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30 décembre 2021 4 30 /12 /décembre /2021 17:22

Je te dédie cette ode
À toi l'ami Jean-Claude :
Un an, déjà un an
Que se perdent les jours,
Que le temps va et court
Sur nos chemins d’antan.

Ma plume émoussée pleure,
Et ce spleen qui affleure…
Que je prenne ma lyre
Pour épancher mon cœur,
Défier le mauvais sort
Et éteindre tout soupir.

Ce ne sont que des notes
D’un petit croque-note
Pour soulager les peines, 
Défier la destinée,
Braver l’adversité
Et la nature humaine.

Ô, ça va faire déjà une année 
Que s’écoulent les grains du sablier.
Parfois, on ne voit pas le temps passer
Chante le poète, désabusé.

   

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<< Christian Broussas • Ode  JC  © CJB  ° 28 /12/2021  >>
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28 décembre 2021 2 28 /12 /décembre /2021 14:58

DEUX ANS DÉJÀ

Deux ans, voilà déjà deux ans
Pensais-je ainsi gravement,
Le sablier a fait des siennes ;
L’ombre derrière les persiennes
S’étiole dans un  jour brumeux …
Et ce paysage m’émeut.
Ô imagine chère Hélène
Ce décor qui sied à ma peine.


C’est ainsi, je ferme les yeux
Juste un court instant,  juste un peu
Sans même que j’intervienne
Des images soudain me viennent
Et surgissent sous mes paupières
De faibles reflets de lumière,
De ces souvenirs qui affleurent
Très simplement, sans grand effort.


Il est sur sa moto, souriant,
Le regard franc, nous saluant
D’un simple geste de la main,
Rejoignant le camp des copains.
C’était le temps des évidences
Bien loin du temps du silence.
Je le revois alors bien vivant,
Avec nous, assis sur le Banc.

Ô, deux ans, c’est à n’y pas croire
Quand l’absence ne fait que croître
Mais le temps compte bien peu
Même si on fait ce qu’on peut,
Car durer n’a guère de sens
Quand s’instaure le grand silence,
Quand il faut en payer le prix.
Ainsi va la vie mon ami.

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20 août 2021 5 20 /08 /août /2021 11:00

Référence : Tanguy Viel, La fille qu’on appelle, Éditions de Minuit, 176 pages, septembre 2021

 

           

 

J’aime assez ce que fait Tanguy Viel, tant par sa façon de disséquer les relations humaines en mettant en scène des situations insolites, que par son style d’une grande précision, sa façon de procéder par touches pour accompagner la progression de l’intrigue. Vous pourrez aussi vous référer aux deux fiches que j'avais consacrées à ses précédents ouvrages L'article 353 du code pénal et La Disparition de Jim Sullivan --

 

Il nous entraîne cette fois dans une petite ville portuaire bretonne, quand Laura, vingt ans, revient près de son père Max le Corre. Il fut un boxeur connu, au riche palmarès avant de connaître des difficultés et de devenir le chauffeur du maire de son village, Quentin le Bars. Il a repris l’entraînement en espérant retrouver sa forme passée et reconquérir son titre.

 

                       

 

Pour aider sa fille, il s’adresse à son patron et maire qui lui propose un logement et un travail au casino que dirige son "ami" Franck Bellec, « aux costumes blancs toujours impeccables » écrit l’auteur.

Tanguy Viel n’est pas tendre pour ses deux personnages que sont Quentin le Bars et Franck Bellec. Ils personnifient le pouvoir dans la cité et sont si intimement imbriqués qu’on ne peut démêler leurs liens, « une sorte de vassalité tordue et pour ainsi dire bijective que seuls les gens de pouvoir savent entretenir des vies entières, capables en souriant de qualifier cela du beau nom d'amitié. » Une toile d’araignée qu’ils auraient sécrétée.
Et Laura, elle si malléable,  va s’y laisser emprisonner dans cette toile si perfide… tomber dans les griffes de ces deux hobereaux sans scrupules.

 

                        
                          Sa préface des Essais de Montaigne

 

Dans cette petite ville maritime, les personnages sont englués dans leur destin, Tanguy Viel brosse un portrait de cette atmosphère provinciale qu’il décrit parfaitement, dans une histoire qui illustre les ressorts du harcèlement sexuel et de l'arrogance des hommes de pouvoir, le sentiment d’impunité qui les habite.



Mais dans quel monde évoluent ces personnages ? . Allez savoir...
- Dans un monde normal on n'aurait jamais dû se rencontrer, a-t-elle dit aux policiers.
- Un monde normal...mais qu'est-ce que vous appelez un monde normal ?, ils ont demandé.
- Je ne sais pas...Un monde où chacun reste à sa place.

