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2 mars 2013 6 02 /03 /mars /2013 15:57

Bertold Brecht à Berlin-Est

        <<<<<<<<<<< Bertold Brecht(1898-1956) dramaturge allemand >>>>>>>>>>>
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Résidence Weissensee, Berlin           La maison de Buckow

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La maison de Buckow, salon                          Buckow, pavillon de jardin


Berlin-Est en 1948.
Après un long exil, Bertold Brecht, ce fils de la bourgeoisie d'Augsbourg en Bavière [1], revient à Berlin dans une Allemagne de l'Est en pleine gestation, dans une ville dévastée par la guerre, où ses stigmates sont encore visibles à tous les coins de rues. L'État, bienveillant envers le grand dramaturge et qui compte sur lui pour initier une "culture populaire" a mis à sa disposition la villa du Weissensee située dans une forêt près du lac. C'est une grande maison de style néoclassique avec colonnes et fronton grec et un vaste perron protégé par une marquise.

 

H Weigel Berliner ensemble.jpg

Il prit immédiatement la direction du Berliner Ensemble pour donner des spectacles au Deutsches Theater et triompha rapidement avec Mère courage en 1949 mais l'année suivante, la reprise d'Antigone reçut un accueil mitigée. Déjà se faisaient jour la différence de conception théâtrale entre Bertold Brecht et les responsables de la politique culturelle.

 

Brecht vivait alors avec la fidèle Hélène Wigel, la mère de ses deux enfants, mais aussi avec son actrice fétiche du moment Maria Eich. A la fin du mois de juillet 1950, Bertold Brecht emmène sa troupe en vacances sur les bords de la Baltique à Ahrenshoop, petite station balnéaire avec ses maisons étroites en bois. Ils flânaient dans les dunes, visitaient les curiosités locales comme la vieille église des pêcheurs, jouaient aux touristes. Les tracasseries de la police politique l'irritèrent au point qu'il partit un temps à Rostock participer aux répétitions du Don Juan de Molière mis en scène par Benno Besson. [2]

 

Le Brecht-Denkmal de Fritz Cremer Berliner ensemble.jpg

Statue de Brecht

Au début de l'année 1952, Bertold Brecht décide de s'éloigner un peu de Berlin et avec Hélène Weigel ils tombent tous deux sous le charme une grande propriété située au bord du lac de Schermützel, à une heure environ de la capitale, à Buckow, strasse 29. Ce lieu protégé leur rappelle la maison de Svobostrand qu'ils habitèrent pendant leur séjour au Danemark en 1933. Sur l'immense terrain parsemés d'arbres vénérables, deux maisons sont implantées.

 

Sur le haut, une grande demeure blanche à toit brun avec une grande baie vitrée en angle, un patio pavé et une serre. Hélène Weigel s'installe ici, dans la grande demeure entourée de pins et de rosiers sauvages tandis que Bertold Brecht préfère aller dans la maison du bas vers le lac, plus petite et bâtie en briques brunes, avec Maria Eich. Pendant que Brecht écrit ou lit Horace dans l'un des fauteuils de jardin installés près de l'eau, Maria apprend le texte de Coriolan dont les répétitions ont commencé ou glisse au fil de l'eau dans dans vieille barque, le long des roseaux.

 

Ils aimaient les rives sombres du lac par temps gris, qui tranchaient sur les roches d'un beau brun-rouge. Bertold Brecht discutait avec un invité Gyorgy Lukacs venu de la capitale, en fumant son éternel petit cigare. Il lui expliquait sa thèse centrale de "distanciation" fondée sur une démarche objective pour pouvoir prendre du champ, éviter les biais de la psychologie et une approche sentimentaliste. Parfois, son visage se durcissait quand il pensait à son premier fils mort sur le front russe. Avec son visage un peu lourd, ses chevaux clairsemés et ses courtes mèches rabattues sur les tempes, il avait des airs d'empereur romain. Dans son testament, il avait prévu de léguer le domaine de Buckow à sa fille Barbara plutôt qu'à son fils Stefan. Mais il vivra jusqu'en 1956, victime d'un infarctus le 14 août à Berlin après avoir reçu l'année précédente le "Prix Staline International pour la Paix".

 

Dans son poème "La Solution", il écrit cette phrase plein d'ironie : « J'apprends que le gouvernement estime que le peuple a "trahi la confiance du régime" et devra travailler dur pour regagner la confiance des autorités. A ce stade, ne serait-il pas plus simple de dissoudre le peuple et d'en élire un autre ? »

 

Notes et références

  1. « J'ai grandi en fils de famille / Mes parents m'ont mis un faux-col, / Ils m'ont habitué à me faire servir / Et appris l'art de commander. » (Verjagt mit gutem Grund, Gedichte IV, 141. Arche, Poèmes IV, 135. Traduction Gilbert Badia et Claude Druchet)
  2. : En 1954, le nouveau théâtre de Brecht, le Theater am Schiffbauerdamm, sera inauguré par Benno Besson, dans son adaptation de Dom Juan de Molière.

Repères bibliographiques

  • Hannah Arendt, "Vies politiques", Gallimard, 1974.
  • Walter Benjamin, "Essais sur Brecht", éditions Rolf Tiedemann, 1955, traducteur Philippe Ivernel, La Fabrique, 2003.
  • Jacques-Pierre Amette, "La maîtresse de Brecht", éditions Albin Michel, 2003

Voir aussi : Goethe à Strasbourg

Liens externes : * Poèmes de Brecht, * Biographie, * Photos de Buckow

 

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Bertold Brecht en 1947 . . . . . . . . . Sa tombe à Berlin

 

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Le Berliner Ensemble                                Scène de "La noce"

 

<<<<Christian Broussas – Feyzin, 5 juin 2012 -<<<<<© • cjb • © >>>>

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