Exposition « Goûter au paradis. Anna de Noailles et les rives du Léman »

 

        
                                          
La Maison Gribaldi

« Le lac Léman m'apportait tout, depuis ce nom d'Amphion, donné par un lointain hasard de terroir à notre rive et à notre demeure. »

 

C’est à partir de cette phrase d’Anna de Noailles que se structure l’exposition 2019 organisée dans la Maison Gribaldi. [1] « Petite fille née dans un milieu privilégié, j’ai goûté au paradis à Amphion dans l’allée des platanes, étendant sur le lac Léman une voûte de vertes feuilles… »

 

Affiches de l'exposition 

 

Anna de Noailles, comme d’ailleurs la plupart des poètes, est plutôt délaissée à notre époque. C’est oublier qu’elle a connu de son vivant une notoriété considérable pendant la Belle Époque et jusqu’aux débuts des années trente. Elle connut aussi les honneurs puisqu’elle fut lauréate du grand prix de littérature de l’Académie française et première femme commandeur de la Légion d’honneur.


  Arc votif et jardin

 

Cette privilégiée née princesse Bassaraba de Brancovan, a passé, jusqu’à la Grande Guerre, la plupart de ses étés à Amphion, près d’Evian, où sa famille possédait une grande propriété, la villa Bassaraba.

 

      
Anna et l'arc votif d'Amphion                       Différents portraits d'Anna

Moments importants pour elle puisqu’elle y a puisé une grande partie de son inspiration dans cette relation intime qu’elle avait nouée avec les rives du Léman, aussi bien du côté suisse, de Lausanne à Montreux, de Coppet à Morges, de Genève à Vevey, que du côté français, d’Évian à Thonon, de Ripaille à Yvoire.

« Étranger qui viendra,
Lorsque je serai morte,
Contempler mon lac genevois,
Laisse, que ma ferveur

Dès à présent t'exhorte,

A bien aimer ce que je vois. »

 

       

Conformément à sa volonté, son cœur a été placé au cimetière de Publier (à côté d’Évian) où elle fréquentait le couvent des Clarisses, [2] et ses amis ont créé en 1938 à Amphion (toujours à côté d’Évian), sur les lieux de son enfance, un monument et un jardin pour honorer sa mémoire.

Anna de Noailles chez Seghers

Cette année 2019 revêt une importance particulière puisqu'elle rappelle deux dons majeurs, celui de Francillon-Lobre en 1949 et le legs Anne-Jules de Noailles fait en 1979 à la Ville d’Évian-les-Bains.

 

On trouve ainsi dans l’exposition à la Maison Gribaldi la vaste collection réunie au fil des années autour d’Anna de Noailles, complétée par de nombreux prêts.

 


Anna (droite rang 2) avec les Polignac devant & Proust (au fond)

 

Elle permet au visiteur de se laisser guider à travers des objets personnels, des portraits, des photographies originales, d’ouvrages et de correspondances ainsi que des pastels que peignit Anne de Noailles à la fin de sa vie.

  
 

Notes et références
[1] Maison Gribaldi, ruelle du Nant d'Enfer, 74500 Évian-les-Bains
[2]  Que l’on retrouve dans cet extrait :
« Pousse la porte en bois du couvent des Clarisses,
C’est un balsamique relais,
La chapelle se baigne aux liquides délices
De vitraux bleus et violets.

Peut-être a-t-on mis là, comme je le souhaite,
Mon cœur qui doit tout à ces lieux,
A ces rives, ces prés, ces azurs qui m’ont faite
Une humaine pareille aux dieux.

S’il ne repose pas dans la blanche chapelle,
Il est sur le coteau charmant
Qu’ombragent les noyers penchants de Neuvecelle,
Demain montez y lentement. »

 

   

Voir aussi
* Site Comtesse de Noailles --
* Anna de Noailles en Haute-Savoie --

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