 

Mes fichiers sur Tanguy Viel
L'article 353 du code pénal --
La Disparition de Jim Sullivan --

      Avec Marie Despléchin

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<< Christian Broussas, Viel Laura 18/08/2021 © • cjb • © >>
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20 août 2021 5 20 /08 /août /2021 09:25

Référence : Marc Dugain, La volonté, éditions Gallimard, Collection Blanche, 288 pages, août 2021

             

Marc Dugain est un auteur aux multiples talents, aussi bien romancier, que scénariste, réalisateur et auteur de séries. Il s’est fait connaître pour son roman "La chambre des officiers", inspiré de son grand-père, "gueule cassée" comme on disait alors. Il a aussi écrit deux biographies sur des américains, "La malédiction d'Edgar" et  "Ils vont tuer Robert Kennedy", sur la Russie, celle de Staline et celle de Poutine dans "Une Exécution ordinaire" ou encore un roman d’anticipation intitulé Transparence.

 

 

 Je suis depuis longtemps cet auteur qui écrit des livres que je trouve d'une grande force servie par un style nerveux, incisif. Ses biographies "américaines" m'avaient particulièrement intéressé, mais aussi des ouvrages où il aborde des thèmes de société comme Transparence et L'Homme nu ou les dérives du système socio-politique dans la trilogie intitulée L'Emprise.

                       

Son nouveau roman La volonté, est totalement différent puisque consacré à son père, victime du virus de la polio. C’est cette conjonction entre le virus, thème ô combien actuel et les masques contre les gaz délétères que son grand-père a utilisé pendant la Grande guerre, qui l’a incité à suspendre ses projets en cours et à se lancer dans cette biographie familiale.

L’histoire de son père est aussi l’occasion de se plonger dans une époque riche en événements qui va du début de La Grande guerre et la fin de la décolonisation. Des histoires imbriquées de guerre, de maladies, de rencontres et de pertes. Le hasard des rencontres modèle la vie comme la rencontre avec cette jeune femme qui semble banale et que «  ni l’un ni l’autre ne sait qu’ils sont au seuil d’une histoire d’amour qui les accompagnera jusqu’à la mort. »

                     
 
Son père, fils de pécheurs bretons, va contracter le virus de la polio et être opéré à l'hôpital Necker. Mais il en sortira avec quelques séquelles et restera boiteux. Il réussira par devenir ingénieur en recherche atomique, s’installera à Grenoble avec ses deux fils mais le jeune Marc ne s’entend pas avec son père. Il en garde encore un sentiment douloureux, écrivant : « Je me suis épuisé tout au long de mon adolescence à lui résister, tuer le père qu’il n’était pas... »

 


Dugain et Valérie Benneton à Cabourg en juin 2021

 

L’adolescent rebelle et le père, un classique du genre auquel le jeune homme n’a pas échappé. Son remords, c’est un sentiment de gâchis, quand ce qui devient possible s’éloigne inéluctablement : « J’ai failli le rater de peu. Au moment où je l’ai vraiment connu et compris, où je l’ai vraiment aimé, où enfin j’allais pouvoir profiter de lui et de son estime, on me l’a arraché, comme si ce que nous devions construire ensemble nous était interdit. » Trop tard en quelque sorte. Avec ce constat que, contrairement à Marc, lui n’en a pas trop souffert puisqu’il ajoute : « Il est parti avec le sentiment d’avoir réussi tout ce qu’il avait entrepris, de n’avoir cédé à rien ni à personne. »
Est-il parti apaisé ou avec l’orgueil d’avoir été au bout de sa logique.

 

 

Mes fichiers sur Marc Dugain 
La volonté --
Transparence -- La malédiction d'Edgar --
Avenue des géants --
L'emprise 1 -- L'emprise 2 -- 
Ils vont tuer Robert Kennedy --

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<< Christian Broussas, Dugain Volonté 17/08/2021 © • cjb • © >>
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20 août 2021 5 20 /08 /août /2021 06:09

 « Un Pygmalion acharné» Gilles Perrault

 

           

 

Son épitaphe : « Henri Curiel, tombé dans la lutte pour le Socialisme et la Paix à laquelle il avait consacré sa vie. »



Sa vie est un véritable roman, pourrait-on dire. Écrire sa biographie revient à raconter un destin à la Don Quichotte, le panache en moins, à entrer aussi dans les arcanes d’un XXème siècle et de ses soubresauts. Son aura ajoute encore au mystère d’un homme toujours resté dans l’ombre, qui ne se livrait pas facilement, marqué par la clandestinité. Sa mort, son assassinat jamais élucidé à Paris le 4 mai 1978 par deux tueurs jamais identifiés ajoute encore à ce nimbe de mystère qui l’entoure.

 

Un citoyen du Tiers-monde comme on a pu l’écrire à juste titre, d’abord par nature puisqu’il ne s’est jamais vraiment senti enraciné dans un terroir, juif né en Égypte sans être égyptien et, malgré ses efforts, sans même bien savoir parler l’égyptien, baigné dans la culture française et voyant la France avec le romantisme de ses intellectuels… son destin contrasté était tout tracé. Son père voulait qu’il prenne sa suite dans le négoce familial alors qu’il ne pensait qu’à Paris et à la culture française, un peu jaloux de son frère Raoul qui lui, prendra la direction de la capitale française.
Mais il ne tardera pas lui aussi à rejoindre Paris.

