobre 1981
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