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13 février 2013 3 13 /02 /février /2013 10:54

Jean Vautrin, de son vrai nom Jean Herman, est un écrivain, réalisateur de cinéma, scénariste et dialoguiste français, né le 17 mai 1933 à Pagny-sur-Moselle qui a travaillé pendant plusieurs années pour le cinéma sous son nom véritable avant de prendre un nom de plume comme écrivain.

 

Peu à peu, il s'est éloigné du cinéma, du polar et du roman d'aventures pour se rapprocher de la littérature avec des œuvres comme Patchwork, qui obtient le prix des Deux Magots,  Un grand pas vers le bon Dieu qui reçoit en 1989 le prix Goncourt. En 1998, on lui décerne le prix Louis-Guilloux pour l'ensemble de son œuvre.

 

JEAN VAUTRIN : Un grand pas vers le Bon Dieu

tumb A lormont 2010 tumb A Pessac 2010

Présentation

« A Jan Doat qui demeure, selon sa volonté, "une main tendue à travers le silence. »

Citations en épigraphe "C'est dans ce que les hommes ont de plus commun qu'ils se différencient le plus."
(Blaise Cendrars - Aujourd'hui)
"L'homme ne doit jamais s'avouer vaincu, dit-il. Un homme, ça peut être détruit mais pas vaincu."
(Ernest Hemingway - Le vieil homme et la mer)

La parabole de l'eskimo (également en épigraphe), dans le style antiphrase
Un chasseur eskimo demande au missionnaire :
- Si je n'avais jamais entendu parler de Dieu ni du péché, est-ce que j'irais en enfer ?
- Non, puisque tu serais alors dans l'ignorance !
- Alors, pourquoi m'en avez-vous parlé ?

 

Résumé et contenu
Vautrin le cri du peuple.jpg
'

"Un grand pas vers le Bon Dieu", ce roman qui lui valut le prix Goncourt, est un roman d'aventures du genre picaresque comme on n'en rencontre plus guère aujourd'hui. Balade et dépaysement assurés.

Ce voyage en Louisiane, celle des Cadjins pris entre rêve et mélancolie, entre modernité et nostalgie, joie et spleen, se fait à travers des aventures picaresques, semé de personnages rabelaisiens au caractère rude, bien trempé, excessif même, une histoire qui se déploie sur trois générations entre 1893 et 1920.

 

D'abord le pionnier Edius Raquin en 1893, défricheur et coureur des bois, qui croit plus en Dieu qu'en l'homme, l'air rusé d'un maquignon qui jauge les autres d'un simple regard, puis son futur gendre qui porte un drôle de nom, Farouche Ferraille Crowley, sacré baroudeur qui nous entraîne chez les chasseurs de primes, qui traîne avec lui toutes les légendes du Far-West, tous les clichés des films hollywoodiens, et le marin du Nantuket, ancien harponneur jamais en veine d'aventures ou encore Palestine Northwood le fêtard.

 

Un voyage au pays de Louisiane ne s'accomplit pas sans musique, musique à la présence lancinante qui envahit le quotidien. Jim le petit-fils d'Edius Raquin, trouvé dans une poubelle de La Nouvelle-Orléans, deviendra Jimmy Trompette, le roi du ragtime et du blues, ces chants, ces musiques au son rocailleux, mélancoliques, qui vont peu à peu s'imposer. . "Il n'y a pas d'amour sans question" dit le narrateur. Des questions sur l'homme et sur sa destinée auxquelles sans doute chacun a sa propre réponse.

 

C'est un mode multiforme fait de gens venus d'ailleurs et de nulle part, drossés ici par les malheurs de l'Europe, déportés d'Arcadie, yankees, indiens créoles et métisses cherchant une patrie, une parcelle de terre et de bonheur dans le "parler français" de la Louisiane. Alors, comme on dit là-bas sur cette terre ouverte sur la mer, avec un brin de fatalité, "le bon temps roulera." Sur ces mots s'achève le récit de Jean Vautrin, mots d'Eddy Mitchell reprendra dans sa chanson Ma Nouvelle-Orléans, ajoutant ce trait d'espoir désenchanté qui leur est propre « Cajins, ça ira mieux demain. » [1]

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« Parler des rencontres essentielles, raconter les chemins de l'écriture, dire l'aventure des livres et des films, mesurer la vérité de l'amour, évoquer les amis, les maîtres, revoir les sourires à demi effacés, manger avec gourmandise, épeler le temps, sortir des nuages, réclamer justice, photographier les hommes, fouiller dans la vieille malle des souvenirs, renoncer à l'inutile, prêcher pour la liberté des esprits, lécher les blessures de l'homme abandonné sont de ma paroisse, » c'est ainsi que Jean Vautrin parle de sa vie dans l'interview qu'il a donnée à Noël Simsolo.

(Docteur Herman et Mister Vautrin, ensemble d'entetiens de Jean Vautrin avec Noël Simsolo, éditions Ecriture, 302 pages, octobre 2010

Vautrin chez lui à Gradignan près de Bordeaux

 

Informations complémentaires

Bibliographie sélective
"Billy-Ze-Kick", adapté au cinéma par Gérard Mordillat en 1985, 1974, "Mister Love", 1977, "Typhon gazoline", 1977
"Bloody Mary", adapté en bande dessinée par Jean Teulé en 1983, 1979, "Groom", 1981

"Canicule", adapté au cinéma par Yves Boisset en 1984, 1982, "La Vie Ripolin", 1987, "Un grand pas vers le bon Dieu", Prix Goncourt, 1989
"Symphonie Grabuge", Prix du roman populiste, 1994, "Le Roi des ordures", 1997, "Le Cri du peuple", Prix Louis Guilloux, 1998, "L’homme qui assassinait sa vie", 2001, "Le Journal de Louise B.", 2002

 

Lien externe

Ouvrage de référence

Un grand pas vers le bon Dieu, Date de parution : 1990
Éditions Grasset, Paris, 440 pages ISBN 2-246-40711-7
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Références

  1. Eddy mitchell, album "Jambalaya", "Ma Nouvelle-Orléans", paroles d'Eddy Mitchell (Claude Moine), musique de Pierre Papadiamandis
<<<<< Christian Broussas - Feyzin - 15 février 2012 - <<< © • cjb • © >>>>>>
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