 

           
                          Henri Curiel au centre, au second plan

 

« Qui était Henri Curiel ? » s’interroge Gilles Perrault, l’auteur de sa biographie intitulée "Un homme à part". L’homme était ambivalent. Il possédait un immense pouvoir de séduction, pratiquement tous les témoins sont d’accord sur l’éclat de son entregent, de vraies capacités pédagogiques et de négociation. Il avait ce don précieux de savoir mettre à l’aise ses interlocuteurs, de les mettre en valeur pour les aider à dépasser les rancœurs et les arrière-pensées.
 Il en usa largement et appliquera tout au long de sa vie ses dispositions, par exemple dans les longues négociations, même si elles n’aboutirent pas, qu’il suscita et mit en œuvre entre les "colombes" israéliennes et le courant réaliste de l’OLP d’Arafat.

 

Il avait aussi un côté plus sombre, aussi brillant en petit comité qu’il était terne en assemblée et ennuyeux quand il s’exprimait en public. Ses réactions étaient parfois démesurées, ses emballements lui ont parfois joué de mauvais tours, malgré les mises en garde de ses fidèles comme les frères de Wangen et d'amies comme Rosette qui deviendra sa femme, comme les "égyptiennes" Joyce Blau et Didar Fawzi Rossano qui le suivront jusqu'au bout. En tout cas, dans l’ensemble il a marqué et souvent fasciné tous ceux qui l’ont rencontré, même s’ils avaient parfois quelques à-priori contre lui.

 

           
                            Henri Curiel au centre, au second plan

 

On peut d’abord se demander pourquoi ce fils d'un riche banquier juif cairote va passer du palais paternel où il aurait pu mener une vie de "pacha" aux geôles de Farouk, alors roi d'Egypte. Il n’est pas le seul fils (et fille) de la haute bourgeoisie cairote qui vivait en marge de la société égyptienne a avoir été terrifié par le spectacle qui s'offrait à eux, celui d’une population livrée à une terrible misère et à une exploitation systématique rappelant l’esclavage. [1]



Comment s’étonner après cette vision, qu’ils trouvent dans le marxisme une réponse à leur désarroi, qu’un homme comme Henri Curiel se lance dans l'action, reprenne en mains un Parti communiste égyptien embryonnaire et fonde le Parti communiste soudanais. On retrouve ici l’ambivalence qui le caractérise : Curiel qui se qualifiera jusqu’à la fin de "communiste orthodoxe", mais sera rejeté aussi bien par les Partis communistes, qu’il soit français, italien ou soviétique. Pourtant, nombre de communistes français travailleront dans les rangs de Solidarité, son organisation, sans états d’âme.



Avec ses amis, il milite dans les réseaux d'aide au FLN algérien, qu’il va ensuite diriger après l’éviction de Francis Jeanson. Il est arrêté en 1960 et passe dix-huit mois en prison à Fresnes où il en profitera pour former les militants du mouvement qui sont détenus avec  lui. L’arrêté d’expulsion pris contre lui ne sera jamais appliqué…
Cette complicité avec les dirigeants algériens lui vaudra après l'indépendance leur soutien indéfectible, au moins pendant toute la période Ben Bella.

 

           
Gilles Perrault Un homme à part, tomes I et II

 

Son œuvre essentielle, Henri Curiel va la bâtir après la fin de la guerre d'Algérie, une organisation clandestine et structurée, Solidarité, destinée à aider en matière logistique, les mouvements de libération du tiers-monde. Ses objectifs et surtout ses conditions sont clairs : aide soit mais uniquement pour les mouvements qui renoncent à toute action terroriste même face aux dictatures sanguinaires d’Amérique latine ou d’Afrique.

 

Il n'était pas question de s'immiscer dans les mouvements de libération qu'ils voulaient aider mais de former, d’enseigner les techniques de la lutte clandestine, souvent mises en oeuvre avec des moyens rudimentaires : repérage et rupture d’une filature ; impression de tracts et de brochures avec un matériel léger, fabrication de faux papiers, chiffrement et écriture invisible, cartographie et topographie, soins médicaux et premiers secours. Une large gamme de techniques étendues parfois au maniement des armes et à l'utilisation d'explosifs. Solidarité formera des centaines de militants de tous les mouvements qu'elle avait agréés.

 

        
"Le mythe mesuré à l'histoire"



A travers cette structure, Il va participer, par son implication, au grand bouleversement d’indépendance des nations du Tiers-monde, qui signe l’émergence d’un monde marqué par l'immense mouvement de décolonisation et d'émancipation qui va rebrasser les cartes de la géopolitique.

