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Référence : Éric Dupond-Moretti et Stéphane Durand-Souffland, "Bête noire", éditions Michel Lafon, 248 pages, avril 2012, ISBN 274991616X

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La "bête noire", c'est lui et la réputation qu'il a dans le milieu judiciaire, celui qu'on appelle aussi "l'acquitator', [1] alors qu'il s'exclame dans le journal La Provence, « je défends des hommes, pas des crimes. » De même, il dira dans une interview à "L'Express", qu'il « n'attend pas la vérité d'un homme mais une version cohérente. »

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Comme le disait Eric Dupont-Moretti lors d'une interview à France-Inter en avril 2012, il ne cherche pas, avec la publication de ce livre, à s'opposer de quelque façon que ce soit au système judiciaire français ou à se justifier sur tel ou tel de ses engagements. Il rappelle ce qu'il a maintes fois répété sur les origines de sa "vocation", « J’ai décidé de devenir avocat à quinze ans. C’était le 28 juillet 1976 et j’avais entendu à la radio que Christian Ranucci, l’homme du "pull-over rouge", avait été exécuté à l’aube. Ce n’est pas le récit d’une vocation que je fais ici, mais d’une sorte de fatalité. Je suis condamné à plaider. » [2]

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Son travail tel qu'il l'entend, sa profonde conviction, consiste à défendre autant la présomption d’innocence que le droit – pour les criminels quels qu'ils soient – à une peine qui soit considérée comme juste et varie le moins possible d’une cour d’assises à une autre. Sans être contre les magistrats, il traite des insuffisances du système français, l’absence de la notion d’humanité dans leur serment, qui figure dans celui des avocats. [3]

A travers son expérience et ses souvenirs, les grands procès d’assises où il a plaidé, il dresse un portrait peu flatteur d'une justice guettée par l'erreur judiciaire ou plus simplement par les petits "arrangements", l'influence de tel ou tel magistrat, tout ce qui biaise la crédibilité d'un verdict.

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     Eric Dupont-Moretti

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Commentaires critiques
« Eric Dupond-Moretti est un drôle de bonhomme. Il a un côté agaçant. Il peste contre l’absence totale de culture du doute en France, or lui ne semble douter de rien. Seul contre tous, il en veut à la terre entière - surtout à l’organisation judiciaire – et veut toujours avoir raison. Cela dit, c’est préférable quand on souhaite gagner ses procès. Son côté séduisant, c’est qu’il est franc, logique avec lui-même, rarement politiquement correct, et qu’il a, en plus, souvent raison, effectivement !. »
Yves Thréard, Le Figaro du 21 mai 2012

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« Eric Dupond-Moretti cite Claude Gueux, de Victor Hugo, qui narre l’histoire d’un détenu séparé de son compagnon - avec lequel il partageait son pain - par le directeur de la prison. Gueux tue ce dernier parce qu’il ne supporte pas cet arbitraire. «Hugo avait raison deux cents ans avant tout le monde», dit l’avocat. Lisez Claude Gueux. Vous en saurez un peu plus sur Dupond.. »
Didier Arnaud, Libération du 7 mai 2012

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Notes et références

  1. Voir son interview du 10 avril 2012 dans le journal du 13 heures de France2
  2. Peut-être aussi à cause de la mort de son grand-père en 1957, retrouvé le long d'une voie ferrée. Une mort restée inexpliquée, avoue-t-il dans la même interview
  3. Voir l'article "La présomption d'innocence est un leurre", Eric Pelletier et Anne Vidalie, L'Express du 5 avril 2012

Bibliographie
Christophe Perrin, Laurence Gaune, "Parcours d'avocat(e)s", éditions Le Cavalier bleu, 2010
Mathieu Aron, "Les grandes plaidoiries des ténors du barreau : Quand les mots peuvent tout changer", Editions Jacob-Duvernet, 274 pages, octobre 2010, ISBN 284724297X
Jacques Vergès, "Les Erreurs judiciaires", PUF, novembre 2002, 126 pages, ISBN 2130532225

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Liens externes
Vidéo France-Culture, Tête à tête avec Frédéric Taddeï
Dans-les coulisses de la Justice avec Dupond-Moretti