 

Dans les dernières années de sa vie, plusieurs affaires vont tendre à le déstabiliser. D'abord deux articles du journal Le Point initiés par l'un des ses responsables Georges Suffert et un du journal allemand le Spiegel, fondés sur des approximations, des mensonges et des allusions fielleuses. En 1977, suivit une attaque du ministre de l'intérieur Christian Bonnet qui l'assigna à résidence à Digne dans les Alpes de Haute- Provence avant de vouloir l'expulser.  [2]
À ce propos, dans sa biographie Gilles Perrault parlera d'une entreprise de "neutralisation concertée" : « L'offensive par voie de presse ayant échoué à le détruire moralement, le ministre de la police avait pris le relais  en le cloîtrant à Digne... »

 

Ces manœuvres ayant fait long feu, non sans avoir laissé des marques indélébiles, il ne restait que l'élimination physique pour s'en débarrasser. L'enquête policière qui va suivre s'enlisa rapidement, se perdant dans les dédales de la politique, ce qui n'est pas sans rappeler le sort de Ben Barka qui fut son ami.

 

En juillet 1992, l’enquête judiciaire se conclut par un non-lieu. Au début des années 2000, de nouveaux témoins sont entendus. Mais l’affaire est à nouveau classée sans suite le 29 septembre 2009.
Dernier rebondissement : un témoignage posthume de mai 2015, puisé dans un livre intitulé "Le roman vrai d’un fasciste français", d’un ancien barbouze du SAC [3] nommé René Resciniti de Says qui aurait agi sur ordre du patron du SAC Pierre Debizet.
Dont acte. Peut-être que quand les archives des services français de cette époque seront déclassifiées, on en apprendra un peu plus sur cet assassinat.
Pour Sylvie Braibant, journaliste et petite cousine germaine d’Henri Curiel, il s’agit d’une affaire française : Tout nous conduit aux services secrets, à ses officines et à ses mercenaires chargés des "basses œuvres". »

 

Notes et références
[1] Son ami Hazan disait : « Ne jamais oublier que c’est la misère du peuple égyptien qui l’a conduit à la politique. »
[2] Sur le détail de ces affaires, on peut se référer à la relation qu'en fait Gilles Perrault dans "Un homme à part" (tome II), pour Le Point et Georges Suffert p. 332-355 puis p. 361-365, pour le Spieger p. 367 et pour Christian Bonnet p. 368-375.
[3] Le SAC, Service d'action civique, dissous en 1981, était une strucure officiellement chargée du service d'ordre des gaullistes.

(Hazan : « Ne jamais oublier que c’est la misère du peuple égyptien qui l’a conduit à la politique. »)
(Hazan : « Ne jamais oublier que c’est la misère du peuple égyptien qui l’a conduit à la politique. »)

Voir aussi
L'assassinat d'Henri Curiel --
Roger Vailland en Egypte --

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<< Christian Broussas, Henri Curiel, 14/08/2021 © • cjb • © >>
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20 août 2021 5 20 /08 /août /2021 06:03

 


« Lucien Febvre est un véritable "prince de l'histoire". » Fernand Braudel

Même s'il est peu connu du grand public, Lucien Febvre (1878-1956) compte parmi les plus grands historiens du XXe siècle. Son actualité pourrait fort bien se résumer dans cette citation : « L'Histoire est seule capable... dans un monde en état d'instabilité définitive, de vivre avec d'autres réflexes que ceux de la peur".. »

Dès le début des années 1920, il rêve d'éditer une revue novatrice qui envisage l'histoire comme une discipline au cœur de l'évolution de la condition humaine, loin de la vision statique de l'histoire qui était celle de ses contemporains.

 

       
          Lucien Febvre : Vivre l'Histoire et Face à l'Histoire

 

Sa vision de l'Histoire repose sur deux critères essentiels : elle doit s'étendre aux sciences sociales et refuser tout rapport de causalité. Il va les mettre en pratique avec Marc Bloch qui fondent en 1929 Les Annales d'histoire économique et sociale, embryon d'une école historique d'où naîtront par exemple histoire de l'alimentation, de la mort, de l'amour…

 

            



Dans cette logique, il s'est opposé au mouvement historique précédent, basé sur la prééminence du document et de l'objectivité dans le travail de l'historien, alors que lui voulait établir des liens entre géographes, économistes, sociologues et historiens. 

 

 

 

Par cela aussi, il s'est largement différencié de Jules Michelet, même si on a pu leur trouver une certaine sensibilité commune et s'il a écrit une fort belle biographie de Michelet

 

          
Sa correspondance avec Marc Bloch et Henri Berr

 

Il deviendra titulaire de la chaire d'histoire de la civilisation moderne au Collège de France de 1933 à 1949), concepteur d'une grande œuvre, L'Encyclopédie française composée de onze volumes publiés entre 1934 et 1940. Si son œuvre est importante, elle est multiple, comportant livres, articles, comptes rendus de lecture, correspondance...





Outre son encyclopédie, il a écrit des ouvrages importants sur la Franche-Comté, un ouvrage central dans l'évolution de la conception de l'Histoire, Philippe II et la Franche-Comté, terre de ses ancêtre ainsi que sur L'histoire religieuse au XVIe siècle.

 

                 

 

Philippe II et la Franche-Comté est très représentatif des idées de Lucien Febvre. Son sous-titre est à cet égard fort révélateur et montre bien l'interconnexion entre les disciplines : Étude d'histoire politique, religieuse et sociale. La réédition parue chez Perrin en 2009 inclut d'ailleurs une préface d'Emmanuel Le Roy Ladurie, l'un des principaux animateur des Annales.

Il aborde ainsi aussi bien la géographie comtoise, les pratiques marchandes, les rapports contre les pouvoirs et la psychologie collective de l'époque. La génération suivante, en particulier Fernand Braudel, Emmanuel Le Roy Ladurie et Pierre Goubert, prendra volontiers modèle sur cet ouvrage.

 

     

 

Homme visionnaire et d'une prodigieuse érudition qui, dans le livre "Lucien Febvre, Vivre l'histoire" nous donne des commentaires éclairants d'œuvres d'historiens comme par exemple Camille Jullian, Fernand Braudel, Henri Pirenne, Marc Bloch, Arnold Toynbee... Homme multiple dont l'écrivain Léon Werth, son voisin de Saint-Amour, écrivait : « Je l'ai vu extraire de vieilles pierres, la vie. »

 

Note sur l’historiographie

L'historiographie a pour objectif d'explorer les conceptions de l'histoire et les pratiques des historiens : comment et avec quels outils ils interrogent le passé, et dans quels buts. En faire le bilan, c’est indiquer comment elle s’est peu à peu constituée et présenter l'histoire telle qu'elle se pratique aujourd'hui à la lumière de son évolution. Car l’histoire se renouvelle et la façon de l’aborder est fortement liée à "l’ici et maintenant" et conditionne le renouvellement des approches.

L’historiographie, cette forme "d’histoire dans l’histoire", représente une démarche particulièrement importante dans une époque comme la nôtre, qui interroge le passé et la mémoire, éclairant un rapport parfois douloureux aussi bien au passé que souvent au présent.

 

   Marc Bloch et Lucien Febvre



En ce sens, le rôle joué par le courant des Annales et ses deux fondateurs Lucien Febvre et Marc Bloch, a été déterminant dans l'historiographie et la manière de concevoir l'histoire. Remettant en cause l'approche de l'école méthodique [1] de Lavisse et Seignobos, trop centrée sur les techniques d'’étude des textes, ils vont modifier en profondeur la vision qu'on pouvait avoir alors de l'histoire.

Le courant des Annales s’est d’abord intéressé aux évolutions socio-économiques puis avec Fernand Braudel à la dimension sociologique, base de ce qu’il a appelé "l’économie-monde". Le rôle du témoignage n’est plus central et devient un outil puisé dans n'importe quel domaine de la connaissance.
 

Dans l’esprit de Braudel, des historiens comme Emmanuel Le Roy Ladurie ou [2] Pierre Goubert vont choisir la « longue durée » plutôt que le temps court de l'histoire événementielle, passant par une relecture critique des sources sous l’impulsion d’hommes comme Georges Duby. [3] Avec Pierre Nora et Jacques Le Goff en particulier, le champ de la recherche s’étendra peu à peu à l’étude des mentalités.
Cette extension de l’historiographie implique alors une orientation vraiment pluridisciplinaire.

 

           

 

Notes et références
[1] Mouvement au rayonnement considérable qui reçut le soutien des grands historiens de l'époque tels que  Duruy, Taine, Fustel de Coulanges, Renan ou Jules Michelet.
[2] Voir notamment Montaillou village occitan ou Le siècle des Platter.
[3] Voir notamment Le dimanche de Bouvines ou Guillaume Le Maréchal

Voir aussi
* Mon fichier sur la présentation de Lucien Febvre --
* Lucien Febvre  
Penser et vivre l’honneur -- Georges Duby, Sur les traces de nos peurs --
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<< Christian Broussas, Febvre II, 13/08/2021 © • cjb • © >>
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20 août 2021 5 20 /08 /août /2021 05:56

 Référence : Daniel Cordier, La victoire en pleurant : alias Caracalla 1943-1946, éditions Gallimard Témoins, Édition établie et annotée par Bénédicte Vergez-Chaignon avec la collaboration de Paulin Ismard et Yann Potin, juin 2021

 

 

En juin 2021, quelques mois après le décès de Daniel Cordier en novembre, son éditeur publie « La victoire en pleurant », second tome de ses mémoires de résistant, ouvrage qu'on peut considérer comme le véritable testament de l'ancien secrétaire particulier de Jean Moulin.
Son désir d'écriture est née de sa colère de constater les attaques dont était victime Jean Moulin, accusé d'avoir été un "cryptocommuniste", voire un agent bolchevique.

 

           

 

Après les 4 tomes de son immense biographie de Jean Moulin dont il a été le secrétaire, Daniel Cordier s'est attelé à raconter "sa" guerre, quand il prit le pseudonyme de Caracalla. La période qui nous intéresse ici va du lendemain de la mort de Jean Moulin en juin 1943 jusqu'en janvier 1946, date de sa démission de la DGER [1], due à l'affaire Passy. [2] Pendant ces deux ans et demie, Daniel Cordier a évolué du Paris occupé à l'Espagne, en passant par Londres, avant de revenir dans la capitale enfin libérée.

 

           
                        Daniel Cordier chez lui à Cannes en 2012

 

Ses activités sont en fait fort diverses, évoluant au gré de son parcours, d'abord le Résistant clandestin, le bureaucrate à Londres et à Paris, puis la diplomatie secrète en Espagne et collent en fait à l'histoire mouvementée des années 1943-1946. On est ainsi confronté aux conflits qui remuent la direction de la Résistance après la mort de Jean Moulin, aux idées contrastées des intellectuels vivant dans le Paris occupé de 1943-1944, dont il est amené à rencontrer des gens tels que Jean-Paul Sartre, Albert Camus ou Pierre Kaan.

 

Il participera avec Stéphane Hessel à la rédaction du livre blanc du BCRA [3], suivra le procès de Charles Maurras, lui l'ancien membre de l'Action française, assistera à la démission du général De Gaulle en janvier 1946 et aux discussions avec André Malraux et le colonel Passy sur cette question.

 

           

 

Au-delà de ces aspects publics, il renoue avec sa famille et ses amis passés eux aussi par l'expérience de l'Occupation et découvre la peinture au muse du Prado, ce qui va changer sa vie puisqu'il choisira, comme Jean Moulin (belle coïncidence !) de se lancer dans la vente de tableaux.

 

 

Cet essai-témoignage est d'abord une analyse de la situation de la Résistance française après la mort de Jean Moulin. Sur cette période, Bénédicte Vergez-Chaignon nous dit que « avec la création de l’Armée secrète, du Conseil de la résistance, les résistants avaient franchi une première étape mais restaient toujours en péril, coupés de Londres et d’Alger pour des raisons matérielles et donc très fragiles, à la merci des répressions ».

L'après-guerre n'est pas non plus à la hauteur des espoirs placés en lui. Cette "victoire en pleurant" est celle de la désillusion ambiante où Daniel Cordier ne reconnaît ni les milieux d'extrême droite dont il est issu, ni cette France de 1944 qui lui semble être devenue étrangère.

 

 

Notes et référence
[1] La DGER est l'ancêtre du SDECE, service du contre espionnage français, devenu depuis la DGSE.
[2]
 André Dewavrin alias le colonel Passy, chef du BCRA
[3] Le BCRA, Bureau central de renseignements et d'action, service gaulliste basé à Londres

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<< Christian Broussas, Cotdier II, 10/08/2021 © • cjb • © >>
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20 août 2021 5 20 /08 /août /2021 05:51

 Référence : Jean-Marie Gustave Le Clézio, Hasard, éditions Gallimard, collection Blanche, 336 pages, janvier 2001

« Les deux courts romans (ou longues nouvelles) qu'on va lire, Hasard et Angoli Mala, sont séparés par quinze années. Il m'a semblé qu'ils parlaient du même apprentissage, de l'amour de la nature, du mal aussi. Mais au moment de les réunir, je ne sais plus très bien lequel est le miroir de l'autre. »

 

           
                                    Le Clézio à Saint-Malo en 1999

 

C’est ainsi que Jean-Marie Gustave Le Clézio présente ses deux "longues nouvelles" qui nous emmènent dans des univers lointains dont il a le secret. Le hasard fait bien ou fait mal les choses mais en tout cas, il agit, bouleverse les vies en jouant des tours  au destin.

Le Clézio aime bien les nouvelles, assez longues si possible, entre le roman et la nouvelle classique comme il le dit lui-même. Dans ses textes récents, on trouve aussi de ces Novellas comme on les appelle également, dans Tempête paru en 2014 qui contient aussi deux nouvelles (Tempête et Une femme sans identité), de même que dans Chanson bretonne paru en 2020, bâti de la même façon sur deux nouvelles intitulées Chanson bretonne et L'enfant et la guerre.

 

                     

 

"Hasard", c'est l'histoire de Nassima, une petite fille solitaire et rêveuse qui habite avec sa mère à Villefranche-sur-mer. Juchée sur le chemin de ronde, elle espère le retour d'un voilier, le Azzar qui appartient à un cinéaste aventurier Juan Moguer. Elle se retrouve une nuit incognito à bord de ce voilier mythique.

 

Et c'est pour elle l'aventure, dominée paradoxalement par de grands espaces, la solitude et le silence. Cependant, malgré le ciel immense, la présence des dauphins, de l'Italie à la Martinique, de la Colombie à Panama, la réalité gagne toujours et les rêves s'évanouissent.

 

           



Azzar est aussi pour Nassima l'espoir de renouer avec ce père absent ou à défaut, d'en trouver un autre à travers Juan, le cinéaste navigateur. Azzar comme le hasard, lieu justement où se noue le hasard des rencontres, qui parfois joue un grand rôle dans l'avenir des individus, leurs ouvrent des horizons ou les propulsent dans des situations impossibles. Juan Moguer y sera confronté avec son bateau fétiche pour son plus grand malheur.

 

"Angoli Mala" nous entraîne quant à lui dans la forêt du Darién, un espace naturel du Panama, resté très sauvage, à la frontière colombienne. Le Clézio est parti d'une légende indienne où le héros s'incarne dans un jeune orphelin, Bravito, qui revient chez lui. Il y découvrira les aléas de la vie, de la violence à l'amour avant de s'enfouir dans la forêt profonde où il s'engloutira.

 

               


Cette forêt parfois impénétrable, Le Clézio la connaît bien puisqu'il y a habité au début des années soixante-dix, partageant la vie difficile des indiens de cette région. Il écrira en 1971 un livre témoignage sur cette expérience, intitulé Haï. Cette fois dans cette nouvelle, l'auteur nous entraîne dans un conte, entre le merveilleux et la réalité, dans un lieu qui est aussi impénétrable pour un européen que la mentalité de ses habitants.

Ses histoires puisent ainsi aussi bien dans le réel que dans l'imaginaire comme par exemple dans la relation entre Bitna et Salomé, ses deux héroïnes de son roman Bitna, sous le ciel de Séoul.

 

« Les idées sont toutes objectives. C’est le réel qui donne naissance à l’idée, et non pas l’idée qui exprime ce qu’il y a de concevable dans la réalité. » J.M.G. Le Clézio, L’extase matérielle.

 

  
Le Procès-verbal (1963) et l’extase matérielle (1967)  JMG Le Clézio en 2019

 

À travers ses descriptions incomparables, Le Clézio nous parle aussi de la violence de l’homme, son arrogance doublée de sa cupidité. Il nous fait partager les difficultés des exploités, des miséreux, des toutes jeunes prostituées et de leurs riches clients dans les rues de Medellin en Colombie, des indiens expropriés et humiliés et des flics corrompus au cœur de tous les trafics qui sévissent dans les bouges de Yaviza, au Panama ou ailleurs.

Avec l’auteur, on vogue sur l’immense océan, on se balade dans les villes improbables de Panama et de Colombie, on sillonne aussi l’insondable forêt si belle et si redoutable où  se perd un peu comme l’homme se perd dans des villes à sa démesure.

 

                     
 "Faire de l'ici, du présent, du déployé, notre vraie demeure"

 

Voir aussi
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Voyage au cœur du monde
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<< Christian Broussas, Le Clézio Hasard, 09/08/2021 © • cjb • © >>
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20 août 2021 5 20 /08 /août /2021 05:42

 


Présentation
En matière de dépôts sauvages, il faut distinguer les déchets des particuliers et les déchets des entreprises qui ne sont pas de même nature.  Les premiers ont l’inconvénient d’être souvent disséminés dans la nature, les seconds concernent des masses plus importantes et peuvent contenir des produits dangereux.

L’argument souvent avancé par les intéressés consiste à dire que la déchetterie est trop loin de chez eux, les horaires inadaptés, l’attente trop longue, surtout dans les zones rurales aux conditions requises par telle ou telle déchetterie. (Avoir un badge, service payant pour certains professionnels, refus de certains produits dangereux…)

Toute personne peut signaler une décharge sauvage en se connectant au programme Sentinellesdelanature.fr qui possède son application mobile.

 

           



Sur le plan juridique, c’est le maire qui est compétent dans ce domaine car il détient le pouvoir de police :
- Article L2212-2-1 du code des collectivités territoriales ;
- Article L 541-3 du code de l’environnement.
Tout le monde –personne physique ou morale- peut informer le maire d’un dépôt sauvage et lui demander de mettre en demeure le responsable de les évacuer et de les éliminer dans un délai défini.
Le préfet peut aussi mettre en demeure le maire d’intervenir.

 

           

 

Qu’en est-il d’un dépôt sur un terrain privé ?
- D’abord, faire dresser un PV par le maire ou la gendarmerie accompagné de témoignages et pièces justificatives et transmis au parquet;

- Le maire ou le préfet peut obliger le propriétaire défaillant à nettoyer les lieux ou, s’il a pris toutes les mesures nécessaires pour éviter une telle situation et si l’on connaît l’auteur de l’infraction,  ou lui envoyer une mise en demeure.
- Le propriétaire peut aussi être mis dans l’obligation de nettoyer les lieux s’il  l’exécution d’office des travaux peut être ordonnée.
- En cas de location, le nettoyage des lieux peut lui incomber.
(Cour d’appel Paris, 8/7/2004, Garges-Les-Gonesse c/Selectibanque)

 

                    

 

Les sanctions prévues par l’article L541-46
cet article du code de l’environnement stipule :

« Est puni de deux ans d'emprisonnement et de 75 000 euros d'amende le fait d’abandonner, déposer ou faire déposer, dans des conditions contraires aux dispositions du présent chapitre, des déchets. »

 

Le tribunal peut aussi ordonner, sous astreinte, la remise en état des lieux.
La peine peut atteindre 7 ans de prison et 150 000 € d'amende si l'infraction est commise en bande organisée.
(Article 132-71 du code pénal. »
Si le maire reste inactif, il peut engager la responsabilité de la commune. (Conseil d’État, Commune de Merfy, 28 octobre 1977, N° 95537)

 

 

Spécificité de gestion des déchets pour le BTP

La filière à responsabilité élargie des producteurs (REP) dédiée aux matériaux de construction du bâtiment, créée par la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire, entrera en vigueur au 1er janvier 2022. Elle devrait avoir un impact majeur sur les dépôts sauvages.
- Reprise gratuite de ces déchets, s’ils sont triés par la filière REP.
- Création d’un réseau de points de collecte pour que le BTP ait accès à des points de collecte accessibles et gratuits.

Quelques actions possibles

Lutter contre les déchets sauvages, c’est créer des aménagements adaptés, une signalisation, installer des brigades de la propreté ou de "réseaux d’ambassadeurs", organiser des opérations de ramassage des déchets, etc.

Le plan de propreté a déjà fait ses preuves dans beaucoup de villes. C’est une démarche complète qui prévoit à la fois des actions de prévention, de sensibilisation et de communication (distribution de documentations, manifestations…), un système de collecte et des sanctions fixées par les textes. (voir Les déchets dans le code pénal )

La propreté est devenue un enjeu majeur, au même titre que la préservation de l’environnement et du cadre de vie, reposant sur la lutte contre l'incivilité et le non-respect. Il est important de vérifier au préalable le niveau des moyens existants : corbeilles, canipoches, matériels de nettoyage, n° de téléphone pour signaler une anomalie...

 

Parmi les actions pédagogiques et de sensibilisation les plus diffusées, on peut retenir pour agir en particulier sur les comportements :
   - Les actions de communication : jeunes publics, médiateurs propreté, nettoyage des rues, semaine de la propreté, participation à un projet de classe…
   - Création de supports, démarche participative, médiation auprès des usagers, verbalisation et suivi des réclamations.



Un exemple de procédure visant les dépôts sauvages

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<< Christian Broussas, Dépôts sauvages, 06/08/2021 © • cjb • © >>
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20 août 2021 5 20 /08 /août /2021 05:37

 Référence : Béatrice Delaurenti, Thomas Le Roux (dir), De la contagion, préface de Thomas Piketti, éditions Vendémiaire, 440 pages, octobre 2020

 

Des usages divers du mot "contagion"

                  

 

La définition du concept de contagion que les auteurs nous proposent ici est éminemment large et couvre le champ d’application du socio-culturel aussi bien que du médical car « la contagion, loin d’être uniquement un concept médical, est un processus omniprésent dans le monde d’aujourd’hui, aussi bien à l’échelle des nations qu’à celle des événements les plus infimes de notre vie quotidienne. »

Le Dictionnaire historique Robert de la langue française précise bien que le sens médical du mot est très spécifique. L'origine du mot vient de "contactus", qui signifie "toucher, attouchement". La prééminence de son sens médical, surtout à l'époque contemporaine, a largement gommé ses autres sens, et d'abord son sens moral. La contagion n'est pas uniquement le fait d'agents infectieux qui se transmettent mais aussi le fait de phénomènes émotionnels.

 

         

 

On peut donc dire que la contagion représente une façon de parler des échanges physiques et moraux entre personnes, rejoignant les sciences sociales qui ouvrent largement le champ du concept.

Le plan médical est celui qui vient immédiatement à l’esprit, surtout dans le contexte actuel, avec les épidémies qui ont marqué l’histoire du monde, les peurs du Moyen-âge, la variole au XVIIIe siècle, à celles plus récentes des maladies infectieuses, de la lèpre, de la peste au choléra.

 

                   

 

Au-delà de l’actualité, on passe ainsi de l’Antiquité à l’époque contemporaine jusqu’à l’assimilation de l’antisémitisme à une maladie contagieuse. On passe aussi de la diffusion du Covid-19 à une pandémie mondiale, à la pollution généralisée des espaces naturels.

À partir de là, les auteurs abordent la diffusion de mouvements sociaux tels que les mouvements de foule, ceux qui se propagent à travers les réseaux sociaux, les modes de consommation (modes vestimentaires, musique), les attaques de hackers, l’essaimage très dangereux de particules radioactives…

 

            

 

Ils parlent aussi de types de contagions plus générales comme dans le passé les possessions démoniaques, la diffusion des innovations chez les enlumineurs ou les sculpteurs du Moyen Âge ou plus récemment le partage mondialisé des connaissances par la mise à disposition informatique de bases de données.

 

Les auteurs ont privilégié une approche historique dans leurs exemples, que ce soit dans la transmission des coutumes dans les écrits chinois, la contamination des mœurs dans la Rome antique, les conséquences des modes de colonisation en Afrique ou de façon plus cocasse de l'arrivée de la valse allemande en France, espèce de défoulement après une période de Terreur.

 

  

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<< Christian Broussas, De la contagion, 04/08/2021 © • cjb • © >>
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